Petites graines
Photos, poésie, extraits de livre
promenade photographique octobre 2022
il y a toujours de l'espoir (Margaret Atwood)
il y a toujours de l'espoir
Lors de mes premières séances de questions-réponses avec le public dans les années 1960, les gens me demandaient : "Quand allez vous vous supprimer ?" J'étais une poétesse et, en ces temps hantés par Sylvia Plath, le suicide semblait incontournable. Au début du mouvement féministe, ils me demandaient : "Détestez-vous les hommes ?". Puis, dans les années 1980, on a commencé à me poser des questions sur le processus d'écriture. Après 1985, les gens voulaient me parler de "la Servante écarlate", comme aujourd'hui : on dirait que, dans le domaine du contrôle de l'Etat sur les corps féminins, j'étais un petit peu trop près du but. Mais ces derniers temps, on me demande :"Y a t il de l'espoir? ". Voici ce que je réponds : "Il y a toujours de l'espoir". L'espoir est inné. Il est aussi contagieux : là où il y a de l'espoir, il y en aura davantage, pare que l'espoir permet de faire un effort. Et c'est exactement ce que nous aurons tous à faire dans l'avenir : un effort. (...) Je vous souhaite de l'espoir.
Margaret Atwood
(l'obs - num 3026)
voir sur wikipédia - la servante écarlate
Défi en poésie avec Anne
Écrire un poème ou une courte nouvelle
évoquant un moment de vie influencé par un objet
la balle
Qu'avons nous passés
de bons moments, chère Djinnie,
avec cette balle de tennis
que tu nous ramenais
si bien.
Même, nous t'avions appris
à l'attraper en haut de l'escalier
et à nous la renvoyer avec ta gueule.
La balle
sans relâche, sans ennui,
t'amusait, te distrayait.
Championne,
nous t'avons tant aimée.
Agab (10/22)
Défi 270 avec Anne
Voici le thème proposé par ANNE, à la barre pour la quinzaine pour le défi 270 :
CES OBJETS QUI FONT NOTRE ENVIRONNEMENT
Pour le défi du lundi 24 octobre, faire parler un objet qui raconte sa propre histoire pendant un moment déterminé ou bien son quotidien.
Pour quelle raison, j'ai été choisi,
je me le demande bien.
Oui je suis un objet présent dans l'environnement immédiat
d'un peuple en difficulté ;
mes frères sont nombreux et ne servent qu'à détruire.
Les navires, les chars, les avions,
les réserves de munitions, les bâtiments militaires,
mais hélas aussi les écoles, les hôpitaux et les supermarchés.
Je file, file à la vitesse du vent,
atteignant mon but presque toujours.
L'Ukraine en lance, la Russie aussi.
Et les hommes pleurent et les hommes meurent.
Je suis un objet du quotidien de la guerre.
Que j'aimerai voir un homme, un vrai, amoureux d'une paix juste,
me saboter. Déclenchement impossible.
Je suis le missile M07
qui rêvait d'être vaccin.
Jeudi en poésie avec Anne
Pour le 1er jeudi poésie,
Anne nous demande de décrire un objet qui a beaucoup compté pour nous
Quel objet, quel objet, dans ma tête, tout tourne
et viennent les pierres qui ne sont pas des objets,
alors peut être,
le vava, petite couverture douce
qui calmait mes pleurs de bébé,
le télégramme de mémé
pour mes vingt ans ou la Sainte Catherine,
la photo d'identité tombée de l'enveloppe
nous préparant à adopter une mousmée de 9 mois,
aussi la photo encadrée
où pose maman devant une centrale nucléaire
se penchant pour respirer la lavande.
peut être choisir une feuille d'automne de platane
ramassée en sortant de l'école, j'avais 8 ans.
Agab (10/22)
Elle sentait le lilas (Alain Duault)
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Elle sentait le lilas, avec une peau de poudre, des lèvres Epuisantes, une voix d'alouette accrochée aux nuages Un ciel peuplé d'anges rieurs Je rêvais d'aspirer le bleu De ses yeux verts Elle était belle comme un dimanche
Le bleu impitoyable du ciel de Sicile, ce bleu qui donne Envie de se tuer, sa tristesse violente, une cuiller de terre Dans la bouche, tout se liait en un chignon d'orange mais, Inconsciente du désordre, elle avait des grâces d'abricot
Elle se diluait dans l'eau d'une aquarelle, n'offrant que La trace d'une nuit sous sa peau. Elle m'a laissé un peu De mascara au cœur et cette chose vaste comme l'ennui Ou les songes, quand on sent que la pluie se fait soyeuse
Et que rien ne vaut jamais la première libellule du matin
Alain Duault Car la douceur de vivre est périssable (poèmes)
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promenade photographique septembre 2022
Jeudi en poésie avec Renée
Thème : Un poème sur le thème *coquillage* en incluant le nom de Domi (Dominique)
le coquillage
Dans l'immensité du rêve,
un coquillage
se fait couche nacrée
pour la jeune femme au sourire d'or.
L'Océan nocturne
la tourne
roule
l'Océan se fait mère.
Fille du Seigneur, Dominique
détache le pan de son rêve
et se lève,
délivrée des grisailles, rocailles
chamailles
des vies passées.
Le jour se lève, chant du coq,
couleurs en expansion,
Dominique s'étire.
Agab (10/22)
Café thé numéro 150
Pour ce 150ème Café Thé, Ecureuil bleu nous propose :
de broder autour de cette photo d'un des animaux de plage de Theo Jansen, sur le miroir d'eau à Bordeaux
ou bien dresser le portrait d'un animal imaginaire.
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Pour obtenir de l'essence, la patience est obligatoire. Eléna et Eden-Franck attendent bien au chaud depuis un long moment dans la file impressionnante ; les chansons douces de Gretchen Parlatto se lancent en boucle ; Eden-Franck bercé par la musique s'endort.
Dans son rêve, il est ailleurs, ils sont ailleurs, ils sont trois à s'appeler Eden Franck, trois à être homme-oiseau. Homme-aigrette, légèreté et inventivité ; pour se déplacer il suffit d'embarquer dans la goélette. Et se laisser guider par le vent. L'endroit où aller sera une île dans l'Océan, une île avec une source, des arbres, des nids-maisons. Les femmes-oiseaux, chanteront pour qu'ils approchent et accostent tout en souplesse.
Les enfants comme tous les enfants battront des mains et leur réserveront un accueil joyeux.
Eden-Franck un, deux, trois, riront fort et loin. Tout heureux, d'éviter les ennuis terrestres, les guerres, les désolations, les temps qui tournent à la tornade.
Brusquement, une voix le tire, le hisse au dehors de l'île bien aimée ; " Et zut crie Eléna, plus de gazoil. !!!"




























