Photos, poésie, extraits de livre
le château d'Avrilly (près de Moulins)
Le château est clos de 5 kilomètres de murs et 3 kilomètres de grille.
L'entrée est impressionnante, à l'intérieur, de grands bois, des pièces d'eau.
Nous ne visiterons que l'extérieur avec une guide passionnée et passionnante.
façade Est
Guillot Constant, trésorier général du Bourbonnais reçoit en 1436 du Duc de Bourbon Charles 1er l’autorisation « d’édifier un château, maison forte et basse-cour entourée de fossés ». Par le mariage de sa fille Anne, Avrilly passe à Jean Cordier, conseiller et avocat fiscal du Duc de Bourbon Pierre II, époux d’Anne de France, fille de Louis XI.
La façade Est date de cette époque, fortifiée à chaque angle par une échauguette, au milieu par un donjon coiffé d’un comble assez élevé et garni de machicoulis à linteaux, reposant sur trois assises en quart de rond. Chacun des linteaux est orné de l’arc en accolade, caractéristique du XVème.
Il fait très chaud durant cette visite et nous ne verrons pas l'intérieur toujours habité par la famille.
Nous aurons l'occasion de croiser les châtelaines (deux dames très âgées, l'une habillée de blanc et très élégante, la seconde avec un gilet doudoune car à l'intérieur du château, il fait très froid qui enlève les herbes entre les pavés) D'ailleurs, l'hiver l'une d'elles habite dans les communs.
façade Ouest (19ème et 20ème siècle)
En 1873, Avrilly est vendu au Comte de Tournon, le fils de Camille de Tournon, préfet de Rome sous Napoléon, et père de la Comtesse Jean de Chabannes. Depuis cette date, Avrilly est resté dans la famille et il appartient toujours aujourd’hui à la famille de Chabannes la Palice, actuels descendants.
Des travaux considérables sont entrepris au XIXème et au XXème : en 50 ans, le château est doublé en profondeur.
Les jardins sont aménagés par Achille Duchêne. (surnommé le prince des jardins).
Chaque fenêtre semble identique et pourtant chacune a sa particularité.
les communs
C'est un immense bâtiment où tout le modernisme possible est apporté ; grandes stalles pour les chevaux, chauffage, éclairage, foin délivré directement par le haut dans les mangeoires, appartement pour le régisseur, chenil.
Certaines scènes du film Cézanne et moi sont tournées à Avrilly.
Merveilleuse angelotte (Pétrarque)
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Merveilleuse angelotte, aux ailes lestes,
Descendit du ciel sur le frais rivage
Où je marchais seul selon mon destin.
Comme elle me vit sans aucune escorte
Elle tendit sous l'herbe, sur la route
Un piège de soie qu'elle avait filé.
Alors je fus pris, non sans grand bonheur,
Car ses yeux me lançaient de doux rayons.
Pétrarque
Canzoniere
participation au 124ème café-thé
Pour ce 124ème Café Thé, Ecureuil bleu nous propose de broder autour de notre autoportrait,à la façon d'un portrait chinois -(Si j'étais un arbre, je serais...; si j'étais une couleur, je serais...).
ou d'esquisser votre autoportrait avec des mots, des couleurs ou peut-être des photos d'enfance..
AUTOPORTRAIT
Fille de,
Mère de,
Ancêtre de.
J'ajouterai,
Ancienne enfant
pas toujours sage
et souhaitant l'être.
...
Si j'étais un auteur ?
Bobin ou Chédid ?
ou Martine ou Marie ?
Une pâtisserie ?
une tarte aux myrtilles
Un animal ?
pas le perçant aigle,
syrphe ou chèvre de Monsieur Seguin.
Un corps de Perrette
et son pot au lait.
Une âme de Bernadette
ou Thérèse.
Un arbre ? chêne, hêtre, platane,
tulipier de Virginie, plutôt
sapin de Noël ou mirabellier.
Et je suis, avec mes cheveux gris blancs,
l'amour des mots et des gens
et des animaux et des pierres.
Et pierre, je suis
trimbalée, lavée, rabotée,
par les torrents, les pluies
et le vent.
Moulins (2)
je me suis fait apostropher (Christian BOBIN)
Hier, dans la cour galeuse de l'ancienne caserne de pompiers où je vis, je me suis fait apostropher par cinq pissenlits au pied d'un mur moussu. Avant de devenir jouets aériens pour les enfants, ces fleurs n'étaient que louanges, vivats, exaltation de l'or des jours fragiles. Leur joie d'exister était si grande qu'elle attirait comme un aimant les rayons des étoiles les plus éloignées de la terre. Toute la lumière du ciel s'engouffrait dans l'entonnoir de leurs petits cœurs jaunes. A l'instant où je les ais vus, Dieu est passé devant mes yeux dans une nuée d'or et de pollen.
Christian BOBIN
Prisonnier au berceau
Si nous savions regarder le réel de chacun de nos jours (Christian BOBIN)
J'ai toujours dû la vie à ce que je voyais de pur. Si nous savions regarder le réel de chacun de nos jours, nous tomberions à genoux devant tant de grâce. Dans un fossé du parc de la Verrerie, quelques myosotis triomphent des ténèbres par innocence de leur bleu et leur enfantine soumission aux ordres contradictoires du vent. Ces petites fleurs ne semblent flotter sur aucune tige, comme un ciel second égaré parmi nous. Un regard aimant sur elles et elles sont délivrées, remontant aussitôt au ciel premier à l'intérieur duquel - selon le prophète Hénoch - les anges forgent leurs épées et leurs cuirasses.
Me croira-t-on si je dis que les myosotis sont plus beaux de fleurir au Creusot à l'ombre des usines asthmatiques ! C'est un même secret que la grâce et l'infortune, une même vue donnée sur l'éternel par la puissance et la douceur.
Christian BOBIN
Prisonnier au berceau
maison oubliée
A marcher
A marcher dans notre vie
sur le chemin s'ouvrant
à chaque pas. Sourire
à l'imprévu du jour.
Merveille du syrphe
tout juste né, tournoyant
au-dessus ou dans le liseron,
le coquelicot, rouge tel
le sang chaud des hommes.
Contemplation des futures
nigelles, légèreté, tendresse.
S'agenouiller là, dans
le vert piqueté jaune, rouge,
mauve en compagnie
de frères les insectes.
Agab 06/20
Encore une fois
Encore une fois
les coquelicots étêtés
les jaunes, les roses,
et les grandes herbes
vont disparaître...
avant de repousser !
La mort peut bien
venir pour nous,
les vivants, bêtes,
arbres et hommes,
détruire notre petit moi.
Tout s'en reviendra
diversement varié.
Du moins, je le crois.
Agab 06/20





















