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Dans mes romans, on cherche toujours à identifier un tueur. Mais plus encore, on s'interroge sur ses motivations. Pourquoi frappe-t-il ? Pourquoi substitue-t-il la mort à l'amour ? Pourquoi jouit-il de tels actes de cruauté ? Ce qui m'intéresse, c'est le pourquoi des meurtres, leur origine psychique. Au fil de mes intrigues, je prends toujours soin de décrypter le passé du personnage, afin qu'on comprenne la genèse de sa pulsion meurtrière.
Derrière cette méthode, il y a une idée optimiste, voire naïve : l'homme ne naît pas mauvais, il le devient. En général à cause d'une enfance malheureuse. L'idée paraît cliché. Pourtant, le seul point commun que partagent les tueurs en série est un passé fracassé. Aucun d'eux n'a été un enfant bien né, aimé, équilibré.
On en revient toujours à la question du film de Bolognini : tous les les enfants malheureux ne deviennent pas des tueurs en série mais tous les tueurs en série ont été des enfants malheureux.
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...une chose est sûre : le mal a une origine, et cette origine a à voir avec le manque d'amour, la frustration, le déséquilibre...
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Seul dans le cimetière de Saint Mandé, je me mets à prier. Non pas pour Jean Claude (son père) ou les Grangé. Mon invocation est exclusivement tournée vers Andrée (sa grand mère) et Michèle (sa mère).
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J'ai envie de leur crier, la voix nouée, mais joyeuse tout de même :
"J'y suis arrivé ! Je m'en suis sorti."
Et plus bas, pour moi même :
"Grâce à vous."
Jean Christophe GRANGE
Je suis né du diable