Devenir nuit de Marie Joqueviel
Nous ne sommes vivants que
Glissés dans la vie des autres
comme une page d'un livre
Arrachée reste
Orpheline ne bruit
Que touchant aux autres
Ne parle qu'embarquée dans leur rumeur
Nous ne sommes vivants
Que glissés dans les draps du rêve
Que la nuit récrit nos jours
Et nos corps désormais sans poids
(le songe nous allège d'être)
nous ne sommes
vivants
Que glissés dans les mots des livres
Par le corps retenus
Dans des phrases que nous ne savions pas ---------- étrangères
aussi sauvages soudain aussi seuls
Que l'orage
Et pourtant si pleins si certains de vivre
Nous ne sommes vivants que
dans la déchirure qui nous accomplit
Marie JOQUEVIEL
Devenir nuit













