Saint Tropez y aller quand même
Se rendre à Saint Tropez malgré les bouchons, les bateaux grands comme des îles, les parkings plutôt chers, surtout pour les maisons, le site et se souvenir de Brigitte Bardot.
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Photos, poésie, extraits de livre
Se rendre à Saint Tropez malgré les bouchons, les bateaux grands comme des îles, les parkings plutôt chers, surtout pour les maisons, le site et se souvenir de Brigitte Bardot.
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Ce qu'il y a derrière le cœur
Samedi, j'ai lu quelques poèmes
dans un hangar où le poêle avait été allumé :
à la fin de la soirée mon éditeur m'a parlé
des mots qui sont des pièges.
Le coeur en est un : l'âme vient deuxième.
Soudain, il m'a dit : l'imprtant,
quand on écrit le mot coeur c'est de savoir
ce qu'il y a derrière.
Cette phrase m'a grignoté la tête pendant
des heures. Je ne sais pas encore
à quoi ressemble la bonne réponse,
mais j'imagine que je l'ai commencée
avec ce premier titre : Les Ronces.
Pour moi, derrière, il y a trente ans de grands mystères
à propos de l'amour qui vient quand il veut et qui n'obéit
qu'aux flammes de son propre feu
il y a bien sûr ces hivers inteerminables où tout est gelé
en soi : on confond le passé et l'innocence,
on se persuade qu'enfin, à l'avenir, on saura vivre au chaud
dans les plis du silence.
Derrière le coeur j'entasse des colères vivaces et des joies débordantes,
je cache des royaumes de fleurs séchées et des empires d'étoiles,
je protège des histoires que j'ai peur d'abîmer
et je me fiche qu'elles soient ou non des histoires vraies.
J'imagine plus que je ne réfléchis :
c'est là ma façon d'être au mond,
de ranger derrière un mot le dictionnaire entir,
de construire des maisons souterraines
et des cabanes perchées,
de faire d'un berceau une tombe
et d'un vieillard un nouveau-né.
Ce qu'il y a caché tout près du coeur
c'est une peine d'un autre temps,
une mélancolie qui vient d'ailleurs -
une émotion coincée
entre l'ennui et la stupeur.
Alors je fais des barrages d'amour infini, de moments lumineux,
je dévie des vagues immenses sur des rochers de nuit,
le soir quand la lumière est rouge j'appelle en moi
la force des légendes,
des contes et des mirages,
j'accroche à mes oreilles des boucles de cheveux blonds
plus secs que le foin, plus blancs qu'un blanc matin,
et je chuchote pour qui entend :
derrière le coeur
il y a ce qui fut brisé et gardé là pour ne point perdre
les morceaux de la beauté.
Cécile COULON
Retrouver la douceur
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Défi 330 des croqueurs de mots avec Marie Sylvie
Elle nous propose de voguer vers l’horizon bleu
✦ LA CONTRAINTE
Intégrer AZUR - SILLAGE - ÉCUME - RIVAGE - COQUILLAGE - HORIZON - BRISE - SIFFLER - AMARRER - VOLER
Hier du magnifique Rhône, large impérial, avec près du rivage les vignes de Tain l'Hermitage, nous sommes partis vers le Sud.
Dans la fraîcheur de la voiture les mots d'une nouvelle de Stephen King volaient. L'amitié profonde liait deux êtres.
A la Garde Frenet, les voitures de tous pays slalomaient le long de la montagne, décapotable jaune canari, jeep grise... Nous approchions, les oliviers se serraient.
Saint Tropez, Sainte Maxime, Les panneaux nous montraient la voie.
Et l'horizon se fit bleu, bleu marine, avec de petites cretes d'écume blanche. Amarrer la voiture, transporter les sacs, ouvrir les volets. Promener le petit chien en suivant le sillage de l'immense azur.
..et se dévêtir, avancer sur le sable, les pieds, le corps, la retrouver, son odeur, sa largeur, sa douceur. L'eau légère nous enveloppe, au loin les bateaux amarrés très petits sur le saphir du ciel. Je vole, je suis oiseau, sirène. l'Eden est bleu.
Oh elle est salée, oh ses vagues nous remuent, filent quelques poissons. Un beau dimanche de septembre, une dame corpulente sautille redevenant enfant.
Sur la plage blonde, vide de coquillages, parsemées de tâches de couleur, serviette mauve, grands et petits enfants maillot de bain, une légère brise me sèche. Un couple avec leur grand fils au short vert émeraude jouent aux cartes.
Je souhaite chanter, siffler. Une mouette file. Là haut un nuage en forme d'ange se balance.
l'Eden est bleu.
bonheur des autres
Se réjouir du bonheur des autres est une bonne chose : cela montre que nous avons compris deux phénomènes importants. Le premier est que l'envie et la jalousie sont des souffrances inutiles. Le second est que le bonheur des autres est toujours une bonne nouvelle pour nous ; il ne nous retire rien et embellit le monde.
C'est bien sûr toujours une erreur de le jalouser, émotionnelle et intellectuelle. D'abord, cela augmente notre malheur. Ensuite, c'est un mauvais calcul ; si d'autres sont heureux, nous avons tout à y gagner : plus les humains sont heureux, plus ils sont agréables à fréquenter, plus ils rendent ce monde vivable.
Christophe ANDRE
(Et n'oublie pas d'être heureux, abécédaire de psychologie positive)
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Pourquoi Pénélope
est elle restée à Ithaque ?
au lieu de partir
d'aventure en aventure
sur les pas d'Ulysse.
Avant , la femme,
la famille, ancrée, sûre,
restait sur place
Ulysse allait
d'aventure en aventure.
Là, ici, le mouvement
incessant des gens
lieux et personnes nouvelles.
De solitude en solitude
errent Ulysse et Pénélope.
Agab (08/26)
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Août, à midi
Papillons et frelons
(Nabokov et Camus)
framboises et cerises
(Pablo Neruda)
onagre et phlox
(Keats, et seulement Keats)
geais bleus et tourterelles
(Oh, ma Lucy)
raton laveur et chipmunk
(la belle Wendy Rose)
daim lapant l'eau du lac
le matin
(Jaune Quick-to-See Smith)
rosée sur le lys du jour
citrons et fleurs tigrées absorbant le soleil
(ce doit être Joy Harjo)
Les chiens dorment
les chats sont à l'affût dans les fougères
les écureuils se tiennent
enfin tranquilles
les mésanges ne chantent pas
le colibri voltige
au-dessus des pétunias pourpres
et les campanules ondulent dans la brise
avec insouciance tandis qu'une araignée flâne
sur la feuille plate
d'une marguerite jaune
(Edwin Arlington Robinson)
et que les ombres s'accrochant
tombent finalement
sur les herbes brunissantes
(William Faulkner)