Sur le chemin du retour la ville de Neufchâteau
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Photos, poésie, extraits de livre
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Défi 331 des croqueurs de mots
Pour la communauté les Croqueurs de Môts, Jill bill à la barre n° 331
Thème du lundi/défi 21 septembre 2026
A poster sur vos blogs :
« La diabolique leçon de piano »
D'après le dessin de Claude Serre
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Attention : trois mots en imposé : Cacophonie - soupir – portée
J'avoue que je n'aurai jamais dû commencer à pianoter dès l'âge de trois ans. Comme ma soeur Ophélie qui elle, a fait le choix de la cacophonie à l'harmonie. Mon clair de la lune est monté à la tête de papa. Il s'est imaginé m'applaudissant à tout rompre à la philharmonie de Paris. Il a même changé mon prénom, Arthur (Rubinstein) au lieu de Gabriel. Et une vie de galère a commencé. Professeur de piano, leçons et exercices tous les jours. A 6 ans, plus de soupir, le père infernal a décidé de me punir pour mes erreurs. Il m'éduquait comme un chien (heureusement nous n'en avions pas), trois notes fausses, un coup sur les doigts, à la quatrième, renvoi dans ma chambre sans repas, juste un verre d'eau. Maman baissait la tête et ne disait rien, papa ne l'avait il pas sauvée de la pauvreté en l'épousant, lui le grand bourgeois. Il fournissait du travail à tant de personnes de la ville, qu'à l'école, personne ne disait rien en me voyant la mine triste et quelques bleus. (Oh il se tombe souvent, étourdi et casse cou).
Notre chatte Minouche avait eu une portée de trois petits (un chaton noir, l'autre blanc et le troisième noir et blanc). Je me confiais à ces minuscules et douces vies. Jusqu'au jour où les chatons disparurent de la maison. J'ai beaucoup pleuré mon Domino, amusant et farceur. Personne n'a moufté, personne, Ophélia était triste aussi. Ma sœur, j'ai tenu bon, grâce à elle. En cachette, elle m'apportait de la nourriture achetée avec son argent de poche. Elle me changeait les idées et ensemble, nous jouions à des jeux tranquilles pour ne pas être entendus des parents.
Je reconnais avoir été la désolation de papa qui rêvait grand prix et intégration dans une prestigieuse école parisienne. Ce n'est pas que je jouais mal, juste que la peur me bloquait. Je rêvais de ces affreux attrape-doigts. Puis un jour, tout changea, ma cadette fut première au concours général des lycées. Ecrivain, prix Goncourt, prix Médicis, notre père rêva à nouveau. Juste qu'Ophélie fut maline et échappa au dictat paternel en partant étudier la littérature italienne à Rome.
(histoire très partiellement inspirée de celle de Céline GRECO
livre : la démesure : soumise à la violence d'un père)
Se rendre à Saint Tropez malgré les bouchons, les bateaux grands comme des îles, les parkings plutôt chers, surtout pour les maisons, le site et se souvenir de Brigitte Bardot.
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Ce qu'il y a derrière le cœur
Samedi, j'ai lu quelques poèmes
dans un hangar où le poêle avait été allumé :
à la fin de la soirée mon éditeur m'a parlé
des mots qui sont des pièges.
Le coeur en est un : l'âme vient deuxième.
Soudain, il m'a dit : l'imprtant,
quand on écrit le mot coeur c'est de savoir
ce qu'il y a derrière.
Cette phrase m'a grignoté la tête pendant
des heures. Je ne sais pas encore
à quoi ressemble la bonne réponse,
mais j'imagine que je l'ai commencée
avec ce premier titre : Les Ronces.
Pour moi, derrière, il y a trente ans de grands mystères
à propos de l'amour qui vient quand il veut et qui n'obéit
qu'aux flammes de son propre feu
il y a bien sûr ces hivers inteerminables où tout est gelé
en soi : on confond le passé et l'innocence,
on se persuade qu'enfin, à l'avenir, on saura vivre au chaud
dans les plis du silence.
Derrière le coeur j'entasse des colères vivaces et des joies débordantes,
je cache des royaumes de fleurs séchées et des empires d'étoiles,
je protège des histoires que j'ai peur d'abîmer
et je me fiche qu'elles soient ou non des histoires vraies.
J'imagine plus que je ne réfléchis :
c'est là ma façon d'être au mond,
de ranger derrière un mot le dictionnaire entir,
de construire des maisons souterraines
et des cabanes perchées,
de faire d'un berceau une tombe
et d'un vieillard un nouveau-né.
Ce qu'il y a caché tout près du coeur
c'est une peine d'un autre temps,
une mélancolie qui vient d'ailleurs -
une émotion coincée
entre l'ennui et la stupeur.
Alors je fais des barrages d'amour infini, de moments lumineux,
je dévie des vagues immenses sur des rochers de nuit,
le soir quand la lumière est rouge j'appelle en moi
la force des légendes,
des contes et des mirages,
j'accroche à mes oreilles des boucles de cheveux blonds
plus secs que le foin, plus blancs qu'un blanc matin,
et je chuchote pour qui entend :
derrière le coeur
il y a ce qui fut brisé et gardé là pour ne point perdre
les morceaux de la beauté.
Cécile COULON
Retrouver la douceur
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Défi 330 des croqueurs de mots avec Marie Sylvie
Elle nous propose de voguer vers l’horizon bleu
✦ LA CONTRAINTE
Intégrer AZUR - SILLAGE - ÉCUME - RIVAGE - COQUILLAGE - HORIZON - BRISE - SIFFLER - AMARRER - VOLER
Hier du magnifique Rhône, large impérial, avec près du rivage les vignes de Tain l'Hermitage, nous sommes partis vers le Sud.
Dans la fraîcheur de la voiture les mots d'une nouvelle de Stephen King volaient. L'amitié profonde liait deux êtres.
A la Garde Frenet, les voitures de tous pays slalomaient le long de la montagne, décapotable jaune canari, jeep grise... Nous approchions, les oliviers se serraient.
Saint Tropez, Sainte Maxime, Les panneaux nous montraient la voie.
Et l'horizon se fit bleu, bleu marine, avec de petites cretes d'écume blanche. Amarrer la voiture, transporter les sacs, ouvrir les volets. Promener le petit chien en suivant le sillage de l'immense azur.
..et se dévêtir, avancer sur le sable, les pieds, le corps, la retrouver, son odeur, sa largeur, sa douceur. L'eau légère nous enveloppe, au loin les bateaux amarrés très petits sur le saphir du ciel. Je vole, je suis oiseau, sirène. l'Eden est bleu.
Oh elle est salée, oh ses vagues nous remuent, filent quelques poissons. Un beau dimanche de septembre, une dame corpulente sautille redevenant enfant.
Sur la plage blonde, vide de coquillages, parsemées de tâches de couleur, serviette mauve, grands et petits enfants maillot de bain, une légère brise me sèche. Un couple avec leur grand fils au short vert émeraude jouent aux cartes.
Je souhaite chanter, siffler. Une mouette file. Là haut un nuage en forme d'ange se balance.
l'Eden est bleu.
bonheur des autres
Se réjouir du bonheur des autres est une bonne chose : cela montre que nous avons compris deux phénomènes importants. Le premier est que l'envie et la jalousie sont des souffrances inutiles. Le second est que le bonheur des autres est toujours une bonne nouvelle pour nous ; il ne nous retire rien et embellit le monde.
C'est bien sûr toujours une erreur de le jalouser, émotionnelle et intellectuelle. D'abord, cela augmente notre malheur. Ensuite, c'est un mauvais calcul ; si d'autres sont heureux, nous avons tout à y gagner : plus les humains sont heureux, plus ils sont agréables à fréquenter, plus ils rendent ce monde vivable.
Christophe ANDRE
(Et n'oublie pas d'être heureux, abécédaire de psychologie positive)
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Pourquoi Pénélope
est elle restée à Ithaque ?
au lieu de partir
d'aventure en aventure
sur les pas d'Ulysse.
Avant , la femme,
la famille, ancrée, sûre,
restait sur place
Ulysse allait
d'aventure en aventure.
Là, ici, le mouvement
incessant des gens
lieux et personnes nouvelles.
De solitude en solitude
errent Ulysse et Pénélope.
Agab (08/26)