aujourd'hui, une année m'est offerte ...

Photos, poésie, extraits de livre





Le hérisson bienveillant
En se réveillant, en baillant plus précisément, Ulysse aperçut un petit animal, de la taille d'un rat et sans queue. Quelqu'un qui allait d'un pas sûr et guilleret. L'homme sourit, la bestiole de même ! Elle mangeait, dévorait un fruit rouge, de la taille d'une grosse cerise : une grenade sauvage.
Le hérisson, gaillard, occupé, se léchait les babines et notre "Robinson" se rêva, lui-même, apaisé par ce fruit délicieux. Bienveillant était ce petit être. Il se déplia et trotta à pas menus... vite suivi. L'arbrisseau s'épanouissait à dix pas offrant une multitude de boules vermillon. Elles étaient peu volumineuses. Toutefois, leur jus était nourrissant.
Bien, bien, de l'eau, des grenades sauvages, un compagnon hérisson à qui il avait offert de l'eau ; demain, un autre jour, lui apporterait une autre bénédiction.
En lisant cette lettre de Thérèse JERPHAGNON, j'ai tout de suite pensé qu'elle s'intégrait très bien au défi de Martine, sur les 7 péchés capitaux.
Toi et les 7 péchés capitaux
Stendhal, dans son livre de l'amour, appelle phénomène de cristallisation la capacité qu'a l'amant de ne voir que qualités chez l'être aimé. Bref, l'amour rend aveugle depuis Adam.
Alors, ce soir je m'interroge avec tendresse : avais-tu des côtés ténébreux là où je n'aurais vu que brillantes qualités ? Le plus simple est encore de reprendre la liste des péchés capitaux, quelque contestable qu'elle soit... car je ne vois pas le principal : l'égoïsme, dans cette énumération hasardeuse.
Voyons l'orgueil... Oui, la mesure est à son comble. Orgueilleux, tu l'étais, dans le sens de fier. Soucieux de ton honneur comme un personnage cornélien. Ce n'était pas sociologique. Rien à voir avec la vanité que tu méprisais profondément. Mais tu n'aurais pu t'abaisser à une conduite que ta conscience aurait réprouvée. Tu avais besoin de ta propre estime. Tu étais fier de tous ceux à qui tu devrais d'être ce que tu étais mais le grand-père socialiste, le maire de Vierzon-Forges et cafetier de son état avait le même statut dans ta mémoire que le baron de Jerphanion du Moyen-Âge.
L'avarice ? Peut-être n'avons-nous jamais assez possédé pour être avares. Tu avais un mépris de l'argent qu'a exploité plus d'un de tes éditeurs. S'il fallait absolument se livrer à des comptes, tu reprenais toujours la même formule : "Occupe-t'en !"
L'envie ? Elle te semblait toujours vile, mesquine. Trop préoccupé de ton être pour te souvenir de ton avoir. Ceux qui faisaient étalage de leurs biens te paraissaient toujours comiques.
La colère ? Je suis obligée d'admettre que tu flambais comme de l'étoupe si on t'avait provoqué. A d'autres époques, je pense que tu te serais souvent battu en duel, mais là encore, c'était pour défendre la veuve et l'orphelin. La seule fois où tu es allé faire un esclandre au ministère de l'Education Nationale, c'était pour y soutenir un de tes assistants. Dans ton camp allemeand, je crois que tu avais eu plus d'un moment de révolte qui aurait pu raccourcir tragiquement ton séjour.
La luxure : un plotinien saurait-il excuser les débordements de la chair ? Non... mais devant les exploits de tel Casanova tu souriais avec un peu de mépris pensant qu'il devait être malheurex pour "multiplier ce qu'il ne pouvait unifier" selon Camus.
La gourmandise ? Ta ligne ascétique prouvait assez que les longues agapes n'étaient pas pour toi. Tes péchés mignons ? Un whisky Laphroaig le dimanche soir accompagné de fruits secs.
La paresse ? Tu as toujours été un bourreau de travail et j'aurais tant voulu te voir paresseux. Même les vacances étaient studieuses.
J'ai tendance à penser que non seulement l'amour ne rend pas aveugle mais encore que lui seul peut nous permettre de voir les ombres et les lumières. Pourtant quand je me relis, je me demande si je ne me suis pas livrée, moi aussi, à la cristallisation, puisque même tes défauts me semblent l'envers de tes qualités.
Thérèse JERPHAGNON
FIN D'HIVER - lettres à Lucien
Lucien JERPHAGNON (1921/2011)
universitaire, historien et philosophe français spécialiste de la pensée grecque et romaine.
PLOTIN (205/270)
Pour Plotin, l'univers est fondé de trois réalités fondamentales : l'Un ou le Bien, l'Intelligence et l'Âme du monde.
Il affirme que " le bonheur se trouve dans la vie".
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samedi : si j'étais un peintre escargot, je choisirais le rouge dimanche : moi, le bleu disait le mûrier sauvage lundi : et le gris dit je serais gris brouillard mardi : en cheminant, les nuages se disaient, nous aimerions avoir des pieds bottés |
mercredi : galopant de joie vers le bleu retrouvé, Djinnie exultait jeudi : mi-a-ou au chaud je me pelotonne ... vendredi : ... voulez-vous jouer avec moi ?
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Le canot pneumatique
Il avait échoué un soir, avec son canot pneumatique orange, tout abimé, tout cassé. Ulysse ne se souvenait de rien. Ni des étoiles, ni des rivages, rien. La mer clapotait, les libellules-reines vrombissaient autour de lui. L’homme, car c’était un homme, pas de doute, barbe de 3 jours… pour l’instant, un canif dans la poche, pas un joli miroir.
Manger et boire. Dormir sur la plage avec cette vue d’îles petites, montagneuses, baignées de brume, était une réalité privilégiée.
Certains naufragés ont peu de chance. L’îlot est balayé par des bises froides, mouillées, rendant l’endroit inhospitalier.
Ici, respirer l’air doux, se laisser caresser par les apaisantes mains zéphiriennes, un pur moment de bonheur.
Il resta là car pourquoi aller vers un ailleurs qui ne serait pas plus agréable, pas plus accueillant.
Boire et manger. Sa langue s’épaississait, s’alourdissait. Bougre d’Ulysse qui monta sur la petite dune juste avant quelques oliviers et vit une mignonne rivière, un ru clapotant, murmurant le chant de l’eau mille-gouttes.
Les olives, quelqu’un existait, venant entretenir les arbres et la terre. Une petite maison blanche inhabitée juste devant.
Bien, bien, de l’eau, un voisin prochainement. Alors, il retourna dormir car sa tête était lourde. Demain, un autre jour, il trouverait à manger.
Épauler est un verbe que je n'ai pas l'habitude d'employer mais depuis que mon amie l'a prononcé, je l'examine sous toutes les coutures, je le presse comme un citron pour en exprimer tout le sens. C'est un verbe généreux qui suggère des liens et ouvre de belles perspectives ; il me plaît de plus en plus. J'aimerais connaître sa traduction dans toutes les langues. En espagnol on dit echar una mano, qui signifie aider, littéralement : donner la main. Il faudra que je demande à Mathilde de me le traduire en italien et en croate.
Le mot épaule est lui aussi très évocateur et plein de résonances. Il suscite quantité d'images et de visions réconfortantes : on pose sa tête sur l'épaule d'une personne aimée, on peut s'appuyer contre une épaule. Dans la langue de Cervantès que j'utilise en classe comme tu sais déjà, épaule se dit hombro que l'étymologie rapporte à hombre, le substantif qui signifie homme. Je trouve la relation entre ces deux termes très édifiante.
J'en ai une belle illustration dans une histoire que Mathilde m'a racontée il y a longtemps. Un jour, alors qu'elle devait avoir quatre ou cinq ans, grand-père Jules l'a emmenée à Paris pour assiter au défilé du 14 juillet. Sa soeur et mémé Colette n'étaient pas du voyage, elles avaient refusé de les accompagner. Après deux heures de train et un trajet en métro, lorsqu'ils sont arrivés sur les Champs-Elysées, grand-père a joué des coudes pour fendre la foule qui se pressait le long de l'avenue. Là, comme il n'avait pas réussi à atteindre la première ligne au bord du trottoir, il a attrapé Mathilde et l'a juchée sur ses épaules. Ainsi placée sur les hombros d'un hombre, elle n'a rien manqué du spectacle. A en croire ma mère, c'est le meilleur souvenir qu'elle garde de son enfance.
En anglais, épaule se dit shoulder. Mathilde possède quelques vieux disques qui datent des années cinquante, je les ai écoutés il y a quelques années quand je commençais l'apprentissage de l'anglais. Parmi eux, une chanson ringarde d'un crooner à la guimauve, Paul Anka, qui s'intitule : Put your head on my Shoulder. Non, tu ne connais pas, ça ne te dit rien ? Dommage.
Anne BRAGANCE
Remise de peines
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Ohé, Ohé Matelots, Matelots navigueront sur les flots des péchés capitaux pour ce défi N° 151
Lundi : 5 octobre 2015
Écrire avec pour thème un, plusieurs ou ces 7 péchés capitaux
Péché capital : la luxure
Je ne l’ai jamais confié à personne. Un soir de juin, derrière les volets entr’ouverts de ma chambre, un soir de juin tiède et doux, un diablotin noir, encre, est apparu, furtivement, tendrement, coquinement, me saluant d’un geste amical. J’avais 8 ans ou presque. Et nous sommes devenus amis.
S’il ne se présentait pas souvent, ni régulièrement, il était quand même présent. Je me souviens du jour où papa revint avec une mignonne statuette d’un de ses voyages en Russie, la réplique de mon ami, un rien exagéré, une grande queue s’enroulant semblable au lierre et des pieds crochus (pieds de crocodile ou de lézard ?). Alors que lui, était à peine différent de moi, noir bien sûr, et surtout plus drôle et amusant.
Et il y eut cette nuit où il souhaita dormir avec les décors de Noël, pour tout vous dire avec les moutons de la crèche. Simplement, juste avant, il était venu avec un petit sac entouré d’un friselis doré. « C’est pour toi, m’avait-il dit. Chez mon père, le feu dévore tout, pas de fleur, pas de joli oiseau roucoulant, juste ceci pris dans le coffre émaillé. » Il était adorable mon ami ; en ouvrant le cadeau, une belle jeune femme s’en dégagea, habillée de rouge vénitien, aux lourdes tresses dorées, à la poitrine généreuse.
« Je suis Agrippine, souveraine de la luxure, prodigue et voluptueuse. Les hommes seront à toi, ils ne rêveront que de tes caresses ou de tes coups de fouet. Ils boiront à ton corps comme à une source vive qui jamais ne les désaltèrera complètement. Ils se battront entre eux, ils se disputeront ton lit, et chaque minute sera jouissance exacerbée. »
Agrippine, belle et belle, sérieuse, son corps sentant l’ambre. Je regardais mon ami, un peu dépitée… lui aussi. Qu’allais-je faire de ce cadeau ? Je réfléchissais car je ne voulais pas exprimer mon désappointement sans le peiner.
Bref, j’étais dubitative quand derrière la majestueuse femme, se révéla une jeune demoiselle à peine plus âgée que moi, à la peau sombre comme l’aimée dans le cantique des cantiques, cheveux frisottés, robe soie piquetée de pâquerettes.
« Voici ma sœur, Agapè, l’amour, disait Agrippine. Tout ce qui est de trop, elle l’enlève, le cisaille, le jette aux orties. Alors volettent les baisers légers, les échanges papillons, la joie des rencontres, je suis, tu es, nous sommes. Proches, aimants, tous et tout ensemble, ballet d’amour. »
Ma décision fut prise, Agapè, l’amour, je choisis comme compagne et à Agrippine, je demandai sa poitrine généreuse. Elle m’avait présentée sa sœur et je souhaitais la remercier.
C’est ainsi que diablotin dort entouré de ses moutons et moi suis accompagnée de l’amie Agapè.
J’oubliais de vous raconter l’histoire du diablotin. Il est le fils du diable et d’une madame ange au doux sourire, comme l’on voit à la cathédrale de Reims, aimée de Dieu. Elle supplia même pour obtenir que l’enfant accompagne le père dans les ténèbres. Peut-être que …

la chambre 823 était vue mer

aérée, écologique, sans voisin direct

nous avons apprécié le fauteuil face au paysage maritime
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l'hôtel nous proposait également un service zen et un balai fait maison

la décoration nous a plu tout de suite

une chambre unique, une chambre de Robinson avec une vue imprenable ....

et même un bateau pneumatique pour naviguer
Chambre 823,
pour 10 jours avec ciel bleu - mer bleue - soleil et doux vent