mandala bleu

Photos, poésie, extraits de livre

défi 148 proposé par les croqueurs de mots
On l'a rimé, on l'a chanté sur tous les rythmes et tous les tons, à toutes les époques...
C'est l'océan, la mer, le grand bleu...
Choisissez votre océan ou votre mer et rendez-lui hommage...
Guillemette et le capitaine
Guillemette était une petite fille rousse. Son sourire était lumineux. Sur le bateau de son oncle, elle trépignait de joie. Pour la première fois, il avait accepté de l’emmener avec lui. Ensemble, ils naviguaient vers Tamatave pour charger vanille et épices.
L’enfant admirait Baptiste, 47 ans, crâne rasé, boucles d’or aux oreilles. Quatre boucles rondes et larges, lourdes aussi. Ne lui avait-il pas confié qu’en mer, il se sentait toujours aimé. La boucle à son oreille droite, lui rappelait son épouse, Marie-Bleue. Les trois à celle de gauche, placées en bon ordre, l’une près de l’autre représentaient ses enfants, Suzanna, Lucien et Neptune.
Guillemette se penchait et regardait les vagues éclabousser la coque. Le soleil se levait et se couchait, s’étirant, largement, baillant d’or et de lave sauf quand la pluie jouait un oratorio, un opéra ou une légère sonate.
Quelquefois, l’envie lui prenait de sauter dans l’ami-bleu, puissant et un rien viril et de se laisser aller comme la baleine blanche aperçue l’avant-veille, va et vient puissant dans l’onde maîtresse.
Il lui arrivait de s’endormir à la belle étoile. Son oncle l’emportait, toute légère, plume au vent, dans sa couchette.
Baptiste était débordant d’histoires. De nombreux tatouages, fermement dessinés, selon une architecture mathématique, étaient chacun, une expérience, une morale, un conte.
Un crâne sur le bras droit et un deuxième . « Ah, confiait-il, celui-là vient de Macao. Le tatoueur le lui avait conseillé pour éloigner les démons, tu sais fillette, protecteur comme les gargouilles des cathédrales. Le deuxième, parce qu’à 2, ils forment une belle équipe… »
« Sache qu’ainsi, jamais, je n’ai plus eu de voleurs à mes trousses, d’accidents sur le bateau. Au fond, ce sont mes anges ! » Et il clignait de l’œil et ils éclataient de rire, la poussette et le grand homme.
Les vagues s’enroulaient, les oiseaux à tire d’aile les dépassaient. Tamatave approchait.
Guillemette allait reprendre le chemin de la maison, se promettant de tout raconter à Pépita, sa chatte-doudou.
Quand elle serait grande, elle écumerait les mers. Promis ! juré !
défi 148 proposé par les croqueurs de mots
On l'a rimé, on l'a chanté sur tous les rythmes et tous les tons, à toutes les époques...
C'est l'océan, la mer, le grand bleu...
Choisissez votre océan ou votre mer et rendez-lui hommage...
Onoïo et le poisson
Onoïo était un petit garçon tout pareil à un escargot. Il aimait sa maison, fort, fort. Il se mouvait, sans à coup, sans vitesse folle, harmonieusement.
Son papa et sa maman n’arrivaient pas à choisir un endroit pour leurs prochaines vacances. Le père rêvait de mer, la mère pépiait torrent. Ils auraient pu se disputer, s’affirmer, s’imposer. Non, ils demandèrent simplement à leur enfant de donner son avis, son souhait.
Onoïo était un petit garçon aimant, droit et pur. Il les regarda tous deux, légèrement, un regard de gazelle, et émit son vœu :
« la mer, les poissons et … la mer ! »
C’était étonnant, pour un enfant des plaines, amoureux des monts roulant sous les nuages floconneux, gris souris.
Puis, la famille se mit en route avec voiture coccinelle et caravane. Ils roulèrent, roulèrent… Onoïo dormait, Onoïo jouait à combien de voitures jaunes nous dépassent, Onoïo chantait.
Il était assez grand pour compter les cailloux, les voitures et trop petit pour mener un navire…
o-O-o
La plage s’étendait à leurs pieds, des rochers pointaient. Son papa avait dit : « on dirait la Grèce ».
D’ailleurs ses parents, oublieux de tout (sauf de lui), captaient la chaleur du sable, le vent écharpe de soie et se laissaient dorloter par l’astre solaire.
L’eau clapotait, l’enfant calme, regardait ses pieds et les minuscules poissons, s’agitant, dansant autour de lui. Il était bon d’être là. Le bleu de l’eau se confondait avec le ciel, tels des amis se tendant la main.
Il se laissait aller au bien-être quand il vit un drôle de museau pointu le fixer.
Et plouf, un saut de traverse, et plaf, l’enfant était aspergé. Il ne craignait rien, son regard se posait, petit rai de soleil. Le poisson avait reconnu l’ange dans l’enfant. Sans parole, ni rime, ni chanson, le poisson, un marbré, montrait sa joie de vivre, sa joie de se mouvoir dans la mer.
Entre eux deux, une communication, un échange s’établit, un message d’amour.
La grande bleue ou verte ou azur liait les deux êtres d’un pacte fort.
Et l’oiseau, un cormoran, arriva, battant des ailes, plongeant presque pour attraper sa proie.
Alors, Onoïo, l’enfant escargot, tendit la main vers l’oiseau : « soyons amis, ce sera plus joli ».
Le cormoran promit de manger moins de poissons, surtout pas ceux à rayures blanches. La danse reprit, Onoïo tapait dans les mains, Abélard, le poisson, nageait en accord avec les vagues, Spinozza, le cormoran tournait, montait et piquait.
La mer couvrait ce petit monde chaleureux d’un drapé amoureux.

Petite demoiselle fêtait ses six mois ...
février, naissance d'hiver
et là petit coeur dans les bras de papy

la petite maison de la forêt nous attendait,
avec bienveillance, les chaises, la rouge, la bleue
pour une journée douce

la maîtresse de maison, maîtresse incontestable des rêves sucrés
nous offrait son Saint-Epvre (gâteau d'origine nancéenne)
préparé avec délicatesse.

et le Christ veillait sur nous.
(réalisé par notre hôte dans une solive en chêne, bois très dur à travailler)

les jolies varoises ont trouvé en Lorraine, un port d'accueil.
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ensemble, nous avons passé un joli moment familial.

Braves gens, venez en notre ville provençale de Forcalquier

les Romains l'appréciaient, les comtes de Forcalquier aussi,
Napoléon III un peu moins car ses habitants se sont révoltés contre son coup d'état
et la répression fut féroce.

le marché y est le plus important de la région.

L'ancienne ville est belle, sa cathédrale Notre Dame du Bourguet connue depuis le XIIème siècle.

Quelques rues plus haut, existent des ateliers d'artistes et des galeries d'art.
Forcalquier est entouré de magnifiques petits villages et de beaux paysages et quelquefois, le matin, des montgolfières survolent le site.
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Je n'aime que les livres dont les pages sont imbibées de ciel bleu - de ce bleu qui a fait l'épreuve de la mort. Si mes phrases sourient c'est parce qu'elles sortent du noir. J'ai passé ma vie à luter contre la persuasive mélancolie. Mon sourire me coûte une fortune.
Le bleu du ciel, c'est comme si une pièce d'or tombait de votre poche et qu'en l'écrivant je vous la rendais. Ce bleu en majesté dirait la fin définitve du désespoir et ferait monter les larmes aux yeux.
Vous comprenez ?
Christian BOBIN
l'homme-joie
J'imagine quelqu'un qui entre au paradis sans savoir que c'est le paradis. Il a des inquiétudes, des projets. Il est très occupé. Un bruit de fer, un cliquetis d'épées l'accompagne. C'est si banal la guerre.
Et puis tout d'un coup il y a une lumière de neige sur un étang, et un oiseau aux ailes d'or fracasse les murailles du monde. C'est quelque chose d'inespéré. Quelques secondes suffisent, n'est-ce pas, pour vivre éternellement.
"Nous sentons et nos éprouvons que nous sommes éternels" : cette pensée de Spinoza a la douceur d'un enfant endormi à l'arrière d'une voiture.
Nous avons, vous et moi, un Roi-Soleil assis sur son trône rouge dans la grande salle de notre cœur. Et parfois, quelques secondes, ce roi, cet homme-joie, descend de son trône et fait quelques pas dans la rue. C'est aussi simple que ça.
Christian BOBIN
L'homme-joie
L'étang fleurissait sous le ciel et le ciel se coiffait devant l'étang. L'oiseau aux ailes prophétiques enflammait la forêt. Pendant quelques secondes j'ai réussi à être vivant.
J'ai conscience que cette lettre peut vous sembler foller. Elle ne l'est pas.
Ce sont plutôt nos volontés qui sont folles.
Je veux ici parler simplement de ce qu'on appelle une "belle journée", un "ciel bleu". Ces expressions désignent un mystère. Un couteau de lumière dont la lame fraîche nous ouvre le coeur.
Nous sommes enfouis sous des milliers d'étoiles. Et parfois nous nous en apercevons, nous remuons la tête, oh juste quelques secondes. C'est ce que nous appelons du "beau temps".
Christian BOBIN
L'homme-joie