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Encore vivant de Pierre Souchon

6 Mai 2018, 14:06pm

Publié par durgalola

- Et maintenant ?

- Maintenant, ce que je crois, c'est que sans traitement, je suis malade. Je dysfonctionne. Donc c'est à peu près aussi con de dire que je ne suis pas naturel avec mes cachets qu'un cancéreux qui vous dirait : "Ah mais avec ma chimio, vous démolissez mon être profond, je ne me reconnais plus, ce n'est plus moi..." Sauf qu'il ne viendrait jamais à l'idée d'un cancéreux de sortir une connerie pareille. C'est l'apanage de la psychiatrie... Tout mon combat, ça a été de considérer que j'étais malade au même titre qu'un diabétique, ou qu'un type qui a le VIH. Une maladie au long cours, qu'on doit traiter au long cours - et surtout qu'il n'y a pas de différence entre une maladie psychique et une maladie organique... Le souci avec les maladies psy, et c'est un énorme problème, c'est qu'on vous stigmatise.

- Vous en avez souffert ?

- Ah mais sans arrêt ! J'ai fait plusieurs mois d'hôpital dans ma vie, ce n'est pas rien... Mis à part mes parents et ma sœur, aucun des membres de ma famille n'est jamais venu me voir. Aucun ! pire : à ma sortie, lorsque je les revoyais personne ne me demandait de mes nouvelles !

....

Tout le problème est là : les symptômes d'une maladie psy, mes symptômes à moi, en tout cas, s'incarnent dans mon comportement. Donc tout le monde y met de l'intentionnalité, en niant la dimension psychologique. Et on me renvoie à ma responsabilité, on me traite de tout. ça c'est parfaitement dégueulasse.

...

- Vous espérez sortir rapidement ?

- Oui. Mais pour tout vous dire, je me rends compte depuis peu de temps que j'étais malade, ces derniers mois, vraiment malade. Donc ça ne fait que quelques jours que je suis plutôt content d'être ici, de me poser, et que j'ai de moins en moins hâte de sortir, parce que je sais qu'il va falloir tout reconstruire, et que ce sera très long...

 

Pierre Souchon

Encore vivant

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Encore vivant de Pierre Souchon

6 Mai 2018, 13:40pm

Publié par durgalola

- Hue, Coquet !

Mon oncle travaillait avec son cheval du matin au soir.

- Quand est-ce que tu es passé au tracteur ?

- En 1970, mon premier. Mais la mécanisation, c'était un piège. Je pensais que j'irais plus vite, que j'aurais du temps... En fait j'étais rentré dans ce truc infernal de l'industrialisation. Il fallait toujours produire davantage, acheter des terres... C'était délirant. Tout le long de ma vie de paysan, je croyais avancer, et j'étais doublé par l'évolution. Il fallait avoir le diable au corps pour rester ici. Tous mes copains se tiraient en ville ! ça faisaient des gendarmes, des mécanos, des maçons, des cheminots... Pour ne pas se flinguer, il fallait être solide. Et les jeunes qui revenaient au pays nous snobaient parce qu'on chiait avec le cheval, qu'on n'avait pas de salle de bains... Du coup je bossais encore plus, pour financer la modernisation de la maison... Je sortais pas de la spirale.

Il avait construit des gîtes ruraux, bientôt, parce que le pays, son agriculture et son industrie moribondes basculaient dans le tourisme, "les gorges de l'Ardèche et toutes ces conneries..."

Mon oncle pose son béret.

Attends... Là. dix... Ici, ils étaient bien... Je vais te dire... Vingt-cinq.. Et ceux de Elze... Les trois frères des coteaux... Et sur le bord du Chassezac... La famille... Comment ils s'appelaient...

- Oui, juste après-guerre, tu vois, il y avait 80 fermes sur la commune.

- Combien il en reste ?

- Trois. On est trois. Et tu as vu mes cheveux blancs....

 

Pierre SOUCHON

Encore vivant

 

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c'était en mai 1968 et j'avais 14 ans (suite et fin)

5 Mai 2018, 15:35pm

Publié par durgalola

 

Et ce mai 68 fut dans ma vie, la période la plus idéalisée, la plus exubérante, la plus intense.

A la maison, les parents écoutaient avec intérêt, la radio et nous avions des discussions passionnées. Et la grève commença à Sollac, papa faisait partie du piquet de gréve ; il était joyeux de dire que l'usine continuait à tourner, qu'ils entretenaient les machines. Des visites furent organisées pour les familles ; première fois, que nous nous rendions sur son lieu de travail à une dizaine de kilomètres de l'immeuble.

J'ai assisté à quelques défilés avec parents et frère et sœur. Papa était communiste et abonné à l'Humanité. Il était chaud ce mois de mai et peut être pensais je que les temps meilleurs arrivaient. Pour moi, la société communiste était une communauté fraternelle comme celle que le Christ prônait. Chez les sœurs, bien sûr, pas question de faire grève. Beaucoup d'élèves étaient absentes, grèves des bus et c'était un plaisir d'être un petit nombre.

Puis un jour, je voulus faire grève comme les grands, comme ceux des lycées publics. Maman et papa me donnèrent l'autorisation, je restais à la maison et faisais mes devoirs, car maintenant, que mes notes étaient bonnes, je ne voulais plus connaître l'incompréhension qui mine le dernier de la classe.

Et en classe, nous devions faire un exposé, c'était mon tour, je choisis de traiter d'un article paru sur l'humanité et bien, sans problème, rouge et enthousiaste, je parlais devant la classe.

Un jour, nous partîmes avec les amis de mes parents pour la Meurthe et Moselle. Leurs amis avaient une sœur qui hébergeait des étudiants parisiens (les cachaient même). Cela avait un côté excitant et là bas, il échangèrent avec passion. Le monde étudiant m'était totalement inconnu, ici, les enfants soient prenaient la voie de l'apprentissage ou souvent pour les enfants des usines, préparaient un CAP (leur ouvrant une embauche à l'usine, surtout pour les garçons passant un CAP industriel). Et Paris, c'était loin, si loin, d'ailleurs j'attendrai encore au moins 10 ans avant de découvrir la tour Eiffel et le métro grâce à une copine, devenue présidente de la JOC.

Par la suite, un des étudiants réfugiés en Meurthe et Moselle écrivit un film «rude journée pour la reine » avec Simone Signoret inspiré de la vie de la sœur de nos amis, femme de ménage.

Puis il y eut des accords signés, des changements politiques, les vacances où je découvrais pour la première fois l'Ardèche. Les salaires furent augmentés, le temps de travail diminué. A l'époque, ceux qui travaillaient dans les magasins, les restaurants travaillaient beaucoup plus que les fonctionnaires. Au moins 4 heures de plus par semaine. A l'école, on ne mit plus de blouse, bientôt les garçons intégraient l'établissement, les religieuses ne portèrent plus de voile, s'habillèrent civilement, et allèrent chez le coiffeur pour une permanente. Les pantalons autorisés … et bientôt plus de cours le samedi après midi …

 

C'était avant, j'étais encore une enfant.

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A Lanzarote, j'ai rencontré

3 Mai 2018, 21:06pm

Publié par durgalola

A Lanzarote, j'ai rencontré

 

A Lanzarote, j'ai rencontré une tourterelle (de Turquie ?) pas embêtée du tout par les cactus 

A Lanzarote, j'ai rencontré

 

j'ai rencontré, un perroquet qui cherchait la plage de Papagayo 

A Lanzarote, j'ai rencontré

 

et j'ai même vu quelques insectes butinant les fleurs de cactus, ou simplement se dorant la pilule au bord de l'océan

A Lanzarote, j'ai rencontré

 

ou au bord d'un volcan. 

 

A Lanzarote, j'ai rencontré

 

Que je n'oublie pas de vous parler des chats rencontrés à Playa Blanca.

Etaient-ils des descendants du chat du pirate Jean de Bethencourt ?

A Lanzarote, j'ai rencontré

 

Ils ne se font pas de souci les chats car s'il n'y a pas de souris à grignoter ou pas assez de moineaux, il existe une association formidable qui leur a construit des abris avec gamelle d'eau, croquettes et même passage deux fois par jour, d'une amie venant leur donner de la pâtée. 

(24 abris et environ 110 chats nourris)

 

 

 

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souvenirs d'anciennes promenades

3 Mai 2018, 16:36pm

Publié par durgalola

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Lanzarote, île volcanique au large du Maroc

27 Avril 2018, 14:31pm

Publié par durgalola

Lanzarote, île volcanique au large du Maroc

 

Lanzarote, petite île d'environ 900 km2

se niche près d'autres îles également volcaniques (îles Canaries).

Elle nous accueille avec un soleil franc et un vent fort et froid. 

Lanzarote, île volcanique au large du Maroc

 

Près de 300 volcans dont l'un le Timanfaya qui au 18ème et 19ème siècle a connu quelques éruptions dont l'une a couvert le quart de l'île de laves et de cendres.

Il faut savoir que la coulée de la lave se fait à la vitesse de 200 km/heure. En moins d'une demie-heure, la lave s'écoulait dans l'océan atlantique. 

Lanzarote, île volcanique au large du Maroc

 

 

Ici, dans ce secteur, pas de terre, la lave qui contient beaucoup d'éléments nutritifs a été concassée avec l'aide des chameaux.

Dans ce secteur (à environ 500 m d'altitude), la brume (comme sur la photo) et les nuages (quelquefois avec de la pluie) envoient un peu d'eau qui permettent aux oignons, voire de raisins, de pousser. 

Lanzarote, île volcanique au large du Maroc

 

Certaines plages sont de sable noir volcanique, emmagasinant plus de chaleur que le sable blond. 

 

Lanzarote, île volcanique au large du Maroc

 

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Défi 204 avec Zaza

26 Avril 2018, 13:56pm

Publié par durgalola

Défi 204 avec Zaza

 

30 avril 2018 : Défi numéro 204

pour les croqueurs de mots

 Le capitaine Zaza nous invite à fêter la Saint Robert !

A nous de nous parler des Roberts célèbres ou non, du petit Robert,

de la ville de Robert, des roberts, que sais-je encore… !!!

En prose ou en rime, et surtout de tenter de nous faire sourire.

 

 

A la Saint-Robert, tout arbre est vert

 

Devant l’ascenseur, il attend et Monique rit d'une de ses blagues toujours bienvenues. Ils sont en vacances et pour Robert, c'est jouissif, il a réussi à organiser cette semaine à Lanzarotte pour plusieurs amis dont lui et Monique, en fauteuil.

Pourtant, lorsqu'il avait chuté, il était cordiste de métier, et venait d'opérer un nettoyage de l'église Saint Jacques, perché bien haut, il avait été très en colère. Il avait chuté d'un cerisier, oui d'un cerisier, en ramassant ces délicieux petits fruits rouges pour confectionner un clafoutis. A l'hôpital, le chirurgien, lui avait annoncé qu'il ne remarcherait plus jamais ; il l'envoyait en centre de rééducation mais peut être, il apprendrait à marcher deux trois pas pour lui permettre de se déplacer chez lui, mais être cordiste (voltigeur) serait désormais impossible.

Il avait 42 ans, un métier qui l'envoyait aux quatre coins de l'Europe, une femme aimée et 3 bouts de chou de moins de dix ans. Franchement ce n'était pas rigolo. Marie-Eve, son épouse l'adorait, mais faisait quand même la moue lorsqu'elle venait lui rendre visite au centre de rééducation. Lucien, Marion et Gauthier ne reconnaissaient plus leur papa et plus d'une fois, Marion s'échappait dans le parc.

3 mois avaient passé, il avait rencontré Michel, un ouvrier tourneur qui s'était pris le bras dans une machine, un type bien différent de lui, préférant un bon match devant la télé qu'un tour de vélo dans la campagne. Michel racontait des blagues qui le détendait :

Je me suis déjà mis à la place d'un handicapé, surtout à celle de parking (Gaspard Proust)

Un an avait tourné et Robert tournait les roues de son fauteuil avec dextérité. Au centre, il avait rencontré Monique, qui lui parla de Marco et sa salle de gym ; depuis, il avait des muscles puissants . Çà l'aidait bien ! Contrairement à ses premières pensées assassines, il n'était pas foutu ! Sa vie arrêtée et rouillée. Céline, sa kinésithérapeute l'avait entraînée à ses cours de yoga où il avait appris à respirer profondément et même à se relaxer. Sans compter qu'elle était fine, Céline, elle savait les muscles à travailler, les pensées à éliminer.

Deux ans après, il travaillait à nouveau ; un poste de télé-travail, juste le vendredi, une réunion au siège de l'entreprise. Il y allait en bus (les entrées étaient prévues pour les personnes handicapées) ou en voiture (son fauteuil pliable dans le coffre). Robert était heureux, les voyages ne lui manquaient pas, enfin pas trop, il voyait ses enfants chaque jour et eux, ils étaient contents de savoir leur père présent, toujours prêt à leur expliquer un problème de maths, quoiqu'il préférait de beaucoup l'histoire et la poésie.... et surtout à jouer, et rire de son humour.

Deux ans après, il avait toutefois envie de voyager, et pas seul, en compagnie de ses potes en fauteuils. Il s'était bien débrouillé et avait réservé dans un hôtel où on accueillait aussi bien les bien-portants, les handicapés et les chiens aussi.

Et nous voilà aujourd'hui, dans la salle de restaurant, Robert se déplace avec aisance avec son assiette d'entrées sur les genoux. Déjà, dans sa tête, il prépare l'excursion qu'ils feront demain sur l'île noire !

 

 

ps

avec les défis, l'étonnement et la surprise sont souvent présents ; mais où veulent nous faire cheminer les matelots ?... et là, il y avait en moi la figure de cet homme, environ 55 ans, cheveux gris, blancs, alerte, joyeux dans son fauteuil roulant, faisant rire une copine elle aussi en fauteuil, passant leurs vacances dans le même hôtel. J'ai eu envie de lui rendre hommage, de lui imaginer une vie.Il y avait aussi sur LCP un film sur le yoga, fait par un homme sortant d'un fort handicap. Et aussi dans cet hôtel de Lanzarote, des fauteuils roulants à disposition , pour finir merci à Zaza, aimant la vie, les autres (hommes et bêtes) , et sa Bretagne. 

 

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poésie du jeudi avec Zazarambette

24 Avril 2018, 19:09pm

Publié par durgalola

poésie du jeudi avec Zazarambette

Avec Zaza

26 avril 2018 : Poésie du premier jeudi :

« Le Printemps », même si nous ne l’avons pas beaucoup vu depuis cette percée estivale !

 

Bourgeons

 

Avant que j'oublie

les arbres démangés 

par la sève,

se fleurissent

se bourgeonnent

se feuillent.

Un éclatement subi

après les joutes

entre hiver et printemps.

Les anciens fruits 

du cerisier du Japon

vont tomber.

Les feuilles et les fleurs

ont besoin d'espace.

Les bourgeons ressemblent

à des nymphes.

Bientôt, le merveilleux printemps.

 

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Lanzarote en trois photos

24 Avril 2018, 16:43pm

Publié par durgalola

 

J'ai aimé m'asseoir près de cette maison et admirer l'océan

(Petit port Le Golfo)

 

 

J'ai aimé les cactus qui vaillamment s'accrochent aux roches.

(Playa Blanca)

 

 

J'ai aimé ces coeurs rappelant que l'amour est central

(Téguise)

 

Lanzarote est une île volcanique. 

Plus de 300 volcans, le dernier en éruption (1800 environ) a laissé 1/4 de l'île recouverte de lave et de cendres.

 

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à l'ombre de l'octogénaire

11 Avril 2018, 22:10pm

Publié par durgalola

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