bouche d'or, insecte secret et sceau terrestre



Photos, poésie, extraits de livre



.. On sait à présent que des bébés âgés de quelques heures à peine imitent activement les expressions d'un adulte qui les regarde. Il semble que ce soit un trait inné. Non que les nouveau-nés aient une image corporelle de leur propre visage en train de bouger pour imiter le visage d'autrui. Ils n'ont pas conscience d'eux-mêmes. Ils ne sont pas encore les héros de leurs propres vies, mais leur réactivité aux visages est puissante.
Après la naissance de ma fille, j'ai passé des heures à la regarder, et elle me regardait. Je ne me sentais jamais rassasiée du visage de cette enfant et de ses grands yeux attentifs qui s'accrochaient aux miens. Ma mère a dit un jour à propos de mes sœurs et moi : "Quand vous étiez petites, je me régalais de vos visages." Cette expression résume bien l'émotion communiquée par le regard maternel, parce qu'elle se concentre sur le plaisir de regarder, sur le besoin de le faire.
De très petits bébés, âgés de quelques semaines, vous répondront aussi. J'en ai fait souvent l'expérience. Si vous parlez à un nourrisson et puis que vous attendez (il faut lui laisser le temps), il réagira en émettant des sons proches de la parole. Les débuts du langage sont imitation. Nous sommes des miroirs les uns pour les autres.
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D.W. Winnicott écrit : "dans le développement émotionnel, le précurseur du miroir est le visage de la mère."
Siri Hustvedt
La femme qui tremble
une histoire de mes nerfs
Sans doute serait-il utile de décrire différents degrés de conscience.
Après tout, même quand j'écris, c'est inconsciemment qu'est engendrée une bonne partie de ce que j'écris. Je devine sous mes mots un monde préconscient d'où je les extrais, pensées non encore articulées mais potentiellement présentes, et quand je les trouve je crois à leur justesse ou à leur fausseté.
Oui voilà ce que je voulais dire. A quoi mesurer cela ? Ce n'est pas extérieur à moi.
Je ne possède aucun notion objective de la phrase parfaite qui exprimera au mieux ce que je veux dire. C'est au-dedans de moi que je le sais et, pourtant, cet intérieur verbal n'est-il pas pétri de l'extérieur, de tous les livres que j'ai lus, des conversations que j'ai eues et de leurs traces mnémiques ?
J'aime les expressions "ça me trotte dans la tête" et "je l'ai sur le bout de la langue", qui désignent ces vagues réminiscences sous-jacentes.
Siri Hustvedt
la femme qui tremble
une histoire de mes nerfs
Heureux qui par un frais automne
largue son âme comme pomme au vent
et contemple le soc du soleil
fendre l'eau bleue de la rivière.
Heureux qui extrait de sa chair
l'incandescent clou des poèmes,
et revêt le blanc vêtement de fête
en attendant que l'hôte frappe.
Apprends, mon âme, apprends à garder
au fond des yeux la fleur de merisier ;
avares sont les sens à s’échauffer
quand du flanc coule un filet d'eau.
Les étoiles carillonnent en silence
Telle la boue à l'aube, telle la feuille blanche.
Nul n'entrera dans la chambre haute,
je n'ouvrirai la porte à personne.
Sergueï Essenine
1918
LETTRE A MA MERE
Toujours vivante, ma vieille maman ?
Moi je le suis. Salut à toi, salut !
Que ruisselle encore sur ta vieille isba
l'ineffable lumière du soir !
On m'écrit que, celant ton tourment,
tu te fais pour moi bien du chagrin,
que souvent tu sors sur le chemin
dans ton caraco tout vieillot.
Que le soir, dans la ténèbre bleue,
une image obsédante te poursuit :
au cabaret, un quidam, lors d'une rixe,
plonge une lame dans le cœur de ton fils.
Rien de tout cela, mère ! N'aie crainte !
Ce n'est là qu'un vilain cauchemar.
Je ne suis pas encore tel endurci pochard
que je puisse mourir sans t'avoir revue.
Je suis comme avant, un tendre
qui ne rêve, sais-tu, qu'à une chose :
quitter au plus vite le spleen de la révolte
retrouver notre maison basse.
Je reviendrai lorsque le jardin tout de blanc
étirera ses branches à l'appel du printemps.
Mais il ne faudra plus m'éveiller aux aurores
comme tu le faisais il y a huit ans.
Ne vas pas rappeler les rêves passés
ni ranimer les desseins avortés ;
j'ai trop tôt connu dans l'existence
toutes sortes de fatigues et de manques.
Et ne me dis pas de prier. Surtout pas !
Au passé on ne retourne pas.
Toi seul es mon secours et ma joie,
toi seule es pour moi l'ineffable lumière.
Oublie donc, mère, soucis et angoisses,
ne t’afflige plus tant à mon propos.
Ne sors plus si souvent sur le chemin
dans ton caraco tout vieillot.
Sergueï Essenine
1924
Je n'appelle, ni ne pleure, ni ne regrette rien,
tout passe comme brume de pommiers en fleurs.
Miné désormais par l'or de défloraison
Je ne connaîtrai plus la jeunesse.
Tu ne battras plus comme avant
désormais, cœur transi,
plus ne t'incitera à flâner pieds nus
la terre du bouleau et du calicot.
Esprit follet qui attisa mes lèvres
comme tu te fais rare, rare aujourd'hui.
Flots d'émotion, pétulance du regard,
ô ma fraîcheur d'âme perdue.
De désirs même je deviens avare.
Ma vie ! Ou ne fut-ce qu'un songe ?
Comme si par un bruissant matin de printemps
j'eusse passé au galop sur un destrier rose.
Tous en ce monde, tous sont périssables,
lentement s'écoule le cuivre de l'érable...
Béni sois-tu néanmoins dans les siècles
toi qui es venu éclore et mourir.
Sergueï Essenine
1921

En mai, fais ce qu'il te plaît
Et bien, merci pour vos photos-plaisirs et merci à ceux et celles qui les regardent avec grand plaisir.
Le prochain partage aura lieu fin juillet.
Le thème sera celui de l'eau :
les gouttes, les rivières, les poissons, les paysages fluviaux, la mer, et tout ce que cela vous inspire ...
à envoyer à agab57070@yahoo.fr pour le 31 juillet au plus tard.
encore merci.

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A "Tournez manège!" l'amour est couleur vert espérance. Il faut juste
oser franchir le pas
La beauté est parfois piégeuse
Mais le vent emporte tout, même la prudence
Il reste, après son passage, un merveilleux parfum poivré...





ce qui me plaît ... 

aller et venir et regarder, contempler, m'oublier

c'est ce qui me plaît dans ces promenades quotidiennes.
m'immerger dans les fleurs, les oiseaux, les insectes ... et tous les autres êtres.

de loin les herbes sont vertes semblables et bruissantes - le vent souffle

en se rapprochant, elles deviennent un peuple, un peuple de graminées où des vies se jouent.

A faire paraître le 18 mai (un mois avant l’appel du 18 juin )
Voici le défi 145 des croqueurs de mots
Pour faire un poème dadaïste :
-Prenez un journal.(Pas votre journal intime , mais bon , si vous y tenez pourquoi pas ?
-Prenez des ciseaux.(Le choix des ciseaux est très important :
il ne s’agit pas de s’énerver et de déchiqueter le journal)
-Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème.
-Découpez l’article.
-Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac.
-Agitez doucement.
-Sortez ensuite chaque coupure l’une après l’autre.
-Copiez-les consciencieusement dans l’ordre où elles ont quitté le sac.
(Je saurai si vous trichez = un gage )
Le poème vous ressemblera.
Et vous voilà un écrivain infiniment original et d’une sensibilité charmante,
Encore qu’incomprise du vulgaire.(Nous sommes tous des incompris)
Tristan Tzara

faire un poème dadaïste c'est un peu bizarre et anarchique.
Alors, il me restait de choisir un texte pas trop long, la lecture mic-mac aurait été casse-tête, un texte court dans un journal ... alors celui relatif à l'association L214 trouvé sur le net (pour ce défi zonzon, j'ai cherché un texte fort). Ci-dessous vous le trouverez dans son intégrité.
Ensuite sensation d'enfance par le découpage et le tirage au sort et le collage ...


en mai, je fais ce qu'il me plaît
... prendre un bâton, le lui donner pour qu'elle joue avec moi ... et pffft de ses photos ...
en mai, je fais ce qu'il me plait ... la ... la ... la lalère ..
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Les fleurs s'ouvrent, s'offrent et s'envolent .. les insectes zonzonnent ... les oiseaux font leurs nids... et nous voilà déjà à la mi-mai.
Je vous rappelle que le partage de mai approche avec le thème "EN MAI FAIS CE QU'IL TE PLAIT".
Vous pourrez envoyer vos images, vos mots jusqu'à dimanche soir à agab57070@yahoo.fr
(merci de mentionner le nom de votre blog)
Je vous remercie d'avance et très belle soirée .