
Colette nous propose en toute simplicité le thème suivant :
Le quotidien
« Le train quotidien va bientôt dérailler,
qui veut rester dedans n’a qu’a bien s’accrocher. » Robert de Houx

pour Bonheur du Jour qui rend grâce au quotidien
"Le simple est le vêtement du profond" Christian BOBIN (7/12/19)
tricoter le quotidien (matin du samedi 7 décembre)
Se réveiller, Durga, enroulée, dort au bout du lit. Olivier est absent, levé tôt, compte-rendu à rédiger. Continuer et finir de lire "itinéraire d'une ultrasensible" (Charlotte Wils) et se dire d'envoyer une page à C. Se rendre compte que la matinée sera courte. 9H20, douche, cheveux, sensation de froid en sortant, prendre le temps de se sécher, réchauffer.
Le petit déjeuner est prêt.
Bernard Pivot, à la radio, parle. Olivier répète : "lire Gilles Lapouge, pas un seul prix, lire...". Djinnie laisse ses croquettes dans son bol. Elle attend beurre, noix, douceurs à croquer.
Se préparer, lui mettre son manteau et ouvrir la porte. Surprise, l'air est doux, le froid s'est évanoui. Même dans le gros des nuages, le ciel perce. Le champignon du bout de la rue a vacillé ; son chapeau touche le sol. Dans mes pensées, comprendre que le temps passe.
Etre saluée par le voisin à la casquette grise qui me dépasse. Souriante, aussi, son épouse. Elle regrette le ciel bleu des jours précédents. Un étudiant, japonais, chinois, coréen ? et son caddie chargé de nourriture. Rejoindre sa chambre universitaire près du lac.
Se pencher, observer les feuilles hier dorées, ce matin, noires, se superposant, tapis douillet. Chercher son nom, pas chêne, ni cerisier, peut être peuplier blanc. Croiser un homme, cheveux blancs, sourire amical et se dire BON JOUR. Sur une 3008 blanche stationnée depuis hier au moins, une tapisserie de feuilles d'or, collée par la pluie récente.
Enlever sa capuche, longer les tilleuls. Cette année, pas de colonnes de gendarmes tout le long des troncs. A la place, rangées de champignons minuscules, bien alignés, de bas jusqu'en haut. S'arrêter, photographier, délicatesse des lamelles. Connaissant le chemin de la maison, Djinnie me guide vers la gauche. Regarder l'homme des services municipaux. Grâce à lui, le coin des poubelles collectrices s'assoupit, bien rangé, ordonné. Plus de déchets amassés anarchiquement, sachets, seau de peinture blanche, objets cassés.
Remonter la rue, admirer le chrysanthème avec ses multiples pomponettes jaunes, longues à fleurir, longues à rester fleuries. Ouvrir la porte, entrer. 11 heures. Départ d'Olivier, de Durga, bruit mouillé des voitures sur la chaussée....