La maison (Cécile COULON)
La maison
Je voudrais simplement,
j'insiste, simplement,
une maison au bord
d'un de ces lacs en Auvergne
que je connais comme si
j'étais née à l'intérieur.
Dans cette maison,
peu meublée,
il y aurait tout de même
une chambre pour Karine,
une autre pour Chloé,
du vin rouge,
assez pour ne pas en manquer,
ce qu'il faut de réserve
dans le sucrier,
une baignoire évidemment,
des livres dans la salle de bains,
un œil de bœuf que frôleraient,
en automne, les branches des sapins.
A quelques centaines de mètres
je louerai une parcelle pour ma mule
afin qu'aux premiers signes
du printemps
nous puissions cheminer ensemble,
amuser les enfants qui ne seraient
pas les miens,
transporter le pain noir
jusqu'à l'heure du goûter.
Voilà, c'est ainsi,
je voudrais simplement,
j'insiste, simplement,
cette maison, ce sucrier,
cet âne solitaire, peut-être
un chien, qui sait ?
Oserais-je demander, de temps en temps,
une lettre de la femme que j'aime ?
Oserais-je demander, de temps en temps,
un baiser de la femme que j'aime ?
Oserais-je demander, de temps en temps,
les mains de la femme que j'aime ?
Probablement pas. Probablement jamais.
Cécile COULON
les ronces



























