Petites graines
Photos, poésie, extraits de livre
la candidate aux pieds nus (presque)
la candidate aux pieds nus (presque)
Et il existe une
chevalière sans escarpins
fines lames.
Et elle avance
sans fards, sans bijoux,
la prof d'économie
la fille aux valeurs chrétiennes
En sincérité
En amour des gens.
Nathalie ne sera pas présidente
mais citoyenne toujours !
Agab (03/22)
mandala mars
les trois présidentiables
Les trois présidentiables
Elles sont trois
à se présenter
devant le peuple français.
"Etre présidente"
Toutes trois
pour cette soirée
ont revêtu le pantalon.
L'une haut noir et blanc,
la brune.
L'autre haut tout blanc,
la blonde.
La troisième blanc
et couleur tendre, rose.
Elle aussi blonde.
Elles s'affirment
hautement perchées
sur leurs escarpins.
Toujours interrogative
sur leurs chaussures
d'échassier.
Agab (03/22)
Soudain la lumière a changé
Soudain la lumière
a changé - JAUNE,
JAUNE SABLE.
Atmosphère étrange
de fin du monde
de minuit même jour.
De son doigt, effleurer
une carrosserie
et se dire
"Sable du Sahara"
Les missiles aussi
peuvent venir de loin.
Agab (03/22)
mandala doux
mandala énergie
promenade photographique du 1er au 15 février 2022
Braise (Thomas Vinau)
Braise
J'étais chez moi à me débattre entre les poubelles, les idées sombres et les steaks hachés crus. Les pieds déjà bien enfoncés jusqu'aux chevilles dans cette drôle de matinée gadouillée de mort et de lumière. Et je le vois sur la terrasse. Posé là, sans bouger. Je passe, repasse, il ne bouge pas. Un coup sur la vitre, il ne bouge pas. Il est mort ou quoi? Non, il est debout sur deux minuscules pattes, beau comme une braise prête à s'envoler. Je me dis bon, il doit être mal en point. J'ouvre la porte-fenêtre, terrasse par les pieds, en chaussettes, le froid commence à chauffer. Je m'approche, m'accroupis, il ne bouge pas. Il est là bien vivant. Rouge-gorge immobile, impassible, impavide. Beau comme une braise prête à s'envoler. Je tends le bras, la main, le doigt. Je le caresse, tête, dos, ailes. Il ne bouge pas. Je caresse une braise. Sa petite tête d'une douceur sans nom qui pourrait être broyée en un claquement de doigt. Ses yeux, deux points noirs. D'un noir du fond de l'espace. Parfaitement rond, total, brillant. Bec en aiguille qui pourrait denteler la nuit. La flamme sur son ventre. Je n'en reviens pas. Pense à prendre une photo mais ça ferait trop de gestes, l'instant s'écroulerait. Je me dis le pauvre, il doit être mal en point. Malade, pas loin d'y passer. Je vais chercher une boîte, de la paille, de l'eau, du pain. J'y vais. Une fois tout rassemblé je reviens, il est là. Je distingue une fiente sur le carrelage de la terrasse derrière ses pattes brindilles. J'ouvre la porte et il s'envole d'un coup, comme une flèche, une flèche souple, une flèche qui aurait appris à danser. Et voilà, je reste là, avec la fiente, le froid du carrelage par les chaussettes, le soleil qui monte sur le mur, la mort embourbée. J'ai caressé une braise et elle s'est envolée.
Thomas VINAU
Vivement pas demain
petites proses de rien posées là dans la main
Journée des droits de la femme 8 mars 2022
Oh dans sa tête,
elle est libre,
fière, belle
la femme d'aujourd'hui !
Pourtant Dieu
n'est pas nommée Mère,
Pourtant Dieu
appelle certaines
à se couvrir, s'encager,
Oh dans mon coeur,
qu'elles me sont chères
les femmes d'aujourd'hui !
Agab (8/03/22)
pour la journée des droits de la femme









