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9 jours d'avril 2022

21 Mai 2022, 19:47pm

Publié par durgalola

8 jours d'avril 2022

 

 

8 jours d'avril 2022

 

 

8 jours d'avril 2022

 

 

8 jours d'avril 2022

 

 

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8 jours d'avril 2022

 

 

8 jours d'avril 2022

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OISEAU MINUSCULE de Jim Harrison

21 Mai 2022, 19:08pm

Publié par durgalola

OISEAU MINUSCULE

 

Violent désir d'être un oiseau minuscule

sur une branche minuscule, peut-être

une mésange arlequin

dressée sur ses pattes grêles,

pas ce gros type qui tombe

en faisant un boucan terrible

abîme trottoirs et pâtures,

s'enfonce jusqu'à la taille dans la boue de la rivière.

Si mes jambes étaient des lances je serais descendu

jusqu'à l'une de ces tumultueuses rivières souterraines

qui sont partout, portées par le courant noir de la terre.

Jeune, je pensais mourir avant quarante ans

comme tant de mes poètes préférés.

A soixante-quinze ans je constate que ce n'est pas arrivé.

Je reste pourtant fidèle à mes poèmes et aux oiseaux.

Les oiseaux sont des poèmes

que je n'ai pas encore saisis au vol.

 

Jim HARRISON

la position du mort flottant

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Sommeil des bêtes (Jim Harrison)

21 Mai 2022, 18:56pm

Publié par durgalola

SOMMEIL DES BÊTES

 

Qu'elles sont belles ces vaches Black Angus endormies

dans la pâture si verte ! Elles commencent à manger

dès les premières lueurs pâles de l'aube,

puis lorsque la chaleur augmente en milieu de matinée

toutes s'écroulent et se vautrent pour la sieste

sauf quelques veaux qui n'ont pas envie

de dormir et se promènent en dérangeant tout le monde

mais on les ignore pour finir par s'endormir.

Les veaux mâles se réveillent en premier, se provoquent

se cognent la tête pour imiter les futures guerres sexuelles,

"J'suis l'plus gros, l'plus fort, j'veux toutes les femelles",

mais tout s'apaise lors d'une somnolente journée

estivale, de gros tas noirs dans la pâture

verte, une centaine, énormes et plus petits,

comme obéissant à un signal ils se lèvent et mangent.

Pourquoi cela me plaît-il autant ? Comme à nous,

il importe à ces créatures condamnées d'ignorer

l'avenir et de rester en paix avec la nature

en mangeant l'herbe verte et drue.

 

Jim HARRISON

La position du mort flottant

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jeudi en poésie avec Josette

18 Mai 2022, 21:47pm

Publié par durgalola

Pour le jeudi 19 mai qui est celui de l’Ascension (le 26 mai mais chut !!)

un poème qui nous fera prendre de la hauteur !

 

L'Esprit Saint

 

La chienne à côté de moi

dort. J'entends son souffle

apaisé. Et une bouffée

du poète  Jim Harrison

sort de ses poèmes d'homme

flottant**. Le réveil couleur rose

égraine des secondes de vie

en moins, en moins. Serai-

je plus légère pour

l'envol à venir. Le

printemps exubérant est en

mouvement constant. La

libellule, l'insecte adolescent

vivent l'instant précieux.

L'Esprit Saint jubile.

 

Agab (05/22)

 

 

** la position du mort flottant de Jim HARRISON 

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Défi 265 avec Josette

15 Mai 2022, 20:01pm

Publié par durgalola

Défi 265 avec Josette

 

 

Pour le défi 265 Josette sort de sa cachette … Voici ce qu’elle propose à « tous-tes »

Eh oui nous sommes dans une époque genrée !

Pour le lundi 16 mai

Je vous propose d’écrire une petite histoire en utilisant les mots suivants dans leur sens masculin et féminin : 

Carpe, Faune, Greffe,  

et aussi d’intégrer : Dauphin et Dauphine, Lézard et Lézarde, Loup et Loupe (et plus si affinité) 

 

Au greffe du tribunal de Jouy les loups, la déposition d'un enfant faune, n'en finissait pas. Il racontait à l'employée courbée et au poignet cassé (exit la rangée de petits os le soutenant dénommé carpe) comment laissé pour compte par des parents sous l'emprise d'une énième drogue récréative, des parents songeant au costume qu'ils porteraient à Venise avec loup doré ou argenté, comment laissé pour compte, au milieu de la forêt de hêtres, la faune, renard, merle blanc et biche l'avaient ravi ; il en était ravi. 

 

Les animaux lui avaient appris à survivre, à se rassasier de fanes, de mûres et de sacs mac do rejetés par les gamins, nourris par trop d'inutile. Avec la carpe, la centenaire, il avait appris à nager, plonger, et sortir d'un saut parfait devant mère Lune.
 
Il grandissait, lisant même les poèmes de Jim Harrisson, de Christian Bobin. L'ancienne et brave dame, prenait note tout en se disant que l'enfant sentait bon, la forêt, le miel, le chèvrefeuille. Elle prit sa loupe et vit  qu'il n'était pas vêtu d'un habit kaki clair et sombre comme porte les chasseurs, mais sa peau était velue, ses oreilles un rien pointues, peut être des cornes, greffe d'un bizarre bonhomme appelé Honoré Lézard.
 
C'est lui qui avait dit à Louis Dauphin du royaume des herbes folles du pré flottant, d'aller voir la Monette, une bien brave greffière qui lui expliquerait quoi faire après trois années magiques.  Elle était aimante, un peu sorcière. Qui mangeait ses pommes dauphines un jour d'orage, oubliait ses souhaits de gloire, de vanité, d'honneur pour s'en aller retourner la terre et y faire pousser des fraises, du persil, des rutabagas.
 
La dame ôta ses lunettes et comprit la question bien avant de l'entendre. "Que dois-je vivre aujourd'hui ?"
"Ne lézarde pas mon beau Louis, enfonce toi dans la forêt primaire et va tout droit, jusqu'à l'orme, plus grand que l'épicéa. A ses pieds une dame pleure, ses longs cheveux mouillés par ses larmes. Prends lui la main, embrasse la. Ce sera ta maman forêt. Elle a perdu un enfant dans les guerres de là-bas et jamais, plus jamais ça. Elle ouvrira ses yeux marron vert et t'emmènera là où les hommes aiment les arbres et les enfants."
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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mandala renaissance

9 Mai 2022, 21:13pm

Publié par durgalola

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Une seule phrase de Cécile COULON

9 Mai 2022, 20:23pm

Publié par durgalola

UNE SEULE PHRASE

 

Si je dois tenir en une seule phrase,

il faut qu'elle soit solide et vraie,

il faut qu'elle tremble comme le reflet d'une lune pleine

au fond d'un seau brisé.

D'où me vent cette idée ?

Peut-être du temps qu'on pense avoir et connaître.

Peut-être des gens qu'on aime, qu'on croit garder

près de soi comme des tableaux de maître

qu'il suffit de regarder pour être consolé.

 

Nous n'avons pas le temps. Nous ne gardons par les gens :

je dois apprendre à remplacer le verbe avoir par le verbe être.

Je dois apprendre à aimer sans glisser le soir par la fenêtre 

pour quitter par peur d'être moi-même quittée.

 

Si je dois tenir en une seule phrase

il faut qu'elle soit douce et radicale,

il faut qu'elle donne tout ce qu'elle a et qu'on sente,

quand on la reçoit, l'énergie d'un cœur usé

mais qui cavale plus vite qu'un regard de nouveau-né.

D'où me vient cette idée ?

 

Les poèmes viennent tous du même lieu :

de ce gros trou dans la poitrine

qui contient ce que le monde n'a pas voulu nommer.

Il faut avec des mots très simples tenter trois gestes fous :

avouer - rejoindre - aimer.

 

Si je dois tenir en une seule phrase,

il faut qu'elle soit vive et joyeuse,

qu'elle prenne dix ans d'élan pour un seul petit pas.

Si je dois tenir, ce soir, en une seule phrase :

 

je pense à toi.

 

Cécile COULON

en l'absence du capitaine

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Mardi matin de Cécile COULON

9 Mai 2022, 20:16pm

Publié par durgalola

MARDI MATIN

 

Ma bien-aimée dort à mes côtés

il est sept heures du matin,

la fenêtre est ouverte

sur un ciel rose et bleu,

des moineaux vont et viennent,

Dieu secoue la tête dans un clocher.

Il y a une douceur de dimanche

dans ce début de journée.

 

Ma bien-aimée est couchée sur le ventre

dans mes draps  blancs rayés,

je suis déjà réveillée,

mille choses doivent être accomplies cette semaine

mais le plus important

c'est ce moment où, encore endormie,

elle frôle ma cuisse pour vérifier que je suis là,

renifle un peu,

dans son œil le sommeil ne veut pas s'en aller.

 

Il y a des jours où "je t'aime"

signifie : 

quelle chance d'être ici,

ensemble,

le monde entier cogne à notre porte

et nous ne l'entendons pas.

 

Cécile COULON

en l'absence du capitaine

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Jeudi en poésie avec Josette

9 Mai 2022, 19:03pm

Publié par durgalola

Pour le jeudi 12 mai

un poème en « ic », « oc », « ac » serait le bienvenu

 

 

S'accorder

avec les gouttes de pluie 

Plic plac ploc

avec les amants chahutant 

au sein des pâquerettes

Flic flac floc

S'accorder

S'accoupler

L'accordéon joue son air 

De brique et de broque

Cric crac croc

S'accorder

 

Agab (05/22)

 

 

 

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la pluie, avant qu'elle tombe de Jonathan COE

6 Mai 2022, 17:12pm

Publié par durgalola

Les chants d'Auvergne de Canteloube 

 

La pluie, avant qu'elle tombe de Jonathan COE

 

Un livre écrit avec votre âme, cœur, intelligence ou pas. Parce que votre vie d'écrivain est ainsi, écrire pour gagner sa vie, celle de l'éditeur et des autres, parce que les mots vous habitent tant, trop ?

Sans savoir que l'intime du livre, spermatozoïde au flagelle persistant, s'insinue dans le nôtre.

De ces histoires de femmes de la guerre, aux années 60  ou maintenant, reste le cri barbare, versant le calme des jours, leur ennui, d'amour ou sans, de fracas et de photos.

Et j'entends ma grand mère hurler sa colère dans les bois sombres, devant ma mère, jeune enfant.

Et je me souviens de Murol et notre enfant chérie de 3 ans, cœur de notre amour, portée par Olivier, ciré jaune peut être, pluie bien sûr.

Et je me promets d'écouter les chants de Canteloube, déjà conseillés dans un livre lu précédemment.

Et vous allez, écrivains

Et nous allons, le peuple des lecteurs.

Merci à Jonathan Coé

 

"Des nuages. Des nuages blancs, qui flottent sur un ciel gris pâle. Ce ciel qu'encadre la petite fenêtre treillissée de la chambre de Thea, à l'arrière de cette maison si belle, si triste. Je regarde les motifs des nuages, les motifs qui changent sans cesse, qui se forment et se dissipent, se forment et se dissipent, tandis que l'après-midi s'écoule dans un silence presque total. Parfois un cri dans le jardin, le bruit des autres enfants, qui continuent à jouer. Thea endormie à côté de moi : si jeune, si vulnérable, si apeurée. La pression de son corps contre mon bras, et les motifs des nuages qui se forment et se dissipent, se forment et se dissipent. Blanc sur gris, et la pression de son corps..."

page 194

 

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