
Ohé Matelots, pour le défi 193
Martine (Quai des Rimes) nous propose avec plaisir d'écrire en prose, ou en vers, un texte ayant pour titre :
«Ça me fait une belle jambe »
au sens propre ou celui de l’expression dont l’origine est surprenante.
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Ça me fait une belle jambe
Un matin, en me rendant à l'école, sac au dos, dans le ciel, où naviguaient des nuages-poèmes, des haïkus effilés, je vis une bande, fort large, d'oiseaux migrateurs regagnant le Sud.
Ils volaient fièrement, densément, rapidement.
Vous connaissez cette sensation, à la vue d'un spectacle naturel : une libellule, un papillon, un enfant souriant à sa mère. Alors, votre cœur vibre à l'unisson du monde.
Cela m'impressionna toute la journée.
Et le soir, j'embrassais mon père qui rentrait de son travail (il se démenait à faire fonctionner un programme informatique regroupant ceux de deux entreprises qui venaient de fusionner. Il appelait cela la « mutualisation »).
Papa, les oiseaux descendent vers le Sud !
Ca me fait une belle jambe ! me répondit-il.
Seulement, nous étions en juin ;
le lendemain, il pleuvait ;
le surlendemain, maman remettait le chauffage en route.
Nos chats reprirent leurs fourrures hivernales.
A la télé, ils promettaient un retour de l'anti-cyclone, ils promettaient.
« Ca me fait une belle jambe !» m'avait asséné papa. Bientôt, il pestait car il avait froid. Il se mit à porter des caleçons longs.
L'hiver s'incrusta, persista bien longtemps mais les hirondelles, vous le savez bien, font toujours le printemps !