Petites graines
Photos, poésie, extraits de livre
promenade photographique du 20 au 26 août
Défi 192 - jeudi en poésie
les croqueurs de mots avec Jeanne Fadosi
pour le jeudi en poésie, si vous avez besoin de pistes pourquoi pas vitesse et lenteur.
Brièvement
Avant que le temps,
la vie,
me manque,
m'échappe,
...
sachez que je vous aime.
AGab
Un bruit de balançoire de Christian BOBIN
Les gouttes de pluie sur la vitre ont un bombement argenté et une bordure laiteuse.
La pluie s'arrête.
Les gouttelettes ne partent pas tout de suite. Elles forment une voie lactée cloutée. Elles semblent figées comme parfois nos vies.
Puis l'une se met en route. Il est difficile de ne pas penser qu'elle va vers sa mort. La jeune élue, poussée par le vent, s'éloigne de ses soeurs idôlatres, crispées dans une fausse immortalité.
La petite vivante avec sa joie muette glisse en oblique vers l'abîme, dans l'angle de la vitre encadrée d'acier froid. Voilà. C'est fini.
Vivre n'est rien d'autre que donner sa lumière, traverser la voie lactée des épreuves, disparaître - et continuer, car telle était la parole qui ce matin se fracassait en dizaines de gouttes d'eau sur la vitre insensible d'un train entre Paris et Genève : aucune lumière donnée ne se perd.
Nous sommes des paillettes d'or détachées d'une statue vivante. Nous sommes des instants de son souffle, des pollens de sa voix, des petites gouttes de pluie qui prennent le train sans billet jusqu'à l'éternel qui est ceci, ici, maintenant.
Christian BOBIN
Un bruit de balançoire
Un bruit de balançoire (Christian BOBIN)
Ils sont partout sauf en eux, ces gens qui font le tour du monde. Le plus long voyage que j'ai fait, c'était dans les yeux d'un chat. Les bêtes sont des anges. Leur silence est proche de celui des livres. Leur silence est de l'encre. Il porte une tunique de papier, une ceinture d'encre. Il entre dans notre coeur et il parle. De l'intérieur de nous. Sans mots. Les livres qui n'ont pas cette grâce ne sont que marchandises, pesanteur et poison. Les livres - anges, les livres - animaux s'endorment une joue plaquée contre la paroi intérieure de notre coeur.
Christian BOBIN
Un bruit de balançoire
Saint Martin de Bavel (Ain)
De 16 degrés, déjà pas très chaud, la température est passée en 5 mn à 11 degrés. Et au lieu de marcher sur le Valromey, nous avons été à Saint Martin de Bavel dont l'église siège sur un monticule qui se révèle un ancien reste du glacier du Rhône.
Il faisait si humide que Djinnie refusa de sortir de la voiture et nous laissa avec notre parapluie, circuler dans le village.
Dans l'église, un gentil mot à l'entrée nous prévenait de laisser la porte ouverte car deux hirondelles avaient fait leur nid.
le soleil se leva et nous avons continué notre promenade avec Djinnie, et avons cueilli des noix sur le bord des chemins.
Il y a des endroits comme celui-ci où vous vous sentez bien tout de suite, presque euphoriques, comme si l'air y était plus pur, comme si vous n'aviez qu'à poser votre bâton de berger et vous asseoir sur le pas d'une porte.
défi 191 proposé par Jill Bill
Pour la communauté les Croqueurs de Mots
Jill Bill à la barre n°191 - quinzaine du 18-9 au 1-10-2017
Pour le lundi/défi du 25-9, elle nous propose une illustration titrée,
« Se tuer à la tâche » broder un texte autour, et rajouter en imposé l’un des deux bons mots :
celui de Paris Hilton
On a besoin des animaux, le jaguar pour la voiture, le vison pour sa fourrure et le dindon pour la facture !
ou celui de Pierre Doris
Je me suis engagé dans la marine le jour où mon père a dit qu’on était sur terre pour travailler dur !
J'avais envie d'une histoire sympathique alors que la première citation me hérissait les cheveux, une vraie sorcière :
On a besoin des animaux, le jaguar pour la voiture, le vison pour sa fourrure et le dindon pour la facture !
Les vacances sont là, ses examens réussis, Matthias entre en quatrième année de master droit social.
Auparavant, il souhaite travailler pour payer son logement, son assurance, ses bouquins, son abonnement au cinéma.
Et le voilà, livreur de pizza du vendredi au dimanche soir, pour renforcer l'équipe. Et la semaine, il est employé dans une cafétaria. Cette année, ses parents ne pourront pas l'aider, son père est au chômage depuis presqu'un an, son entreprise a fermé et à 55 ans, pas facile d'obtenir un nouvel emploi.
Les jours filent vite entre ses deux jobs : il se tue à la tâche, enfin juste pour deux mois, et il aime bien prendre son scooter et livrer les pizzas pour rencontrer des gens si différents. Si certains, lui prennent la boîte des mains, en bas de l'immeuble, d'autres le font entrer, lui offrant une boisson. Des familles venant de terminer les courses et devant la télé avec les enfants, des jeunes se rassemblant pour passer la soirée ensemble. Des livraisons dans des immeubles, des maisons ou des campings.
Un soir, il écarquille les yeux... une jeune fille, aux yeux d'un bleu méditerranéen, ourlés de cils interminables, lui ouvre la porte et le fait entrer. Matthias est désarçonné par sa beauté. Cheveux longs, bruns, raides, mains qui virevoltent et sourire craquant, grande fine. Elle lui prend la pizza 3 fromages et « une minute, s'il vous plaît, je reviens ! ». Dans l'entrée, le jeune homme attend, regarde la pièce et au-dessus d'un miroir facetté et parsemé d'étoiles, il voit cette phrase encadrée : « On a besoin des animaux, le jaguar pour la voiture, le vison pour sa fourrure et le dindon pour la facture ! ». signé PARIS HILTON.
Il est agacé par cette citation ; l'argent ne servirait qu'à ça : être imbu de sa personne et mépriser l'autre (qu'il soit animal ou humain, ne change rien à l'affaire). Il bougonne et rumine intérieurement. Vite qu'il parte d'ici.
Bientôt, elle arrive, lui tend un pourboire qu'il refuse. Non ce n'est pas possible, et lâche en partant : «bonsoir … et à jamais ». L'escalier lui permet de dépenser sa mauvaise humeur. Et soudainement, il entend quelqu'un qui le poursuit et lui lance … « arrêtez-vous, ce n'est qu'un malentendu ! Les propriétaires sont en vacances et je loue leur appartement, le temps de me trouver un studio »
Et elle rit : « j'ai bien vu votre énervement ! Souriez, je suis bénévole à la SPA et mon petit jaguar est une magnifique chatte grise trouvée dans ma boîte aux lettres. »
Et si demain, vous veniez avec moi promener Grizzli et Pasta...
Livreur de pizza, Matthias vous le confirme, rien de tel pour faire des rencontres !
NB :
le belle jeune fille, elle existe, je l'ai rencontrée dans un bus, des yeux perçants et d'un bleu .. le chat, il rodait dans le quartier samedi matin et a fait le gros dos en voyant Djinnie.
partage photos de septembre
Je vous remercie pour toutes ces images sur
les fruits de la nature (à vous de choisir, légumes, fruits, noisettes ... en vrai, en peinture, céramique ...) ou sur notre ami le soleil.
et tous mes remerciements à vous qui venez regarder avec bienveillance nos photos.
Le prochain partage au lieu au mois d'octobre et le thème est :
"CHEMIN" (qu'il s'agisse d'une sente, route, trottoir, fleuve, canal ... et tout ce que votre imagination vous inspire).
Si vous souhaitez participer, vous pourrez envoyer vos photos jusqu'au 25 octobre à agab57070@yahoo.fr (maxi 4 photos) en indiquant également le nom de votre blog. Merci pour les photos reçues et celles à venir.
les photos de Pierre
les photos de Bernadette
les photos de Martine85
les fruits de mon jardin de Cergy
pédalez, pédalez, nombreux cyclistes,
soufflant sur les pentes
pédalez, pédalez, chevaleresques sportifs
si vous arrivez au sommet des bonbons-primes
vous seront offerts.
(Mont Ventoux juillet 2017)
cette nuit là ... (CHI Zijian)
Cette nuit-là Valodia m'enlaça étroitement tandis que les doux ronflements de Tatiana résonnaient dans le tipi.
Notre union fut aussi harmonieuse que celle du poisson et de l'eau, celle des fleurs et de la rosée, celle de la brise et des chants d'oiseaux, celle de la lune et de la Voie lactée.
CHI Zijian
Le dernier quartier de lune
Oasis (Pierre Rahbi)
Gorbatchev imaginait deux planètes se rencontrant dans l'espace. L'une d'elles s'adresse à l'autre en lui disant : "Oh ma pauvre, comme tu es dépenaillée !" Et l'autre de lui répondre : "Ne m'en parle pas, j'ai attrapé l'humanité !"...
La planète est une oasis perdue dans une immensité désertique. Elle est d'une rareté inouïe, pour ne pas dire une exception puisque nous n'en connaissons pas de similaire. En bonne logique, nous devrions veiller sur elle comme sur le plus grand des trésors mais nous préférons la considérer comme un gisement de ressources à consommer sans retenue et la transformons en un espace de mort.
J'ai maintes fois évoqué l'incongruité d'imaginer le principe d'une croissance indéfinie dans une oasis limitée. Plus absurde encore, l'insatiable boulimie qui nous caractérise est source de frustration pour les nantis et de pénurie mortelle pour les plus démunis ce qui engendre révoltes et violence.
Sobriété et modération sont à l'évidence deux dispositions à prôner si l'on veut prévenir toute disparition prématurée de notre oasis.
Pierre Rahbi
La convergence des consciences




























