défi 200 : je me souviens
Défi 200
la principale consigne du défi est de commencer son texte par "je me souviens"
éventuellement de choisir un mot unique dans la liste et l'intégrer dans son texte :
"maison, anniversaire, rouge, bateau ou lundi"
le sapin de Noël
Je me souviens, la pièce petite, les enfants autour de moi, deux fillettes aux nattes brunes, le père et la mère, le chat noir aussi. Sapin de Noël, orné de boules rouges, vertes, bleues et multicolores, j'étais à la fête, quoiqu'ayant un peu trop chaud. La petite Martine avait même accroché, seule, deux trois boules qui avaient roulé sur le sol, le chat avait sauté d'un bond pour la faire rouler.
Je me sentais un peu à l'étroit dans le pot vert, mes épines sont vite tombées. Puis la fête des rois arrivée, la grande devenue reine, puis les boules, les guirlandes rangées. Et ce ne fut pas ma fin , la maman accompagnée des deux fillettes me planta dans le jardin, près du grillage. Je mesurai 1 m 50, aujourd'hui je suis un grand dadais aux grands bras ; pas loin de 15 m ..
Les hommes ne se rendent pas compte comme ils courent vite, comme ils se rident vite, les oiseaux aussi, même s'ils reviennent d'année en année, ma mémoire n'arrive pas à se souvenir de leurs noms.
Aujourd'hui, le soleil joue avec mes branches, aujourd'hui, les mésanges vont de branche en branche, les étourneaux adorent chanter, ressemblant à des notes sur la portée, aujourd'hui, je suis l'hôte heureux.
Et ma petite famille, n'est plus celle des années 1970, elles se sont mariées et sont parties les gamines, ramenant plus tard avec elles, leurs poupons. La mère bienveillante accueillait les nichées joyeuses, le père un peu bougon avait un labrador noir et un panneau « chien méchant « trônait devant la vigne. Les raisins noirs servaient à faire le petit vin du coin.
La mère s'est éteinte, un cancer, les filles ont pleuré ; puis au fur et à mesure que le père avançait en âge, se déplaçant avec sa cane, venaient de plus en plus souvent. Son labrador mort, très attristé, un chat est apparu pour lui tenir compagnie.
Et moi, je grandissais, mes branches s'étiraient. Le grand champ de blé avait disparu, une jardinerie occupait l'espace, une jardinerie avec des poules et des coqs. Le blockhaus, arraché, et la ferme disparue, garage, avocats, magasin d'électro ménager, avaient poussé comme des champignons.
Puis à 99 ans, le papy a déclaré en avoir assez de vivre, il n'a plus mangé, s'est éteint en quelques semaines. Et la maison, inoccupée, et le jardin à peine entretenu, je grandissais, les petits sapins de Noël du jardin d'à côté étaient bien minuscules, à côté de moi.
Je crois bien que c'est Martine la nouvelle propriétaire, tout a été refait, le chat est partie chez sa sœur Mariette. La grille a été changée, une nouvelle mangeoire pour les oiseaux a été installée, et juste quelques branches à ma base ont été coupées. Ils vont bientôt être à la retraite tous les deux. Je n'ai même pas 50 ans, je vais bien rester tranquille trente ans avec eux. Et surtout abriter tous les oiseaux du quartier : mésanges, verdiers, rouges gorge, rouges queues, merles, corbeaux, geais, pigeons, tourterelles et moineaux … Si vous saviez comme ils chantent tous si bien.
Je me souviens et heureux, je continue à grandir, rejoindre mon ami le soleil !


























