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bonheur matinal

26 Février 2019, 15:54pm

Publié par durgalola

 

Bonheur matinal

 

Son corps mince,

petit singe, se déplace

se tourne, agile

L'enfant rit

Les mots bulles roses

sans aucune façon

éclatent bonbons

La fillette raconte

la nuit sans maman

sans câlin de maman

Quand vient maman ?

Âme de 4 ans

Les choses sont telles

que tout va dans

l'ordre naturel

Anaïa me dit :

Lève-toi mamie !

 

Agab 02/19

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défi 216

24 Février 2019, 16:17pm

Publié par durgalola

Pour le défi du lundi 25 février

Marie a trouvé dans une brocante, cette élégante estampe

qui apparemment évoque une histoire mystérieuse…

Qui sont ces personnages ? Que disent ils ?

Que vont ils faire ? A vous de nous le raconter.

Morin, yarfoun be toukheboure baili bi, indakhôn, orkho be ousikhiboure karoulan bi.

Le cheval a pour récompense qu'on lui ôte la bride; le chien a pour récompense l'herbe mouillée.

 (proverbes manchoux et mongols de Louis Rochet)

 

Dans un monde ancien, à l'Est de la Chine, en Mandchourie, vivait un peuple fier et nomade.

Vaillant Soleil était le fils aîné d'une famille vivant du commerce des peaux de zibeline. Tout lui souriait et surtout il respectait ses parents. Il aimait la poésie, les chevaux qui filaient dans le vent. A 25 ans il n'était pas encore marié et ses parents souhaitaient des petits fils pour remplir la terre de Mandchous.

La marieuse, une femme âgée, pas n'importe quelle marieuse, une femme avisée, Face de Lune, leur avait proposés plusieurs jeunes filles, fleurs à peine écloses nées de famille de notables. Ils hésitaient entre les jeunes filles. Dans les mariages anciens, de nombreuses qualités étaient exigées et la beauté n'était pas un critère respectable. Et les parents choisirent une des plus jeunes, 15 ans à peine, dont les parents avaient des terres proches des leurs. Elle s'appelait Hirondelle.

Les accords étaient établis entre les  deux familles et le jour du mariage arriva. Les deux époux ne s'étaient jamais vus. Jamais et lorsqu'elle enleva son voile rouge, signe de bonheur, les mariés  se regardèrent et restèrent sans joie particulière. L'un et l'autre respectaient leurs familles.  Elle avait emmené pour sa belle famille les cadeaux rituels et pour son époux, un adorable chow-chow noir de 6 mois. Hirondelle guettait sa réaction, ce fut une surprise éclatante : Vaillant Soleil riait en prenant le chiot dans ses bras. D'un geste, il fit signe à son ami qui vint avec une chienne chow-chow noir de deux ans, une femelle qui de suite lécha les mains d'Hirondelle.

De guindé et impassible, le jeune couple se sourit et le soir, au fond du lit, avant de devenir amants, ils parlèrent de chasse, chevaux où tout deux excellaient à sauter en selle sur un cheval qui passait au galop. C'est pourquoi, ils tinrent à se faire représenter en costume de mariage, avec leur chapeau de zibeline, et surtout leurs deux chow-chow. Comment le tableau se retrouva dans une brocante, l'histoire ne le dit pas.

 

 

note :

j'ai été passionnée par la vue de cette estampe. J'ai passé beaucoup de temps à essayer de trouver des indices. Les chow-chow étaient des animaux de chasse et ont longtemps été inconnus des Européens. Les Mandchous portaient la tresse qu'ils ont imposée aux Chinois.  Chez nous est affichée une belle reproduction d'un cavalier chinois/mandchou dont le cheval fait un saut magnifique dans le vide qui aurait pu être Vaillant Soleil. 

 

défi 216

 

 

 

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du bleu pour vivre, du bleu pour être heureux

22 Février 2019, 17:18pm

Publié par durgalola

du bleu pour vivre, du bleu pour sourire, du bleu pour rire

 

du bleu pour vivre, du bleu pour sourire, du bleu pour rire

 

du bleu pour vivre, du bleu pour sourire, du bleu pour rire

 

du bleu pour vivre, du bleu pour sourire, du bleu pour rire

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jeudi en poésie avec les croqueurs de mots

21 Février 2019, 11:38am

Publié par durgalola

Pour ce jeudi, Marie nous propose de faire un poème selon le modèle suivant

Janvier pour dire à l'année bonjour 

Février pour dire ...

Mars pour dire ...

vous continuez la même structure pour tous les mois et vous concluez par :

Et douze mois de plus ( mon ... ma ...) pour te dire .......

_________________________________________________________

 

janvier pour dire bon anniversaire, doux frère compagnon de mon enfance,

février pour dire bon anniversaire, fille et petite fille chéries, parents disparus, et gai beau frère

mars pour dire comme les crocus sont mignons et ardents

avril pour dire le printemps revient, allons vite découvrir une nouvelle région

mai pour dire bon anniversaire petits-fils de mon cœur,

juin pour dire le retour des cerises et merles moqueurs,

juillet pour dire gavons nous de lumière pour éblouir notre âme,

août pour dire les raisins, les pêches, les melons, bons les sucrés,

septembre pour dire enfants apprenez à l'école, les montagnes et les poésies,

octobre pour dire bon anniversaire sœur-amie, doux gendre et feuilles d'or,

novembre pour dire je pense à toi, amie fidèle et gracieuse,

décembre pour dire comme les jours sont courts, enfant divin, et bien-aimé mari.

 

Et douze mois de plus, ma chère terre, pour te dire qu'aimer est bon !

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Publié depuis Eklablog

19 Février 2019, 16:35pm

Publié par durgalola

Les Cabardouche nous proposent  le jeudi poésie du 21 février  de créer une anaphore 

A la manière de Jean Paul Schneider vous conservez la structure suivante :

Tu dis … et déjà … en ajoutant les images de votre choix.

Longueur libre mais au moins 6 fois la même structure.

Tu dis
Tu dis sable
et déjà
la mer est à tes pieds
Tu dis ….
et déjà

 

Tu dis 

(pour cette petite femme au sourire lumineux, chaleureux, confiant)

 

 

Tu dis avenir

et déjà

vous quittez la Roumanie.

*

Tu dis maison

et déjà

la chaleur couvre vos épaules

*

Tu dis travail

et déjà

tu remises les jours à mendier

*

Tu dis école

et déjà

toi et ton mari accompagnez vos enfants.

*

Tu dis France

et déjà

tu remercies le ciel

*

Tu dis espérance

et déjà

Tu oublies la caravane, la faim et le froid

*

 

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la sagesse espiègle (Alexandre JOLLIEN)

16 Février 2019, 19:18pm

Publié par durgalola

... Pour tous, c'est pareil... Le bonheur, ce n'est pas l'extinction soudaine et définitive de tous les problèmes. Ça, c'est du délire. Tu règles un souci, tu peux être sûr qu'il y en a un qui rapplique juste après... La joie se recueille au cœur de cette vie bancale, fragile, tragique, éphémère. J'ai une amie qui dit : "C'est le bordel, mais il n'y a pas de problème."

- Et qu'est-ce qu'elle te propose quand c'est le bordel et que c'est réellement un problème ?

- Rien. justement, la joie, j'ai l'impression que c'est déjà accepter que des pans entiers de la vie resteront sans remède, qu'ils ne trouveront peut-être jamais de solution et ça ne va pas forcément s'arranger.

- Tu y arrives, toi ?

- Bien sûr que non !

- Alors qu'est-ce qu'on fait ?

- D'abord, on peut distinguer les psychodrames et le tragique ! Le tragique, c'est les catastrophes, la souffrance, le mal inévitable liés au simple fait qu'on soit vivant. Les psychodrames, c'est tous les problèmes générés par le mental, les comparaisons, la peur, la jalousie, la tristesse, les chagrins, les jugements...

...

- Il faut nécessairement se prendre des tuiles dans la gueule pour se réveiller, c'est ça que tu es en train de me dire ?

- Non... se réveiller, c'est peut-être déjà repérer le tas de psychodrames que je m'invente, la peur des autres, la culpabilité, la comparaison, les projections, une existence toute en retenue, bourrée d'attentes et de préjugés.

 

 

Alexandre JOLLIEN

La sagesse espiègle

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Gaspard de la nuit (Elisabeth de Fontenay)

16 Février 2019, 19:04pm

Publié par durgalola

 Mes parents ont voué une admiration sans réserve au général de Gaulle, ils le considéraient comme leur maître en patriotisme mais aussi en malheur, car ils savaient que ce grand homme avait eu une enfant différente. Sa fille, Anne, était née en 1928 atteinte de trisomie 21. L'accouchement d'Yvonne de Gaulle ayant été difficile, Anne avait gardé de sa naissance des séquelles lui rendant la marche difficile.

Charles de Gaulle fut un père profondément attaché à celle qu'il appelait "ma joie", soucieux à chaque instant de la protéger, et voyant en elle une bénédiction. "Anne a été aussi une grâce, elle m'a aidé à dépasser tous les échecs et tous les hommes, à voir plus haut", dira-t-il en 1940, comme s'il tirait sa force de la fragilité de cette enfant. En garnison à Metz, à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, il avait demandé que l'on ouvre les grilles du jardin botanique dès 7 heures du matin quand il faisait beau. Il voulait se promener avec Anne dans les allées sans que des badauds dévisagent cette enfant stigmatisée comme "mongolienne".

Et même, quand il fit de l'Angleterre, la capitale de France libre, rien ne pouvait lui faire obstacle dès lors qu'il avait décidé de consacrer du temps à sa fille. Avec elle, il se laissait aller à des élans d'affection qui ne lui étaient pas habituels. "Sans Anne, peut-être  n'aurais-je jamais fait ce que j'ai fait. Elle m'a donné le cœur et l'inspiration", a-t-il avoué à Jean Lacouture, son biographe.

...

Anne est morte d'une pneumonie en 1948, à l'âge de 20 ans. A la fin de son enterrement, de Gaulle était debout devant la tombe, le visage dans ses mains. Le prêtre s'est souvenu de cet instant où l'homme qui avait sauvé l'honneur de la France n'était plus qu'un père inconsolable : "Je me suis agenouillé et il s'est littéralement effondré sur mon épaule." Quelques instants plus tard, alors que le corps d'Anne venait d'être enterré, de Gaulle a posé sa main sur le bras de sa femme et lui a murmuré : 'Maintenant, elle est comme les autres".

Maintenant... comme les autres. Désespérant aveu qui laisse entendre que seule la mort a réussi là où les hommes ont échoué.

 

Elisabeth de Fontenay

Gaspard de la nuit

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Tribulations d'un rêveur attitré (Abdellatif LAÂBI)

16 Février 2019, 18:37pm

Publié par durgalola

La maison en dur

avec ses travaux enfin achevés

ses volumes aériens

et son puits de lumière

ses interrupteurs emmêlés

ses potiches

ses cafards et son jasmin

ses meubles

sarcophages protégés de la poussière

par des draps sales

L'as-tu vraiment habitée ?

Voilà qu'ici

une simple feuille

vierge en apparence

t'offre le gîte, le couvert

et te remet vertement en place :

errant indigne

gare à ton âme !

 

Abdellatif LAÂBI

Tribulations d'un rêveur attitré

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Tribulations d'un rêveur attitré (Abdellatif LAÂBI)

16 Février 2019, 18:36pm

Publié par durgalola

Du droit de t'insurger tu useras

quoi qu'il advienne

Du devoir de discerner

dévoiler

lacérer

chaque visage de l'abjection

tu t'acquitteras

à visage découvert

De la graine de lumière

dispensée à ton espèce

chue dans tes entrailles

tu te feras gardien et vestale

A ces conditions préalables

tu mériteras ton vrai nom

homme de parole

ou poète si l'on veut

 

Abdellatif LAÂBI

Tribulations d'un rêveur attitré

 

 

 

« Ai-je jamais écrit avec autre chose que ma vie ? »

Abdellatif Laâbi est né en 1942 à Fès. Il fonde en 1966 la revue Souffles qui a subverti le champ littéraire et culturel au Maghreb. Son combat pour la liberté lui a valu d’être longtemps emprisonné au Maroc. Depuis 1985, il vit principalement en France. Son œuvre fréquente tous les genres littéraires, mais la poésie y occupe une place centrale. Couronnée par de nombreux prix dont le Goncourt de poésie et le Grand Prix de la francophonie, elle est traduite dans un nombre grandissant de langues. De son côté, Laâbi a traduit en français plusieurs auteurs arabes contemporains.

 

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Tribulations d'un rêveur attitré

16 Février 2019, 18:28pm

Publié par durgalola

Il leur faut juste un peu d'eau 

un rayon de soleil

un quart de galette

chaude si possible

et d'avoir entendu ne serait-ce qu'une fois

même dans une vie antérieure

les intonations à quoi l'on reconnaît l'amour

dans n'importe quelle langue

Ces besoins étant

Ils ne demandent rien

Ils respectent le libre vouloir

de l'eau 

du soleil

des mains qui d'une poignée de graines

tirent la pâte 

la mettent à l'épreuve du feu

pour l'avènement du pain

des lèvres sachant capter l'instant de grâce

où le coeur battant dru

s'offre sans réserve

 

Abdellatif LAÂBI

Tribulations d'un rêveur attitré

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