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Et toutes et tous

18 Avril 2020, 17:17pm

Publié par durgalola

Et toutes et tous

applaudissent le soir.

Un soir en déroute,

les uns à table,

Un autre se trompe.

Sourires et volonté.

Les admissions diminuent,

hélas le virus mute.

Cela attristent les biologistes.

Le professeur Raoult

annonce une fin

proche : Sourions !

Et espérons !

 

Agab 15/04/20

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J'écrirai donc encore

18 Avril 2020, 17:13pm

Publié par durgalola

J'écrirai donc encore

Jusqu'au 11 mai

Menues sources de joie

Questions embarrassantes

Malades encore nombreux.

J'écrirai que le printemps

Poursuit sa route.

Finies les fleurs de prunus,

jonquilles, narcisses,

Pluie de pétales roses,

Blanches, feuilles venues.

J'écrirai pour rappeler

aux jeunes proches

la fragilité du monde.

 

Agab 14/04/20

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Avant que le temps

18 Avril 2020, 17:08pm

Publié par durgalola

Avant que le temps

ne rafraîchisse

un couple marche

besoin d'air, lumière.

Avant que le président

ne prononce les mots clos

un couple va.

2 jeunes enfants

entourés des parents

cherchent les grenouilles,

admirent la chienne.

Avant que le présent

ne s'évanouisse,

l'homme ratisse

les bords de la haie.

 

Agab 13/04/20

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Instant lumineux

18 Avril 2020, 17:03pm

Publié par durgalola

Instant lumineux

où l'air suspendu

ouvre une ode bleue

au goût de violette

à l'amour simple

humble, entier.

Toutes les histoires,

l'histoire est délitée.

Nos intelligences

bouliers se fanent.

Le chat  à l'arrêt

transperce de ses jades

l'instant lumineux.

 

Agab 12/04/20

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Le ciel est bienfaisant

18 Avril 2020, 16:58pm

Publié par durgalola

Le ciel est bienfaisant

Il nous comble

Oiseaux éperdus de joie

Fleurs en bamboula.

Le ciel est douceur

dans un temps confiné

où des être meurent

étouffés, asphyxiés,

hommes surtout.

Un pan de ciel, 

toile émérite

leur caresse l'âme.

Quelques ouates les guident

là où l'on continue.

 

Agab 11/04/20

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Ils sont là

18 Avril 2020, 16:53pm

Publié par durgalola

Ils sont là 

tous les deux.

Marcel est de retour

sorti d'hospitalisation.

Masques sur la bouche,

elle portant les sacs,

lui appuyé sur sa canne.

"A 1 mètre ! me dit-il 

Je suis guéri, mais ..."

Tant de jours sous oxygène

Tant de joie à marcher.

Après, nous fêterons,

Une coupe de champagne.

Marcel est revenu !

 

Agab 10/04/20

 

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défi 235 avec Dominique

12 Avril 2020, 17:32pm

Publié par durgalola

défi

Cette quinzaine, c’est Dominique (Mes antidotes) qui prend la barre pour la première fois.

Sur une Œuvre de Jaume  Plensa qu’elle intitulerait volontiers   » IMPROBABLE   DIALOGUE « 

 

* Faire dialoguer deux personnages connus, réels ou fictifs mais n’ayant pas vécu à la même Époque.

OU

* Faire dialoguer un personnage fictif ( Humain  ou  Animal ) avec son  Créateur

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

Seconde possibilité

Ecrire une  UCHRONIE

*Une « Uchronie » étant un récit imaginaire, qui a pour point de départ un Événement Historique

dont on modifie à sa convenance et selon son imagination, l’évolution et l’issue.

 

 

an 2060, mois d'avril, une jeune femme, Artinoé, ouvre le cahier de poèmes "graines en retrait" écrit en 2020 par la mère de sa grand-mère.

Elle se rappelle des histoires de sa mère, ce printemps étrange où elle ne bougeait pas du jardin de ses parents. Elle  lui a souvent raconté ces jours où la nature s'est ouverte, parée de fleurs, de feuilles, où le temps était bleu. Bleu pour calmer nos peines disait sa mamina.

Des gens mouraient, majoritairement des gens très âgés, surtout des hommes un peu obèses, un peu cardiaques, un peu hyper-tendus, un peu cancéreux, et même sans aucune pathologie. Ils s'étouffaient malgré les soins attentifs, persévérants de soignants.

Ce temps suspendu était incroyable, défiant toute personne, scientifique, politicien, philosophe, de prévoir comment la vie normale (c'est à dire l'exploitation de la terre, de l'air, des animaux) reviendrait.

La brave mamie des années 20 serait bien surprise de voir comme le monde tournait. D'abord, il y eut un déconfinement progressif, les voyages en avion rétablis à 30 %, les vacances impossibles dans les immeubles, juste dans les maisons particulières. Jamais plus de 100 personnes sur les plages ! Les enfants retournèrent à l'école en septembre. 

Hélas, en 2022, le virus se dissémina à nouveau dès qu'on reprit un mode de vie un peu plus soutenu : championnats de football, jeux olympiques, études à l'étranger, voyages en avion, usines polluantes. A nouveau, les soignants au front, à nouveau le confinement, à nouveau surtout les hommes malades et là, en une semaine, un homme sur cinq hospitalisés mourrait à l'hôpital.

Il y eut des rebellions, des manifestations pour que les gouvernants et les scientifiques fassent quelque chose. Et le professeur Einsteinet trouva la parade. Avec une équipe internationale, il comprit qu'elle était la solution : que chacun soit atteint du coronavirus. Les anciens malades étaient immunisés, sauvés. Ils utilisèrent l'arenicole (ver marin breton) qui soulagea tous ceux en insuffisance respiratoire.  Et dans leur bras, fut injecté une minuscule capsule avec une couronne gravée. 

Ceux-là, les "couronnés" pouvaient vivre normalement, travail, voyage, déplacement. Il fallut quand même injecter le microbe à certains pour qu'ils contractent la maladie. Et en 2030, tous les hommes à part quelques rares personnes, obligées de se confiner à vie, furent sauvés.

Des mesures politiques importantes furent prises car nous n'étions pas à l'abri de nouveaux virus (le viru22), puis de destructions par le feu de départements entiers (les feux de 2025). L'eau ne fut plus utilisée pour l'arrosage, les haies furent rétablies, aucune entreprise ne put dépasser 500 salariés, l'agriculture retrouva sa place, les échanges existèrent mais  par exemple un vélo ne put être fabriqué que dans le pays d'achat.

Seulement, il y eut un petit hic, pour Artinoé, cela semble naturel, les hommes devinrent infertiles et le recours à l'insémination, impossible, car il n'y eut  plus de donneur. Même, il ne fut pas rare de voir des femmes à barbe. Artinoé, elle-même choisit de porter un petit bouc très tendance. Toutefois, les scientifiques remarquèrent quelque chose d'improbable. Dans les couples qui élirent domicile à la campagne, s'occupant de cultiver leur terre de façon traditionnelle, des hommes accouchèrent de bébés.

Artinoé est en train de trier toutes ses affaires et se prépare à déménager pour créer une ferme avec son mari Julius. Tous les deux rêvent d'être parents. 

 

 

 

 

 

 

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Le monde est occupé de Christian Bobin

10 Avril 2020, 17:38pm

Publié par durgalola

En haut de la montagne, il n'y a rien de plus ni de moins qu'en bas de la montagne. Nous nous déplaçons avec nous-mêmes, nous déplaçons en nous-mêmes.

Le bout du monde et le fond du jardin contiennent la même quantité de merveilles.

 

Christian Bobin

Le monde est occupé

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Le monde est occupé de Christian Bobin

10 Avril 2020, 17:37pm

Publié par durgalola

Le cœur est une petite maison, même pas une maison, une niche, même pas une niche, un abri pour les moineaux.

Le cœur n'a qu'une contenance réduite. 

Une joie qui bat des ailes le remplit tout. Il n'y a plus de place pour autre chose.

 

Christian Bobin

Tout le monde est occupé

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Tout le monde est occupé de Christian Bobin

10 Avril 2020, 17:26pm

Publié par durgalola

 

Monsieur Gomez est content de sa femme de ménage. Il l'a recommandée à d"autres propriétaires de la ville, au-delà de la montagne. Ariane a trois employeurs. Ils ont tous un plomb dans l'âme, une lourdeur dans le regard. Monsieur Gomez, c'est la tristesse. Madame Carl, c'est l'orgueil. Monsieur Lucien c'est la jalousie. Quand ils entendent parler Ariane, ils oublient d'être tristes, orgueilleux, jaloux.

Il y a ainsi des gens qui vous délivrent de vous-même - aussi naturellement que peut le faire la vue d'un cerisier en fleur ou d'un chaton jouant à attraper sa queue. Ces gens, leur vrai travail, c'est la présence. L'autre travail, ils le font pour les apparences, parce qu'il faut bien faire quelque chose et que personne ne va vous payer simplement pour votre présence, pour les quelques bêtises que vous dites en passant, ou pour la chanson que vous fredonnez.

 

Christian Bobin

Tout le monde est occupé

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