Petites graines
Photos, poésie, extraits de livre
la médiathèque Jean MACE
..." Un texte - un livre - est un lieu de repos pour les souvenirs de ceux qui ont vécu avant nous. Un moyen de préserver la mémoire après que l'âme a poursuivi son voyage."
...
"Mais les livres meurent, de la même manière que les humains. Ils succombent aux incendies ou aux inondations à la morsure des vers ou aux caprices des tyrans. Si personne ne se soucie de les conserver, ils disparaissent de ce monde. Et quand un livre disparaît, la mémoire connaît une seconde mort."
La cité des nuages et des oiseaux
Anthony Doerr
3 jours, les livres ont brûlé pendant trois jours avant que le feu soit éteint.
Les enfants ont apposé leurs dessins sur les barrières
Sur les restes de murs, un artiste a collé des dessins d'arbre.
Derrière les participants de cette visite, notre grande médiathèque, et à droite, la mairie de quartier qui a été vandalisée une nuit avant.
Nous emmenions souvent nos petits enfants pour leur faire découvrir les livres.
Ces trois livres empruntés, au moins n'auront pas brûlé.
D'autres sont également de retour dans toutes les médiathèques.
J'aurais dû en emprunter, dix, vingt ...
vu sur le site des médiathèques de Metz
Comment puis-je aider ?
La Ville de Metz proposera prochainement une collecte en ligne pour recueillir les dons des particuliers et des entreprises qui souhaitent participer à la mise en place d’une médiathèque provisoire dans le quartier de Borny suite à la destruction de la médiathèque Jean-Macé dans l'incendie de la nuit du 30 juin au 1er juillet.
Le lien vers la cagnotte sera publié sur cette page dès qu’elle sera opérationnelle.
Nous vous remercions par avance pour votre générosité et votre solidarité.
Photographies en retrait (cinquième semaine)
Dans la forêt, je progresse avec la béquille.
J'en oublie les deux semaines passées dans une pièce, a me reposer et à lire.
Je pratique du yoga sur chaise, une voix douce guide la séance.
Restaurant au Hohwald, petite station de montagne.
Des galettes de pommes de terre au munster et un oeuf dessus. Un délice.
Ensuite une jolie promenade qui nous emmène dans la forêt. Il fait 26 degrés alors que dans la plaine au moins 32.
Heureuse de marcher même si cela me demande des efforts. Rencontre avec des digitales et des mignonnes orchidées blanches.
Et déjà le retour,
La veille au soir, Stella aboie fortement.
A 20 m du studio, un sanglier, éberlué regarde la petite chienne et détale.
Le lendemain, nous nous arrêtons à Senones où existait la principauté des princes de Salm.
La chaleur est bien forte,
Stella apprécie le tapis de notre fille.
Jeudi, après la visite chez le dentiste,
Nous nous rendons vers notre médiathèque détruite. Des enfants ont laissé des dessins. Le vent claque sur les tôles et pas une pierre à prendre, tout est en ruines.
Rendez-vous à l'hôpital dans une semaine.
Ma marche est plus assurée avec ma béquille.
Je recommence à sortir Stella une fois par jour.
A la pluie de Ursula K. Le Guin
A la pluie
Mère la pluie, multiple, magnifique,
Qui tombe sur les friches, les champs, les forêts,
Le toit de la maison, l'humble chaumière, la haute tour,
Eaux qui s'ouvrent vers le bas et lavent tout, plus grandes
Que les villes, plus douces que la sororité, plus vastes
Que les campagnes, apaisantes, vivifiantes :
Reviens-nous, à nos âmes inquiètes,
Apprends, par ta chute perpétuelle,
à tomber, à sympathiser, à sentir jusqu'à la racine,
à se fondre, à guérir, à adoucir la mer.
Ursula K. Le Guin
Derniers poèmes
Courage
Courage
Appuyé sur ses deux cannes
L'homme très âgé, traverse
La forêt, ses herbes douces,
Ses digitales, un pas après l'autre.
Il y arrivera, il arrivera.
pause sur un banc, au bon moment.
Ancienne route romaine.
Enfin, les rochers sont là. 971 m.
Il les gravit très obstinément.
Et la vue se révèle apaisante.
Mont Sainte Odile, plaine d'Alsace.
Revenir maintenant. Poursuivre.
Avant, jadis, au temps des cerises
Peut-être... plus grand, plus fort.
Aujourd'hui, toujours vivant.
Agab (07/23)
Détruite la médiathèque Jean Macé
Je pleure
Ils ont brûlé cette nuit notre médiathèque de quartier.
Celle où j'allais emprunter les livres conseillés sur vos blogs,
Celle où je rencontrais des personnes charmantes.
Elles présentaient des livres, des films, de la musique à découvrir.
C'était notre maison et l'on s'y sentait bien.
Avant hier ce fut la mairie de quartier, une salle de spectacle pour les jeunes.
Ils jouent avec les tirs de mortier
Et dans les rues, la drogue circule amplement.
Je vous partage ma tristesse.
Photographies en retrait (quatrième semaine)
pendant que je m'assois
Olivier s'en va cueillir quelques cerises plus loin. Des tilleuls sont en fleurs. Dans le midi, les arbres ont fleuri début juin.
Doucement, je marche à nouveau même si mon allure est celle de l'escargot.
A Metz, notre médiathèque a brûlé et ses 110 000 livres.
Dimanche, nous passons la journée en vadrouille.
Apéro musical à Rosheim, hélas pas un restaurant ouvert. Nous partons dans une commune proche où règne une bonne ambiance.
Marché aux puces et plusieurs endroits pour manger.
Il y a du monde mais pas trop. Je peux marcher tranquillement.
Une fin d'après midi pluvieuse
Et tout de même une promenade sous la grisaille.
La petite maison bleue pourrait être celle des ours et
De Boucle d'Or.
Et chaque jour je marche un peu plus.
Hier soir, nous remarquons que l'ergot de Stella est presque sorti. Elle tremble un peu.
Nous l'emmenons à la clinique vétérinaire.
La véto sait tout de suite comment agir, nous explique qu'elle va lui arracher la griffe qui ne tient presque plus. En deux secondes la griffe est partie et Stella reçoit une gâterie. Sa patte bandée pour deux jours.
Et nous voilà partis faire une promenade dans les vignes.
Je suis seule
Je suis seule,
Et pourtant pas,
Au loin sourd le bruit
D'une moto, virage perceptible.
Le ciel assombri
Enlace les lourds nuages.
Pépiements, roucoulement,
A tire d'aile, le papillon.
Pleine de la vie des autres,
Le chien à la tendresse chaude
Dort sur mes genoux.
Un syrphe volette.
Je soupire d'aise.
Agab (06/23)
Photographies en retrait (troisième semaine)
Olivier me ramène la genouillère. Aucune explication sur le mode d'emploi. Après l'hôpital, le service ne fonctionne pas du vendredi après midi au lundi matin. Heureusement la pharmacienne est à mon écoute. Pas besoin de mettre les vis pour bloquer à un certain degré d'extension et pas besoin de la mettre la nuit. Elle me serre un peu, me gratouille aussi.
Vite, je me rends compte que je peux mieux me déplacer avec une seule canne. Je suis contente. L'an dernier mon poignet a été trop serré dans le plâtre, l'oedème très important et la rééducation a duré huit mois.
Je dors toujours au rez-de-chaussée
Et dimanche, nos partons en Alsace. Bon augure, nous croisons 3 nids de cigognes près de Sarrebourg.
La route se passe bien et nous retrouvons notre petit home et la nature.
Stella est ravie, deux copines habitent près du studio.
Je réintègre le lit conjugal. Nous sommes contents. La petite larrone aussi.
Nous apprenons la tentative de putsch en Russie, vite maîtrisée. Ah si la paix pouvait revenir en Ukraine.
Mardi, première sortie en voiture.
Je marche un peu sur un chemin de randonnée.
200 m et m'asseoir sur un banc.
Quel plaisir !
Quelques pas à Obernai et visite à la famille cigognes.
Ma fille s'est tombée dans les escaliers. L'ostéopathe a soigné ses cervicales et son bassin vrillé.
Vraiment pas de chance.
Défi avec Jeanne Fadosi
Pour le défi du lundi 26 juin :
un texte s'inspirant de l'une de ces citations ou des deux
Si haut qu'il peut grimper, un chemin qui monte n'est rien d'autre qu'un chemin qui descend en sens inverse et réciproquement."
L'Os à moelle de Pierre Dac
"Pour la marche à pied, le meilleur des chapeaux de paille ne remplacera jamais une bonne paire de chaussures."
Pierre Dac
Me faut il encore utiliser les mots chemin et chapeau de paille ? Sous le soleil, il vaut mieux rester couvert. André ISAAC (signification : il rira) fit surtout rire les autres. Il a le don de la musique et voilà que son bras est blessé durant la guerre de 1914. Fini son destin de Mozart ou Vivaldi. Plus tard, officiellement, il deviendra André Pierre-Dac en 1950.
Arrive la seconde guerre mondiale. Il est juif, signe de mort et souffrance certaines avec le nazisme noircissant l'Europe. Bien sûr, il lui est interdit de continuer sa profession de chansonnier. Une première fois, il essaie de rejoindre Londres, se fait arrêter en Espagne qui le livre aux Français et l'emprisonne. une deuxième fois, il tente l'aventure. Arrêté une deuxième fois, il reste emprisonné en Espagne. Heureusement il rejoint Londres, après 9 mois, en tout, passé en prison, il arrive à Londres. Il rejoint l'équipe de "les Français parlent aux Français" de radio Londres.
Philippe Henriot, secrétaire d'État à l'information et à la propagande de Vichy déclare sur Radio Paris qu'André Isaac ne sait pas bien ce que signifie être Français. Pierre Dac lui répond que son frère est mort pour la France durant la première mondiale et que lui, Philippe Henriot verra sur sa tombe cette mention "mort pour Hitler, fusillé par les Français".
La réponse ne se fait pas attendre. La compagne de Pierre Dac, l'actrice Dinah Gervyl est arrêtée et mise avec les droits communs. Elle aura la vie sauve. Si elle avait rejoint les prisonniers politiques, elle aurait fait partie du dernier convoi pour les camps de concentration. Tous sont morts.
Deux jours plus tard, Philippe Henriot est abattu par la Résistance.
A toi, ma Dinah bien aimée, sans qui je serais resté
Du côté de n'importe où.
Dédicace pour le livre Du côté d'ailleurs




























