Photos, poésie, extraits de livre
Au printemps, il est bon d'élire un président
Au printemps, il est bon d'élire un président
Le soleil tirait vers lui
les herbes tiges longilignes
les pissenlits, un, dix, cent,
Marine, Benoît, Jean-Luc et les autres.
Elle avait mis une rose bleue
à son corsage
François, à sa Pénélope,
offrirait peut-être une jonquille.
Emmanuel priait son aimée
de lui lire Rimbaud
Dans son jardin du Gâtinais
Jean-Luc peignait le bonheur.
Ils couraient, discouraient,
ils allaient de Lille à Nantes,
train, avion, etc...
Benoît voulait un monde bleu.
A voir tous ces bourgeons
A sentir l'odeur fraîche des champs
Je me demandais quel serait
celui qui nous présiderait ?
C'était le grand barnum
Mélis-mélos de toutes sortes
Ne t'en fais pas dit le printemps
Je saurais les éveiller !
une idée de bonheur (extrait ) Carlo Petrini
une idée de bonheur
Durant une grande partie de ma vie je me suis donné beaucoup de mal, non sans un certain embarras, pour trouver une réponse sensée quand on me demandait ce qu'est le bonheur. Du reste, ce n'est jamais une réponse facile, pour personne, même si nous parlons de ce tout le monde recherche, de pourquoi au fond nous vivons : peut-être pas précisément le bonheur, mais au moins, et plus probablement, quelques moments heureux.
A bien y regarder, en effet, un état de pleine satisfaction, de pleine réalisation ou de bien-être complet est vraiment difficile à atteindre. De plus, si par hasard on a la chance d'y arriver, il est ensuite presque impossible de le conserver, et plus encore de le maintenir à l'infini. Paradoxalement, le vaillant effort que cela exigerait nous rendrait presque certainement malheureux.
Voilà pourquoi, en fin de compte, il est peut être plus approprié de définir le bonheur comme un moment, un éclair d'intensité majeure ou mineure, qui arrive et puis, malheureusement, passe.
Mais alors ? Peut-on dire qu'on a vécu heureux si, quand on regarde en arrière, on trouve une série suffisante ou en tout cas conséquente de ces moments de bonheur distillé ? Peut-être, peut-être qu'il faut faire une addition, mais seulement si on raisonne de manière individuelle, personnelle, je dirais presque égoïste.
Parce que, avec le temps et l'expérience de mon étrange métier, celui de gastronome, j'ai fini par comprendre quelque chose, à propos du bonheur : c'est comme un réseau, tissé par une série de relations, établies avec les autres et avec ce qui nous entoure ; avec les personnes, avec la nature et avec les choses.
Carlo PETRINI
fondateur de Slow Food
Deux idées de bonheur de Luis Sépulvéda et Carlo Pétrini


















