Pourquoi ce livre plutôt qu'un autre ?
tout simplement parce que j'aime les animaux et je sais qu'ils éprouvent des émotions. Djinnie et Durga tous les jours m'accompagnent dans notre vie et nous sommes les témoins de leurs émotions : joie, douleur, jalousie, tristesse, intérêt ...
Pourquoi vous offrir ces mots au lieu d'autres ?
parce que lorsque j'ai pris le livre pour le feuilleter, il s'est ouvert à ce passage.
extrait du chapitre : le principe de précaution
« Puisqu’il y a toujours une part d’incertitude, les décisions relatives au futur, grandes et petites, doivent toujours être prises sans aucune certitude. Attendre que l’incertitude soit dissipée est une approbation implicite du statu quo et souvent un prétexte pour le maintenir. L’incertitude, loin d’être un obstacle au progrès, est en réalité un puissant stimulus pour la créativité, dont elle est aussi un élément important » Henry POLLACK (Uncertain Science… Uncertain World)
Pour ce qui est des émotions animales, je pense que nous en savons suffisamment – et plus que nous le pensons – pour modifier, dès maintenant, notre façon de traiter les animaux. Nous ne saurons peut-être jamais ce qui se passe dans le cœur ou l’esprit d’un animal, mais ce n’est pas nécessaire.
Notre société doit simplement se demander : "Qu’est-ce qui causerait le plus de mal ? Qu’est ce qui entraîne le plus de conséquences ? Traiter les mammifères, les oiseaux, les poissons et les reptiles comme s’ils possédaient le spectre complet des émotions et toutes les nuances de la sensibilité, pour finir un jour par découvrir que les animaux ne possèdent que certaines de ces qualités ? Ou continuer à maltraiter tous les animaux pour finir par découvrir un jour que chaque espèce possède une sensibilité et une affectivité aussi riches que celles des hommes ?"
Les cochons d’Inde et les éléphants apprécieraient certainement que nous appliquions le principe de précaution.
Pour certaines personnes, cependant, il est très déroutant de reconnaître que les animaux éprouvent des émotions, en raison du traitement que leur inflige la société actuelle. Ce que nous ignorons, ou feignons d’ignorer, permet d’étouffer plus facilement notre sentiment de culpabilité ou nos remords face au sort inhumain réservé à beaucoup d’entre eux. C’est vrai des scientifiques dont j’ai parlé au chapitre cinq*, mais aussi des gens ordinaires, des administrateurs de zoos et des employés des firmes alimentaires. Mais lorsqu’on sape les fondements du doute, on se retrouve réduit au déni.
Refuser de reconnaître la richesse de la vie affective des animaux nous épargne d’invoquer le principe de précaution et de changer notre façon de les traiter.
Marc BEKOFF
Les émotions des animaux
* en effet, si certains scientifiques ont du mal à accepter l'existence des émotions animales, n'est-ce pas par crainte de passer pour des esprits "non scientifiques" ?