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la tyrannie de l'évaluation - Miguel Benasayag (Fonctionner ou exister)

6 Mars 2019, 16:33pm

Publié par durgalola

la tyranie de l'évaluation

... de faire en sorte que notre vie s'apparente à un curriculum vitae, une ligne sur laquelle on va, à chaque situation, éviter les points X qui demandent un pari et exposent à courir des risques.

...

Aujourd'hui, les nouvelles pratiques d'évaluation permanente, dont les évalués sont eux-mêmes acteurs, font que chaque individu devient un bilan de compétences utiles dans vie, un bilan qui accompagne la machine dans son fonctionnement... Du berceau au cercueil, on désire être évalué, pour mieux éviter d’exister, pour essayer d'être des machines performantes. 

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ceci n'est pas réservé au "petits employés et ouvriers", bien au contraire : tout le monde est invité, toute sa vie, à se vivre comme un bilan de compétences. 

Ainsi, lors de mes passages plus ou moins heureux par l’université, j'ai pu constater qu'un tel n'allait pas écrire un article qui ne concernerait pas exactement son domaine, par peur de représailles. J'ai connu des lieux où l'odeur de la peur était permanente, je ne m'attendais pas à trouver la même odeur dans les salles universitaires... On fera le doctorat, le postdoc et la carrière qui serviront son curriculum, en laissant de côté toute affinité ou curiosité élective (quand elle existe). Ainsi les gens qui réussissent bien dans l'élite ne vivent-ils souvent pas non plus : ils font bien attention à fonctionner. Ils passent leur temps à se dire que demain ils pourront faire ce qu'ils veulent, mais demain arrivent de nouvelles surcontraintes - non pas des contraintes de vie, mais des surcontraintes disciplinaires, de peur, de bêtise. 

Tout cela fait que ce n'est jamais le bon moment pour faire quelque chose.

Voilà comment on fabrique, d'un côté, des jeunes terrorisés parce qu'ils doivent faire un curriculum et, de l'autre, des vieux qui campent au-dessus de leur curriculum.

 

Miguel BENASAYAG

Fonctionner ou exister ?

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Ce qui est assez français : on n'est jamais contents...

6 Mars 2019, 16:30pm

Publié par durgalola

Frédéric LENOIR : Ce qui est assez français : on n'est jamais contents...

Thierry JANSSEN : C'est un fait.

Et en tant que francophone vivant en Belgique, cela m'interpelle beaucoup. Un tiers de ma famille est français, je voyage beaucoup en France mais aussi en Suisse, au Québec. Et je constate qu'il règne en France beaucoup de négativité et même un climat dépressif. Or la dépression naît souvent d'un sentiment d'impuissance et d'une forme de résignation.

Je ne retrouve pas cela en Belgique, en Suisse et au Québec. Pourtant la situation économique de ces pays n'est pas vraiment meilleure, le niveau de vie y est équivalent, la culture assez semblable. Mais la façon de penser n'est pas la même. Peut-être parce que l'inconscient collectif n'attend pas la même chose.

Il y a quelques années j'ai été intrigué de découvrir que la Déclaration des droits de l'homme française promet que l'Etat créera le bonheur des citoyens. Alors que la Déclaration d'indépendance américaine, qui est antérieure de quelques années, promet que l'Etat mettra en  place les conditions qui permettront à chaque citoyen de créer son propre bonheur... Le message est très différent.

Il semble que, plus que n'importe quel autre peuple, le peuple français attend beaucoup d'une autorité extérieure qui, après avoir été incarnée par la personne du roi, est à présent remplacée par l'Etat - un Etat paternaliste face auquel les citoyens sont déresponsabilisés et, du coup, passent leur temps à se plaindre quand "papa" n'a pas répondu à leurs attentes. Cela engendre beaucoup de frustration et de souffrance. J'ai le sentiment que l'inconscient collectif des Français devrait évoluer vers plus de responsabilité, moins de discours, plus d'action, moins de revendications, plus de propositions.

Loin de moi de dire qu'individuellement  les Français ont tous un rapport assez infantile à l'autorité, mais je crois que, collectivement, c'est une question qui devrait être posée.

 

Frédéric LENOIR et Leili Anvar

Oser l'émerveillement

(avec Bruno Giuliani, Thierry JAnssen, Alexandre Jollien, Jacqueline Kelen,

Edgar Morin, Marion Muller-Colard, Christiane Rancé)

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comme les vagues de la mer - Le clan Spinozza de Maxime Rovere

3 Mars 2019, 19:25pm

Publié par durgalola

Le monde réel est fait de choses singulières toujours nouvelles, excessivement complexes, bizarres - où chacun reste en partie étranger à lui-même parce que nous ne cessons de dériver d'une situation singulière à l'autre. Dans ce contexte, la Raison se compare mal à un instrument de vision ; elle ressemble plutôt à ces horloges qui, en indiquant notre latitude, nous aident à naviguer... dans l'inconnu.

- "Comme les vagues de la mer ... murmure le philosophe (Spinozza) en posant le front contre la vitre, nous sommes tous ballottés..."

 

Maxime ROVERE

Le clan Spinozza

Amsterdam 1677

L'invention de la liberté

 

 

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promenade photographique du 1er au 15 février

1 Mars 2019, 20:49pm

Publié par durgalola

 

 

 

 

 

 

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