Photos, poésie, extraits de livre
Marie en chemin (été 2017 - 1)
La Vierge Marie est penchée au bord
De son cœur profond comme une fontaine
Et joint ses deux mains pour garder plus fort
Le ciel jaillissant dont elle est trop pleine.
La Vierge Marie a fermé les yeux
Et voilé son cœur de ses deux paupières
Pour ne plus rien voir, pour entendre mieux
Un souffle qui fait trembler ses prières...
La Vierge Marie est dans son bonheur.
La Vierge Marie est là qui se noie
Dans le miel de Dieu. L'épine est en fleur
Autour du jardin, autour de ma joie.
Il y a dans toi, Vierge, un petit Roi,
Ton petit enfant, un Dieu ! Trois ensemble !
Et nul ne s'en doute. Il y a dans moi
Un petit oiseau dont le duvet tremble.
Marie-Noël (1883/1967)
Les âmes blessées (Boris Cyrulnik)
L'histoire de mon enfance m'avait orienté vers le choix de la psychiatrie, ou plutôt vers l'idée que je me faisais de cette discipline. Je crois qu'il en est de même pour tout choix théorique. Les abstractions ne sont pas coupées du réel, elles donnent une forme verbale à notre goût du monde. La cohérence théorique nous rassure en nous donnant une vision claire et une conduite à tenir.
Mais une autre histoire de vie aurait donné cohérence à une autre théorie. Aucune théorie ne peut être totalement explicative, sauf les théories à prétention totalitaire. Un jeune psychiatre choisit une théorie biologique du psychisme, avant toute expérience de l'existence, parce que son histoire l'a rendu sensible à une telle représentation. Une autre expérience l'aurait rendu attentif aux effets psychiques de la relation , et un troisième préférera les explications sociales ou spirituelles.
Pour chacun, sa théorie apporte une vérité partiellement vraie et totalement fausse. Le drame commence quand, convaincu qu'il est le seul détenteur du savoir, il utilise les armes pour l'imposer aux autres.
Boris CYRULNIK
Les âmes blessées
défi du lundi 193
Ohé Matelots, pour le défi 193
Martine (Quai des Rimes) nous propose avec plaisir d'écrire en prose, ou en vers, un texte ayant pour titre :
«Ça me fait une belle jambe »
au sens propre ou celui de l’expression dont l’origine est surprenante.
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Ça me fait une belle jambe
Un matin, en me rendant à l'école, sac au dos, dans le ciel, où naviguaient des nuages-poèmes, des haïkus effilés, je vis une bande, fort large, d'oiseaux migrateurs regagnant le Sud.
Ils volaient fièrement, densément, rapidement.
Vous connaissez cette sensation, à la vue d'un spectacle naturel : une libellule, un papillon, un enfant souriant à sa mère. Alors, votre cœur vibre à l'unisson du monde.
Cela m'impressionna toute la journée.
Et le soir, j'embrassais mon père qui rentrait de son travail (il se démenait à faire fonctionner un programme informatique regroupant ceux de deux entreprises qui venaient de fusionner. Il appelait cela la « mutualisation »).
Papa, les oiseaux descendent vers le Sud !
Ca me fait une belle jambe ! me répondit-il.
Seulement, nous étions en juin ;
le lendemain, il pleuvait ;
le surlendemain, maman remettait le chauffage en route.
Nos chats reprirent leurs fourrures hivernales.
A la télé, ils promettaient un retour de l'anti-cyclone, ils promettaient.
« Ca me fait une belle jambe !» m'avait asséné papa. Bientôt, il pestait car il avait froid. Il se mit à porter des caleçons longs.
L'hiver s'incrusta, persista bien longtemps mais les hirondelles, vous le savez bien, font toujours le printemps !
défi poésie 193
Martine (Quai des Rimes) propose pour les jeudis en poésie des 19 et 26 octobre 2017 :
Le corps humain (dans son intégralité ou en partie).
Si le thème ne vous inspire pas : quartier libre
Paume, doux lit froissé
où des étoiles dormantes
avaient laissé des plis
en se levant vers le ciel.
Est-ce que ce lit était tel
qu'elles se trouvent reposées,
claires et incandescentes,
parmi les astres amis
en leur élan éternel ?
Ô les deux lits de mes mains,
abandonnés et froids,
légers d'un absent poids
de ces astres d'airain.
Rainer Maria Rilke (1875/1926)
Rappel partage d'octobre
Tout d'abord, je remercie les aminautes pour toutes les photos reçues et je rappelle à vous toutes et tous que le thème du mois d'octobre est :
"CHEMIN" (qu'il s'agisse d'une sente, route, trottoir, fleuve, canal ... et tout ce que votre imagination vous inspire).
Si vous souhaitez participer, vous pourrez envoyer vos photos jusqu'au 25 octobre à agab57070@yahoo.fr (maxi 4 photos) en indiquant également le nom de votre blog. Merci d'avance.
promenade photographique du 5 au 9 septembre
matin bleu (défi 192)
les croqueurs de mots avec Jeanne Fadosi
jeudi en poésie
Matin bleu
La Terre s'est faite belle
Les trottoirs rutilent
D'un lavage nocturne.
Et le soleil s'y mire
Et les enfants escargots
traversent ignorant
que bientôt tout sera sec.
L'azur clinquant
se montre immense.
L'air matinal
stoppe un bref instant
l'avancée du temps.
Crestet près de Vaison la Romaine (été 2017)
Défi 192 vous avez dit "tweet"
Voici Jeanne Fadosi à la barre des Croqueurs de Môts
à la suite de Jill Bill pour ce défi n°192
et comme le temps est l’une de ses marottes récurrentes à ce poste,
voici la feuille de route qu’elle nous propose.
Défi à publier sur votre blog lundi matin 09/10 :
Racontez ou inventez les temps forts d’une heure de votre vie en un minimum de mots.
(Idéalement au plus l’équivalent d’une dizaine de nouveaux tweets de 280 caractères).
A titre d’exemple la consigne précédente fait 2 phrases, 28 mots et 170 caractères.*
Un Défi 192 bien imparfait
Temps fort le jeudi 5 octobre : émission la grande librairie de François Busnel avec :
Christian Bobin, un bruit de balançoire, un danseur de mots,
Jean-Marie Gustave Le Clézio, Alma, un deuxième danseur de mots,
Matthieu Ricard, un demi-siècle dans l'Himalaya, l'homme au sourire bienveillant
et
Véronique Olmi, Bakhita
Raoul Peck, documentaire, je ne suis pas votre nègre (James Baldwin)
tweet là haut, ou là en bas, ou là à travers …
Jean Grosjean : @James Balwin, souris large, des amis sont là : Christian Bobin et Jean-Marie,
les entends-tu ?
James Baldwin : @JeanGrosjean, tiens, il parle bien ce Matthieu Riccard : « au lieu de prier, on ferait mieux d'ôter les fusils ».
Jean Grosjean : @Bakhita, c'est ton tour, cette petite Véronique Olmi est allée en Touraine et a fait ta rencontre, ton histoire d'esclave devenue sainte, elle la raconte. Je te vois rougir Joséphine.
Bakhita : @JeanGrosjean, je suis occupée le petit écureuil (@Anne Wiazemsky) est arrivé, je l'accueille, je l'accueille.
Il était tentant de faire parler les morts dont les noms ont volé dans les mots, entre les espaces, Jean Grosjean, un maître de Jean Marie Le Clézio, un savant, un écrivain, un poète,James Baldwin, ce noir défenseur intelligent de la cause noire aux Etats Unis, beaucoup d'humour, de finesse, proche de Martin Luther King, Malcom X et Medgar Evers.
Bakhita (la chanceuse) une enfant noire enlevée par des négriers qui a connu souffrance et douleur et déconsidération avant de venir en Italie et de devenir religieuse.
Dernier tweet de Jean Grosjean à Christian Bobin
Jean Grosjean : @christianBobin "inattendu se montre les matins à travers les effeuillements des nuits, les étourneaux dansent au bord d'un ciel dont les constellations se sont terrées."
Anne Wiazemsky est décédée le 5 octobre.
et un tweet de Christian Bobin à Jeanne Fadosi
"Pour écrire, avoir envie d'explorer, d'avancer ; le résultat, peut être est de rien trouver..."
(je viens de terminer la lecture d'un Saint Homme de Anne Wiazemsky et un bruit de balançoire de Christian Bobin)

















