M pour Mabel
(photo Alisdair Macdonald)
Prendre une bonne photo, c'est ce que Henry Cartier Bresson appelle le moment décisif : "votre oeil doit voir une composition ou une expression que la vie elle-même vous offre et vous devez savoir intuitivement à quel moment appuyer sur le déclencheur. Le moment ! Si vous le ratez, il disparaît à tout jamais."
C'était à l'un de ses moments que je pensais, assise dans cette pièce à attendre que l'autour se nourrisse sur mon poing.
Une photo en noir et blanc prise par mon père des années auparavant. un vieil éboueur, barbe blanche taillée en bouc, chaussettes tirebouchonnées et chaussures éculées. Vêtu d'un pantalon de travail froissé. Une paire de gants. Une casquette en laine. L'appareil doit être tout proche du trottoir et mon père a dû s'accroupir sur la chaussée pour prendre ce cliché. L'homme se penche, son balai de bouleau appuyé sur son flanc. Il a enlevé le gant de sa main droite et, entre le pouce et l'index, il tend une miette de pain à un moineau sur le bord du trottoir.
L'oiseau est surpris en plein envol, au moment même où il attrape la miette, et l'expression de l'homme est inondée de joie. C'est le visage d'un ange.
Helen Macdonald
M pour Mabel
Helen est fauconnière, Helen est poète, Helen vient de perdre son père, Helen se lie avec Mabel, un autour, Helen lie son expérience à celle de l'écrivain White, célèbre pour un de ses romans : Merlin l'enchanteur, qui se passionnera pour l'autour Gos.

