chardons lorrains
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Photos, poésie, extraits de livre
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un rond pourquoi faire ? pour regarder le réel à distance ? pour se protéger des dangers probables ? un rond pourquoi faire ? |
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treize fois je me suis posée la question ? douze fois à hésiter, comparer, compulser ? et la treizième, avec mon chapeau rond, j'ai rejoint le monde végétal.
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El Greco et Branco
Un chien parut, riant, joyeux, confiant. Il trottait vers la mer, le sympathique jaune suivi rapidement par un grand chien noir, pas tout à fait un labrador, pas réellement un doberman. Bonne gueule, nonchalant, paisible.
Il allait, pas assez vite au gré du jaune Branco qui se retourna, jappa et remua sa queue ; il entrait dans la jolie bleue, clapotante à souhait. El Greco, lui, attendait au bord, tout au bord.
Son ami était joueur, il cabriolait, l'éclaboussait. "Allez viens, lui aboyait-il, l'eau est bonne".
Ce n'était pas assez pour attirer le grand noir qui préféra se coucher près d'Ulysse. Cela lui fit plaisir, un compagnon !
Toutefois, Branco s'impatientait, sortant de l'eau, s'ébrouant tout à côté d'El Greco. Et ouaf ! Et ouaf !
Viens, viens, viens !
Et l'un entraînant l'autre, ils entrèrent dans l'eau, courant, nageant. Des gerbes d'eau fusaient à leur passage. Ils en sortaient et couraient et leur jeu réjouissait l'homme. De voir ces chiens, maîtres des lieux, le rassurait. Surtout El Greco qui tout de suite l'avait adopté.
La faim commençait à le tourmenter. Les petites grenades ne suffisaient pas complètement à le rassasier. Aussi quand enfin se décidèrent à partir les deux amis, le naufragé les accompagna.
Bien, bien, de l'eau, des grenades, un hérisson, Branco et El Greco. Demain, un nouveau jour le choierait.
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dimanche : un infime rayon de soleil pour les mousses lundi : le bleu est là, il claque, il règne, il enrobe tout mardi : l'églantier nous offre son fruit légèrement acidulé si riche en vitamine C mercredi : la paix, bien sûr, la paix pour tous ceux qui subissent la guerre. |
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jeudi : du bleu, du bleu et un avion qui joue avec la lune (oui oui j'ai bien vu son manège autour de la belle) vendredi : Afrique du Sud, Nelson Mandela, JM Coetzee, Desmon Tutu... samedi : la pluie perle, alors accueillons-là. |
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Le hérisson bienveillant
En se réveillant, en baillant plus précisément, Ulysse aperçut un petit animal, de la taille d'un rat et sans queue. Quelqu'un qui allait d'un pas sûr et guilleret. L'homme sourit, la bestiole de même ! Elle mangeait, dévorait un fruit rouge, de la taille d'une grosse cerise : une grenade sauvage.
Le hérisson, gaillard, occupé, se léchait les babines et notre "Robinson" se rêva, lui-même, apaisé par ce fruit délicieux. Bienveillant était ce petit être. Il se déplia et trotta à pas menus... vite suivi. L'arbrisseau s'épanouissait à dix pas offrant une multitude de boules vermillon. Elles étaient peu volumineuses. Toutefois, leur jus était nourrissant.
Bien, bien, de l'eau, des grenades sauvages, un compagnon hérisson à qui il avait offert de l'eau ; demain, un autre jour, lui apporterait une autre bénédiction.
En lisant cette lettre de Thérèse JERPHAGNON, j'ai tout de suite pensé qu'elle s'intégrait très bien au défi de Martine, sur les 7 péchés capitaux.
Toi et les 7 péchés capitaux
Stendhal, dans son livre de l'amour, appelle phénomène de cristallisation la capacité qu'a l'amant de ne voir que qualités chez l'être aimé. Bref, l'amour rend aveugle depuis Adam.
Alors, ce soir je m'interroge avec tendresse : avais-tu des côtés ténébreux là où je n'aurais vu que brillantes qualités ? Le plus simple est encore de reprendre la liste des péchés capitaux, quelque contestable qu'elle soit... car je ne vois pas le principal : l'égoïsme, dans cette énumération hasardeuse.
Voyons l'orgueil... Oui, la mesure est à son comble. Orgueilleux, tu l'étais, dans le sens de fier. Soucieux de ton honneur comme un personnage cornélien. Ce n'était pas sociologique. Rien à voir avec la vanité que tu méprisais profondément. Mais tu n'aurais pu t'abaisser à une conduite que ta conscience aurait réprouvée. Tu avais besoin de ta propre estime. Tu étais fier de tous ceux à qui tu devrais d'être ce que tu étais mais le grand-père socialiste, le maire de Vierzon-Forges et cafetier de son état avait le même statut dans ta mémoire que le baron de Jerphanion du Moyen-Âge.
L'avarice ? Peut-être n'avons-nous jamais assez possédé pour être avares. Tu avais un mépris de l'argent qu'a exploité plus d'un de tes éditeurs. S'il fallait absolument se livrer à des comptes, tu reprenais toujours la même formule : "Occupe-t'en !"
L'envie ? Elle te semblait toujours vile, mesquine. Trop préoccupé de ton être pour te souvenir de ton avoir. Ceux qui faisaient étalage de leurs biens te paraissaient toujours comiques.
La colère ? Je suis obligée d'admettre que tu flambais comme de l'étoupe si on t'avait provoqué. A d'autres époques, je pense que tu te serais souvent battu en duel, mais là encore, c'était pour défendre la veuve et l'orphelin. La seule fois où tu es allé faire un esclandre au ministère de l'Education Nationale, c'était pour y soutenir un de tes assistants. Dans ton camp allemeand, je crois que tu avais eu plus d'un moment de révolte qui aurait pu raccourcir tragiquement ton séjour.
La luxure : un plotinien saurait-il excuser les débordements de la chair ? Non... mais devant les exploits de tel Casanova tu souriais avec un peu de mépris pensant qu'il devait être malheurex pour "multiplier ce qu'il ne pouvait unifier" selon Camus.
La gourmandise ? Ta ligne ascétique prouvait assez que les longues agapes n'étaient pas pour toi. Tes péchés mignons ? Un whisky Laphroaig le dimanche soir accompagné de fruits secs.
La paresse ? Tu as toujours été un bourreau de travail et j'aurais tant voulu te voir paresseux. Même les vacances étaient studieuses.
J'ai tendance à penser que non seulement l'amour ne rend pas aveugle mais encore que lui seul peut nous permettre de voir les ombres et les lumières. Pourtant quand je me relis, je me demande si je ne me suis pas livrée, moi aussi, à la cristallisation, puisque même tes défauts me semblent l'envers de tes qualités.
Thérèse JERPHAGNON
FIN D'HIVER - lettres à Lucien
Lucien JERPHAGNON (1921/2011)
universitaire, historien et philosophe français spécialiste de la pensée grecque et romaine.
PLOTIN (205/270)
Pour Plotin, l'univers est fondé de trois réalités fondamentales : l'Un ou le Bien, l'Intelligence et l'Âme du monde.
Il affirme que " le bonheur se trouve dans la vie".