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extrait 6 - TRUNGPA de Fabrice Midal

4 Mai 2015, 17:14pm

Publié par durgalola

Si l’on essaie de rassembler quelques-uns des points saillants de l’enseignement donné lors de ces différents programmes, on peut d’abord remarquer l’insistance avec laquelle Chogyam Trungpa explique que l’œuvre n’est jamais la fin de l’activité de l’artiste.

Elle est semblable à l’expérience du tir à l’arc comme il est pratiqué au Japon, dans le kyudo. La perspective n’y est jamais de mettre la flèche dans la cible. Il faut que chaque geste soit juste et la flèche va naturellement où il faut. Couper l’attachement au résultat permet de mettre l’accent sur la discipline, faire le mieux possible ce que l’on fait, au moment où on le fait. Pour prendre une image propre au Zen, s’offre ainsi une possibilité de polir son esprit.

Etudier le dharma ne consiste pas à apprendre quelque chose, mais à nous libérer dans le présent vivant. Dans ce dessein, il transforme notre manière d’être tout entière. Dans le processus du travail avec une forme spécifique – la musique, la danse, la peinture, la vidéo, la cérémonie du thé – il est possible de travailler sur ce que nous sommes.

Par cet  ensemble d’enseignements, Chögyam Trungpa révèle à de nombreux artistes le sens de leur travail et les encourage à en retrouver le sens véritable. Etre artiste devient, dans cette perspective, un chemin spirituel d’une profondeur sans limite.

Le chemin de l’art dharma consiste à travailler sur notre propre agression qui est le véritable obstacle à toute vision du sacré. L’une des crises actuelles que traverse l’art est la perte de cette vision sacrée qui l’a toujours animé. L’artiste se contente souvent d’adopter une attitude critique, voire cynique, sur la société – qui reste très étriquée. Par un, engagement trop étroitement social, il perd contact avec la magie propre à l’art qui seule peut transformer la société.

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extrait 5 - TRUNGPA de Fabrice Midal

4 Mai 2015, 17:13pm

Publié par durgalola

Un amour inconditionnel et personnel

 Karen Lavin, .., se souvient d’un jour où, alors qu’elle se trouve dans une situation difficile, Chögyam Trungpa lui demande comment elle va. Elle lui répond : « je dois juste être courageuse ». Il la regarde avec une infinie douceur et lui dit : « Non, tu dois juste être toi-même. »

Comme l’écrit son fils : »lorsque Chögyam Trungpa enseignait, on avait toujours l’impression qu’il nous parlait directement. (…) Même s’il s’adressait à des centaines de personnes, chacune de celles-ci en sortait en pensant que Rinpoché avait parlé de sa situation. » Un tel amour n’est attaché à aucune norme, à aucune règle, à aucune convention. Dans une telle situation, face à un tel amour qui ne demande rien, simplement que vous soyez, chacun est naturellement et presque miraculeusement poussé à donner le meilleur de lui-même."

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extrait 4 - TRUNGPA de Fabrice Midal

4 Mai 2015, 17:11pm

Publié par durgalola

« Je vous aime tous très tendrement. Vous vous demandez peut-être comment c’est possible puisque je ne passe pas de temps avec chacun de vous en particulier ; néanmoins, je pense toujours à chacun d’entre vous.

Parfois, je ne connais même pas votre nom, mais je connais votre visage : je connais votre regard ; je connais vos expressions ; je sais quand vous avez l’air triste ou heureux. Je vous connais tous, et je suis si fier et j’apprécie tellement chacun de vous. Je me sens personnellement si chanceux que nous puissions être ensemble comme une communauté. »

Chögyam Trungpa

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extrait 3 - TRUNGPA de Fabrice Midal

4 Mai 2015, 17:07pm

Publié par durgalola

Michael Wood, photographe professionnel, se souvient de la première fois où il vit les photos de Chögyam Trungpa. Elles vont changer à jamais son propre travail et sa manière de concevoir la photographie.

Il raconte :  « En 1979, j’ai eu la chance de participer à Toronto à un séminaire intitulé « iconographie ». Chôgyam Trungpa y présentat quelques  unes de ses photos. …

Quand je les ai vues, le photographe professionnel en moi commença à critiquer : l’exposition n’était pas parfaite, la mise au point manquait de précision, la composition n’entrait dans aucune des formules qu’on m’avait apprises, etc. J’étais plein d’arrogance professionnelle.

L’autre moitié de moi restait sans voix et n’en revenait pas. Je n’avais jamais rien vu d’aussi frais et saisissant. En vérité, j’étais assez ébahi, jamais auparavant je n’avais vu de semblables photographies. Je n’avais pas la moindre idée de la provenance de ces images, j’en suis resté intrigué et dérouté.

Pour moi, l’aspect le plus étonnant des photographies de Trungpa Ripoché, c’est leur fraîche vivacité. Il n’y a pas de scénario ni de tentative de manipuler le spectateur. En les voyant, l’esprit s’arrête et l’expérience de conscience éveillée se transmet. »

Chogyam Trungpa explique que la photographie est, par nature, intrinsèquement précise et aigue. Ses photos tentent d’explorer une telle dimension. Elles ne sont pas complexes et anecdotiques. Chogyam Trungpa n’a pas de sujets ou de thèmes de prédilection qu’il cherche à exprimer. La photographie est, pour lui, une expérience de précision aigue. Lorsqu’il photographie, des brins d’herbe, il fait apparaître chaque brin d’herbe tel qu’il est.

… plus que le brin d’herbe, nous voyons un moment de réalité.

 

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extrait 2 - TRUNGPA de Fabrice Midal

4 Mai 2015, 17:06pm

Publié par durgalola

Chögyam Trungpa et Paul Cézanne

Le mouvement historique qu’opère l’œuvre de Chögyam Trungpa est très proche, avons-nous souligné, de celui qu’effectue un artiste.

Paul Cézanne est l’un des plus importants peintres modernes : »De génération en génération, Paul Cézanne aura été l’ombre tutélaire de presque tous les ateliers des peintres modernes. De Gauguin à Picasso, de Bonnard à Malevitch, de Matisse à Paul Klee, de Braque à Kandinsky ou de Marcel Duchamp à Jasper Johns : tous auront eu avec Cézanne une relation intense et presque tous, quand ils le pourront, auront une relique cézarienne dans leur collection. Cézanne n’était pas seulement « notre père à tous » (Picasso), « le maître par excellence » (Klee), mais un modèle spirituel, « une sorte de bon dieu de la peinture » (Matisse), l’auteur d’une « construction mystique » (Franz Marc), ayant , par les formes, « redonné une âme à la peinture »(Kandinsky). Il a changé le cours de l’histoire de l’art. Avec Cézanne s’ouvre une nouvelle époque, de telle façon qu’il ne sera plus possible après lui de peindre comme avant. Pourtant Cézanne ne prétend pas faire œuvre nouvelle mais, selon ses propres mots, il cherche à faire du « Poussin sur nature ».

Cézanne tente ainsi de faire apparaître la peinture en elle-même : »Je vous dois la vérité en peinture, et je vous la dirai ». Sa modernité n’a rien d’un rejet du passé mais naît de sa passion pour la vérité qu’il veut faire éclore.

Dans ce dessein, Cézanne établit un rapport à l’expérience. Tel est le sens du mot nature chez Cézanne : peindre directement ce qu’il sent. C’est de là que naît sa modernité, quelle que soit son admiration pour les anciens.

… Ces deux hommes (Cézanne, Chögyam Trungpa) ont en commun la passion pour faire émerger la vérité d’une manière authentique, se moquant de tous les conformismes. Comme le souligne David Rome, qui a longtemps été le secrétaire de Chögyam Trungpa et un fin connaisseur de l’art moderne, « ces deux hommes manifestaient une même qualité élémentaire et une même puissance presque brutale. Ils ne renoncent jamais à transmuter, avec un courage, un génie et une persistance exemplaires, la terre fruste en un or neuf que personne n’a jusqu’ici été capable de voir ».

 

 

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extrait 1 - TRUNGPA de Fabrice Midal

4 Mai 2015, 17:01pm

Publié par durgalola

"Au vingtième siècle, nous parlons de démocratie, d’individualisme, et de toutes sortes de choses de cet ordre. Bien que tous ces idéaux soient excellents, en un sens ils sont le produit d’une culture qui n’apprécie pas le long et difficile entraînement dans une culture traditionnelle.

Rejeter la tradition et la sagesse qui ont été développées au long de nombreux siècles revient à jeter par la fenêtre, comme des chaussettes sales, les efforts et les sacrifices extraordinaires qu’on faits les êtres humains.

Ce n’est certainement pas un moyen de soutenir la meilleure société humaine. »

Chögyam Trungpa

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Défi 144 des croqueurs de mots

2 Mai 2015, 19:05pm

Publié par durgalola

 

Le défi 144 des croqueurs de mots a pour thème ADDICTION de toutes sortes. 


 

Addiction

Affairé à trouver les meilleurs mots possibles au jeu de Scrabble, Luc réfléchit et soudain :

« Je mets ad devant diction et hop,  addiction. A toi, Mona ! »

Et elle, de mettre 7 lettres pour « boissons » et scrabble.

Une demi-heure, plus tard, devant une tasse de thé aux éclats de caramel

« Avec ce mot addiction, Mona, des souvenirs d’avant remontent … tu sais, j’étais addict à l’alcool : surtout vin rouge, quelquefois cognac, chartreuse verte ou mandarine Napoléon . »

Son amie hoche la tête et l’écoute, car si elle connaît son histoire, il en parle rarement.

« Dire que cela a commencé très simplement.  Vers 17/18 ans, après le repas du soir, mon père et moi refaisions le monde devant un voire deux verres de vin rouge. Ensuite, avec les copains le samedi soir, un peu d’alcool pour faire de l’esbroufe, faire les coqs entre nous, puis draguer les filles… pas bien méchant tout ça.  

J’ai épousé Adeline et je continuai quotidiennement un, puis deux, puis trois verres de vin. Cela me relaxait, me délassait, m’entraînait dans des mondes oniriques. Ainsi, je trouvai des idées pour mes toiles. Cela marchait bien d’ailleurs. A 35 ans, mon alcoolisme n’était plus un simple plaisir, une chaîne .. oui et bien solide !

Adeline, ma chérie, mon aimée est partie avec notre fils Jérôme, non pas pour un autre homme, non ! Malgré mes 3 verres et plus, l’inspiration devenait oiseuse, poisseuse. Et surtout j’étais de plus en plus en colère et hurlait après elle et notre fils.

Pour moi, tout était de sa faute, Mona ! Pourtant Léonard a été franc – si tu continues plus tard, c’est la rue qui t’attend ! – Je n’ai pas trop aimé son discours. Seulement, j’ai eu peur et j’ai pris rendez-vous chez le docteur Moreau, premier pas ! Je n’ai pas accepté tout de suite de m’inscrire aux AA (alcooliques anonymes). Je m’imaginais que sans alcool, je deviendrais ordinaire, lambda, un sans-goût. »

Et Mona se met à pleurer et tend sa main vers Léonard.

« Le combat a été long.

Si aujourd’hui, je vais mieux, je vois à nouveau Jérôme et même Adeline qui accepte la garde alternée… Si je me suis remis à la peinture – c’est différent d’avant – plus fort, plus clair, plus vivant… je vis toujours un combat !

Chère Mona quand tu sors en société, repas d’amis, d’affaires, d’amants, tout se fête au champagne, cidre ou whisky et moi, je dois toujours dire non, les autres sont toujours étonnés… un combat journalier, mon amie, je suis un guerrier ! »

« Et bien, Léonard et moi te sacrons chevalier du combat sans fin »

Mona prend son ami dans les bras …

« Et si nous sortions ensemble admirer le printemps. Léonard, tu viens ? … Les cerisiers sont en fleur. »

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s'en aller léger dans les chemins yeux ouverts coeur palpitant

1 Mai 2015, 16:23pm

Publié par durgalola

 

 

 

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