extrait 6 - TRUNGPA de Fabrice Midal
Si l’on essaie de rassembler quelques-uns des points saillants de l’enseignement donné lors de ces différents programmes, on peut d’abord remarquer l’insistance avec laquelle Chogyam Trungpa explique que l’œuvre n’est jamais la fin de l’activité de l’artiste.
Elle est semblable à l’expérience du tir à l’arc comme il est pratiqué au Japon, dans le kyudo. La perspective n’y est jamais de mettre la flèche dans la cible. Il faut que chaque geste soit juste et la flèche va naturellement où il faut. Couper l’attachement au résultat permet de mettre l’accent sur la discipline, faire le mieux possible ce que l’on fait, au moment où on le fait. Pour prendre une image propre au Zen, s’offre ainsi une possibilité de polir son esprit.
Etudier le dharma ne consiste pas à apprendre quelque chose, mais à nous libérer dans le présent vivant. Dans ce dessein, il transforme notre manière d’être tout entière. Dans le processus du travail avec une forme spécifique – la musique, la danse, la peinture, la vidéo, la cérémonie du thé – il est possible de travailler sur ce que nous sommes.
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Par cet ensemble d’enseignements, Chögyam Trungpa révèle à de nombreux artistes le sens de leur travail et les encourage à en retrouver le sens véritable. Etre artiste devient, dans cette perspective, un chemin spirituel d’une profondeur sans limite.
Le chemin de l’art dharma consiste à travailler sur notre propre agression qui est le véritable obstacle à toute vision du sacré. L’une des crises actuelles que traverse l’art est la perte de cette vision sacrée qui l’a toujours animé. L’artiste se contente souvent d’adopter une attitude critique, voire cynique, sur la société – qui reste très étriquée. Par un, engagement trop étroitement social, il perd contact avec la magie propre à l’art qui seule peut transformer la société.




