Fais, va, aime (Lanza del Vasto - Judas)
- Ô Judas, poète, pourquoi regardes-tu le monde avec les yeux de la vieille loi ? La loi dit : tu ne feras pas ceci, tu ne feras pas cela ; le bien-faire y sera donc toujours un ne-pas-faire. Ce n'est pas merveille alors qu'un monde bon apparaisse comme un monde vide. Mais notre Seigneur apporte un autre enseignement, il enseigne : Fais, Va, Aime.
- Oui, fais, va, attaque-toi au mal pour le détruire et le renverser. La paix ce n'est pas la paix mais l'épée. Mais si tout était bien, ton bien retomberait sur lui-même et il ne resterait autre chose à faire qu'à bailler. (réponse de Judas)
Jean répondit :
- Le mal du monde c'est sa résistance à l'amour, et c'est le tourment de celui qui aime que de devoir ouvrir une brèche à l'amour par l'épée. Son coeur saigne à chaque coup donné. Combattre le mal ce n'est pas faire le bien, mais à peine le préparer. Quand l'ennemi est vaincu, c'est alors que commence la bataille car il faut le convaincre à présent et en faire un ami. Et, en vérité, jouer de la harpe, tourner des vers, deviner par les astres, sont arts moins subtils que celui d'accomplir amour ; ce n'est pas entreprise de sot, de lâche, de paresseux, que d'aimer.
Lanza del Vasto
Judas
































