• Miguel de Unamuno, qui a écrit des pages merveilleuses sur les rapports entre Dieu, la douleur humaine et la compassion, finit par dire que Dieu n'est pas autre chose que l'amour qui jaillit de la douleur universelle et se fait conscience.

    Quand nous parlons de compassion, nous nous référons à une forme particulière de l'amour. Celle qui naît de l'impuissance. Ce n'est pas l'amour du bienfaiteur qui fait pleuvoir d'en haut des bénédictions, ni l'amour généreux qui résout les problèmes d'autrui, ni non plus l'amour spectaculaire qui fait des miracles.

    La compassion est un vent de solidarité subtil, mais profond, qui naît d'une condition d'égalité (con-pati). C'est la main sur l'épaule de celui qui souffre près de toi. De qui est impuissant comme toi et avec toi. C'est un vent de communion entre ceux qui souffrent la même faim et la même soif.

     

    Giorgio GONELLA

    Le vent parfumé du désert

    Sur les traces de Dieu, entre solitude et communion

     


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    D'après le moine (M. Ricard), la bienveillance est non pas une prédisposition, mais une réflexion progressive.

    "De famille bretonne, je suis allé à la pêche jusqu'à l'âge de 14 ans", raconte-t-il. Enfant, il se rendait aux courses de taureaux avec son père, Jean-François Revel.

    "C'était la fête, la musique était exaltante, se rappelle-t-il. Tout le monde semblait trouver cela très bien". Jusqu'à la "prise de conscience".

    Matthieu Ricard préconise d'appliquer le principe de résistance non violente promu par Gandhi.

     Si la cause animale est défendue par la communauté dans son ensemble, chaque individu sera encouragé à agir de même, c'est "l'instinct d'imitation". Ricard fait sienne cette célébre phrase du Mahatma : "d'abord ils vous ignorent, ensuite ils rient de vous, puis ils vous combattent, et enfin vous gagnez."

     

    extrait de l'article "Nouveau combat pour Matthieu Ricard" 

    Rebecca BENHAMOU 

     

    Plaidoyer pour les animaux. Vers une bienveillance pour tous de M. Ricard - sortie le 9/10/2014


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    Elle (Hannah) allait rentrer dans la maison quand son regard fut attiré par le cassissier du Cap derrière lequel Grâce s'était cachée durant cette journée terrible qui avait suivi son retour. Elle tomba à genoux dans l'herbe et éclata en sanglots, tandis que le souvenir d'une conversation avec Franck se faisait peu à peu jour dans sa conscience.

    "Mais comment ? Comment fais-tu pour surmonter ça, mon chéri ? lui avait-elle demandé. Tu as enduré tellement d'épreuves, mais tu es toujours content. Comment fais-tu ?

    - J'ai choisi de l'être, avait-il répondu. Je peux laisser ruiner mon passé, consacrer mon temps à haïr les gens pour ce qu'ils m'ont fait, comme mon père l'a fait, ou je peux pardonner et oublier.

    -Mais ce n'est pas si facile."

    Il avait souri, de son sourire de Franck.

    "Oui, mais, trésor, c'est tellement moins fatiguant. Il suffit de pardonner une fois. Tandis que la rancune, il faut l'entretenir à longueur de journée, et recommencer tous les jours. Il faudrait que je fasse une liste pour m'assurer que je hais bien tous ceux qui m'ont causé du tort. Non, avait-il ajouté, on a tous la responsabilité de pardonner."

    Elle s'était allongée à plat ventre dans l'herbe, elle sentait la force du soleil nourrir la sienne. Épuisée, à peine consciente des abeilles et de l'odeur des pissenlits à côté d'elle, à peine consciente des piquants sous ses doigts, là où l'herbe avait le plus poussé, elle finit par s'assoupir.

     

    M.L. STEDMAN

    une vie entre deux océans


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    et boire lui donnait la sensation de nettoyer la souillure que cette nouvelle vie lui apportait. Il a posé la fleur dans son pan de deel. Il n'aimait pas voir son urtz transformé en piège à touristes. Il n'aimait pas les fausses cérémonies. Et encore moins tailler des sülds. Il le faisait pour sa femme (chamane), mais savait bien que faire les choses sans envie, avec réticence, apportait du buzar. C'est pour ça qu'il avait attrapé celui de la vodka.

    Enkhetuya n'avait pas voulu l'entendre. Pour gagner toujours plus d'argent elle avait perdu leur liberté. Et finalement sacrifié les traditions qu'ils avaient mis tant d'acharnement à protéger de l'idéologie communiste.

    Il s'est levé. Lui n'avait jamais voulu être riche. Passer l'hiver autour du poêle bien serré avec les siens suffisait à le rendre heureux. Un beau rituel aussi. 

     

    Corine SOMBRUN

    Les esprits de la steppe

    (avec les derniers chamanes de Mongolie)

     

    deel : vêtement traditionnel mongol

    ürtz : tente 

     


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  • Lazaro l'obligea à tourner à nouveau son visage vers lui.

    "Saint Pierre a renié Notre-Seigneur par trois fois. Cela n'a pas été un obstacle à sa sainteté."

    Il tenta un autre sourire, puis son expression se ferma.

    "Si nous épuisons notre moral, nous ne pourrons apporter nulle aide à ceux que nous servons. Et si ne nous servons pas, nos vies n'ont pas de sens. Le lit et à moi, je m'en sers, croyez-moi. Faites ce que je vous dis. Reposez-vous. Et souvenez-vous que Dieu vous aime.".

    Il désigne tous les blessés allongés autour d'eux.

    "Il y aura plus encore à faire quand vous reviendrez".

     

    Tim Willocks 

    La religion

     


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