• Par où commencer cette rencontre, tout simplement, par le placement de la caravane. Le gérant nous conseille de la mettre en bout de terrain, près de grands arbres ; ainsi, même avec la chaleur, nous bénéficierons d'ombre à différents endroits. Nous nous installons, peu de monde dans le camping, nous sommes début juillet. Bien installé, sous de grands arbres, un couple de retraités (comme nous), lui avec chapeau de paille sur la tête, et elle, un épais livre sur les genoux, profite de la sieste. Ils nous informent de la forte canicule des derniers jours où même à l'ombre, ils n'étaient pas bien. 

    Puis à côté de notre emplacement, une petite tente est plantée, un couple l'occupe. Je les salue en passant, et ni l'un, ni l'autre ne répondent. Peut être n'apprécient-ils pas que nous soyons à côté d'eux. Nous passerons presqu'une semaine comme voisins. Ils sont équipés chichement et seul lui a une mobylette. Peu à peu, nous les entendrons parler, même se disputer ; ils campent ici en attendant l'attribution d'un appartement. Vient un jour où ils doivent régler les frais de camping. La jeune femme s'emporte, elle ne trouve plus sa carte bancaire. Elle est agitée, se pose toutes les questions possibles : carte égarée ? carte dérobée ? jusqu'au moment, où lui se voit dans l'obligation de payer.  "Tu l'avais dit, nous devions partager tous les frais !! et là je téléphone à ma mère pour que l'argent de mon livret de caisse d'Epargne soit viré". Un autre moment, plus tard , nous apprenons qu'elle est sous tutelle.

    Les jours passent, toujours pas d'appartement. Ils restent peu dans le camping, nous les retrouvons un après midi dans le jardin public adjacent. Lui, vient à notre rencontre, sa compagne est couchée par terre, "une insolation !" dit-il. Il nous demande de nous occuper d'elle. Olivier la fait se coucher latéralement. L'homme part à la pharmacie chercher les médicaments préconisés par les urgences. Il revient très vite, il mouille une serviette, lui fait prendre les médicaments. Si les médicaments ne font pas effet dans la demie-heure, il fera appel de nouveaux aux urgences. 

    En rentrant plus tard au camping, nos voisins ne sont pas là, le soir au repas, ils ne sont toujours pas présents. Comme je ne les vois pas revenir, je me dis qu'hélas, elle ne s'est pas remise. Nous les entendrons beaucoup plus tard, et c'est leur couple qui va mal. Il est en colère, elle ne dit rien, il est tellement en colère, lui reprochant tant de choses, que nous l'entendons frapper sur la tente, les arbres. Sa compagne se couche et l'appelle : "Viens, viens..." ; Olivier se lève, lui demandant de se coucher, "laissez la nuit passer, demain vous serez plus calme". L'homme continue à crier sa souffrance ; il se sent dupé, il baisse son ton de voix. Pourtant jusque tard, le différend continuera. Le lendemain matin, quand nous nous levons, leur tente est toujours là, mais eux sont partis. Nous ne les reverrons plus car nous commençons le chemin du retour.

    Deux jeunes (30 ans environ) qui commencent sur des bases difficiles, une vie de couple. Lui ne semble pas avoir trop d'argent, ni travail. Elle, sans travail non plus.  Elle est souvent revêche, juste une fois, elle vient avec un gros morceau de fromage pour Djinnie. Une fois qui me sidère, car même sous sa froideur, il y a de la gentillesse. Peut-être que ce garçon est sa bouée de sauvetage. Et lui, pourquoi est-il avec elle ?, mystère de la nature. Ils sont si différents tous les deux. 

    Ce ne fut pas une rencontre riante, sympathique comme la majorité des fois, ni une de ces rencontres comme celle du camping du lac de Madine, nous étions jeunes mariés, et des adolescents, dans la tente à côté de nous, écoutèrent Renaud toute la nuit. Ne pas dormir, me gêna, mais les deux là étaient joyeux et j'appris même à apprécier le chanteur. Ici, ce couple nous fait toucher la misère des jeunes un peu différents des autres, un peu moins intégrés, un peu malades aussi. Il y en a tant, nous en voyons souvent ici dans notre quartier. Des sans-travail, des migrants quêtant au bout de l'avenue, des malades ...


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  • Métiers improbables (anthologies éphémères) (2)

    Métiers improbables

    (jusqu'à la page 137)

     

    Croc, dans sa nouvelle, propose d'être écouteuse "Je suis là, tous les après-midi, je vous écoute". Quelle tendresse ! car souvent aujourd'hui, tout va très vite, et aussi être écouteuse, ce n'est être ni prêtre (qui d'ailleurs a à peine le temps d'entendre trois phrases de vos mots, réunions à n'en plus finir, nouveau découpage des paroisses, et le pape leur reproche de ne pas consacrer assez de temps à la préparation de leur prêche), ni psychologue, ni psychiatre, avant tout des professionnels, souvent adeptes d'une école, et tarifés (attendre 3 mois au moins, sinon 6 pour obtenir un RV chez le psychiatre, temps de tomber en profonde dépression) , écouteuse c'est être amicale et savoir recevoir les dons venant du coeur.

    Et j'ai rencontré des libellules, le lama de Monsieur le curé, une aigrette garzette (ayant même son attachée de presse).

    Une larme de tendresse est tombée en lisant : l'essuyeur de lunettes. "un petit bonhomme qui avait trouvé une astuce pour ramener quelques euros à la maisonnée". "et sa bonhommie touchait les gens". Je vois bien les mamies lui faire un bisou sur la joue et partir guillerettes de leur rencontre. 

    Je ne peux pas passer sous silence le "réveilleur de livres". Je pense à mon mari, à Bonheur du Jour, à Quichottine, à Martine, à François qui ont plein de mots dans le cœur et souhaitent être lus, discutés, appréciés. Ils passent par des éditeurs qui leur promettent beaucoup et finalement, leur soutirent des euros (pas toujours des sommes disproportionnées) pour une édition un peu secrète. Leurs livres ne garniront jamais les rayons des librairies. "un réveilleur de livres, c'est un amoureux de la lecture qui pense qu'un livre non lu, mais où son auteur avait exprimé le meilleur de lui-même, où le lecteur s'était retrouvé, ne doit pas connaitre une fin ... funeste". 

    Et voici le "chasseur de brise-bise" avec deux si jolies photos du spécialiste. "On monte en haut d'un escabeau, beau, et on enfile un cerf-volant". Et zou, on vole dans le ciel, on fait l'oiseau, léger et libre (sans moteur, c'est génial), attention aux vents forts qui vous élèvent vers le soleil, on peut se brûler les ailes. Il faut que j'en parle à mon mari, grand oiseau devant l'éternel, qui s'est retrouvé déjà dans des arbres bien emmêlés avec les fils du parapente.  Et me voilà à la page  137. 

    Encore de nombreuses pages devant nous, et moi aussi, je trouve ce livre très réussi, je crois bien que nous avons encore grandi ... A bientôt.

     

    "Saviez-vous que les ombres que l'on voit sur la lune ne sont ni des montagnes, ni des mers ?

    Non l'ombre que l'on aperçoit est en réalité celle d'un petit bonhomme assis sur son âne."

    Danièle

     

     


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  • je vous remercie pour toutes vos visites en 2018 et je vous souhaite ....

     

     

    je vous remercie pour toutes vos visites en 2018 et je vous souhaite ....


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  • Joyeux Noël


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  • Quand je considère la renommée conquise par les héros et les victoires des grands généraux, je n'envie les généraux,

    Plus que le Président en sa Présidence, plus que le riche en sa grande maison,

    Mais si j'apprends la fraternité des amants, ce qu'il en fut avec eux,

    Comment ensemble à travers la vie, à travers les dangers, la haine, impassibles, longtemps et longtemps,

    A travers la jeunesse et à travers l'âge mûr ainsi que la vieillesse, ils furent sans défaillance, furent affectionnés et fidèles,

    Alors me voici pensif - je m'éloigne en hâte avec la plus amère envie.

     

    Walt WHITTMAN

    Poèmes


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