• Après la lettre du défi, j'ai repris la lecture à partir de la page 106 de "un océan, deux mers, trois continents" de Wilfried N'SONDE

    Parti de son pays le Kongo, pour rejoindre le vatican où Dom Antonio Manuel, né Nsaku Ne Vunda, est appelé comme ambassadeur (le premier ambassadeur africain), Il aura traversé l'Océan avec dans la cale, des esclaves, ses frères, rencontré l'amitié, puis se fait enlever par des pirates, puis au Portugal, est interrogé, torturé par l'Inquisition et maintenant, est reçu par le pape au vatican.

    La salle était remplie d’ecclésiastiques qui ne se souciaient plus de l'âme, ils avaient fait de Dieu un instrument pour servir leurs ambitions personnelles et politiques. Leurs discours insignifiants, sans rapport avec la parole divine, m’attristèrent, j'étais étranger à ce lieu de pouvoir et d'intrigues. Dans la bouche des hommes de chair et de sang censés relayer la voix du Seigneur, je ne décelais aucun signe d'amour, le miracle préféré de Dieu, la magie la plus puissante.

     

    D'autres mots pourraient être choisis, mais ceux-ci sur l'amour me touchent en profondeur.  Cet écrivain a fait preuve d'une grande force d'amour envers cet homme disparu depuis longtemps et envers tous les êtres qu'il a croisés. 

    Ce prêtre est mort en 1608 à Rome et le pape demandera que sa dépouille soit ensevelie sous la basilique Sainte Marie Majeure à Rome et pour qu'il ne soit pas oublié, l'artiste Francisco Caporale sculptera son buste en marbre noir. Egalement, le pape fera peindre dans la bibliothèque vaticane, les faits les plus importants de son règne, la canonisation de deux saints, et une fresque représentant sa visite au peintre noir moribond.

     

     (renseignements pris aussi ICI)

     

     


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  • - Et maintenant ?

    - Maintenant, ce que je crois, c'est que sans traitement, je suis malade. Je dysfonctionne. Donc c'est à peu près aussi con de dire que je ne suis pas naturel avec mes cachets qu'un cancéreux qui vous dirait : "Ah mais avec ma chimio, vous démolissez mon être profond, je ne me reconnais plus, ce n'est plus moi..." Sauf qu'il ne viendrait jamais à l'idée d'un cancéreux de sortir une connerie pareille. C'est l'apanage de la psychiatrie... Tout mon combat, ça a été de considérer que j'étais malade au même titre qu'un diabétique, ou qu'un type qui a le VIH. Une maladie au long cours, qu'on doit traiter au long cours - et surtout qu'il n'y a pas de différence entre une maladie psychique et une maladie organique... Le souci avec les maladies psy, et c'est un énorme problème, c'est qu'on vous stigmatise.

    - Vous en avez souffert ?

    - Ah mais sans arrêt ! J'ai fait plusieurs mois d'hôpital dans ma vie, ce n'est pas rien... Mis à part mes parents et ma sœur, aucun des membres de ma famille n'est jamais venu me voir. Aucun ! pire : à ma sortie, lorsque je les revoyais personne ne me demandait de mes nouvelles !

    ....

    Tout le problème est là : les symptômes d'une maladie psy, mes symptômes à moi, en tout cas, s'incarnent dans mon comportement. Donc tout le monde y met de l'intentionnalité, en niant la dimension psychologique. Et on me renvoie à ma responsabilité, on me traite de tout. ça c'est parfaitement dégueulasse.

    ...

    - Vous espérez sortir rapidement ?

    - Oui. Mais pour tout vous dire, je me rends compte depuis peu de temps que j'étais malade, ces derniers mois, vraiment malade. Donc ça ne fait que quelques jours que je suis plutôt content d'être ici, de me poser, et que j'ai de moins en moins hâte de sortir, parce que je sais qu'il va falloir tout reconstruire, et que ce sera très long...

     

    Pierre Souchon

    Encore vivant


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  • - Hue, Coquet !

    Mon oncle travaillait avec son cheval du matin au soir.

    - Quand est-ce que tu es passé au tracteur ?

    - En 1970, mon premier. Mais la mécanisation, c'était un piège. Je pensais que j'irais plus vite, que j'aurais du temps... En fait j'étais rentré dans ce truc infernal de l'industrialisation. Il fallait toujours produire davantage, acheter des terres... C'était délirant. Tout le long de ma vie de paysan, je croyais avancer, et j'étais doublé par l'évolution. Il fallait avoir le diable au corps pour rester ici. Tous mes copains se tiraient en ville ! ça faisaient des gendarmes, des mécanos, des maçons, des cheminots... Pour ne pas se flinguer, il fallait être solide. Et les jeunes qui revenaient au pays nous snobaient parce qu'on chiait avec le cheval, qu'on n'avait pas de salle de bains... Du coup je bossais encore plus, pour financer la modernisation de la maison... Je sortais pas de la spirale.

    Il avait construit des gîtes ruraux, bientôt, parce que le pays, son agriculture et son industrie moribondes basculaient dans le tourisme, "les gorges de l'Ardèche et toutes ces conneries..."

    Mon oncle pose son béret.

    Attends... Là. dix... Ici, ils étaient bien... Je vais te dire... Vingt-cinq.. Et ceux de Elze... Les trois frères des coteaux... Et sur le bord du Chassezac... La famille... Comment ils s'appelaient...

    - Oui, juste après-guerre, tu vois, il y avait 80 fermes sur la commune.

    - Combien il en reste ?

    - Trois. On est trois. Et tu as vu mes cheveux blancs....

     

    Pierre SOUCHON

    Encore vivant

     


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  • pour ma belle-mère chérie (91 ans) 

    pour Mme G. (94 ans) qui vit depuis peu dans une maison de retraite

    pour la maman (92 ans) d'une copine

    et pour tous nos grands ancien(ne)s

     

    Qui sait de quoi demain sera fait ? J'approche les quatre-vingt-quinze ans. A mon âge, je ne peux rien prédire.

    Il faut apprendre à vivre au jour le jour et se faire au moins quatre plaisirs par jour, comme s'ils étaient prescrits par une ordonnance médicale.

    Statistiquement, j'ai dépassé l'âge limite pour une femme. Ce que je vis est donc un cadeau - un cadeau inattendu et très bienvenu.

    Rien ne me servirait de me plaindre des divers bobos ou maux de la vieillesse. Bien sûr, ce serait mieux si je pouvais encore lire et écrire : je me contente aujourd'hui d'écouter et de dicter. Mais, amis lecteurs, ne me plaignez pas ; j'y vois suffisamment pour vivre seule et me débrouiller dans mon appartement. Se plaindre augmente les douleurs. Voir le bon côté des choses les diminue. J'aime mieux être en vie.

    Chaque matin, quelque soit l'endroit où je me réveille, chez moi à Paris ou chez moi à la montagne, je sens avec la main le bois qui se trouve sur ma droite et, avant même d'ouvrir les yeux, je savoure simplement ceci : je suis en vie, et c'est bon. Je remercie Dieu pour cette nouvelle journée qui commence. Elle ne pourra qu'être agréable.

     

    Anne Ancelin Schützenberger

    Ici et maintenant

    vivons pleinement

    (décédée en mars 2018 à l'âge de 99 ans)

     


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  • Je n'ai pas été à l'école

    et je n'en éprouve aucun regret.

    *

    Les gens qui se croient importants

    ont à mes yeux moins d'importance

    que les dessins d'enfants.

    *

    La première fois 

    qu'on m'a appelé monsieur,

    j'ai été stupéfait.

    Avec le temps je me suis habitué

    mais moi je me vois toujours

    comme un petit garçon de dix ans.

     

    Alexandre ROMANES

    Sur l'épaule de l'ange


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