• Alors, comment mettre à jour la Vérité que la Parole divine est censée révéler ? Il convient d'en saisir l'intention générale. Jamais la Bible n'a eu vocation à enseigner les sciences. En revanche, elle répond directement à notre soif de béatitude, en offrant un raccourci vers des vérités morales que les sciences ne peuvent pas démontrer. Cette notion de "raccourci" est sans doute la plus importante de l'Interprète.

    ... L'interprète affermit deux postulats majeurs dans l'exégèse biblique. D'une part, il articule une théorie de la réception qui ne place plus la Vérité du texte dans les mots eux-mêmes - l'Ecriture, seulement l'Ecriture... En particulier il soutient que la notion de 'Révélation' ne peut inspirer aucune 'foi', tout simplement parce que la Vérité ne se transmet pas du texte vers le lecteur, mais du lecteur vers le texte.  Pourquoi ? parce que les vérités divines sont en nous. Ainsi, c'est notre critère rationnel intérieur, qui nous guide à travers les méandres du texte, et non l'inverse. De plus lorsqu'un passage semble absurde ou erroné, le suffisamment bon lecteur cherchera du sens en lui-même afin de trouver sous quel angle, dans quel registre, dans quel contexte ce qu'il lit peut avoir quelque chose de vrai.

    L'interprète  (Traité paradoxal sur la philosophie interprète de l'Ecriture sainte - édité en latin en 1666 - auteur inconnu)

    Maxime ROVERE

    Le clan Spinozza


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  • Est-il vrai que tu danses dans mon cœur

    Que tu ris dans mon cœur

    Que tu pétilles dans mon cœur

    Que tu fleuris dans mon cœur

     

    Est-il vrai que telle une bulle de lumière

    Tu files dans mes veines à travers tout mon corps

    L'éblouissant de ta Présence

    Et l'inondant de ta Vie radieuse

     

    Au battement de mon cœur Tu es là

    A l'éclosion de mon souffle Tu es là

    Au-delà de l'écoute et de ma pensée Tu es là

    Pulsé par le Silence

     

    Ton parfum est mon ivresse

    Le flux de tes bénédictions s'épand à l'infini

    L'espace ouvert entre tes cils m'aspire

     

    Tu es torrent d'Amour

     

    Martine MAILLARD

    La quête / poèmes


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  • la tyranie de l'évaluation

    ... de faire en sorte que notre vie s'apparente à un curriculum vitae, une ligne sur laquelle on va, à chaque situation, éviter les points X qui demandent un pari et exposent à courir des risques.

    ...

    Aujourd'hui, les nouvelles pratiques d'évaluation permanente, dont les évalués sont eux-mêmes acteurs, font que chaque individu devient un bilan de compétences utiles dans vie, un bilan qui accompagne la machine dans son fonctionnement... Du berceau au cercueil, on désire être évalué, pour mieux éviter d’exister, pour essayer d'être des machines performantes. 

    Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ceci n'est pas réservé au "petits employés et ouvriers", bien au contraire : tout le monde est invité, toute sa vie, à se vivre comme un bilan de compétences. 

    Ainsi, lors de mes passages plus ou moins heureux par l’université, j'ai pu constater qu'un tel n'allait pas écrire un article qui ne concernerait pas exactement son domaine, par peur de représailles. J'ai connu des lieux où l'odeur de la peur était permanente, je ne m'attendais pas à trouver la même odeur dans les salles universitaires... On fera le doctorat, le postdoc et la carrière qui serviront son curriculum, en laissant de côté toute affinité ou curiosité élective (quand elle existe). Ainsi les gens qui réussissent bien dans l'élite ne vivent-ils souvent pas non plus : ils font bien attention à fonctionner. Ils passent leur temps à se dire que demain ils pourront faire ce qu'ils veulent, mais demain arrivent de nouvelles surcontraintes - non pas des contraintes de vie, mais des surcontraintes disciplinaires, de peur, de bêtise. 

    Tout cela fait que ce n'est jamais le bon moment pour faire quelque chose.

    Voilà comment on fabrique, d'un côté, des jeunes terrorisés parce qu'ils doivent faire un curriculum et, de l'autre, des vieux qui campent au-dessus de leur curriculum.

     

    Miguel BENASAYAG

    Fonctionner ou exister ?


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  • Frédéric LENOIR : Ce qui est assez français : on n'est jamais contents...

    Thierry JANSSEN : C'est un fait.

    Et en tant que francophone vivant en Belgique, cela m'interpelle beaucoup. Un tiers de ma famille est français, je voyage beaucoup en France mais aussi en Suisse, au Québec. Et je constate qu'il règne en France beaucoup de négativité et même un climat dépressif. Or la dépression naît souvent d'un sentiment d'impuissance et d'une forme de résignation.

    Je ne retrouve pas cela en Belgique, en Suisse et au Québec. Pourtant la situation économique de ces pays n'est pas vraiment meilleure, le niveau de vie y est équivalent, la culture assez semblable. Mais la façon de penser n'est pas la même. Peut-être parce que l'inconscient collectif n'attend pas la même chose.

    Il y a quelques années j'ai été intrigué de découvrir que la Déclaration des droits de l'homme française promet que l'Etat créera le bonheur des citoyens. Alors que la Déclaration d'indépendance américaine, qui est antérieure de quelques années, promet que l'Etat mettra en  place les conditions qui permettront à chaque citoyen de créer son propre bonheur... Le message est très différent.

    Il semble que, plus que n'importe quel autre peuple, le peuple français attend beaucoup d'une autorité extérieure qui, après avoir été incarnée par la personne du roi, est à présent remplacée par l'Etat - un Etat paternaliste face auquel les citoyens sont déresponsabilisés et, du coup, passent leur temps à se plaindre quand "papa" n'a pas répondu à leurs attentes. Cela engendre beaucoup de frustration et de souffrance. J'ai le sentiment que l'inconscient collectif des Français devrait évoluer vers plus de responsabilité, moins de discours, plus d'action, moins de revendications, plus de propositions.

    Loin de moi de dire qu'individuellement  les Français ont tous un rapport assez infantile à l'autorité, mais je crois que, collectivement, c'est une question qui devrait être posée.

     

    Frédéric LENOIR et Leili Anvar

    Oser l'émerveillement

    (avec Bruno Giuliani, Thierry JAnssen, Alexandre Jollien, Jacqueline Kelen,

    Edgar Morin, Marion Muller-Colard, Christiane Rancé)


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  • Le monde réel est fait de choses singulières toujours nouvelles, excessivement complexes, bizarres - où chacun reste en partie étranger à lui-même parce que nous ne cessons de dériver d'une situation singulière à l'autre. Dans ce contexte, la Raison se compare mal à un instrument de vision ; elle ressemble plutôt à ces horloges qui, en indiquant notre latitude, nous aident à naviguer... dans l'inconnu.

    - "Comme les vagues de la mer ... murmure le philosophe (Spinozza) en posant le front contre la vitre, nous sommes tous ballottés..."

     

    Maxime ROVERE

    Le clan Spinozza

    Amsterdam 1677

    L'invention de la liberté

     

     


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