• ... entre doctrines d'Etat inapplicables, programmes scolaires sélectifs, mémoire collective défaillante et lieux communs culturels, ce que les Françaises et les Français pensent savoir de leur propre passé est donc bien incertain. Le propos de ce livre est, à la faveur des fouilles archéologiques les plus récentes menées en France, fouilles préventives pour la plupart, de remettre en cause une grande part des clichés que nous véhiculons malgré nous.

    Les hommes préhistoriques étaient-ils des sauvages survivant à grand peine dans une nature hostile, ou bien exploitaient-ils au mieux leur environnement, avec une diététique très supérieure à la nôtre ? Avons-nous, nous hommes modernes ou Homo sapiens, des gènes en commun avec le farouche homme de Neandertal ? L'invention de l'agriculture a-t-elle été un grand progrès pour l'humanité, ou bien a-t-elle également apporté maladies nouvelles, stress social, violences et finalement inégalités croissantes ? Violences et inégalités sont-elles inhérentes à la nature humaine, ou bien peut-on en situer la date d'apparition dans l'histoire ? Les Gaulois étaient-ils de pittoresques Barbares, vivant dans des huttes sommaires au fond des bois, ou bien  les Romains ont-ils mis la main sur des sociétés prospères et organisées, assez peu différentes de la leur ? D'ailleurs, Vercingétorix a-t-il vraiment jeté ses armes aux pieds de César?

    Les questions ne s'arrêtent pas là : les invasions barbares ont-elles brutalement anéanti la civilisation romaine pour ne laisser que ruines et désolation, ou s'agit-il d'un remodelage très progressif de l'ordre social et économique européen ? Le baptême de Clovis est-il aux fondements de l'histoire et de l'identité de la France ou est-ce l'acte politique mineur d'un chef de guerre opportuniste dans un pays depuis longtemps christianisé dans les villes et dont les campagnes restèrent païennes encore plusieurs siècles après ? Les communautés juives ont-elles joué un rôle dans la civilisation médiévale, et quel a été l'apport matériel et culturel de l'Islam ? Le Moyen Age fut il une "longue nuit", ou bien une première révolution industrielle et technique ? Les Français sont-ils pour l'essentiel autochtones sur leur territoire ou résultent-ils de brassages incessants ?

    Jean-Paul DEMOULE

    On a retrouvé l'histoire de France 

    Comment l'archéologie raconte notre passé 

    site de l'INRAP


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    Pourquoi on tue des vaches gestantes ? Cette question, j'ai eu le temps de me la poser des milliers de fois. D'abord parce qu'aucune loi ne l'interdit, c'est aussi simple que cela. L'abattage de vaches gestantes est toléré par l'Union européenne...

    ...

    Lorsqu'ils (les grossistes) achètent des vaches pleines, je crois que les grossistes sont totalement conscients de ce qu'ils font. Une vache pleine est plus calme, plus facile à manipuler, et surtout plus grasse. Grossistes et éleveurs ont donc  beaucoup à y gagner : une vingtaine de kilos de plus par vache, vu le prix de la viande, ça compte !

    ...

    Le directeur de l'abattoir, enfin, pourrait passer des consignes, s'ils ne craignait pas lui aussi que les grossistes désertent. En fait tout le monde se tient par la barbichette. Personne ne parle, car tout le monde veut pouvoir continuer à se faire le plus d'argent possible. Chacun a sa part de responsabilité. Plus que les abattoirs, c'est la société toute entière qui est défaillante, en choisissant de fermer les yeux sur la situation, en refusant d'établir un lien entre l'animal et le steak dans notre assiette. Nous consommons tous beaucoup trop de viande. A la télévision, les lobbies multiplient les spots vantant la bidoche pas chère, les concours culinaires se multiplient sur toutes les chaînes. Les fast-foods poussent comme des champignons, tandis que les vrais restaurants se raréfient. Nous sommes tous coupables. En cédant aux sirènes de l'élevage intensif, c'est nous-mêmes que nous sacrifions.

     

    Mauricio GARCIA PEREIRA

    Ma vie toute crue


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  • Plus grande qu'étoiles ou soleils,

    Bondissante ô âme tu te mets en route ;

    Quel amour autre que le tien et le nôtre pourrait plus largement accroître ?

    Quelles aspirations, quels désirs surpasser les tiens et les nôtres, ô âme ?

    Quels rêves d'idéal ? quels dessins de pureté, de perfection, de force ?

    Quel joyeux empressement à tout abandonner pour l'amour des autres ?

    Pour l'amour des autres à tout souffrir ?

     

    Je suppute déjà le jour ô âme où le temps accompli,

    Les mers traversés, les caps doublés, le voyage achevé,

    Encerclée, tu te mesureras avec Dieu, tu confronteras Dieu, tu céderas au but,

    Alors que gonflé d'amitié, l'amour complet, le Grand Frère trouvé,

    Le Cadet se fondra en tendresse dans ses bras.

     

    Walt Whitman

    Poèmes


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  • Pour terminer, je réfléchirai sur la notion de progrès. Je suis directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique. Je ne me suis jamais fait beaucoup d'illusions sur ce qu'on appelle les sciences dures. Elles collaborent avec difficulté avec ce que l'on appelle les sciences sociales qui sont, de notoriété sur un siège éjectable dans toutes ces organisations.

    Le progrès... Nous avons tous lu Malesherbes, Buffon, Voltaire, D'Alembert, Rousseau ... Au XIXème siècle jusqu'à nos jours, ont été réalisées des découvertes fabuleuses en biologie et en physique. Nous sommes portés par un mythe de la raison. Nous nous sommes illusionnés en pensant que la science devait libérer l'homme.

    L'atome.. C'est le meilleur et le pire.

    C'est oublier ce qui est au cœur même de l'histoire de l'humanité : le bien et le mal. C'est ce que, sur la piste, me rappelaient, à leurs manières, les compagnons inuit lorsqu'on ne respectait pas ce qu'ils dénommaient "l'ordre de la nature" : une pierre bousculée du pied, non ; Sila, l'univers est ordonné et de remettre prestement la pierre à sa place.

     

    Jean MALAURIE 

    extrait du discours du 23/05/2013 à Strasbourg lors de la réception de la grande médaille de la ville.

    OSER RESISTER

     


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  • J'ai découvert avec mes chiens et mes chats, ce que de nombreux humains ont vécu : la puissance d'un lien affectif qui n'a rien à envier à ceux que nous pouvons nouer entre humains. Ils ressentent parfaitement nos émotions et nous apportent le réconfort dont nous avons parfois besoin.

    Une amie, Paule, a trouvé son appartement totalement vide un soir en rentrant du bureau : son compagnon l'avait quittée en emportant tous les meubles et n'avait laissé que le chat et sa gamelle. Tandis qu'elle pleurait, son chat, Mao, est venu lui lécher le visage pour recueillir ses larmes pendant près d'une demi-heure.

    Les animaux de compagnie, mais aussi d'autres animaux, comme les chevaux, les ânes, les cochons, les oiseaux, etc... peuvent tisser des liens très profonds et durables d'amitié et de tendresse avec les humains. Je me souviens de l'amitié entre mon grand-père et un rouge-gorge qui venait à côté de lui tous les matins lorsqu'il lisait le journal dans son jardin. Et mon ami Hubert Reeves peut passer des heures à échanger avec les oiseaux de sa maison de Malicorne. Une autre amie québécoise, Christine Michaud, a noué une relation extraordinaire avec Juju, un lézard géant, et Chopin, un perroquet qui lui demande tous les soirs lorsqu'elle rentre : "Comment vas-tu, toi ?".

    Frédéric LENOIR

    Lettre ouverte aux animaux (et à ceux qui les aiment)

     

    La douceur envers les bêtes accoutume,

    de manière "étonnante" ,

    à la bienveillance envers les hommes.

    Car celui qui est doux,

    qui se conduit avec tendresse

    envers les créatures non humaines,

    ne saurait traiter les hommes

    de manière injuste.

     

    PLUTARQUE

    (vers 46-125)


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