• mon dieu

    n'est pas à attendre dans une église

    ni assis sur les marches du temple

    mon dieu

    est le souffle du réfugié lorsqu'il court

    vit dans le ventre de l'enfant affamé

    est le battement de coeur de la protestation

    mon dieu

    ne repose pas entre des pages

    écrites par des saints hommes

    mon dieu

    vit entre les cuisses collantes de sueur

    des corps des femmes vendus pour de l'argent

    a été vu la dernière fois en train de laver les pieds 

    du sans-abri

    mon dieu

    n'est pas aussi inatteignable

    qu'ils voudraient te le faire croire

    mon dieu bat à l'intérieur de nous à l'infini

     

    rupi kaur

    le soleil et ses fleurs 


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  • les conversations les plus importantes

    que nous avons sont avec nos doigts

    quand les tiens effleurent nerveusement les miens

    pour la première fois durant le dîner

     

    ils se raidissent de peur

    quand tu me demandes de me revoir la semaine prochaine

    mais dès que je dis oui

    ils s'allongent et se détendent

     

    quand ils se saisissent mutuellement

    alors que nous sommes sous les draps

    nous faisons tous les deux semblant

    de ne pas avoir les jambes comme du coton

     

    quand je me mets en colère

    ils vibrent de cris violents

    mais quand ils frémissent pour pardonner

    tu vois le visage des excuses

     

    et quand l'un d'entre nous agonise

    sur un lit d'hôpital à quatre-vingt-cinq ans

    tes doigts serrent les miens

    pour dire des choses que les mots ne peuvent décrire

     

    - doigts

     

     

    rupi kaur

    le soleil et ses fleurs


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  • métiers improbables (les anthologies éphémères)  - fin

     

    Martine Madelaine RICHARD

     

     Page après page, un métier improbable s'est proposé, des métiers poétiques ( vendeur de rêves d'occasion, les puiseurs de lumière, conseillère en petits bonheurs), des métiers humoristiques (dé-guirlambouleur de sapins de Noël, pêcheur de vélo à Amsterdam), des métiers bienveillants (porteur d'espoir, traducteur pour oiseaux).

    Et aussi des photographes, des dessinateurs pour mettre du beau et du bon dans le livre.

     

    "Ce qui me rend le plus heureuse en cet instant, c'est de penser que, grâce à vous tous, amis lecteurs, un enfant malade verra un jour son rêve se réaliser et "à quoi l'on sert quand on ne rend personne heureux ?" (Monique Proulx)"

    Christiane Beaudumoulin 

     

     

    métiers improbables (les anthologies éphémères)  - fin

     Solyzaan

     

    et pour finir, je vous offre la dernière ligne du livre : 

    "Gardez votre âme d'enfant, ça peut aider"

    Fab 

     

    métiers improbables (les anthologies éphémères)  - fin

     

    Solyzaan 

     

     

    Je remercie de tout coeur Quichottine pour sa belle oeuvre


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  • Ce fut l'une des années les plus formidables et les plus difficiles de ma vie. j'ai appris que tout est temporaire. les instants, les sentiments. les gens. les fleurs. j'ai appris que l'amour consiste à donner. tout. et à le laisser faire mal. j'ai appris que la vulnérabilité est toujours le bon choix parce qu'il est facile d'être dur dans un monde où il est si difficile de rester doux. j'ai appris que toutes les choses vont par deux. la vie et la mort. la douleur et la joie. le sel et le sucre. toi et moi. C'est l'équilibre de l'univers. ce fut l'année d'une souffrance si grande mais d'une vie si belle. faire d'étrangers des amis. faire d'amis des étrangers. apprendre que la crème glacée menthe et copeaux de chocolat répare tout. et pour les douleurs qu'elle ne peut pas réparer qu'il y aura toujours les bras de ma mère. nous devons apprendre à nous concentrer sur l'énergie chaude. toujours. y faire tremper nos membres et apprendre à mieux aimer aux yeux du monde. parce que si nous ne sommes pas capables d'apprendre à être attentionnés les uns envers les autres comment apprendrions-nous à être attentionnés envers la partie la plus désespérée de nous-mêmes.

     

    rupi kaur

    le soleil et ses fleurs

     

     


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  • Résolument végétarien, l'auteur sud-africain né au Cap affiche des positions proches de l'antispécisme - cette idée que l'espèce d'un animal ne doit pas influencer notre manière de la traiter ou de la considérer. Son dernier livre, l'Abattoir de verre, accorde une grande place à ce sujet. A travers sept histoires morales, Coetzee met en scène son double littéraire, Elizabeth Costello, une écrivaine australienne vieillissante.

    .... plus loin, Costello vit avec des chats férals. Elle a choisi de "tourner le dos à (sa) tribu - la tribu des chasseurs - et de (se) placer du côté des chassés", priant pour un monde où les hommes n'auront plus droit de vie et de mort sur les autres espèces. A la fin du recueil, l'héroïne envisage de construire au cœur d'une ville un abattoir en verre pour réveiller les consciences. Et pointe notre ambiguïté. "Si nous sommes préparés à infliger la mort à autrui, pourquoi souhaitons-nous lui épargner la douleur ?". 

    Le livre se clôt sur un reportage sur une ferme-usine où les poussins mâles, qui ne font pas partie du "business plan" sont broyés pour être transformés en nourriture pour bétail ou en engrais. "C'est pour eux que j'écris. Leur vie fut tellement brève, si facile à oublier", déclare Costello. A travers ses mots se dévoile, indéniablement, l'engagement profond de J.M. Coetzee.

    Gladys Marivat

    LIRE - décembre 18/janvier 19

    (chat féral : chat qui retourne à l'état sauvage

    J.M. COETZEE est-il un défenseur de la cause animale ? (Gladys Marivat)

     

    En parallèle à la place de l'animal, l'auteur nous parle de la vieillesse, de la grande vieillesse que va bientôt aborder Elisabeth Costello. 

    "La vérité, c'est que tu es une vieille dame qui a besoin de soins...."

    Sa mère secoue la tête.

    "Pas cette vérité-là. Dis-moi l'autre vérité, la vérité vraie."

     

    Mais je ne n'y suis pas arrivé. Je n'ai pas pu lui dire en face ce que je n'ai aucun mal à t'écrire maintenant : " la vérité vraie, c'est que tu es en train de mourir. La vérité vraie, c'est que tu as un pied dans la tombe. La vérité vraie, c'est que tu est déjà sans défense, que demain tu seras encore plus démunie, et ainsi de suite, jusqu'au jour où il n'y aura plus d'aide du tout.

    .... la vérité vraie, c'est que tu ne peux plus dire Non. Tu ne peux pas dire Non au tic-tac de la pendule. Tu ne peux pas dire Non à la mort. Quand la mort dit Viens, il te faut courber la tête et partir. Alors accepte. Apprends à dire Oui...

    Laisse derrière toi cette maison... laisse tes objets familiers, viens vivre dans une institution.... ne te braque pas. Dis Oui. Dis Je suis d'accord. Dis je suis entre vos mains. Fais au mieux"

     

    J.M COETZEE

    (lauréat du prix Fémina étranger, prix Nobel de littérature en 2003)

    L'abattoir de verre

     

     

     


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