• A la barre du défi 200 pour les croqueurs de mots

     

    Défi 200 pour les croqueurs de mots

     

    pour le deuxième jeudi en poésie, j'ai pris 2018 - 200 = 1818. Je vous suggère de choisir un texte d'un poète du dix neuvième siècle (Victor Hugo, Lamartine, Georges Sand ....) ou un  poème sur l'hiver.

     

     


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  • défi 200 : je me souviens

    Défi 200

    la principale consigne du défi est de commencer son texte par "je me souviens"

    éventuellement de  choisir un mot unique dans la liste et l'intégrer dans son  texte :

    "maison, anniversaire, rouge, bateau ou lundi"

     

    défi 200 : je me souviens

    le sapin de Noël

     

     

    Je me souviens, la pièce petite, les enfants autour de moi, deux fillettes aux nattes brunes, le père et la mère, le chat noir aussi. Sapin de Noël, orné de boules rouges, vertes, bleues et multicolores, j'étais à la fête, quoiqu'ayant un peu trop chaud. La petite Martine avait même accroché, seule, deux trois boules qui avaient roulé sur le sol, le chat avait sauté d'un bond pour la faire rouler.

     

    Je me sentais un peu à l'étroit dans le pot vert, mes épines sont vite tombées. Puis la fête des rois arrivée, la grande devenue reine, puis les boules, les guirlandes rangées. Et ce ne fut pas ma fin , la maman accompagnée des deux fillettes me planta dans le jardin, près du grillage. Je mesurai 1 m 50, aujourd'hui je suis un grand dadais aux grands bras ; pas loin de 15 m ..

     

    Les hommes ne se rendent pas compte comme ils courent vite, comme ils se rident vite, les oiseaux aussi, même s'ils reviennent d'année en année, ma mémoire n'arrive pas à se souvenir de leurs noms.

    Aujourd'hui, le soleil joue avec mes branches, aujourd'hui, les mésanges vont de branche en branche, les étourneaux adorent chanter, ressemblant à des notes sur la portée, aujourd'hui, je suis l'hôte heureux.

     

    Et ma petite famille, n'est plus celle des années 1970, elles se sont mariées et sont parties les gamines, ramenant plus tard avec elles, leurs poupons. La mère bienveillante accueillait les nichées joyeuses, le père un peu bougon avait un labrador noir et un panneau « chien méchant «  trônait devant la vigne. Les raisins noirs servaient à faire le petit vin du coin.

     

    La mère s'est éteinte, un cancer, les filles ont pleuré ; puis au fur et à mesure que le père avançait en âge, se déplaçant avec sa cane, venaient de plus en plus souvent. Son labrador mort, très attristé, un chat est apparu pour lui tenir compagnie.

     

    Et moi, je grandissais, mes branches s'étiraient. Le grand champ de blé avait disparu, une jardinerie occupait l'espace, une jardinerie avec des poules et des coqs. Le blockhaus, arraché, et la ferme disparue, garage, avocats, magasin d'électro ménager, avaient poussé comme des champignons.

     

    Puis à 99 ans, le papy a déclaré en avoir assez de vivre, il n'a plus mangé, s'est éteint en quelques semaines. Et la maison, inoccupée, et le jardin à peine entretenu, je grandissais, les petits sapins de Noël du jardin d'à côté étaient bien minuscules, à côté de moi.

     

    Je crois bien que c'est Martine la nouvelle propriétaire, tout a été refait, le chat est partie chez sa sœur Mariette. La grille a été changée, une nouvelle mangeoire pour les oiseaux a été installée, et juste quelques branches à ma base ont été coupées. Ils vont bientôt être à la retraite tous les deux. Je n'ai même pas 50 ans, je vais bien rester tranquille trente ans avec eux. Et surtout abriter tous les oiseaux du quartier : mésanges, verdiers, rouges gorge, rouges queues, merles, corbeaux, geais, pigeons, tourterelles et moineaux … Si vous saviez comme ils chantent tous si bien.

     

    Je me souviens et heureux, je continue à grandir, rejoindre mon ami le soleil !


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  • A la barre du défi 200 pour les croqueurs de mots

     

    Défi 200 pour les croqueurs de mots

    pour le premier jeudi en poésie : prendre un livre de poésie (un des vôtres, celui d'un poète préféré, d'une anthologie), ouvrir par hasard une page et mettre le poème sur le blog.

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    le livre d'or de la poésie française 

    contemporains de H à Z

    Pierre Seghers

    page 106

     

    Symphonie 1959 de Paula

    (extrait)

     

    Les mots du poème ont mûri comme de grands fruits ; voici le temps où nous les pressons

    dans un cellier aux couleurs de votre vie.

    Tel en sera l'alcool, le poids de légende au fond des flacons, tels nous serons au soir quand à la mi-lande

    le sergent de nuée dardera vers nous son éclair noir 

    la pierre des séparations.

    Bénissez mes mains sur ma vendange, bénissez ce vin malheur et joie et ciguë et caresse

    que tout encore vous soit dédié comme j'ai vécu,

    jusqu'à ma mort même.

    Rien n'a jamais compté pour moi que de boire votre présence votre absence

    et la nuit chaude et la nuit douce selon que vous me la donniez.

    La foudre elle-même plantée entre mes épaules m'a assoiffé de vous

    cette année où elle est tombée :

    tout un or étrange et fou maintenant jusque dans les racines 

    où je descends chaque matin me réinventer mon nom...

     

    Loys MASSON (1915/1970)

     


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  • A la barre du défi 200 pour les croqueurs de mots

     

    Défi 200 pour les croqueurs de mots

     

    Après les Cardabouche qui ont proposé un défi de haut vol, non seulement, sont-ils dessinateurs,  écrivains mais aussi des concepteurs, et à la demande hier soir du capitaine Dom, je prends la barre pour ce défi anniversaire. 200 défis divisés par 25 par an en moyenne ; cela fait au moins huit ans de défis proposés par des capitaines de trempe bien différente, tous animés par l'amour d'écrire et/ou l'amour de la poésie.

    Alors bon anniversaire moussaillons et capitaines,

    et pour le premier jeudi en poésie : prendre un livre de poésie (un des vôtres, celui d'un poète préféré, d'une anthologie), ouvrir par hasard une page et mettre le poème sur le blog.

    pour le deuxième jeudi en poésie, j'ai pris 2018 - 200 = 1818. Je vous suggère de choisir un texte d'un poète du dix neuvième siècle (Victor Hugo, Lamartine, Georges Sand ....) ou un  poème sur l'hiver.

     

    A la barre du défi 200 pour les croqueurs de mots

    pour le défi du lundi 19 février :

    la principale consigne est de commencer son texte par 

    "je me souviens"

    et une proposition de consigne supplémentaire, uniquement si vous en avez envie,  : choisir un mot unique dans la liste et l'intégrer dans votre texte :

    "maison, anniversaire, rouge, bateau ou lundi"

    Je vous salue bien bas Moussaillons et Capitaine Dom, 

    en vous souhaitant la meilleure inspiration possible. 

     

     


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    Les Cabardouche sont de service cette quinzaine pour proposer les défis.
    Espérons qu’ils sauront nous inspirer et nous amuser !

    Pour le lundi 29 janvier
    A la manière de Clémentine Mélois dans son ouvrage « Sinon j’oublie »

    ( lire un extrait ici )

    Vous avez trouvé une liste de courses qui trainait dans un chariot,

    faites parler la personne qui a pu écrire cette liste….

     

    Défi 199 la liste de courses

     

     

    Une petite liste de rien du tout, une de celles que l'on fait parce que l'on a une petite tête, qu'on est étourdi, non concentré,

    peut être parce qu'on a la tête ailleurs, dans la Lune ou Vénus (oui Vénus j'aime bien, beaucoup passionnément).

    Qui avait laissé tomber ce p'tit bout de papier un jour d'automne où les feuilles n'ont plus rien d'autre à faire que se fondre dans l'air du temps.

    Une petite liste pas du tout du genre, des éponges à récurer, 2 tranches de jambon, du gruyère, une bouteille de côtes du Rhône, de la bière sans alcool, du maggi comme celle d'une petite mamie adorée. 

    Non, peut être celle d'une maman ayant fort mal aux dents, depuis quelques temps, elle n'allait plus chez le dentiste, parce que les journées de travail étaient longues et longues, les deux enfants, 5 et 7 ans à aller chercher chez la nourrice si sympathique mais qui commençait à être fatiguée et à attendre une retraite bien méritée, maux de dos, sciatique aussi.

    D'une maman qui après avoir été chez le dentiste qui sans la gronder, avait commencé le traitement, illico presto, lui avait dit du codoliprane pour calmer, de l'hextril pour le bain de bouche et de l'arnica.

    Non l'arnica, c'était elle, et elle seule qui y avait songé. Elle était femme de ménage dans un bel hôtel de Metz, celui construit par Philippe Starck qui avait sur le dessus du toit une reproduction d'une fort jolie maison du secteur impérial, oui, mais des chambres grandes, spacieuses avec des meubles qui ouïe se heurtaient contre elles, oui pas elle qui se heurtait mais les meubles.

    Et là, à courir pour arriver avant la fermeture de la pharmacie, elle avait sorti le mouchoir de la poche, s'était essuyée le nez et le papier oups s'était envolé.

    Une liste disparue, échappée, s'endormant confiante contre les feuilles assoupies.

     

     


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