• Hors de la ville

     

    Les bourgeons prêts à éclater

    Promettent de beaux jours.

    Et une femme hors de la ville,

    Étendue face à terre

    Sur l'herbe

    Sous le soleil,

    Ressent le printemps

    Contre son ventre et ses seins.

     

    mai 1939

     

    Orhan Veli

    Va jusqu'où tu pourras


    5 commentaires
  • défi 179 : une minute pour convaincre

     

     les croqueurs de mots 

    Défi 179 : une minute pour convaincre 5 (proposé par ABC)

    À la foire aux coups de cœur, vous avez une minute pour convaincre

    et nous faire craquer pour un de vos objets favoris

    (un objet et un seul, il vous faut être bref et très persuasif)

     

    Toute connaissance commence par les sentiments

    Léonard de Vinci

     

    « Fathia, Noura, Mourad, les yeux de mon cœur, approchez-vous, plus près ! Ce soir, demain, je ne serai plus. Le tout Miséricordieux me rappelle. Voyez ce petit paquet enveloppé d’un linge blanc, c’est notre héritage, notre destin. Dedans, le cahier de jedda (grand-mère) Anissa, ses premiers mots, ses premiers dessins. Elle n’avait pas le droit d’aller à l’école et ce sont ses frères qui l’ont enseignée.

    Je rejoins votre père, mon bien-aimé, je le rejoins, lui qui m’interdit de m’inscrire en faculté en 1986 lors de notre arrivée en France.

    Celui ou celle qui  prendra le cahier, sera le gardien de notre lignée. Vous êtes de bons enfants et grâce à Dieu, aujourd’hui, après tant d’efforts, vous êtes médecin, ingénieur, couturière, et sachez que la connaissance renverse les préjugés, les limites. »

    L’un (l’une) s’est approché (e). Les autres l’ont approuvé (e). La mère a souri.

     

     

    pour une dame inconnue rencontrée un matin durant les séances de balnéothérapie

    sa grand mère n'avait pas eu le droit d'aller à l'école. 

    cette dame a donné son énergie, sa santé pour éduquer au mieux ses enfants après son veuvage.

     

     


    16 commentaires
  •  

    Défi 178 .. le seul truc pas chouette c'est qu'au paradis ............

    Défi 178

    « Le seul truc pas chouette c’est qu’au paradis,

    on va manquer de saucisses et de chips. 

    Dieu ne veut pas qu’on ramène des choses d’en bas.

    Il a crée le paradis, donc c’est parfait… Point !  

    Et on en a pour l’éternité »

    Parole de détenus, de jeunes de l’école de la deuxième chance.

    Alors que vous inspirent ces paroles ?

    défi proposé par LilouSoleil

     


     

    Si la vie n’est qu’un passage, dans ce passage au moins, semons des fleurs

    Montaigne

     

     

    Mal au crâne, jambe qui brûle, bras cassé, Kévin se réveille :

    « j’étais mieux dans l’au-delà ! » confie-t-il à sa mère.

    Samedi soir, après une soirée bien arrosée (pas fous les gars, la bouteille de vodka était dans la voiture) et à fricoter avec quelques filles bien roulées, nous sommes rentrés, dans la vieille twingo de Jérémie et ……… un chat blanc, minuscule … il a voulu l’éviter et l’embardée, les tonneaux, le choc, l’impression que nous étions dans un film sans fin.

    Un moment gris souris, l’impression de tenir la main de Jérémie et de Nono, bien, j’étais bien, bien, bien … comme lorsque nous sautons dans la suave Ardèche du cirque de Gens, près de Chauzon (Ardèche). Délassé, chaud, libre, une sensation d’être un poisson, la respiration oubliée, juste être une truite arc-en-ciel. Les deux autres semblaient parfaitement heureux et nous nous laissions emmener par le courant.

    A travers l'eau, le soleil dardait ses rayons, nous étions fous de joie. Même Nono ne ricanait plus, ne regrettait pas son éternel paquet de chips et sa Stella Artois. Des bulles irisées sortaient de sa bouche, « même pas faim, même pas soif ! ».

    Jérémie, lui, qui d’habitude râle et rôte à qui mieux mieux, filait doux. Et ronronnait presque. La rivière s’élargissait, des bulles nous chatouillaient, la musique était trop classe : on aurait dit Adèle.

    Moi, qui m’ennuie pour rien, jamais sans zique, sans face de bouc, sans un pote, tu vas doucement rigoler, c’était le pied et je ne demandais rien, trop heureux d’être. Nous n’étions plus seuls, des vieux, des jeunes, des noirs, des blancs, des vaches, des ours, des souris et des mésanges. Cela devenait presque comme une chorale. Les gens s’envoyaient de petits sourires, les mésanges s'adaptaient vite à leur nouvel élément. 

    Devant nous, j'ai vu Nicole, ton ancienne collègue (elle envoyait un baiser) et aussi, Guy Corneau, celui qui est en photo sur le livre posé sur ta table de chevet.

    Nous ne cherchions pas à nous faufiler comme d’habitude, non, nous étions si cool d’être ensemble. Les couleurs se mixaient, se mouvaient, nous caressaient. Jamais senti quelque chose d’aussi agréable, d’aussi bon. Et ma main a lentement glissé de celles de mes potes. Jérémie, qui jamais ne m’oubliait, de Nono, avec qui j’étais copain depuis le CP.

    Au creux du ventre, un petit pincement, près du cœur, une voix chaude me glissant « il est temps que tu rejoignes ta mère, elle a besoin de toi. »

    Et me voilà, maman, j’ai mal, je souffre,, je pleure, maman, je t’aime, prends moi dans tes bras.

     

    à vous qui êtes dans l'au-delà

    • Guy Corneau décédé le 5 janvier 2017, psychanaliste, a écrit de nombreux livres (la guérison du coeur, revivre, le meilleur de soi ..),
    • Nicole A. décédée le 23 novembre 2017, 
    • Christophe décédé le 28 décembre 2016.

    17 commentaires
  •  Défi 176 ... et Joseph

     Ohé Matelôts !!!Pour ce défi de fin d’année, c’est Domi,votre commandant de la communauté des croqueurs de mots qui s’y colle. Les fêtes approchent à grands pas. Nous allons tous être affairés pendant cette période festive. Alors je vais faire court, en vous demandant tout simplement de commenter cette image : (mes consignes seront d’être drôle, drôle et drôle)

    Défi 176 ... et Joseph

    Chère commandant, je vous présente mes excuses de Noël .. je suis hors sujet ... je suis une participante tête en l'air, j'ai uniquement retenu Joseph et soyez drôle. 

      Arcabas

    (tableau de Arcabas)

    Dans son paradis (sans palmier, piscine, mer de turquoise), Dieu appela : « GABRIEL ! » (l’ange-postier). « Trouve-moi le futur mari de la jeune femme qui portera l’enfant-lumière ! »

    Gabriel traversa les 7 mondes, contourna le soleil et chercha, sur Terre, le garçon. Dans une cour, un des nombreux enfants d’Hérode, s’exerçait à des jeux virils. Avec une épée en bois, il se battait courageusement contre 3 compères. Durant la nuit, au milieu d'un songe, l’ange lui présenta l’offre divine « deviens le mari de la jeune Marie ! ». Ismaël accepta en exigeant une couronne pour lui-même, cela assoirait la puissance de l’enfant à venir.

    L’ange était moyennement content. Il survola un temple. Un jeune adolescent apprenait les dix commandements. « chic ! » se dit-il. Et dans la rêve nocturne, il lui proposa aussi d’être père du futur sauveur. « Ok, lui répondit-il ! Seulement que le temple soit agrandi et que j’en sois le grand-prêtre ! »

    Sur son calendrier des postes, Gabriel s’aperçut que c’était le 19 mars ; accessoirement, un grand galopin qui portait ce nom sifflait dans la forêt, et un moment ce fut le chant de l’étourneau,  celui du rouge gorge ou de la fauvette qui jaillit. Cela bruissait, autour de lui et voletait gentiment. L’ange lui souhaita sa fête et comme il rêvait au milieu des oiseaux, il lui offrit également la possibilité d’être père de Jésus.

    D’abord, Joseph fut muet comme une carpe, la proposition l’estomaquait, elle était extravagante, lui réputé pour son côté tête en l’air. L’ange lui secoua l’épaule : « Alors ? »

    Joseph soupira un peu et glissa dans l’oreille angélique :  «  j’accepte à une condition, aucun tralala, article sur Gala, couronne, maison de bourgeois.  Il aura un papa et une maman sans fioriture. Je l’aimerai de tout mon cœur et de toute mon âme. »

    L’ange s’en revint vers Dieu, le vivant éternel et lui fit son rapport avec graphiques et appréciations. Dieu se gratta la barbe (non, non, pas de barbe fleurie ni de voix orageuse)… et rit en lui donnant sa réponse : « ce sera Joseph, la bonne bouille, ce p’tit me plaît bien . Avec lui, l’Agneau, le Miséricordieux,  vivra une jeunesse d'enfant. Un bon père ce sera, et un bon mari pour  Marie. »


    18 commentaires
  • Défi 175

     

    C’est Jeanne Fadosi qui vous parle …. qui se trouve à la barre des CROQUEURS DE MOTS à la suite de Lilousoleil

    pour ce défi n°175 et voici la feuille de route que je vous propose. Défi à publier sur votre blog lundi matin 05/12 :

    On peut faire quelquefois d’un désagrément un atout. Raconter, de préférence sur mode léger et sans allusion à l’actualité

    votre plus beau souvenir de petit désagrément (maladie d’enfance, voyage annulé, …).

     

    --------------

     

     

    Le temps fuit, le temps pas tant celui des journées ensoleillées ou givrées, celui que nous les hommes avons divisé pour plus de commodité, d’organisation,… de règlementation, diront d’autres,… de limitation, renchérirez vous peut-être.

    Le temps, dans ma vie, semble biscornu, rabougri, fuyant. Je crois le saisir et il s’évanouit entre mes mains, mon cœur, mon cerveau. Une fois, un jour, un mois, nous avions choisi de nous voir, ma sœur, ma cadette, et moi. Elle n’habitait pas si loin que cela, pas si loin, mais vous savez entre travail, mari, enfant,… Et cinéma, piscine, pour l’une, yoga, promenades Djinnie pour l’autre, nous avons l’impression de sauter de nuage en nuage … sans nous arrêter.

    Le temps, nous aimions lui dire « pause » et échanger, partager, goûter aussi, gourmandes que nous étions, que nous sommes ! Si elle avait été en Allemagne, c’était un apfelstrudel (gâteau aux pommes) si la journée avait été légère, je confectionnai un gâteau .. sinon un chinois (nous aimions toutes les deux les raisins et la crème pâtissière). Et quelquefois, oui, une petite fois de temps à autre, jouer au scrabble. En souvenir de cette période adolescente où nous passions un après midi pour une partie, à tourner les pages du dictionnaire, à réaliser de nombreux petits mots.

    Le temps, là, il faut que je l’avoue nous a joué un tour pendable. C’était en mai ou en juin, un jour long ensoleillé,  et je me réjouissais de la promenade dans le bois près de chez elle (un bois avec chevreuil adorant brouter dans les jardins). Je frappais à sa porte, une fois, deux fois, ; il semblait qu’elle n’était pas encore de retour de son lieu de travail. Avec un livre, dans la voiture, j’attendais et je retournais toquer à la porte de sa maisonnette, mignonnette, celle de Blanche Neige ou de Boucle d’Or.

    Le temps, roula sa bosse, roula et déçue, sans réponse à mon appel téléphonique, je repris le chemin de ma maison .  L’après midi, était presque passée lorsque je rentrais, et que le téléphone sonna ! Ma sœurette au bout du fil « je suis venue chez toi et il n’y avait personne. J’ai fait un tour dans ton quartier et toujours personne ! ». Saperlipopette, chacune croyait avoir rendez-vous chez l’autre, chacune se posait des questions. 

    Il était trop tard pour se voir ! nous étions un rien tristes ! Nous aurions pu nous disputer,  être en froid, rejeter la faute sur l’autre, nous aurions pu !.Et ce temps loupé, vous savez, renforça notre amitié ! nous ne manquons pas de préciser désormais le lieu de la rencontre. C’est bien chez toi ? c’est bien chez moi ? Nos après-midis nous sont si chères.

    Ah, il est temps de noter notre prochain rendez-vous ! Je vous le dis au creux de l’oreille : mardi 13 décembre après 15 heures chez moi, si j’oublie, je sais que vous serez  là pour me le rappeler.

     

     

     


    18 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique