• en décembre, les jours se ramassent, se concentrent, 

    en ce bout d'année, les enfants écrivent au Père Noël

     

    en cet hiver, je prépare les cadeaux pour les petits, les grands, les aimés. 

     (photos réalisées à Trêves - novembre 2016)


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  • Se rendre au salon du livre d’histoire pour voir des livres, rencontrer des auteurs, acheter peut-être un livre pour offrir à Noël sur les lignes de chemin de fer ou les anciennes usines. La salle ronronne ; en quelques années, le salon est connu, les visiteurs nombreux.

    Regarder les couvertures, les titres, lire la 4ème de couverture et avancer vers la personne suivante. Car un livre, avant d’être un objet aux pages frémissantes, est une personne, un auteur. En levant les yeux, je rencontre cet autre « écrivain ».

    Certains discutent, celui-là me fait rire en se targuant d’être psychiatre pour wouah ! wouah ! Il me conseille même de susurrer à l’oreille de Djinnie un poème ! Il rit, enchaînant les jeux de mots à une vitesse de bolide sur l’autoroute. Qui croirait qu’il vend des livres de poésie, sur les femmes, sur la foi (symphonie à la foi) ! A côté, une femme à l’allure paisible, la laissant paraître « ex » bonne élève d’école privée, studieuse, appliquée, attentive. Elle surveille ses bébés, trois forts gros romans relatant les aventures d’un vétérinaire à Metz au XVIII ème siècle.

    Je vais de livre en livre, tout comme Olivier, chacun à son rythme. Lui, discute avec un ancien diplomate, vingt pays au moins où il fut en poste, ex prof de fac. Mon mari est admiratif, redevient le jeune homme épris de Corto Maltèse.  Ces deux-là parlent d’âme à âme.

    Mon tour est achevé, mon choix fait, le psychologue pour wouah wouah me reconnait. Je choisis son recueil de poème « symphonie à la foi ». Lui qui sonde l’Insondable dans ses poèmes intimes fait le clown pour ne pas dévoiler son âme. Tout en m’abreuvant de mots loufoques, il m’écrit une dédicace.

    A côté, je vois les yeux de la mère au vétérinaire aventureux du XVIII ème siècle. Son regard est triste presque mélancolique. Comme chaque auteur ou presque, elle attend de vendre au moins un livre, peut être deux ou trois ou plus. Personne ne sait, comme elle, l’amour donné, le temps aussi à écrire ces histoires. Elle n’est pas révoltée par l’injuste choix des éditeurs qui pour vendre (vivre ou survivre) recherchent  ce qui attire le lecteur vu surtout comme un consommateur.

    Les biographies de personnes en vues, même une ex.  Daech ou une étoile du cinéma ou de la chanson, écrits par des journalistes ou écrivains se vendant si bien, font du tort aux êtres dont leur livre serait bien meilleur à mettre entre les mains d’un lecteur.

    La bienveillante dame montre son livre comme on présente son enfant bien-aimé. Olivier m’a offert le livre de poèmes édité chez Edilivre qui est plus un imprimeur qu’un éditeur.

    J’achète le premier tome des aventures messines. L’écrivaine est contente. Peut-être comme son voisin, mettra-t-elle un bâton ou croix pour indiquer l’achat ?

    Ce soir, elle pourra peut être annoncer à son conjoint :  « j’en ai vendu  5 ! et  j’ai échangé avec des visiteurs sympathiques. Même avec un couple et leur petit chien noir si vif. L’an prochain, je participerai à nouveau à ce salon. »


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  • rappel : partage de décembre "NOS AMIS LES ANIMAUX"

    Novembre s'en va, en bleu, en froid, Novembre vous salue bien bas. 

    et je vous rappelle que le prochain partage photo arrive pour début décembre. Le thème est photos de nos amis les animaux (du plus petit au plus grand). Merci déjà à celles qui ont envoyé des photos.

    Vous enverrez vos photos pour le 4 décembre au plus tard à agab57070@yahoo.fr (maxi 4 photos) en indiquant également le nom de votre blog. 

    Merci d'avance. 


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  • Au fils des années, Abel a lu et entendu bien des choses concernant "le cas Dieu", son existence ou sa non-existence, ses vies et ses morts, sa toute puissance ou son impuissance. Certaines de ses déclarations l'ont intéressé, quelques unes plus particulièrement touché, beaucoup l'ont laissé dubitatif, voire défiant. Il y a flairé trop souvent des relents d'anthropomorphisme, parfois très lourds. L'homme ne cesse de se mettre au centre - de la Terre, du monde, de tout, même de Dieu.

    Il lui a d'ailleurs semblé que dans la plupart des religions, la place accordée à la nature et aux éléments était nulle, ou alors si réduite, et celle concédée aux animaux, infime, sinon déplorable.

    Ces derniers ont pourtant précédé l'homme sur la Terre, et des liens de filiation, tout lointains et distendus soient-ils, les relient. Tous sont des vivants. La vie, la vie vivante, chair et souffle, mouvement et élan, déploiement de désir, voilà ce qui importe à Abel. Il ne se sent au centre de rien ; d'ailleurs la Terre tourne continûment autour du Soleil, comme toutes les planètes, et lui-même est toujours en mouvement, dans l'espace alentour autant que dans le temps, et le temps aussi bien le traverse, ça bouge en lui, dans son corps dont les cellules, les tissus, les organes sont soumis à un renouvellement permanent. Le seul centre qui vaille se trouve nulle part et partout, il est multiple, variable, itinérant, tout est échange, entrecroisement, circulation. Révolution perpétuelle - en toute chose, toute matière, tout corps, en chaque vivant, et jusqu'en Dieu. Surtout en celui-ci, l'Inconnu.

    Mais cette vie est mise à mal en crescendo, avec des pics d'affolement, comme pendant les années de la vache dite folle et des moutons et des chèvres pris de tremblante ; des ruminants alors exécutés par dizaines de millions pour avoir été gavés de farines carnées produites à partir de chairs, d'abats, d'os et de sang récupérés dans les abattoirs, et aussi de placentas humains.

    Des herbivores changés traîtreusement en carnivores se nourrissant les uns des autres avant d'être à leur tour réduits en partie en farines pour alimenter ceux de leur espèce, et tous finissant dans l'estomac des humains.

    Un cercle fou, une spirale broyeuse et avalante qui fait de tous, bêtes et hommes, des cannibales. Une explosion d'autophagie qui s'est révélée fatale, et que ceux qui l'avaient provoquée, les hommes imbus de leur pouvoir, de leurs besoins, de leur science, ont fait payer à leurs victimes en les assassinant. La mort en hâte, en rage, en vrac.

     

    Sylvie Germain

    A la table des hommes


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