• défi du lundi 193

    Ohé Matelots, pour le défi 193

     Martine (Quai des Rimes) nous propose avec plaisir d'écrire en prose, ou en vers, un texte ayant pour titre : 

    «Ça me fait une belle jambe »

    au sens propre ou celui de l’expression dont l’origine est surprenante.

    ____

     

    Ça me fait une belle jambe

     

    Un matin, en me rendant à l'école, sac au dos, dans le ciel, où naviguaient des nuages-poèmes, des haïkus effilés, je vis une bande, fort large, d'oiseaux migrateurs regagnant le Sud.

    Ils volaient fièrement, densément, rapidement.

     

    Vous connaissez cette sensation, à la vue d'un spectacle naturel : une libellule, un papillon, un enfant souriant à sa mère. Alors, votre cœur vibre à l'unisson du monde.

     

    Cela m'impressionna toute la journée.

    Et le soir, j'embrassais mon père qui rentrait de son travail (il se démenait à faire fonctionner un programme informatique regroupant ceux de deux entreprises qui venaient de fusionner. Il appelait cela la  « mutualisation »).

     

    Papa, les oiseaux descendent vers le Sud !

    Ca me fait une belle jambe ! me répondit-il.

     

    Seulement, nous étions en juin ;

    le lendemain, il pleuvait ;

    le surlendemain, maman remettait le chauffage en route.

    Nos chats reprirent leurs fourrures hivernales.

    A la télé, ils promettaient un retour de l'anti-cyclone, ils promettaient.

    « Ca me fait une belle jambe !» m'avait asséné papa. Bientôt, il pestait car il avait froid. Il se mit à porter des caleçons longs.

     

    L'hiver s'incrusta, persista bien longtemps mais les hirondelles, vous le savez bien, font toujours le printemps !

     


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  • Les gouttes de pluie sur la vitre ont un bombement argenté et une bordure laiteuse.

    La pluie s'arrête.

    Les gouttelettes ne partent pas tout de suite. Elles forment une voie lactée cloutée. Elles semblent figées comme parfois nos vies.

    Puis l'une se met en route. Il est difficile de ne pas penser qu'elle va vers sa mort. La jeune élue, poussée par le vent, s'éloigne de ses soeurs idôlatres, crispées dans une fausse immortalité.

    La petite vivante avec sa joie muette glisse en oblique vers l'abîme, dans l'angle de la vitre encadrée d'acier froid. Voilà. C'est fini.

    Vivre n'est rien d'autre que donner sa lumière, traverser la voie lactée des épreuves, disparaître - et continuer, car telle était la parole qui ce matin se fracassait en dizaines de gouttes d'eau sur la vitre insensible d'un train entre Paris et Genève : aucune lumière donnée ne se perd.

    Nous sommes des paillettes d'or détachées d'une statue vivante. Nous sommes des instants de son souffle, des pollens de sa voix, des petites gouttes de pluie qui prennent le train sans billet jusqu'à l'éternel qui est ceci, ici, maintenant.

    Christian BOBIN

    Un bruit de balançoire


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    Tout d'abord, je remercie les aminautes pour toutes les photos reçues et je rappelle à vous toutes et tous que le thème du mois d'octobre est :

    "CHEMIN" (qu'il s'agisse d'une sente, route, trottoir, fleuve, canal ... et tout ce que votre imagination vous inspire).

    Si vous souhaitez participer, vous pourrez envoyer vos photos jusqu'au 25 octobre à agab57070@yahoo.fr (maxi 4 photos) en indiquant également le nom de votre blog. Merci d'avance.


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  •  

    Martine (Quai des Rimes)  propose pour les jeudis en poésie des 19 et 26 octobre 2017 :

    Le corps humain (dans son intégralité ou en partie).

    Si le thème ne vous inspire pas : quartier libre

     

     

    Paume

    Paume, doux lit froissé
    où des étoiles dormantes 
    avaient laissé des plis 
    en se levant vers le ciel.

    Est-ce que ce lit était tel 
    qu'elles se trouvent reposées,
    claires et incandescentes, 
    parmi les astres amis
    en leur élan éternel ?

    Ô les deux lits de mes mains,
    abandonnés et froids,
    légers d'un absent poids
    de ces astres d'airain.

     

    Rainer Maria Rilke (1875/1926)


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  • promenade photographique du 5 au 9 septembre


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