• DEFI 156

     Lilou Soleil remercie le capitaine Dômi de lui  confier la barre pour ce dernier défi de cette année. Je ne vais pas être originale, mais après le mois de novembre terrible, et je vous propose de nous conter une histoire. Oui un conte, un vrai,

    1. avec un héros (héroïne) qui part en quête de…
    2.  Un élément qui va déclencher l’action du héros.
    3. Un méchant qui va lui mettre des bâtons dans les roues du héros.
    4. Un gentil qui aider quand notre héros sera en difficulté
    5. Un élément inattendu qui va débloquer la situation.

    Au milieu de tout cela, il peut y avoir, des lutins, des sorciers et sorcières,des elfes, des géants, des fées, sans oublier les animaux… Enfin tout ce qu’il faut pour faire un petit conte

     

    Willendorf

     (Vénus de Willendorff  vers - 23 000 avant JC)

     

    Je vais vous raconter l’histoire d’une fillette, Nei qui vivait aux temps anciens où la nature était reine sans partage et fit des rêves  étranges qui changèrent sa vie durablement.

    Elle n’avait pas plus de 8 ou 9 ans et sa vie consistait à suivre ses parents, Fro le chasseur et Ma, la femme mage, celle qui gardait la statue de la divinité féconde.

     Elle n’avait pas plus de 8 ou 9 ans, et déjà ses cheveux blonds roux descendaient sur ses  épaules et elle était vive comme une petite renarde.  La tribu lui avait appris à cueillir, les petites boules rouges au jus sucré, aussi les orties, aussi les noix et les noisettes. Elle aimait courir au bord de la rivière nommée Ardèche dans un futur lointain,  et trouver, cueillir ce qui donnait le sourire à Ma.

    Et une nuit, elle rêva, qu’une autre Nei, la précédait dans ses songes, l’accompagnait et l’aidait. Double de Nei, lui montrait les endroits où se rendre, là où les noyers poussaient, et  les chardons au cœur délicieux croissaient en nombre. Quelquefois, dans ses rendez-vous de l’invisible, la fillette avait un peu peur mais l’autre savait la rassurer, lui indiquer les lieux à éviter, rivières aux remous meurtriers, animaux farouches.

    Seulement, dans la tribu, un enfant-no, un de ces enfants trouvés encore en vie, en dehors de toute tribu,  et sans espoir de survie, un enfant-no qui fut  recueilli  par Fro dans sa chasse à l’ours, surprit les rêves de Nei et entendant le mot, LOUP, se décida à la suivre. Mo-no avait survécu à la faim et rien ne l’effrayait, il promettait d’être un grand chasseur et certainement choisi comme compagnon dans quelques années par une femme au sang fertile.

    Alors que Nei, tout au conseil de Sœur de la nuit, sautait, bondissait, escaladait les roches, et soudain dans le creux d’un rocher, trouva le jeune loup, le louveteau à la patte cassée. Elle avait pris de quoi le nourrir, machant la nourriture elle-même avant de lui glisser dans la gueule. Il avait peur le loup gris à l’étoile blanche et pourtant sa faim fut la plus forte. Les instants passèrent, le soleil continuait sa course .. et ce qu’elle ne vit pas l’enfant préhistorique, c’est Mo-no qui la renversa, lui arrachant le jeune animal et courant au camp.

    « Moi, Mo-No, j’ai trouvé un loup, il sera mon loup de chasse !!! »

    Elle était déçue, la fillette et aussi très en colère. Elle ne pensait qu’à jeter des pierres aux coins aigus. Ici, tant jonchaient le sol, qu’elle aurait pû poursuivre Mo-No jusqu’au bout du ciel. Elle s’endormit ce soir là tristement et ayant rejoint, Sœur de la nuit, elle pleura, cria, hurla … tant d’imprécations que ni son double, ni Ma, ne purent la consoler.

    Déjà, la saison des grands feux et des mains gelées approchait. RRRA le jeune loup s’habituait à l’odeur des hommes et s’amusait avec les autres loups-chiens. Son Maître Mo-No lui apprenait à le suivre … Seulement, seulement, Ma, sa mère sage femme demanda à Fro, d’emmener le jeune garçon dans une de ses chasses. Et Nei, et bien Nei, apprivoisa cet animal aux si beaux yeux. Elle hurlait comme lui et montrait les dents quand il jouait un peu durement avec elle.

    Et alors que la fillette dormait profondément, au cœur de la grande nuit hivernale,  sa sœur des songes lui apparut, plus présente et plus réelle que jamais. Elles folâtraient sur la neige de l’invisible, se lançant des boules d’un blanc parfait, admirant le soleil se refléter, mille facettes. La nuit allait dans son chemin tranquille, avertissant l’enfant, qu’il lui faudrait se réveiller .. et là, dans le face-à-face qui se terminait, elle demanda à Sœur de la nuit, qu’elle soit réunie pour toujours. Et là, le rêve fut interrompu, RRRA lui léchant le visage, il avait faim, il voulait jouer.

    Surprise, elle vit Ma, la femme mère, à côté du jeune loup qui lui intima de la suivre dans une grotte proche. Elle fit un feu, lança mille et un grains de sable de la rivière et chanta une mélopée forte, stridulée, entêtante. « Moi, Ma, femme mage, femme sage, détentrice de la divinité féconde, je te reconnais comme celle qui accompagnera le clan et l’encouragera dans ses décisions. Sœur de la nuit, ton âme, va venir te rejoindre, te compléter.  Le temps est venu pour l’accomplissement. Baisse la tête, que je prononce les mots-pierres. »

    Nei soumise à sa mère, prit dans les mains la divinité féconde, s’agenouilla et baissa la tête. Les mots-pierres se répercutèrent contre les parois de la grotte et un éclair déchira son ventre, elle ressentit une vive douleur suivi d’un apaisement intense.  Elle était complète, corps et âme liés pour toujours. Aussi un vent léger, soufflait, lui rosissant les joues. Et le loup sage, fier, se leva poussant un hurlement qui le surprit lui-même.

    « Désormais tu seras Nei-Nei »

    La fin approche et il m’est impossible de tout vous raconter, de tout vous narrer, tout ce que nous ignorons aujourd’hui, tout ce que nous oublions de transmettre, tout ce que nous oublions d’imaginer. Juste au fond de mon cœur, résonne l'aboiement d’un loup entre Nei-Nei et son compagnon choisi, le sauvage Mo-No et tous les enfants, humains ou animaux qui les entouraient.


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  • Le défi des croqueurs de mots proposé par Lenaïg

    Bonjour les Croqueurs !

    Quelqu’un devait prendre la barre de la quinzaine, je suis là, commandante Dômi ! Alors, je nous propose ce qui suit.

    Pour lundi 30 novembre 2015 :

    une belle rencontre, dans une des circonstances suivantes, au choix :

    - en promenant son chien, ou tout autre animal favori,

    - en attendant ses enfants à la sortie de l’école,

    - en patientant dans une file d’attente.

    Par “belle rencontre”, j’entends : pittoresque ou étonnante ou décisive. Ou alors, si on n’est pas inspiré par ce sujet,

    on pourra brosser en prose le portrait d’un animal ou d’un personnage célèbre (ou reconnaissable),

    Que l’inspiration soit avec nous !

    Je me réjouis d’avance d’aller découvrir ce que chacun aura concocté,

    espérant rattraper aussi mes retards de lecture.

    Lenaïg

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    Défi 155 : une rencontre

     

    Le matin, comme chaque matin, la belle chienne noire et nombreux poils blancs,  jappait de joie en me regardant mettre mes chaussures  .. promenade, promenade, promenade.

    Et nous allions, ensemble, tout au long du quartier, ni trop herbeux, ni trop immeubles, même quelques arbres magnifiques. Rien n’était sensationnellement beau, ni inévitablement moche. Toujours, une petite surprise émerveillait mon regard, ou attirait le museau de la belle (os délaissé, frites mac do ou quelque croissant malencontreusement abandonné).

    Et là devant nous, un corbeau, celui qui apparaissait presque quotidiennement, se dandinait  avec une noix dans son bec. Je l’aurais bien aidé s’il avait voulu, cassant avec une pierre l’enveloppe dure. Et comme un jeu, Djinnie tirait la laisse fortement, fermement pour suivre l’oiseau. Et nous dépassâmes le cerisier planté bien avant les immeubles, quand les fermiers vivaient encore de leurs terres.

    Je marchais, je pensais, j’imaginais une historiette à raconter, un poème à mettre sur le papier, je marchais dans la lune. Puis, oui, puis, les bruits se firent différents, non pas tout à fait cela, un peu autre chose, non seulement, j’entendais, mais je comprenais tout.

    Et là c’était une drôle de cacophonie, le corbeau coassait que les hommes ramassaient trop souvent les noix sur les arbres dits ornementaux,  que les voitures ne roulaient pas assez forts pour briser leur coque. Le corbeau, un ancien, avec des plumes blanchies, un ancien, ralôtait sans discontinuer. Et dès qu’un proche, ou que je croyais un proche auparavant, tentait de prendre le fruit délicieux, il délivrait un flot d’injures. Capitaine Haddock, oui, Capitaine Haddock. De l’autre côté du jardin, un buisson abritait de multiples moineaux, il s’en venait par groupes de 3, 5 ou 10. «  Elle est là, je te dis, elle est là … » «  Où ça ! rétorquait un deuxième ». « Bien près de l’acacia, mais elle est attachée, donc rien à craindre ». Et ça piaillait : « Riri, Fifi, Loulou !  Arrêtez vous un instant, si vous persévérez comme ça à crier pour rien, je vous pique et vous paffe !!! » « Quel temps d’homme pourri ! de l’humidité, de la pluie, les temps ont changé, quand grand’pa était là, dans les jardins, ça poussait bien mieux et il se régalait. »

    Et un hérisson pleurait ; son compagnon était mort … mort parce qu’une voiture l’avait écrasé, laissé avec  son ventre ouvert. Il était beau, ses piquants bien acérés, son ventre doux. Le hérisson pleurait son compagnon. Les petits étaient grands et déjà partis.

    Et en haut, je fus interpelée, par une mésange, puis deux … des petites rigolotes qui se moquaient ouvertement de moi. « Tu as vu comme elle est habillée, même pas de bleu, même pas de jaune. Et avec ça, elle pense nous photographier. Allez viens, nous ferons une exception aujourd’hui, jour de Sainte Colombe, la bienfaitrice d’un François d’Italie ! »

    Après être stupéfaite, je fus abasourdie par tous les mots qui circulaient dans les airs … et sur terre. Même mon petit djinn de chien aboyait en formant des phrases bien compréhensibles. « Tu sais, cela fait des jours et des saisons, que je souhaitais te partager nos mots, nos pensées, petites, intimes ou ordinaires. Longtemps, longtemps, mais tu ne trouvais jamais le passage. Alors, petite humaine chérie, continue à nous aimer, continue à nous louer et peut être qu’un jour, vous les hommes, vous pourrez converser avec nous. »

    « Et puis saperlipopette, lança Corbeau Haddock, n’oublie pas de nous mettre des noix près de l’arbre pour que je me régale !!! »

    Incroyable, comme je m’habituais à entendre, ce qui ne peut être entendu, cela en était même fatiguant ! comme dans un restaurant où chacun raconte son histoire, celle d’hier ou celle de ses enfants ou celles des nouvelles abominables.

    Djinnie trottait joyeusement, jappant une ritournelle canine ! Et moi, tellement à l’écoute de ce peuple ami, je progressais calmement. Et boum, voilà à ne pas regarder plus loin que mon nez, je heurtais un platane majestueux et fort. Et boum, je me retrouvais assise, un instant, saisie par le choc. Djinnie approchait et aboyait. Je la comprenais intuitivement. Juste intuitivement. Je ne saisissais plus ses paroles. L’instant était passé. Nous reprenions notre route et je saluais ce moment de grâce.

     


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  • pour le prochain défi 154 des croqueurs de mots : 

    “Pourquoi chercher midi à quatorze heures ?” nous demande Jeanne Fadosi!!!

    choisissez un mot ou une expression de quatorze lettres* de votre choix.

    Ecrivez un texte à votre convenance (en prose ou en vers) de quatorze phrases,

    chaque phrase devant commencer par une lettre de votre mot choisi

    en les prenant dans l’ordre ou dans le désordre

    mais toutes les lettres doivent y être et seulement elles.

    programmez votre participation pour lundi 16 novembre au matin

     

    alors j'ai choisi : 

    APPRIVOISEMENT

     

    « Au ciel, il y a le paradis, sur terre il y a Suzhou et Hangzhou » Chaoying (1269/1368)

     

    Après quelques temps à s'installer dans sa nouvelle ville universitaire,

    Pan se sent bien éloignée de Suzhou*, la Venise de l’Est.

    Pourquoi le taire ? Lyon, la capitale de la soie, elle aurait préféré.

    Rien à faire, avec ses notes moyennes, c’est 1er année de droit à Metz.

    Il y a beaucoup d’étudiants dans ce quartier du technopôle.

    Victor et Elena l’emmènent à toutes les fêtes nocturnes.

    Or, elle n’apprécie guère la nuit, les rires gras.

    Il lui faut du calme et chaque jour près du lac Symphonie, elle respire.

    Souvent, elle rencontre les oiseaux, les canards, les mouettes

    Et leur offre du pain. Quelquefois, elle voit un homme âgé.

    Même vieux, il sort chaque jour avec son chien chocolat, Marco*.

    Enfin, après 3 semaines et 3 jours, l’étudiante sourit et salue le promeneur.

    Ni Hao*, lui répond-il. Marco se contente d’un ouaf !

    Toi qui découvres le monde*, Pan, ensemble nous découvrirons Suzhou et Metz.

     

    • Suzhou : ville chinoise de 4 000 000 d’habitants, célébre pour sa soie et ses canaux, aussi son industrie, à 100 km  de Shangaï
    • Marco : petit clin d’œil à Marco Polo
    • Ni Hao : bonjour en Chinois
    • Pan : prénom signifiant Celle qui découvre le monde
    • Pour Eloïse qui a séjourné un semestre à Shangaï pour ses études
    • Pour Gabriel et Véronique qui ont accueilli, il y a quelques années,  deux étudiantes chinoises à Metz
    • Pour tous les étudiants chinois que je croise régulièrement dans mon quartier au Cora ou au lac symphonie. 

     

     


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  •  

    défi des croqueurs de mots

    Ohé Matelôts!!!

    Pour le défi 153 de ce 02/11/2015 c’est votre commandant qui s’y colle.

    Pour cause puisque c’est son anniversaire.

    Pour cette occasion je vais vous demander de me gâter

    En thématisant de la plus belle façon la naissance

    A travers ces quatre éléments : terre-eau-air-feu

    Pour se faire je vous pose 6 questions avec cinq choix de mots

    Que vous devrez utiliser dans un texte .

     

     choix 3

    De qui êtes vous né(e) : vent

     Lieu de naissance : montgolfière

     Dans quelles circonstances êtes-vous né(e) : vol

     Votre particularité en naissant : chevelu

     Qualité transmise : sage

     Paroles prononcées lors de la naissance : tu seras un homme mon fils


     

     

    Né dans l’air

     

    Le soleil, le disque solaire, dans sa saison préférée, fait le beau dans le ciel bleu, franchement azur, pas lavande. Noam est heureux ; la journée est belle. La fête des montgolfières sera un succès. Le vent souffle dans les mirabelliers. Les feuilles soupirent : souvenirs d’antan.

    Noam lève le doigt, histoire de sentir la force du vent, et sourit, son ballon or et rouge s’élèvera avec les dix et cent, tous couchés, tous prêts à se gonfler et aller tout là-haut dans l’air meusien.

    Qui va-t-il emmener dans sa nacelle ? Un couple d’amoureux ? un sexagénaire, une famille ? Sa femme, Léonie, vient, accompagnée de 3 personnes : 2 jeunes femmes, blondes, yeux bleus, rires aux lèvres et un enfant tout juste grand, tout juste aussi haut que la nacelle : 11 ans aujourd’hui. Tête rousse, longue chevelure attachée avec un élastique, le gamin quête l’autorisation de se balader dans l’espace bleu.

    L’aérostier acquiesce et l’installe. Le moment est venu de larguer les amarres. Le ballon monte, il oublie les tracas, les jours de pluie. L’enfant attire son regard, lui, l’homme sans enfant. « Stérile, lui a dit le spécialiste, oreillons dans sa jeunesse. »

    Sylvain hume l’air. « Première fois, dit-il, première fois depuis … onze ans ». Parler, dire, partager à cet homme sympathique et chaleureux.

    « Oui ! un jour de vent, mes parents s’aimèrent, se laissant glisser dans le voile léger. Mon père me le rappelle tous les ans : du vent je suis né !  Ma mère était déjà bien forte. 8 ou 9 mois ! Seulement l’envie de nager dans les airs la titillait si puissamment que mon père lui offrit un vol en montgolfière plus doux qu’en Cesnna. Et sait-on jamais ?

    Ce qui arrivera, ce qui arriva … maman cria en voyant les biches trotter dans les champs verts aux herbes hautes. Crier pour la beauté ! Crier pour la sensation forte que le naissance se ferait là !!

    Voilà comment je suis né et l’on me prénomma Sylvain car nous survolions une forêt. Mon père avec grand-ma Dom, assistèrent ma mère. Et moi ? moi ! moi ! Déjà mes cheveux roux, mes cheveux de renard, déjà chevelu. Celui que je fis père, me souleva dans les bras, hurlant à la terre entière : « Tu seras un homme mon fils ! ».

    Vous voyez, je ne tremble pas, je suis sage comme un chêne centenaire. Et dans cet espace transparent, mouvant, je suis né ni verseau ni balance, juste lion. »

    Ce soir, l’atmosphère est si douce, le vent parfait. Les couleurs du soir sont apaisantes. Sylvain le fascine. Il hésite un peu, ses pensées vagabondent, sérieuses, inutiles, prudentes…. De son bras, il les écarte, toutes, oui toutes, et  lance :

    « Sylvain, j’ai besoin d’un assistant. Je t’apprendrai tout si tu le souhaites, tu seras frère des grues cendrées, des oiseaux voyageurs… si tu n’as pas de match de foot, si tes parents t’autorisent, si … « 

    Dans l’euphorie bienfaisante, le presqu’ado rit, largement, irrésistiblement ….


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  • Le défi 152 des Croqueurs de mots aura pour thème l’insolite

    - Le lundi 19 octobre

    - Les Jeudi en poésie 15 et 22 octobre

    Écrire des textes en vers ou en prose sur une ou plusieurs des photos ci-dessous

    défi 152 des croqueurs de mots : l'insolite défi

     

     

     

    L’homme …

    L’homme nu (entièrement car vous ne le voyez pas grâce à la pudeur du pont … qui lui a rougeoyé … tel l’oiseau aimé des humbles et des charmants, le rouge gorge).

    L’homme nu marchait dans la simplicité d’un monde couleurs primaires qui n’était pas la terre (dénommée la boule bleue par les autremondiens).

    L’homme …

    Cinquante ans ou cinq cents ans, avait souhaité, demandé, supplié d’aller sur Terre pour peindre, avec ses pinceaux et toutes les couleurs … Il lui avait été répondu que les humains ne voyaient pas toutes les couleurs, les libellules étant bien plus fortes que la piétaille terrienne.

    Poète ou jardinier, ou les deux, il souhaitait jouer avec les verts du printemps, le doux, celui d’une feuille de deux jours, le léger, le sentimental, le fort, le résolu et l’automnal.  Son corps en vibrait profondément. Comme si  le Grand Bienfaiteur s’était trompé en le faisant naître sur une terre où les couleurs claquaient : rouge, jaune, bleu … blanc et noir. Sans demi-mesure. Sans halo. Juste un peu d’ombre acceptée…  juste …

    L’homme nu …

    L’homme déterminé …

    Avait enlevé, pièce après pièce, ses vêtements pourpoint rouge, ailes bleues et cuissardes noires. Pliés, rangés, déposés dans sa chambre jaune. Bien au-dessus de lui, l’aérodyne avec ses instruments de mesure précis cherchait le trou, le vide, la spirale. Car voilà, il existait tous les quatre cycles mondiens, une ouverture pour rejoindre la Terre.

     

    L’homme nu se préparait consciencieusement, passionnément à vivre tous les verts …………. Comment serait il perçu là-bas ? Comment son imaginaire rejoindrait la réalité terrienne ? Comment peindrait-il lui le jardinier des cœurs rouges, des asphodèles bleus, des lupins jaunes ?

     

    L’homme nu se préparait au grand saut … et il était heureux.


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