• le thème : bestiaire fantastique

     

    Jeudi en poésie toujours avec Josette

    Le Graoully (parfois écrit Graouli, Graouilly, Graouilli ou Graully) est un animal mythique à l'apparence d'un dragon, vivant dans l'arène de l'amphithéâtre de Metz, qui aurait dévasté la ville avant d’être chassé par le saint Clément de Metz premier évêque au iiie siècle.

    Le vocable renvoie très vraisemblablement à une origine germanique, avec la signification de monstrueux, horrible, terrifiant ; graulichgruselich sont attestés dans divers dialectes de Moselle germanophone.

    (source wikipédia) 

     

    à chacun son dragon

     

    A chacun son dragon,

    enfoui en soi, ou au contraire en surface.

    Mon dragon est d'or et vert étincelant.

    Souvent, il dort, au cœur de mon cœur

    Quand il s'éveille, pas d'étirements,

    de bâillements. 

    Il explose, fumées et feu à 300 degrés.

    Il implose, il se rue, il prend toute la place.

    Tout fond, culture et tradition

    éducation et bienséance.

    A chacun son dragon,

    le mien s'éveille s'il sent le roussi

    des relations, des divisions, des imprécations

    Et plus fort, il s'est manifesté,

    plus vite il se rendort.

    Me laissant  démêler les fils 

    de sa rousse colère. 

    A chacun son dragon. 

     

     


    12 commentaires
  •  

    défi 226 avec Josette - le défi fantastique

     

    Pour le défi 226 Du lundi 11 novembre, bien à l’abri dans sa cachette Josette nous demande d’écrire un « bestiaire fantastique » ; Bestiaire : n. m.Ce mot a 2 significations : 

    La première apparaît dès le XII ème siècle : c’est un recueil de textes consacrés aux animaux.

    La seconde est l’appellation réservée à un gladiateur de la Rome antique combattant les animaux.

    Paradoxalement, le mot n’apparaît en ce sens qu’au XIV ème siècle.

    C’est évidemment le premier sens qui nous intéresse,…

    Quelques  lignes en vers ou en prose ayant pour sujet un être, un animal (Sirène, ondin,Licorne, dragon…) sorti de votre imagination.

     

     

    L'herbe verte se dresse, fine, forte, d'une telle viridité, que le jeune homme marchant sur la pelouse du lac, sent passer en lui une énergie joyeuse. Son chien, blanc et blond, va et vient, sautant, galopant. Le ciel en bas, tout près de l'eau, est couvert de gris noir. Un léger friselis rosé sur le bord des nuages, presque rouge et au-dessus, du bleu, rien que du bleu. 

    Georges apprécie ce calme de fin de journée, crépusculaire. Il heurte une branche et se retrouve par terre. En se relevant, il aperçoit une tête, "Est-ce mon imagination ?" une tête de dragon, le fixe de son œil vert, quelques branches de frêne dans sa gueule. "Est-ce un nuage ? ".  l'animal fabuleux s'étire, grand, recouvert d'écailles, une queue gigantesque et comme un brouillard sort de ses naseaux, les reflets du soleil couchant font reluire son grand corps. Le jeune homme, ne doute pas de sa vision, reste impassible, Perlaine à ses pieds. 

    Le dragon danse, d'une aisance égale à celle d'une étoile de l'opéra, occupant l'immensité où bientôt les étoiles perceront. Georges se tend vers lui, instinctivement. L'autre ouvre sa gueule, ses naseaux crachent un feu, brasier teinté de vermillon, d'or, de lumière changeante, l'innommé dragon dans l'infinie béance de sa gorge,  avale l'humain et le chien.

    la terre se recouvre d'un voile noir, cachant les étoiles ; les corbeaux piaillent dans les arbres proches, se disputant une place pour dormir, chacun rejoint son nid et les hommes dans la zone proche, sont dans leur voiture aux lumières traçantes. Le lac s'assoupit.

    Il fait sombre dans l'estomac du dragon, Perlaine lèche le visage de l'homme. Georges est là, ignorant tout, l'estomac chaud et duveteux lui rappelle l'avant naissance, ces mois où tous mammifères se créent mois après mois. Il se sent bien dans cette matrice de géant. Il se sent comme régénéré et rassuré. Se réveillera-t-il ou restera-t-il là à jamais. Il n'éprouve aucune crainte. Il n'entend aucun bruit effrayant, bruits de tambour ou de guerre. Juste le ruissellement d'une source invisible. Le temps n'a plus cours, ni hier, ni demain, un instant suspendu ! La paix est en lui, éprouvée si peu depuis son enfance. Sa mère, femme jolie, légère, se livrant aux hommes pour le nourrir lui et son frère, son père emprisonné pour un crime commis dans la folie de l'alcool. Ses années à vivre dans un appartement nu où seul un téléviseur montrait quelques couleurs ! Comment a-t-il fait pour réussir ses études alors qu'il aurait pu être un voyou de plus ? en réalité, il a fallu lutter toujours et toujours.

    Et la voix s'insinue en lui, de douce à grave, vivifiante, elle s'insinue dans ses cheveux roux, dans sa tête, son âme : "je suis SOMA le dragon de l'immortalité, venant de Chine, du Pérou et d'Egypte, tu as su me sauver un jour de sécheresse, me ramassant, quand j'étais devenue mante religieuse et me plaçant dans un endroit tranquille. Désormais, tu as fait connaissance avec la confiance." Il parle, la voix s'enroule, roule et le réchauffe comme une écharpe, comme une femme amoureuse. Georges se sent bien, se sent fort...

    Quelque part, dans une pelouse piquetée de cercles de champignons, aux herbes ornées de diamants éphémères, Georges est déposé délicatement, la chienne à ses pieds. Dans ses mains, repose une perle, aux reflets moirés, une perle de confiance pour l'accompagner au fil de sa vie.

     

     écrit en écoutant la musique de Estas Tonne

     

     

     

     


    15 commentaires
  • jeudi en poésie avec Josette

    (photo de Josette)

     

    le thème : bestiaire fantastique

     

    le dragon

     

    A travers les nuages,

    lumière aveuglante,

    le dragon passe

    son museau de feu.

    Serait-ce maintenant

    la fin du monde ?

    Va-t-il transpercer

    la terre, la brûler,

    tempêtant à tous

    de rester sur place.

    Je vois son oeil

    VERT

    - rivières, montagnes et forêts -

     

     

    La couche de nuages

    se fait muraille.

    Le dragon me souffle

    "pas aujourd'hui"


    15 commentaires
  • Jeudi en poésie avec Jill Bill - thème : le faussaire

     

    Jeannot Després dit "le faussaire"

     

    Sur le banc, assis, au bord du Lac Léman,

    l'homme âgé se fond dans le paysage.

    Vert - bleu - blanc, du bateau, de la neige.

     

    Il regarde ses mains de travailleur manuel.

    Taches rousses et ocres s'y accrochent.

    Loin, avant, sa peinture des déesses et des Alpes

    dédaignée par les salons bégueules, Jeannot

    - fils de Léon et Agathe, épiciers aux 3 épis -

    a claqué les portes de l'Art Contemporain.

    Ses mains, d'or et d'âme, ont appelé les pinceaux

    Inlassablement à reproduire les œuvres des géants.

    Il vendait, offrait, peignait, vendait, offrait, peignait.

    Des toiles prirent vie, reflétant l'âme du possesseur.

    Huiles qui dégoulinent, oiseaux ou rai solaire.

    Les toiles prirent la respiration du monde.

     

    L'homme âgé se lève et dans l'or du crépuscule

    retourne à l'ouvrage, au sourire de St Jean Baptiste.

    Aérienne, duveteuse, une brume légère l'enveloppe.

     

    Agab (10/2019)

     

     

    Jeudi en poésie avec Jill Bill


    14 commentaires
  • Défi 225 avec Jill Bill

     

     

    Pour le lundi/défi du 14 octobre

    le capitaine JILL BILL nous propose de vendre ce chouette tableau, en héritage, digne d’Halloween !

    « Soit à votre richissime patron collectionneur, Soit sur un vide-grenier, Soit à une galerie d’art, Soit dans une célèbre émission télévisée sur A2… » A inclure dans votre écrit le verbe emberlucoter !

     

    Défi 225 avec Jill Bill

    EMBERLUCOTER : (Familier) (Désuet) S’entêter d’une idée ;s’attacher aveuglément à une opinion.

     

    Dans une maison aux volets bleus, chat à la fenêtre et potée de chrysanthèmes jaunes devant le vieux puits, Amanda s'interroge encore une fois, vendre ou ne pas vendre cet horreur de tableau offert par un jeune voisin s'expatriant à Vancouver.  Il est une heure où en été, elle partirait se promener, 17 heures, et là en automne finissant, jour de pluie,  éviter d'aller sur internet, facebook, youtube et whatsapp. Elle est toute emberlucoter de se dire que moins de technologie et plus de promenades la rendront moins technodroguée. 

    Prendre son crayon et préparer une annonce à afficher chez sa libraire. 

    "Vends tableau représentant une Mona Lisa déglinguée. Toile réalisée en 1989 par l'artiste Jeannot Després."

    Elle raye déglinguée, remplace par morbide, puis remet déglinguée. Elle écoute l'opus 100 de Schubert, et regarde le tableau. Est-ce bien raisonnable de vendre ce cadeau ?

    Elle relit l'annonce "Vends ou offre tableau représentant une Mona Lisa déglinguée. Toile réalisée en 1989 par Jeannot Després. Me téléphoner au 03 87 67 78 77"

    Donner une heure d'appel, ou indiquer laisser message sur le répondeur. Jamais elle n'a été bonne vendeuse, et soupire. Pourtant en regardant une nouvelle fois, la toile ................. elle fronce les sourcils, la toile semble un peu différente, plus colorée, moins comment dire repoussante. 

    Peut être une illusion d'optique avec la lumière douce des bougies ! Il était sympathique ce voisin, il n'hésitait pas à tailler ses haies et aussi à faire un partenaire pour jouer au scrabble. L'annonce est maintenant rédigée : "Vends ou offre tableau représentant une Mona Lisa déglinguée. Toile réalisée en 1989 par Jeannot Després. Laisser message sur mon répondeur au 06 18 77 99 24".  Et ce sera à la librairie du cabaret des oiseaux et pas sur le Bon Coin. 

    Rien qu'un peu de lumière dans son séjour et le chat miaule, souhaiter manger. Amanda plie sa feuille et s'en va dans la cuisine. 

    Et là, dans l'intimité du séjour, la Mona déglinguée, voit sa peau recouvrir ses dents, son sourire satisfait éclore, quelques minutes avant de s'amenuiser, s'amenuiser, pour enfin s'arrondir, se spiraler, n'attendant pour s'échapper que l'instant où la femme aux fines lunettes ouvrira la fenêtre pour fermer ses volets bleus. Un expert en étrange, y verrait un extraterrestre venu espionner les Terriens, un rêveur un faisan aux couleurs dorés rejoignant sa forêt. Mais au fait qui est  Jeannot Després ? 

     

    Défi 225 avec Jill Bill


    17 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique