• Pour la Poésie du jeudi 20 février .les Cabardouche nous propose … A la manière de Jean Luc Moreau, composez une poésie commençant par des « si » et se concluant par un conditionnel enchanteur.

     

    Si la sardine avait des ailes;

    Si Gaston s’appelait Gisèle

    Si l’on pleurait lorsqu’on rit,

    Si le pape habitait Paris,

    Si l’on mourait avant de naître,

    Si la porte était la fenêtre,

    Si l’agneau dévorait le loup,

    Si les Normands parlaient zoulou,

    Si la mer noire était la mer blanche,

    Si le monde était à l’envers,

    Je marcherais les pieds en l’air,

    Le jour je garderais la chambre,

    J’irais à la plage en décembre,

    Deux et un ne feraient plus trois…

    Quel ennui ce monde à l’endroit !

    Jean-Luc Moreau

     

    Jeudi poésie avec les Cabardouche

     

     

    Si, aujourd'hui, le soleil

    chauffait trois cœurs.

    Si ces cœurs, hommes

    ou bêtes oubliaient de gagner

    ne fut-ce qu'un jour.

    Si celui-là refusait

    de boire, se droguer et lui,

    de jouer en bourse,

    - hourvari dans le stress -

    suprême écrasement

    des hommes de peine.

    Si le loup léchait l'agneau 

    Peut-être que notre joli monde

    retrouverait son enfance et nous, 

    crierions de joie dans le sable blanc

    des mers au fond transparent.

    Des cris de joie

     

    Agab 02/2020

     

     


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  • défi avec ABC

     

    ABC embarque tous les matelots, en espérant qu’ils n’ont pas le vertige, faire un petit tour en montagne …« Durant notre randonnée nous sommes attirés par un message envoyé du sommet du plateau.

    Vous devez, tout simplement, décrypter ce message et nous dire qui peut bien nous l’envoyer » ?

     

    Durant notre randonnée nous sommes attirés par un message envoyé du sommet du plateau. Emmanuel qui a travaillé durant dix ans aux transmissions dans l'armée de l'air, reconnait bien cette façon d'utiliser une lampe, traits courts, traits longs ; 

    Germain, Lydie et Kérouac, eux, ne sont qu'efforts dans la marche ; efforts soutenus, réguliers. Ils ne se laissent pas déranger par une lumière intermittente sur le plateau. La nuit s'annonce claire, l'étoile du berger est vis à vis de la lune gibeuse.

    Kéren, un peu distancée, est accompagnée de son berger blanc. Comme Pirate, elle sent les odeurs se développer dans la nuit. Des lapins, des champignons, aussi des oiseaux dormant dans les buissons. La jeune femme se souvient de leur dernière marche nocturne, l'an passé, au Grand Bornand. Puis dormir dans une grange dans le foin moelleux, elle sourit car non, cela grattait même un peu, et l'odeur était entêtante. Puis le matin, avec les alpagistes, ils ont bu du lait.  Elle préfère tant ces randonnées nocturnes aux soirées dans les boîtes de nuit de la grande ville. 

    Emmanuel, s'arrête dans un endroit dégagé et scrute les traits de lumière. C'est lui qui a organisé cette sortie avec son  ami et en haut, une surprise les attend. Toutefois, il n'avait pas prévu de message codé. Les autres le rejoignent, respirent profondément, boivent et mangent un carré de chocolat. Il se décide à rentrer dans ce jeu imprévu et lance : "un message codé nous est destiné, à nous de le décrypter pour obtenir la récompense !" Les autres clignent des yeux ; Germain essaie : "Les bières sont au frais". Tous rient même Lydie, la sauvageonne du groupe. 

    Pirate aboie, renifle, va et vient sur le chemin escarpé, Kéren s'étonne. il n'y a pas de chien par ici ; Lydie ne dit rien et trouve que les étoiles sont plus nombreuses que la veille, même qu'elles paraissent plus proches. En ce jour de début septembre, l'air est frais mais la chaleur de la journée s'est tout de même accrochée aux arbustes. 

    Kérouac et Emmanuel marchent plus vite, et fermement discutent de ce message mystérieux lancé peut être par les phares d'une voiture. Pourtant, là haut aucune route carrossable, rien que des chemins de temps en temps escarpé, étroits. 

    L'ancien militaire est parvenu à déchiffrer les premiers mots " Recopier une phrase qu'on aime, c'est comme regarder le soleil se lever deux fois dans la même journée. et ne comprend rien ; il devine que ce texte est écrit par un poète . Il appelle la petite équipe et leur demande leur avis, leur lumière ? Lydie sort de son silence et, souriante, décline :"Christian BOBIN".

    Chacun y va de son explication : "des livres nous attendent" "le soleil deux fois dans la même journée, un feu d'artifices" ; ils vont de concert et arrivent en haut du plateau , et près du feu, deux hommes discutent ; ils s'approchent il s'agit de Christian Bobin et du meilleur ami d'Emmanuel, Romain qui clame : "Ce sera une soirée étoiles, Christian connaît bien le Morvan et vous contera les histoires magiques du lieu". Personne n'est surpris, ces randonnées nocturnes sont toujours joyeuses et surprenantes. Sauf Emmanuel, il n'est pas seulement spécialiste en code, il est amoureux des mots-terres, des mots-étoiles. Après tout, que lui apportera une maison richement meublée, l'ancien moulin à huile de noix près de Saou lui conviendra bien mieux. Il a compris le message, Christian, une étoile dans ses yeux, le prend dans ses bras : "bonsoir petit frère !"


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  • Jeudi en poésie avec ABC

    le thème : là haut sur la montagne

     

    Depuis cette montagne,  comme du toit

    du monde, dont le versant va au ciel.

    Mon ami, je t'aime au-delà

    des mesures - et des sentiments.

     

    Des témoins je me cacherai

    dans un nuage ! Je te mangerai avec la cendre.

    ... Depuis cette montagne, comme depuis la Troie

    des murs rouges.

     

    Passion  : louange des morts,

    honte à ceux qui sont.

    Ainsi le roi Priam

    regardait la bataille.

     

    Les fondations se sont écroulées -

    L'incendie ? Le sang ? Le nimbe ?

    Eux aussi regardaient Troie,

    tous ceux de l'Olympe.

     

    Non, depuis la niche fraîche

    une vierge, mains levées...

    Mon ami, je t'aime au-delà -

    Entends-le - et - lève-toi !

     

                        30 août 1923

     

    Marina TSVETAIEVA

    Insomnie et autres poème


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  • Âme ! être, c'est aimer.

    Il est.
    C'est l'être extrême.
    Dieu, c'est le jour sans borne et sans fin qui dit : j'aime.
    Lui, l'incommensurable, il n'a point de compas ;
    Il ne se venge pas, il ne pardonne pas ;
    Son baiser éternel ignore la morsure ;
    Et quand on dit : justice, on suppose mesure.
    Il n'est point juste ; il est. Qui n'est que juste est peu.
    La justice, c'est vous, humanité ; mais Dieu
    Est la bonté. Dieu, branche où tout oiseau se pose !
    Dieu, c'est la flamme aimante au fond de toute chose.
    Oh ! tous sont appelés et tous seront élus.
    Père, il songe au méchant pour l'aimer un peu plus.
    Vivants, Dieu, pénétrant en vous, chasse le vice.
    L'infini qui dans l'homme entre, devient justice,
    La justice n'étant que le rapport secret
    De ce que l'homme fait à ce que Dieu ferait.
    Bonté, c'est la lueur qui dore tous les faîtes ;
    Et, pour parler toujours, hommes, comme vous faites,
    Vous qui ne pouvez voir que la forme et le lieu,
    Justice est le profil de la face de Dieu.
    Vous voyez un côté, vous ne voyez pas l'autre.
    Le bon, c'est le martyr ; le juste n'est qu'apôtre ;
    Et votre infirmité, c'est que votre raison
    De l'horizon humain conclut l'autre horizon.
    Limités, vous prenez Dieu pour l'autre hémisphère.
    Mais lui, l'être absolu, qu'est-ce qu'il pourrait faire
    D'un rapport ? L'innombrable est-il fait pour chiffrer ?
    Non, tout dans sa bonté calme vient s'engouffrer.
    On ne sait où l'on vole, on ne sait où l'on tombe,
    On nomme cela mort, néant, ténèbres, tombe,
    Et, sage, fou, riant, pleurant, tremblant, moqueur,
    On s'abîme éperdu dans cet immense cœur !
    Dans cet azur sans fond la clémence étoilée
    Elle-même s'efface, étant d'ombre mêlée !
    L'être pardonné garde un souvenir secret,
    Et n'ose aller trop haut ; le pardon semblerait
    Reproche à la prière, et Dieu veut qu'elle approche ;
    N'étant jamais tristesse, il n'est jamais reproche,
    Enfants. Et maintenant, croyez si vous voulez !

     

    Victor HUGO


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  • Défi 230

     

    défi N°230 

     

     

    Fanfan, la joyeuse retraitée corse nous informe qu’elle prend la barre des Croqueurs de Mots

     Vous allez compléter ce texte  à trous par des mots de votre choix  pour changer ce texte

     

    L'heure dernière 

     

    Ô Nous nous reconnaîtrons  ! Ô désespoir ! Ô dans l'heure dernière ennemie !

    N’ai-je donc tant Où fermente et rassemble que pour cette l'hallucinant secret 

    Et ne suis-je La sonnaille dans les travaux des mondes s'éteindra

    Que pour Tu inverseras en un jour l'humide tant de différence

    Mon bras, qu’avec Tu quitteras toute le temps éclaboussé admire,

    Mon Nous n'entraînerons, qui tant de fois a que cet parole muette ,

    Tant de fois affermi le et ses de son vastes promontoires

    Trahit donc ma Andrée CHEDID , et ne fait rien pour moi ?

    ...

     

     

    ( tirade de Don Diègue dans le Cid de Corneille )

     







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