• défi 198

     

    défi 198

    C’est ABC (Jardin des Mots) qui s’y colle,  bon gré,  mal gré d’où l’idée de nous proposer le thème suivant :

    « Surprise de janvier »

    imaginez que l’année commence en vous surprenant, racontez comment vous réagissez.

     

    pour Olivier, pour Florinette, pour vous qui savez qu'ailleurs vivent d'autres êtres

     

    L'air est humide, il a plu presque toute la nuit, se dégagent de légères vapeurs dansant dans le carré d'herbe du champ des sœurs. Le matin est calme, très peu de voitures circulent en ce premier de l'an, bientôt dix heures du matin.

    La passante accompagnée de son chien, longe le parc. Surprise, Margotte, vivement tourne la tête, puis Isabelle aussi. Aucun aboiement, pas de traversée de la route, les deux compagnes poursuivent leur chemin. Elles ont vu quelque chose remuer dans l'herbe mouillée, puis se déplier , comme une armature d'un objet de la grandeur d'un yorkshire. Le message a été clair et apaisant : « continuez votre route ! ».

    Et après le squelette doré, apparaît peu à peu, les poils, les oreilles très rigolotes, cela se met à remuer, se secouer, et sous le sapin, le chien aboie et attend. Venus des immeubles aux couleurs des régions méditerranéennes, deux adolescents courent au-devant de l'animal étonnant. Ils sont heureux et la queue du yorkshire frétille. Il faut être très près pour entendre leur échange :

    « Ouaf … Ouaf … ou... » aboie le chien. « Slouf ! Nous n'avons pas réussi ! » soupirent Lina et Bolo.

    Ils échangent des regards lumineux, colorés. Du rouge, du gris, du jaune … les couleurs se croisent, se mêlent, le gris disparaît dans le jaune. Le regard vert caresse le visage de Lina, le gris qu'elle envoie se teinte de bleu, elle désire tant retourner sur Cosmoterre, rejoindre ses amis. Bolo explique l'impossibilité de s'installer ici. Les humains sont étonnament fermés aux échanges de leurs fluides.

    Slouf leur confie qu'ils avaient été prévenus de la difficulté de leur mission. Les hommes, s'ils persévèrent, vivent leurs derniers temps : l'oxygène se raréfie, les animaux sont considérés comme des objets, les terres agricoles sont utilisées pour construire des maisons, les tornades, les tempêtes, les glaciers, le monde fout le camp.

    Mais tout n'est pas si noir, n'est ce pas Bolo ! Celui-ci acquièce : ici, nous avons trouvé une famille accueillante qui depuis 5 ans, fait tout pour que nous nous sentions bien. Ils nous ont inscrits à l'école, appris le Français. Ils nous ont offert des grands parents, des oncles, des tantes, des cousins.

    Alors questionne Slouf que dois-je dire au Conseil intra-monde ?

    Les lumières palpitent, les entourent, ils sont même soulevés de terre. Le grand sapin se laisse traverser par le bon esprit de ces trois-là. Et les deux adolescents s'éloignent, retournant chez leur famille terrienne. Slouf harmonieusement s'élève, puis la lumière l'enveloppe et il disparaît.

    Et la vie continuera. Et d'autres intra-terrestres viendront. Plus il y en aura, plus nous aurons la chance de réparer nos erreurs et peut être que nous, oui nous, leur apporterons certaines de nos qualités.

     

    Et Margotte, elle aurait certainement aimé joué avec Slouf !

     

     


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  • Défi 197

     

     

    Voici notre amie Fanfan à la barre des « Croqueurs de Môts « pour la quinzaine qui arrive : Défi N°197

    Elle nous propose donc de  dire ce que nous inspirent ces chaises. (En espérant qu’elles nous inspirent )

    Pourquoi sont-elles là ? Que font-elles là ? Qu’attendent-elles ? Qu’ont-elles vu ? Etc …

    Et pour corser le tout, elle  nous demande juste de glisser deux fois le mot « chocolat » dans votre texte en vers ou en prose.

    Défi 197

     

    ........

    D'abord, une ombre se formalise, s'épaissit, un homme âgé prend forme, un peu étonné, à peine. Sur la deuxième chaise, une femme à la si belle peau chocolat, se dessine peu à peu, un rien essouflée. La troisième chaise sursaute , une adolescente, cheveux fous, sortant de l'hébétude d'un mauvais réveil, apparait.

    Tous trois se regardent et voient devant eux, la grande bleue, sentent le bon air des soirs d'été, ne serait-ce ce silence, cette absence des cris de mouette, ce vrombissement des insectes. 

    Ici, c'est le purgatoire, la salle d'attente des hommes défunts. 

    Nous, la trinité, ou nous, les anges, ou nous, l'océan ultime,  sommes patients, laissons les anciens vivants s'accoutumer.

    Nous leur restons invisibles.

    Ils aiment être ensemble. Jean, l'ancien qui a vu son énergie être aussi menue que la flamme d'une bougie. Mariette, l'Africaine à la si belle peau chocolat, oublie cette mort durant l'accouchement de son enfant, confiante soudain en ses proches pour l'aimer. Jade, n'a rien compris. Elle écoutait Louane, un train qui s'enfile dans son bus et là voilà sur cette chaise, avec ses deux humains au beau sourire. 

    Aucun ne dit un mot, simplement ils en viennent à se tenir par la main et à se laisser absorber par le paysage.

    Nous attendons, nous les connaissons.

    Et lorsque nous apparaîtrons pour leur poser la question :

    "L'un de vous va au paradis, les deux autres .. "

    Sur un ton enthousiaste, les mots s'entre-croisent :

    "oh cher ancien, c'est bien juste que vous rejoignez le grand jardin !"

    "Ah ma petite demoiselle, votre jeunesse sera si bienfaisante là-bas"

    "Madame, allez-y, vous y retrouverez la joie de vivre !"

    Nous, nous sourions 

    bons, mauvais, riches, pauvres, jeunes, vieux, malades, en bonne santé, ils sont rares ceux qui sont pur égoïsme. 

    Pour ceux-là, ils ont le choix, l'enfer de la solitude, le retour sur Terre, ou sur Terre Nova. 

    S'ils le souhaitent, ils seront cincle plongeur ou abeille même chat. 

    Déjà, Jean, Mariette et Jade rejoignent le monde harmonieux, les trois chaises, un instant, restent seules. 

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • Défi 196

     

    Défi 196 des croqueurs de mots 

    Ohé Matelôts !!!

     A la barre pour cette quinzaine, notre amie Colette qui nous propose

    deux môts en toute simplicité … Nuit et Jour


     

     

    Pour l'inconnu témoin de sa nuit après les années de jour

    pour Céline qui aussi ne voit plus

     

    Il y eut un jour

     

    Merveille de l'arc-en-ciel

    Acuité des regards échangés

    Chatoiement des paysages

    Bleus multiples des océans

    Humilité des fleurettes tapies

     

     

    Il y eut ma nuit

     

     

    Et la douceur des voix

    Et la caresse du soleil

    Et le velours de l'obscur

     

     

    Je caressai le chat roux

    Sa beauté me traversa.

     

     

     

     

     

     

     


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    Matelôt Josette à la vigie pour le  Défi 195 à l’horizon

    Elle nous présente Edmond ! A partir de ce tableau (vu dans une brocante) racontez une histoire courte avec les mots incorporés : « Ciel, chaussure, coq, couronne et crapaud. »

    Elle nous attend pour le lundi 20 novembre

     

     

     

    Il me regarde, me demandant de l'aider un peu, rien qu'un peu.

    « Ils ne me comprennent pas » yeux perçants, d'un bleu polaire, moue renfermée.

    Ses parents, braves gens, l'implorent de leur parler, de leur confier, ce qui lui fait si mal.

    Edmond revient de l'école mutuelle, il termine en étant le premier . Il voudrait tant aller au lycée Saint-Vincent, y apprendre encore, lire François-René de Chateaubriand, réciter André Chénier, apprendre, passer ses soirs sur les devoirs.

    « Ils ne comprendront pas » « sauvez-moi » «je ferai tout ce que vous voudrez ! J'irai chercher le bois, je recopierai vos écrits avec ma belle écriture ».

    Les parents, sont inquiets, leur enfant, à qui ils proposent de faire un apprentissage chez un menuisier ébéniste, plus qu'un simple apprentissage, un tour de France complet, leur fils, leur Edmond, leur seul garçon. Emilie est à Lyon, dans une famille bourgeoise, chambrière de Madame.

    Edmond se renferme, il oublie, tout, la maison chaude qu'il aimait tant, les chants de sa mère, les objets en bois sculptés par son père ; le chien Barbiche, les vaches, les champs de blés, les courses à travers bois et vallons. Edmond me supplie encore davantage.

    Et moi, Amantine Dupin, qui lui ai ouvert la porte aux secrets des mots, à leur ineffable saveur, à leur goût de liberté, vais-je le laisser devenir ébéniste ? Lui dont les mains fines ne sont guère destinés à créer la beauté dans le bois.

    Edmond se fait encore plus silencieux, son regard plus acéré et ses parents se recroquevillent. Ils pourraient ordonner, tempéter. Ils pourraient frapper bien à l'abri chez eux. Non, ils sont simplement malheureux et tristes. Pour eux, le sacrifice était déjà grand de le laisser aller sur les routes des compagnons.

    Je sais que je vais changer une vie, il ne sera pas de ce monde bourgeois, il ne sera plus du monde paysan. Il chantera les alexandrins, il apprendra le latin et conjuguera nominatif, datif etc.

    Et dans un silence pesant, je mesure mes mots : « M et Mme Bonlevain, Edmond a réussi si facilement son certificat d'études que je vous offre de lui payer ses études au Lycée Saint-Vincent. Il reviendra durant les vacances chez vous. En échange, cher Edmond, je vous demande de m'aider à ranger mes documents et à lire des livres à Maurice et Solange. »

    Edmond se déplie tel un pantin, une marionnette et me saute au cou «Vous me sauvez, je vous remercie Madame et vous serai à jamais dévoué ! »

    Ses parents, immobiles, des statues, savent que la séparation est inévitable ! Leur enfant, enjoué, empressé va entrer dans un nouveau monde d'où ils se sentent bien loin. Pourtant, résignés, non pas amers, ils bougent enfin. Une larme coule des yeux de la mère, bien vite essuyée. Edmond ne boudera plus jamais, n'appellera plus au secours. Il apprendra, survivra aux moqueries des élèves mieux nés, arpentera les ministères, visitera Venise et reviendra toujours chez ses parents et Madame Amantine Dupin.

     

     

     

    Si tu sais méditer, observer et connaître

    Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;

    Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître, 
    Penser sans n'être qu'un penseur; 

     

    Si tu peux être dur sans jamais être en rage, 
    Si tu peux être brave et jamais imprudent, 
    Si tu sais être bon, si tu sais être sage 
    Sans être moral ni pédant ; 

    ..

    Tu seras un homme, mon fils.



    Georges SAND

     

    adieu, ciel, chaussure, coq, couronne et crapaud, adieu mots obligés, je vous rendrai grâce un autre jour. 


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    Lénaïg capitaine du défi n°194 demande pour le lundi 6 novembre de nous inspirer de cette étonnante photo de sa coloc Eliane.

    A nous d’apporter à la photo une belle légende, en prose ou en vers avec pour seule contrainte de jouer sur les homonymes cygne et signe. Inclure dans notre page l’une des trois citations que voici, extraites du Dicocitations du Monde.

    Les difficultés commencent : c’est le signe de la réussite. Le Schpountz (1938) Marcel Pagnol

    A quoi bon avoir un ami, s’il faut lui faire signe pour qu’il regarde, et tout lui dire pour qu’il comprenne ?

    La Lumière qui s’éteint (1900) Rudyard Kipling

    La mémoire est faite de tiroirs pratiques qui s’ouvrent ou se ferment pour simplifier notre vie.C’est un signe de médiocrité de vouloir se souvenir de tout. René-Jean Clot Les Larmes de Lucifer (1989)

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    Ils ont vu Tokyo et ses quartiers lumineux, où la nuit tout clignote, les jeunes gens habillés en personnage de mangas, les temples dans les parcs verts et ombragés, mangé chez Mac Do. Léda et Peter ont pris le train. Et maintenant abordent une région moins habitée. Ils se rendent au temple Suwa-Taisha du 12ème siècle.

    Un arbre séculaire, le soir, lorsque la nuit s'installe, rabat ses branches et se met à ronfler. 

    Et là, ils se trouvent devant le lac ; s'y trouvent amarrés des bateaux en forme de cygne. Peter pousse Leda de son coude et rit franchement : "un vrai bateau pour le monde de Disney". 

    Leda rit aux éclats "un signe, ce cygne !" et elle prend la main de Peter et enferme dans sa main, un petit objet. En l'ouvrant, il regarde sa si douce Leda ... "un bébé, lui souffle-t-elle, un bébé , mon chéri !".

    Alors 25 ans plus tard, lorsque Kasumi (belle harmonie) souhaitera annoncer à son compagnon, sa proche maternité, elle demandera à sa mère le cygne-signe.

    La mémoire est faite de tiroirs pratiques qui s’ouvrent ou se ferment pour simplifier notre vie.C’est un signe de médiocrité de vouloir se souvenir de tout. René-Jean Clot Les Larmes de Lucifer (1989)

     


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