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    défi 186 la tête ailleurs

    Pour ce défi 186 voici Lénaïg à la barre.

    Voici ce qu’elle nous propose …

    La tête ailleurs !

    Alors, brodons, glosons sur cette expression, en prose ou en vers,

    chacun à sa façon et découvrons nos pages respectives lundi 15 mai

     

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    Je souhaite méditer,

    rester calme, détendue, libérée

    sur mon petit banc.

    Pas mal aux genoux,

    Durga, sur moi, sereine.

    Je respire, respiration lente,

    j'inspire........ et un........

    j'expire ....... et deux.....

    C'est un peu la même sensation

    que lorsque je nage,

    et je respire et j'avance les bras.

    sauf que j'ai la tête ailleurs.

     

    elle s'est détachée du corps,

    a traversé la toiture,

    poussé les nuages,

    même un avion direction le grand sud

    oublie d'aller droit.

    Tandis que je reste immobile,

    bien obligée,

    elle s'est fait la malle.

    Puis elle s'est souvenue

    que nous étions indissociables,

    s'est emboîtée sur le cou

    et tout doucement

    chuchote

    "j'ai valsé avec les étoiles filantes

     joué à saute lune

    et.. rencontré le petit prince"

    aussi

    quand le temps lui semble trop pressé,

    trop renfermé, trop pas rigolo,

    je lui dis :

    "va ailleurs !"

     

     

     

     

     

     

     


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  • défi 184 : commencer par une citation, terminer par une autre

     

    défi 184

    Martine a le plaisir de prendre la barre de la goélette des Croqueurs de Mots  pour ce 184ème voyage en votre compagnie chers croqueurs et croqueuses : Pour le défi du lundi 17 avril 2017.

    Elle nous cite  8 premières phrases de livres (incipit) et 8 dernières phrases (explicit).

    Le défi du lundi consistera à choisir un début et une fin de roman et d’écrire l’histoire (en prose ou en vers) pour lier le début à la fin.

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    « Je ne sais pas trop par où commencer » (de Philippe Claudel -les âmes grises)

    L'homme était doux, attentionné, s'attardant peu sur sa renommée. Marcel Dombasles, l'écrivain-cinéaste, après un temps suspendu, comme si son ange gardien le conseillait, poursuivit :

    « Comment naît l'idée d'un roman, d'une nouvelle ? D'une sensation, d'une rencontre, d'un souvenir. Avant de venir dans ce magnifique salon Charlemagne de la gare messine, une femme m'aborde. Petite, humble, elle marche d'un pas à peine plus grand que celui d'une enfant. Son regard croise le mien. Minuscule chapeau sur la tête, silhouette menue, un gilet à grosses rayures noires et blanches, elle m'interpelle : « j'ai mal au pieds, je reviens de chez le docteur, un sten, il a posé un sten .. je m'essoufle ».

    Cette femme que je prénomme intuitivement Marie Claude, peut être a-t-elle défilé sous les drapeaux de mai 1968. La sexagénaire poursuit :  « en sortant, deux hommes cagoulés m'ont agressée, dévalisée, 250 euros ! J'ai vu la police, mon frère vient me chercher. »

    Son débit est rapide, hâché. Elle me regarde à nouveau : « N'auriez-vous pas 2,3 euros pour que je prenne le bus ? ».

    Elle supplie à peine, « tout m'accable » semble vouloir dire ses paroles. Au-dessus de ses lèvres, 2 piercings, comme une jeunesse de 16 ans, un peu gros, ronds, striés, argentés.

    Vous me signalerez qu'elle fabule pour me soutirer de l'argent. Utile pour le ticket ? Ou pour un sandwich, un paquet de cigarettes, de la drogue, une chambre ce soir ? ...

    Je lui donne quelques pièces ; les euros sont déjà avalés par l'horodateur. Elle me remercie – presque un arrêt sur image – nous nous séparons, elle se retourne et réitère ses remerciements.

    Je suis avec vous et voyez-vous je suis encore avec elle. Des questions surviennent : quel enfant était-elle ? Pourquoi aborde-t-elle aujourd'hui les passants ? Un divorce ? Une sortie de prison ? Les galères, les manques, ses erreurs et ses joies.. ses joies, ses bienfaits, sa bienveillance.

    Dans un livre, éclairer son sourire, lui rendre le clair de sa vie.

    La vie voyez-vous ce n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit ! » (Guy de Maupassant - une vie)


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  • Hors de la ville

     

    Les bourgeons prêts à éclater

    Promettent de beaux jours.

    Et une femme hors de la ville,

    Étendue face à terre

    Sur l'herbe

    Sous le soleil,

    Ressent le printemps

    Contre son ventre et ses seins.

     

    mai 1939

     

    Orhan Veli

    Va jusqu'où tu pourras


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  • défi 179 : une minute pour convaincre

     

     les croqueurs de mots 

    Défi 179 : une minute pour convaincre 5 (proposé par ABC)

    À la foire aux coups de cœur, vous avez une minute pour convaincre

    et nous faire craquer pour un de vos objets favoris

    (un objet et un seul, il vous faut être bref et très persuasif)

     

    Toute connaissance commence par les sentiments

    Léonard de Vinci

     

    « Fathia, Noura, Mourad, les yeux de mon cœur, approchez-vous, plus près ! Ce soir, demain, je ne serai plus. Le tout Miséricordieux me rappelle. Voyez ce petit paquet enveloppé d’un linge blanc, c’est notre héritage, notre destin. Dedans, le cahier de jedda (grand-mère) Anissa, ses premiers mots, ses premiers dessins. Elle n’avait pas le droit d’aller à l’école et ce sont ses frères qui l’ont enseignée.

    Je rejoins votre père, mon bien-aimé, je le rejoins, lui qui m’interdit de m’inscrire en faculté en 1986 lors de notre arrivée en France.

    Celui ou celle qui  prendra le cahier, sera le gardien de notre lignée. Vous êtes de bons enfants et grâce à Dieu, aujourd’hui, après tant d’efforts, vous êtes médecin, ingénieur, couturière, et sachez que la connaissance renverse les préjugés, les limites. »

    L’un (l’une) s’est approché (e). Les autres l’ont approuvé (e). La mère a souri.

     

     

    pour une dame inconnue rencontrée un matin durant les séances de balnéothérapie

    sa grand mère n'avait pas eu le droit d'aller à l'école. 

    cette dame a donné son énergie, sa santé pour éduquer au mieux ses enfants après son veuvage.

     

     


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    Défi 178 .. le seul truc pas chouette c'est qu'au paradis ............

    Défi 178

    « Le seul truc pas chouette c’est qu’au paradis,

    on va manquer de saucisses et de chips. 

    Dieu ne veut pas qu’on ramène des choses d’en bas.

    Il a crée le paradis, donc c’est parfait… Point !  

    Et on en a pour l’éternité »

    Parole de détenus, de jeunes de l’école de la deuxième chance.

    Alors que vous inspirent ces paroles ?

    défi proposé par LilouSoleil

     


     

    Si la vie n’est qu’un passage, dans ce passage au moins, semons des fleurs

    Montaigne

     

     

    Mal au crâne, jambe qui brûle, bras cassé, Kévin se réveille :

    « j’étais mieux dans l’au-delà ! » confie-t-il à sa mère.

    Samedi soir, après une soirée bien arrosée (pas fous les gars, la bouteille de vodka était dans la voiture) et à fricoter avec quelques filles bien roulées, nous sommes rentrés, dans la vieille twingo de Jérémie et ……… un chat blanc, minuscule … il a voulu l’éviter et l’embardée, les tonneaux, le choc, l’impression que nous étions dans un film sans fin.

    Un moment gris souris, l’impression de tenir la main de Jérémie et de Nono, bien, j’étais bien, bien, bien … comme lorsque nous sautons dans la suave Ardèche du cirque de Gens, près de Chauzon (Ardèche). Délassé, chaud, libre, une sensation d’être un poisson, la respiration oubliée, juste être une truite arc-en-ciel. Les deux autres semblaient parfaitement heureux et nous nous laissions emmener par le courant.

    A travers l'eau, le soleil dardait ses rayons, nous étions fous de joie. Même Nono ne ricanait plus, ne regrettait pas son éternel paquet de chips et sa Stella Artois. Des bulles irisées sortaient de sa bouche, « même pas faim, même pas soif ! ».

    Jérémie, lui, qui d’habitude râle et rôte à qui mieux mieux, filait doux. Et ronronnait presque. La rivière s’élargissait, des bulles nous chatouillaient, la musique était trop classe : on aurait dit Adèle.

    Moi, qui m’ennuie pour rien, jamais sans zique, sans face de bouc, sans un pote, tu vas doucement rigoler, c’était le pied et je ne demandais rien, trop heureux d’être. Nous n’étions plus seuls, des vieux, des jeunes, des noirs, des blancs, des vaches, des ours, des souris et des mésanges. Cela devenait presque comme une chorale. Les gens s’envoyaient de petits sourires, les mésanges s'adaptaient vite à leur nouvel élément. 

    Devant nous, j'ai vu Nicole, ton ancienne collègue (elle envoyait un baiser) et aussi, Guy Corneau, celui qui est en photo sur le livre posé sur ta table de chevet.

    Nous ne cherchions pas à nous faufiler comme d’habitude, non, nous étions si cool d’être ensemble. Les couleurs se mixaient, se mouvaient, nous caressaient. Jamais senti quelque chose d’aussi agréable, d’aussi bon. Et ma main a lentement glissé de celles de mes potes. Jérémie, qui jamais ne m’oubliait, de Nono, avec qui j’étais copain depuis le CP.

    Au creux du ventre, un petit pincement, près du cœur, une voix chaude me glissant « il est temps que tu rejoignes ta mère, elle a besoin de toi. »

    Et me voilà, maman, j’ai mal, je souffre,, je pleure, maman, je t’aime, prends moi dans tes bras.

     

    à vous qui êtes dans l'au-delà

    • Guy Corneau décédé le 5 janvier 2017, psychanaliste, a écrit de nombreux livres (la guérison du coeur, revivre, le meilleur de soi ..),
    • Nicole A. décédée le 23 novembre 2017, 
    • Christophe décédé le 28 décembre 2016.

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