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    défi 201

     

    Le capitaine Domi est à la barre : 

    Nous sommes en hiver et … « Quand Paris s’enrhume, l’Europe prend froid »

    Je vous demande de vous exprimer comme vous l’entendez ….

    En imaginant un texte drôle ou pas, poétique ou pas, en vers ou en prose.

    Vous pourrez également vous exprimer en chanson ou en images, dessins ou photos.

    Tout ce qui vous passe par la tête, n’ayez aucun complexe.

     

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    Lorsque j'ai lu :  "Quand Paris s’enrhume, l’Europe prend froid », j'ai juste ressenti ce qu'était s'enrhumer.

    Je tremblais, ma tête toute molle et mes idées désorganisées. Puis, en le lisant une seconde fois, je me suis rappelée qu'il s'agissait d'une phrase mystérieuse transmise dans les années 2000, par mon oncle Stéphane. Celui-là même qui était venu de sa Pologne pour travailler dans les usines De Wendel dans la vallée de la Fensch.

    Il avait épousé la soeur de maman, et son accent charmait mes oreilles, pas seulement son accent, mais sa voix lorsqu'il chantait l'été quand les soirées sans fin, incitent à nous rassembler dehors près des maisons, assis tous ensemble. Nous l'apprécions tous et le bissions à chaque fin de chanson. 

    Nous nous entendions bien tous les deux, il aimait lire et me prêtait des livres épais, il aimait jouer aux échecs et m'avait patiemment appris la vie de toutes les pièces. 

    "Quand Paris s'enrhume, l'Europe prend froid " le jour où tu verras cette phrase, agis ma Francette, réagis, et souviens-toi de la phrase réponse "Et la Pologne vous guérira".  Depuis il s'était éteint dans une maison de retraite où les infirmières l'avaient choyé. J'étais restée à l'écoute quelques années, puis l'oubli était venu ; la vie s'était emplie des cris joyeux de Lucien, Alexis, Maroussia et Vronski. 

    Et là, à l'approche de la retraite, les enfants à l'heure des années folâtres, des aventures, des angoisses des premiers amours, du moment à trouver sa place, nous nous sommes retrouvés tous les deux, anciens amoureux, heureux de vivre  avec Django, le vieux chat roux. 

    Je rêvasse et crains de franchir le pas, m'aventurer sur un terrain inconnu, est-ce un enfant naturel, fils ou fille d'une amie polonaise ? est-ce une organisation secrète ? est-ce un trésor qui va se découvrir ? 

    Je crains car j'ai connu de ses aventures anciennes qui se sont achevées par des clics et des claques, des cris et des larmes. Je crains, mais j'y vais .... la fidélité à Stéphane m'y pousse.

    Capitaine, je réponds à votre appel secret ; peut être que je serai la seule, peut-être serons-nous une quinzaine à y répondre : 

    "Et la Pologne vous guérira !" 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • défi 201 Jeudi en poésie

     

    Pour le premier jeudi poésie 1er mars 2018

    Plaisirs d’hiver

     

     

    Bise(s) de Moscou

     

    défi 201 Jeudi en poésie

     

     

    Vladimir ..... Poutine 

    Nina ..... Berberova (femme de lettres, poétesse)

    Maria ... Tvsetaïeva (poétesse russe) 

    Ossip ... Mandelstam (poète russe)


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  • A la barre du défi 200 pour les croqueurs de mots

     

    Défi 200 pour les croqueurs de mots

     

    pour le deuxième jeudi en poésie, j'ai pris 2018 - 200 = 1818. Je vous suggère de choisir un texte d'un poète du dix neuvième siècle (Victor Hugo, Lamartine, Georges Sand ....) ou un  poème sur l'hiver.

     

     


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  • défi 200 : je me souviens

    Défi 200

    la principale consigne du défi est de commencer son texte par "je me souviens"

    éventuellement de  choisir un mot unique dans la liste et l'intégrer dans son  texte :

    "maison, anniversaire, rouge, bateau ou lundi"

     

    défi 200 : je me souviens

    le sapin de Noël

     

     

    Je me souviens, la pièce petite, les enfants autour de moi, deux fillettes aux nattes brunes, le père et la mère, le chat noir aussi. Sapin de Noël, orné de boules rouges, vertes, bleues et multicolores, j'étais à la fête, quoiqu'ayant un peu trop chaud. La petite Martine avait même accroché, seule, deux trois boules qui avaient roulé sur le sol, le chat avait sauté d'un bond pour la faire rouler.

     

    Je me sentais un peu à l'étroit dans le pot vert, mes épines sont vite tombées. Puis la fête des rois arrivée, la grande devenue reine, puis les boules, les guirlandes rangées. Et ce ne fut pas ma fin , la maman accompagnée des deux fillettes me planta dans le jardin, près du grillage. Je mesurai 1 m 50, aujourd'hui je suis un grand dadais aux grands bras ; pas loin de 15 m ..

     

    Les hommes ne se rendent pas compte comme ils courent vite, comme ils se rident vite, les oiseaux aussi, même s'ils reviennent d'année en année, ma mémoire n'arrive pas à se souvenir de leurs noms.

    Aujourd'hui, le soleil joue avec mes branches, aujourd'hui, les mésanges vont de branche en branche, les étourneaux adorent chanter, ressemblant à des notes sur la portée, aujourd'hui, je suis l'hôte heureux.

     

    Et ma petite famille, n'est plus celle des années 1970, elles se sont mariées et sont parties les gamines, ramenant plus tard avec elles, leurs poupons. La mère bienveillante accueillait les nichées joyeuses, le père un peu bougon avait un labrador noir et un panneau « chien méchant «  trônait devant la vigne. Les raisins noirs servaient à faire le petit vin du coin.

     

    La mère s'est éteinte, un cancer, les filles ont pleuré ; puis au fur et à mesure que le père avançait en âge, se déplaçant avec sa cane, venaient de plus en plus souvent. Son labrador mort, très attristé, un chat est apparu pour lui tenir compagnie.

     

    Et moi, je grandissais, mes branches s'étiraient. Le grand champ de blé avait disparu, une jardinerie occupait l'espace, une jardinerie avec des poules et des coqs. Le blockhaus, arraché, et la ferme disparue, garage, avocats, magasin d'électro ménager, avaient poussé comme des champignons.

     

    Puis à 99 ans, le papy a déclaré en avoir assez de vivre, il n'a plus mangé, s'est éteint en quelques semaines. Et la maison, inoccupée, et le jardin à peine entretenu, je grandissais, les petits sapins de Noël du jardin d'à côté étaient bien minuscules, à côté de moi.

     

    Je crois bien que c'est Martine la nouvelle propriétaire, tout a été refait, le chat est partie chez sa sœur Mariette. La grille a été changée, une nouvelle mangeoire pour les oiseaux a été installée, et juste quelques branches à ma base ont été coupées. Ils vont bientôt être à la retraite tous les deux. Je n'ai même pas 50 ans, je vais bien rester tranquille trente ans avec eux. Et surtout abriter tous les oiseaux du quartier : mésanges, verdiers, rouges gorge, rouges queues, merles, corbeaux, geais, pigeons, tourterelles et moineaux … Si vous saviez comme ils chantent tous si bien.

     

    Je me souviens et heureux, je continue à grandir, rejoindre mon ami le soleil !


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  • A la barre du défi 200 pour les croqueurs de mots

     

    Défi 200 pour les croqueurs de mots

    pour le premier jeudi en poésie : prendre un livre de poésie (un des vôtres, celui d'un poète préféré, d'une anthologie), ouvrir par hasard une page et mettre le poème sur le blog.

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    le livre d'or de la poésie française 

    contemporains de H à Z

    Pierre Seghers

    page 106

     

    Symphonie 1959 de Paula

    (extrait)

     

    Les mots du poème ont mûri comme de grands fruits ; voici le temps où nous les pressons

    dans un cellier aux couleurs de votre vie.

    Tel en sera l'alcool, le poids de légende au fond des flacons, tels nous serons au soir quand à la mi-lande

    le sergent de nuée dardera vers nous son éclair noir 

    la pierre des séparations.

    Bénissez mes mains sur ma vendange, bénissez ce vin malheur et joie et ciguë et caresse

    que tout encore vous soit dédié comme j'ai vécu,

    jusqu'à ma mort même.

    Rien n'a jamais compté pour moi que de boire votre présence votre absence

    et la nuit chaude et la nuit douce selon que vous me la donniez.

    La foudre elle-même plantée entre mes épaules m'a assoiffé de vous

    cette année où elle est tombée :

    tout un or étrange et fou maintenant jusque dans les racines 

    où je descends chaque matin me réinventer mon nom...

     

    Loys MASSON (1915/1970)

     


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