• Le réfugié (fin)

    Samedi matin, Durga miaule sur le toit de la maison. Le soleil est éclatant, le bleu aussi. La chatte, ravie, nous voit à travers le vasistas de la salle de bains.  Une belle journée s’annonce. J’ouvre la porte fenêtre de la chambre et met devant Vador. Il regarde un instant, puis sort, renifle les odeurs ; il est tranquille et d’un bond saute sur le mur du voisin. …

    Il est 10 heures ; du matin, ménage, changement de draps à gâteau de semoules aux raisins secs, de l’accueil de notre petit bouton d’or à chansons guillerettes et jeux bleu, vert, jaune, il sera absent le noiraud.

    Et à 19 heures, le voilà qui attend devant la fenêtre …. Il vient timidement et vite miaule en me voyant préparer les croquettes. Repus, il s’étale sur son coussin et s’endort au chaud, épuisé, vanné par cette journée au grand air.

    Ce matin, Vador a très bien mangé et hop … s’en est allé. Reviendra-t-il ce soir ? Certainement, l’adresse est trop bonne.

    Son histoire s’achève … une autre commence, celle d’un chat en cours de régularisation ….

    Laissons un peu le printemps approcher et je vous conterai ses nouvelles aventures, ou plutôt notre vie ensemble.

     

    Merci pour votre lecture patiente.


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  • Le réfugié (5)

    Vador, viens ! et il se lève de sa litière, comme un Romain, oui, comme un Romain de la Rome antique ; étirant d’abord sa patte, large ouverte, griffes dehors … je suis bien, semble-t-il dire ! un peu comme nous, lorsque nous nous étirons.

    Je souris, il vient et sort de la pièce. L’animal est en convalescence ; gite et couvert et sieste .. Pourtant, s’il veut rester, il doit apprendre à cotoyer nos autres compagnons. Il me suit et nous nous dirigeons vers la chambre. La chatte Durga somnole sur le couvre-lit polaire ; lui, va boire un peu d’eau dans le bol de nuit de la féline, et va sous le lit : non, même pas intéressé par la porte entr’ouverte. Et Durga saute par terre et s’aperçoit … aperçoit le grand noiraud. Shhhhhhh !!! et lui grrrrr ! Va-t-il y avoir un pugilat ? Tant pis je les laisse en face à face ..

    Pas de cri, pas de tornade, Durga s’est rendue près d’un radiateur et Vador, revient …

    Après ce sera une descente vers le bas où dort Djinnie dans son panier. Il va à petits pas, pas très à l’aise, jusqu’au moment où le chien gémit doucement … « je voudrais renifler le chat ! voudrais renifler ! » Elle reste tranquille ….

    Et Vador quitte la pièce, s’asseyant sur une marche d’escalier.


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  • Le réfugié (4)

    Vendredi est passé, il n’a absorbé qu’une ½ cuillère de crème fraîche … et encore, en lui en mettant sur les babines pour l’appâter … Et je me fais du souci, il n’est pas bon qu’un chat ne se nourrisse pas.

    Samedi matin, et je ne veux pas le gaver avec une pipette. Miracle, Olivier vient me dire qu’il avait mangé ce matin la petite cuillère de crème fraîche … la journée avance, et il ouvre sa gueule, et il lappe la crème mélangée à de la pâté, il s’attaque aux croquettes. Victoire, il mange … Nous applaudissons presque. Il va se rétablir, c’est sûr. Il vient autour de moi, et fait le gros dos, et se frotte . Il est bien, il miaule (une voix rauque éraillée par le mal de gorge). Nous découvrons ses yeux verts  … et si je lui nettoie deux fois par jour ses yeux, son petit museau, il fait moins vieux chat ;

    Nous pouvons lui donner un nom et selon son comportement et celui des deux autres animaux, il restera à la maison, retournera dans son errance s’il s’ensauvage ou ira à la SPA pour adoption.

    Donner un prénom est important. Au fond, c’est avoir confiance en sa guérison et son adaptation.

    C’est si important qu’Olivier et moi avons du mal à choisir. Tous deux avons nos préférences. Le prénom aura deux syllabes … voilà notre entente, pour le reste … chacun a sa liste et reste campé sur ses positions. Ah cela me rappelle le choix du prénom de notre fils ! S’il voulait d’Ulysse, moi pas du tout, c’était Nathan ou Baptiste .. bon c’est une autre histoire.

    Hier soir, un consensus semble trouvé : ce ne sera ni Popeye, ni Errol, ni Julius, ni Helmut, ni Cassius, ni Senghor …

    Vador …. Vous savez comme Dark Vador  (aussi sombre et tête imposante). Et puis Vador (en anglais Darth Vader , « Vader » signifiant « père » en néerlandais).


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  • le réfugié (3) histoire du présent

     

    Le réfugié (3)

    Jeudi, il est dans la salle de bains et je ne l’aime pas … chhhhhhhhhhhh ! et elle aussi, mon humaine. Je veux voir, je veux le voir, parole de Durga, elle m’ouvrira la porte. Djinnie, vient, tu m’aideras … et nous voilà ensemble… et la porte s’ouvre.

    Je rentre et méfiante, je me faufile et renifle son odeur. Pfff ! il n’est pas beau à voir. Il ne veut rien absorber ; ah le difficile, la pâté est bonne ici ! Djinnie s’approche et il ne dit quasiment rien .. à peine un grrr affaibli. Il essaie de marcher un peu, tout bancal qu’il est !

    Et ça y est la mamounette, nous prend et nous met dans le couloir !! Et le coryza cela s’attrape …

    Le soir, nous sommes bien à l’heure pour le repas et restons bien près d’eux. Et s’ils nous préféraient le mariol que je rencontre quelquefois dans les jardins dehors. Et son grondement rauque, je le hais … chhhhh ….

    Qu’il guérisse et ouste du balai !!


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  • Le réfugié (2)

    Au réveil, tous deux descendons voir le réfugié. Amorphe, il est dans un coin. Il n’est pas vaillant ; son œil semble mort … le deuxième tout voilé … Il s’est réfugié dans une étagère. Nous (Olivier et moi) lui aménageons une petite niche dans une boîte. La journée passe, il ne mangera rien, ne boira pas.

    Une copine nous remet des antibiotiques à administrer, deux par jour. Dans un rien de boîte pour chat, nous écrasons le cachet et laissons le tout. Et ce diable de chien pousse la porte et avale médicament et pâté … se léchant et reléchant les babines.

    Mardi, nous nous levons et aucune amélioration, sauf qu’il est étalé au milieu de la pièce et ne remue pas une patte en sentant la chienne … et rien de rien. Nous lui nettoyons les yeux, il est tout mou dans nos bras. Va-t-il vivre ou mourir ? La deuxième solution semblant plus que probable.

    Ce sont des temps suspendus, ces heures, ces jours où la vie ne sait plus trop si elle doit continuer ou laisser  l’ange de la mort prendre dans ses bras, le grand malade. Cela me rappelle d’autres moments, d’autres lieux, des vies d’aimés partis dans l’insondable ciel.

    Mercredi au réveil, ce n’est plus possible et nous prenons rendez-vous chez le vétérinaire. 17 h nous dit-il ! Le chat errant (pas de tatouage, ni de puce, pas stérilisé) est si mal en point qu’il lui donne dix ans au moins .. et lui ouvrant sa grande bouche implantée de toutes ses dents … il rajuste son estimation : entre 5 et dix ans. C’est simple, il faut le piquer (antibiotiques, anti-inflammatoires pour 14 jours), le réhydrater et il doit manger … C’est un fort coryza et peut être sida du chat… Retour à la maison, changement de pièce ; il monte à l’étage à la salle de bains plus chaude et tous deux, préparons lit, litière, eau et nourriture.

    Et dire qu’il nous a demandé comment nous l’appelions : simplement « chat » ; peut on donner un nom à quelqu’un d’étranger, dont on ne sait pas si demain il sera encore là. Le garderons-nous .. ? plutôt Djinnie et Durga l’accepteront-ils ? Djinnie est si vive et si décidée qu’elle effraie souvent chats et petits enfants. Durga, ici, c’est chez elle et elle sait cracher. N’a-t-elle pas délogée un précédent réfugié qui horrifié est reparti …


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