• Mon mari a une maîtresse

     

    Mon mari a une maîtresse

    Belle, je ne sais pas,

    Présente, oui, un, peu, beaucoup.

    Il souhaiterait la dompter

    L’apprivoiser, la dominer !

    Il rage, il rue, il éructe.

    L'air est secoué 

    de spasmes électriques.

    L’indomptable se retape

    La face. Son adolescence

    Flamboyante l’hérisse.

    Il la menace,

    La gronde, la fesse,

    Rien n’y fait.

    La sorcière rouge

    Mène la danse.

     

    Sans corps, sans âme,

    Sa toile l’englue.

    Il en veut et n’en veut plus

     

    Mon mari a une maîtresse

    Elle le  tient en laisse,

    C’est l’amour-haine.

    (vous la connaissez,

    c’est  la toile et aussi windows10 l’envahissant, destructif,

     et toutes ces applications, mots de passe, cookies..)


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  • Se rendre au salon du livre d’histoire pour voir des livres, rencontrer des auteurs, acheter peut-être un livre pour offrir à Noël sur les lignes de chemin de fer ou les anciennes usines. La salle ronronne ; en quelques années, le salon est connu, les visiteurs nombreux.

    Regarder les couvertures, les titres, lire la 4ème de couverture et avancer vers la personne suivante. Car un livre, avant d’être un objet aux pages frémissantes, est une personne, un auteur. En levant les yeux, je rencontre cet autre « écrivain ».

    Certains discutent, celui-là me fait rire en se targuant d’être psychiatre pour wouah ! wouah ! Il me conseille même de susurrer à l’oreille de Djinnie un poème ! Il rit, enchaînant les jeux de mots à une vitesse de bolide sur l’autoroute. Qui croirait qu’il vend des livres de poésie, sur les femmes, sur la foi (symphonie à la foi) ! A côté, une femme à l’allure paisible, la laissant paraître « ex » bonne élève d’école privée, studieuse, appliquée, attentive. Elle surveille ses bébés, trois forts gros romans relatant les aventures d’un vétérinaire à Metz au XVIII ème siècle.

    Je vais de livre en livre, tout comme Olivier, chacun à son rythme. Lui, discute avec un ancien diplomate, vingt pays au moins où il fut en poste, ex prof de fac. Mon mari est admiratif, redevient le jeune homme épris de Corto Maltèse.  Ces deux-là parlent d’âme à âme.

    Mon tour est achevé, mon choix fait, le psychologue pour wouah wouah me reconnait. Je choisis son recueil de poème « symphonie à la foi ». Lui qui sonde l’Insondable dans ses poèmes intimes fait le clown pour ne pas dévoiler son âme. Tout en m’abreuvant de mots loufoques, il m’écrit une dédicace.

    A côté, je vois les yeux de la mère au vétérinaire aventureux du XVIII ème siècle. Son regard est triste presque mélancolique. Comme chaque auteur ou presque, elle attend de vendre au moins un livre, peut être deux ou trois ou plus. Personne ne sait, comme elle, l’amour donné, le temps aussi à écrire ces histoires. Elle n’est pas révoltée par l’injuste choix des éditeurs qui pour vendre (vivre ou survivre) recherchent  ce qui attire le lecteur vu surtout comme un consommateur.

    Les biographies de personnes en vues, même une ex.  Daech ou une étoile du cinéma ou de la chanson, écrits par des journalistes ou écrivains se vendant si bien, font du tort aux êtres dont leur livre serait bien meilleur à mettre entre les mains d’un lecteur.

    La bienveillante dame montre son livre comme on présente son enfant bien-aimé. Olivier m’a offert le livre de poèmes édité chez Edilivre qui est plus un imprimeur qu’un éditeur.

    J’achète le premier tome des aventures messines. L’écrivaine est contente. Peut-être comme son voisin, mettra-t-elle un bâton ou croix pour indiquer l’achat ?

    Ce soir, elle pourra peut être annoncer à son conjoint :  « j’en ai vendu  5 ! et  j’ai échangé avec des visiteurs sympathiques. Même avec un couple et leur petit chien noir si vif. L’an prochain, je participerai à nouveau à ce salon. »


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  • Retour de vacances

    ou le hasard nous mena à Chabeuil

    (pour Gazou)

     

    Sur l’A7, les feux clignotaient, les voitures faisaient l’escargot

    Alors, le chauffeur bougonna

    Une sortie et à nous la nationale pour Valence

    A peine plus loin, les véhicules jouaient à la queue leu leu

    Alors, le chauffeur râla

    Au rond-point, s’imposa la jaune Bis Marseille Lyon

    retour de vacances

    Presque seuls, nez au vent, Crest à l’horizon

    Nous filions tout joyeux et… devant nous un tracteur

    A son allure 50 maxi titillait la voiture bleue

    Alors, un panneau vantant les produits du pays

    Nous suggéra de s’arrêter pour oublier le bien lent.

    Ail pour moi,

    Ail pour elle,

    Echalotes en plus.

    Sourire aux lèvres, nous repartimes,

    La voiture jouait avec les kilomètres

    retour de vacances

    Et… rejoignait le véhicule aux grandes roues

    Alors, le chauffeur eut soif

    A Chabeuil, ce fut panaché, limonade

    Et café s’il-vous-plaît.

    retour de vacances

     


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  • Sous son parapluie noir,

    Petit vieil homme, il avançait sous la chaleur.

    Aujourd’hui, il était dehors,

    C’était si rare désormais.

    Dans ce lointain hier, il l’avait épousée,

     Et ensemble, traversé les rivières longues et calmes,

    Qui, certains ans, s’échappent de leur lit

    Et recouvrent tout, même l’espoir.

    Elle était de ces fleurs douces, aux pétales blanches,

    Au cœur jaune qui se balancent au vent de la tendresse

    Accompagnant son époux enseignant toujours plus loin.

    Et un jour, un mot s’était envolé,

    Puis deux, puis trois, elle nous reconnaissait encore

    Et souriait

    La sarabande était devenue plus vive, et lui, homme âgé,

    L’accompagne durement dans ces jours embrouillés,

    Où elle lui dit parfois « vous ».

    Cette maladie d’un nom de médecin allemand

    Croque le cerveau, parcelle après parcelle,

    Croque le cerveau et puis s’en va …


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  •  

     

    Dans la salle d’attente,

    Un vieux Gala, un antique Femme Actuelle sur une simple table

    Et sur la chaise minuscule, un jeune garçon triait les revues.

    Il parlait une langue inconnue, une langue pas pointue,

    Ronde, pareille aux galets dans la rivière tarnoise.

    Son père, sur le Smartphone, regardait une vidéo.

    Musique qui faisait bouger, musique mixée de sons anciens

    Et sons discos.

    Peut être étaient-ils gitans ou roumains ?

    Il  y avait aussi deux hommes,  venus de loin

    Turquie ou Arménie.

    La salle d’attente était un monde rond et poivré.

    Vue sur les immeubles des années soixante dix

    Tapis rouge et or à la fenêtre

    Pour déconstruire la géométrie des lignes

    Pour chanter le ciel d’un entièrement  bleu.

    Dans la salle d’attente,

    Le médecin piochait ses patients, déjà un peu

    Mélangés d’avoir attendu ensemble.   


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