• Bouton d'or

     

    Je lui ai appris

    ce qu'était un bouton d'or

    jaune, gracile,

    se tendant dans l'herbe haute

    et elle filait

    avec moi, avec Djinnie

    au rythme du temps.

    Je lui ai appris

    ce qu'était un bouton d'or.

    Les moustiques piquaient

    Anaïa apercevait

    le toboggan au loin.

    J'étais heureuse,

    le bouton d'or jubilait. 


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  • Quotidien

     

    Dans le quotidien

    des nuages

    des rues bruissantes

    et de l'âge en avant,

    je me pose.

    Le feu n'est plus follet

    le feu est assourdi,

    souple, lent, braise

    dans le quotidien 

    des coquelicots

    des silences bleus.

     

    J'avance

    à pas menus.


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  • Les coquelicots

     

    Les fleurs, "rouge",

    cette teinte incendiaire,

    se balancent

    sur leurs tiges poilues.

    Le bal des bourdons,

    abeilles, guêpes,

    infinis insectes

    est d'un tel feu

    flamenco,

    flamenco ininterrompu

    d'un tel feu

    qu'ils nous fouettent 

    le coeur !


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  • Signe

     

    A mon cou,

    poser la croix christique,

    Sur ma tête,

    un voile simple, court,

    Sur mon corps,

    un vêtement couvrant.

    Quel signe

    pour dire, proclamer, chanter

    ma foi ?

    Me raser le crâne

    porter la robe ocre

    ou bien

    sourire tout simplement

    un signe de reconnaissance

    sourire à l'humain,

    aux amis, aux chats,

    aux syrphes, au ciel.

    Sourire et partager,

    notre humble vie ! 


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  •  

    Et ce mai 68 fut dans ma vie, la période la plus idéalisée, la plus exubérante, la plus intense.

    A la maison, les parents écoutaient avec intérêt, la radio et nous avions des discussions passionnées. Et la grève commença à Sollac, papa faisait partie du piquet de gréve ; il était joyeux de dire que l'usine continuait à tourner, qu'ils entretenaient les machines. Des visites furent organisées pour les familles ; première fois, que nous nous rendions sur son lieu de travail à une dizaine de kilomètres de l'immeuble.

    J'ai assisté à quelques défilés avec parents et frère et sœur. Papa était communiste et abonné à l'Humanité. Il était chaud ce mois de mai et peut être pensais je que les temps meilleurs arrivaient. Pour moi, la société communiste était une communauté fraternelle comme celle que le Christ prônait. Chez les sœurs, bien sûr, pas question de faire grève. Beaucoup d'élèves étaient absentes, grèves des bus et c'était un plaisir d'être un petit nombre.

    Puis un jour, je voulus faire grève comme les grands, comme ceux des lycées publics. Maman et papa me donnèrent l'autorisation, je restais à la maison et faisais mes devoirs, car maintenant, que mes notes étaient bonnes, je ne voulais plus connaître l'incompréhension qui mine le dernier de la classe.

    Et en classe, nous devions faire un exposé, c'était mon tour, je choisis de traiter d'un article paru sur l'humanité et bien, sans problème, rouge et enthousiaste, je parlais devant la classe.

    Un jour, nous partîmes avec les amis de mes parents pour la Meurthe et Moselle. Leurs amis avaient une sœur qui hébergeait des étudiants parisiens (les cachaient même). Cela avait un côté excitant et là bas, il échangèrent avec passion. Le monde étudiant m'était totalement inconnu, ici, les enfants soient prenaient la voie de l'apprentissage ou souvent pour les enfants des usines, préparaient un CAP (leur ouvrant une embauche à l'usine, surtout pour les garçons passant un CAP industriel). Et Paris, c'était loin, si loin, d'ailleurs j'attendrai encore au moins 10 ans avant de découvrir la tour Eiffel et le métro grâce à une copine, devenue présidente de la JOC.

    Par la suite, un des étudiants réfugiés en Meurthe et Moselle écrivit un film «rude journée pour la reine » avec Simone Signoret inspiré de la vie de la sœur de nos amis, femme de ménage.

    Puis il y eut des accords signés, des changements politiques, les vacances où je découvrais pour la première fois l'Ardèche. Les salaires furent augmentés, le temps de travail diminué. A l'époque, ceux qui travaillaient dans les magasins, les restaurants travaillaient beaucoup plus que les fonctionnaires. Au moins 4 heures de plus par semaine. A l'école, on ne mit plus de blouse, bientôt les garçons intégraient l'établissement, les religieuses ne portèrent plus de voile, s'habillèrent civilement, et allèrent chez le coiffeur pour une permanente. Les pantalons autorisés … et bientôt plus de cours le samedi après midi …

     

    C'était avant, j'étais encore une enfant.


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