• En cela , je veux bien croire, en un Dieu qui ne serait ni vengeur ni batailleur ; en un Dieu des forêts et des champs, en un Dieu du soleil et du vent, en un Dieu qui serait prêt à m'aimer si j'aimais à mon tour sa Création, si je respectais la Vie et la Nature. Il doit avoir un regard bien sévère à l'égard de cet animal conscient de lui-même et qui gesticule, si plein de sa propre importance. En mes matins sur le causse, c'est à cet Eternel-là que je pense, en un Dieu fait arbres et forêts, chevreuils dans la lumière rasante de l'aube, murs de pierres sèches et collines taillées à la lumière des siècles. Il me parlerait presque, ce Dieu-là, dans la beauté d'un lever de soleil ou dans la voûte étoilée aux myriades de galaxies. Alors, lorsque le calme vient, et que je ferme les yeux, je m'entendrais presque remercier le Seigneur de Calvignac.

    Guillaume DE FONCLARE

    Ce nom qu'à Dieu ils donnent


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  •  

     

    Les herbes du jardin sont aiguisés par le soleil. Le vent passe sa main dessus pour en éprouver le tranchant

    Ma vie de jeune homme fut un sommeil à peine troublé par les rêves des livres. J'aurai pu devenir une légende chez les chats.

    Le vent s'éloigne. Les herbes feignent l'immobilité.

    J'aurais voulu vivre et écrire comme un nuage. C'était mon ambition, idiote comme toutes les ambitions.

     

    Christian BOBIN

    La muraille de Chine


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  • Il faut se lever, plusieurs fois dans la nuit, pour faire téter la bestiole. Savez-vous à quel point il est dur de sauver quoi que ce soit ? Ema s'y applique avec dévotion. Elle fait ça très bien. Dans une vraie harmonie entre ce qu'elle est au fond d'elle-même et ce qu'elle construit. Certains humains sont plus doués que d'autres dans ce domaine. Certains sont faits pour pour accomplir. D'autres pour détruire. D'autres pour sauver. Mais la plupart des humains ne sont pas faits pour quoi que ce soit. Ils sont là, beaux et inutiles comme des anachronismes. Comme des cheveux sur la tête d'un caillou. Heureusement, certains d'entre nous sont des anomalies capables de tendresse et de curiosité. C'est ce qui fait que rien n'est écrit. Et qu'un rongeur rose et aveugle peut prétendre à la vie. Malgré les chiens. Malgré l'hiver.

     

    Thomas VINAU

    Ici ça va


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  • Pour mon frère Christian, grand amoureux de musique

    grand amoureux de la vie

     

     

     

     

    Concerto pour violon en ré majeur de Beethoven, troisième mouvement

     

    "J'ai beau avoir joué ce concerto des centaines, voire des milliers de fois, je n'ai jamais compris comment Beethoven avait pu commettre, dans cette oeuvre aussi parfaite, une erreur que même un débutant aurait évitée : finir la cadence du dernier mouvement sur un fa bécarre. Même un idiot se rend compte que cette note est trop éloignée du ré majeur pour être harmonieuse. 

    Pourtant, il a écrit ce concerto à une période heureuse de sa vie, quand il n'était pas encore sourd. Sa surdité n'est apparue que des années plus tard. La raison, c'est qu'il ne cherchait pas la perfection. Il voulait seulement exprimer la vie. Et la vie, c'est l'imperfection."

    Dai SIJIE

    l'évangile selon Yong sheng

     

    C'est seulement maintenant que je comprends ce qu'il a voulu dire.

    Il parlait de moi, ce sale gosse. Il disait : "Grand-père, les derniers instants de ta vie seront détonnants, comme la dernière note du concerto de Beethoven. Mais, c'est par ce que d'aucuns pourront considérer comme une erreur que se révélera la beauté de ton existence."

     

    plus d'informations sur ce livre poignant

     

    Je vois la gousse s'agiter sous le souffle du vent. A l'intérieur, une graine sautille, se détache de l'aile membraneuse et s'envole nonchalamment. Elle exécute une cabriole éblouissante, puis danse dans l'air en flottant, portée par la brise. Elle ne semble pas pressée de trouver un point d’atterrissage. Elle plane dans le ciel bleu, sans réel objectif, fine et éblouissante comme un grain de sel.

     

    Si Dai Sijie a pu, comme son aïeul persécuté, se libérer du besoin de vengeance, il le doit à ce grand-père qui, par son exemple, lui a démontré la puissance du pardon. « Il m’enseignait que tout être humain avait une âme, quelque chose de plus grand que l’esprit, de plus intime que le corps. Cette croyance soutient toute ma vie. J’ai aussi écrit ce livre pour témoigner de l’existence de l’âme. »

    (extrait article LA CROIX)

     

     

     

     

     

     


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  • poème-dessin pour mamie / Anaïa (4 ans et demie)

    pour mamie Andrée (poème dessin de Anaïa)

     

    mamie regarde,  c'est l'histoire de la famille tigre, tu vois, j'ai dessiné les tigres avec des rayures et des points.

    Là, papa tigre (le plus grand), il veille

    en dessous, maman tigre et tous ses petits

    un, deux, trois ... et 6

    (la mamie rajoute ; à gauche de mamn tigre,  à mon avis c'est Anaïa la grande soeur tigre)

    et les traits verticaux, c'est la pluie, mamie, c'est la pluie.

    Et dans les pommiers, des pommes, beaucoup de pommes

    et les arbres sont striés.

    Dans le ciel , au-dessus de la pluie, près du soleil,

    tous les papillons.

    Et les petits triangles, et les petits carrés,

    c'est pour faire joli mamie.

    Tu veux que je te redise mon poème, mamie !

     

     

     

    poème-dessin pour mamie / Anaïa (4 ans et demie)


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