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    Métro – ligne 4 – station Saint Sulpice – vendredi 17 h

     

    Les gens s'entassent, station après station. Ils sont plus proches qu'avec leurs proches. En premier, entrer, trouver une place debout, se tenir à une barre, se caler dans un coin. La rame tortillonne dans le long tunnel. Prenant de la vitesse, décélérant. Prochaine station, plusieurs sortent, en entrent plus nombreux. Une femme à l'âge de la retraite, gilet aux losanges blanc et noir, queue de cheval blanche, partage « si une bombe explosait, là, maintenant ! Que de ravages » et poursuit « je n'ai pas peur de mourir ! ». Rame suivante, des hommes, 3, blousons en cuir, descendent pour permettre de sortir et reviennent. Un homme noir, athlétique, cherche à se caser sans écraser les pieds de quiconque. Ma voisine, Marianne possible, peau blanche, cheveux blonds, yeux bleus, tailleur bleu France, se colle davantage pour qu'une voyageuse, une étrangère, anglaise, américaine, 50 ans peut-être et rayonnante, peau noire, avec son sac sombre aux fleurs rose fuchsia puisse rester debout. Elle murmure quelques mots assourdis par le bruit. Plus loin, mon amie sourit, un rien séparées par plusieurs personnes dont une femme trapue au visage basané, peut être femme du voyage, maintenue par son mari. Station suivante, les Halles peut-être, Marianne descend, d'autres aussi, s'installent des étudiants aux traits poupins avec leurs sacs chargés qui se préparent à rentrer en Province chez papa et maman. Nous nous habituons à voyager, de façon si compacte, devenons un moment des compagnons. Station gare de l'Est, il faut bien 2/3 minutes pour que tous descendent. Une jeune enfant, deux ans peut être, dans les bras de sa mère d'origine africaine, sourit. Elle est ravissante avec ses multiples chouchous dans ses cheveux crépus. Beaucoup lui font au revoir. Gracieuse, elle  nous salue de sa petite main. Il est temps de suivre la longue file, torrent impétueux jusqu'aux quais de la gare.

     

    Nous sommes tous vivants !


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  • Vacances

     

    Etre au milieu des arbres

    proche d'une rivière dansante

    au milieu des cigales

    au milieu de l'air

    au milieu des oliviers 

    bordés de montagnes.

    Imprégnée d'histoires

    de cordonniers*

    et de Romains.**

    Sans rêve particulier

    marcher sereinement

    un rien en sueur

    et revenir..

    bourdonnement des voitures

    pelouses tondues

    maison sentant le renfermé.

    Se souvenir ...

    être au milieu des arbres...

     

     

     

    * au village de Sahune au XIXème siècle environ 75 cordonniers confectionnaient les chaussures commandées sur les marchés. 

    ** pas loin, traces d'une route romaine


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  • piaillements ininterrompus

    bruits d'ailes et de becs

    la meute

    criaille

    peut être partage injuste

    de mirabelles mûres.

     

    sur le châle soyeux,

    Durga guette !

     

    un chat est venu, MIAOU !

    les étourneaux se sont égayés.

     

    Silence

    Durga dort !

     

    août 2018


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  • bleu

     

    Bleu porcelaine

    bleu lavande

    mon regard

    se prend dans le sien

    intense

    si profond, si abyssal.

    L'enfant est jeune

    en poussette encore

    même si les 3 ans sont là.

    Si remuant, vivant

    il n'a plus d'âge

    moi non plus.

    Nos âmes ont partagé

    l'éternité.

     

    août 2018

     


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  • lune

     

    l'une et l'autre

    moi et la lune

    rouge, rouge sang

    ma soeur d'âme

    céleste lumière

    Séléné

     

    et vaillant, veillant , au bas du ciel,  mars.

     

     


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