• Nous les avons rencontrés sur la jetée à La Tranche sur Mer. Le coucher de soleil bat son plein, il a sur ses genoux, un apn, clin d'oeil, moi aussi et sa femme à côté (ressemblant à une amie, joie de vivre et douceur) . Tout de suite, ils nous ont reconnus, notre caravane est à 100 m de leur mobile home avec une rampe spéciale. Dans son fauteuil roulant, un vrai petit bolide qu'il utilise facilement. Depuis plusieurs années, ils logent au camping quelques semaines . Vite, ils nous expliquent, le camping, les enfants qui ont succédé aux parents, la ville à côté et nous papotons. Son fauteuil a été payé de ses deniers, quand il a expliqué au contrôleur sa nécessité pour suivre sa femme à vélo, être ensemble, quoi ! L'administratif a refusé, il avait déjà une voiture spécialement aménagée. Que diable, simplement désirer vivre avec sa femme comme avant ! et l'autre n'a pas compris. Et comme Olivier, le matin, et même l'après midi, il part en promenade solitaire et d'autres moments, il suit sa femme en vélo, à moins que ce ne soit le contraire. 

    Tous deux sont Normands et le lendemain, il me montre ce qu'il réalise. Des maisons-nids, des maisons à la façade normande, à colombage. Des maisons nids qu'il assemble et peint durant l'hiver, dans son petit chalet installé au bout du jardin. L'été, il découpe toutes les pièces. Les nids sont pour les mésanges, il a préparé le trou à la bonne taille. Puis il s'installe pour le vide grenier et les vend, peintes ou non, comme chacun veut.

    Du bruit, le voilà qui descend la rampe d'accès. Tous deux s'apprêtent à se rendre au marché.

     

     

     


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  • Après une quinzaine de kilomètres de déviation, dans une campagne calme, et un peu de fatigue, nous choisissons de passer la nuit dans un tout petit camping 1 étoile. Le cadre est bucolique, un grand étang, des arbres et seuls quelques camping car et caravanes. Bien sûr, Olivier choisit de se mettre face à l'étang. Les libellules vont et viennent. Il sort son petit avion radiocommandé, même pas 50 centimètres de long et vite il est rejoint par le camping cariste à gauche de notre caravane. Grand, sympathique, retraité, il partage vite avec Olivier ; plus jeune, il réalisait des maquettes à grande échelle d'avions qu'il faisait voler. Les hommes parlent et Olivier sort son jouet favori, un drône de 800 g avec lequel il réalise de belles photos. Et l'homme devient plus disert, son fils déjà a survolé l'étang et le village. Le sien, plus grand, plus puissant. Et le voisin nous parle de son épouse atteinte d'un cancer de la cornée, et de lui qui a besoin d'un respirateur la nuit. Leur camping car a spécialement été aménagé en Allemagne : leds dans les placards, puissance adéquate pour le respirateur suivi directement par l'hôpital. 

    Il s'installe près de nous, et poursuit, il était musicien, a fait Woodstock, maintenant c'est fini, mais il continue à animer des stages pour les jeunes ; il raconte, raconte puis soudain, nous confie nous ne voyons plus notre fils depuis 3 ans. Il a fait le choix de la famille de son épouse. De la peine qu'il surmonte, mais de la peine quand même.

     

     


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  • Je suis à sec

    Mon personnage se fige

    Les mots pour décrire,

    maison, auto, vélo

    pour dialoguer,

    Vendredi, étiez-vous là ?

    Mon personnage se fige

    Je m'assois, il est muet.

     

    Avez-vous songé à le nourrir

    de votre vie, des pruniers en fleurs ? 

    Peut être a-t-il de la peine !

    Ou souhaite-t-il un autre chemin ? 

    Demandez-lui intimement

    N'est-il pas un peu vous ? Il répondra.

     

    Agab (04/19)


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  • Rose

     

    Enfouir son nez

    dans le coeur de la rose

    blanche, douce, franche.

    Fondre, se dissoudre

    dans sa fragrance

    chair, âme, grâce.

    Oublier la personne

    dans l'éphémère

    parfum de la rose.

     

    Agab (06/19) 


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  • Réconfort

     

    Ensemble, être peinés,

    partager, dire des mots

    ensablés dans nos cœurs.

    Nos proches malades

    d'une maladie vicieuse

    trompant leurs neurones

    et nous, sans savoir

    pour les dépêtrer.

    Hors de notre monde

    et des codes habituels

    dégoulinant sur leurs faces.

    Partager, dire des mots

    s'échappant par vagues,

    prier, s'embrasser

    et repartir sans miracle.

    Juste être bien ensemble

    à recoller les morceaux

    de nos coeurs abîmés.

     

    Agab (01/19)

     


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