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    Entre louve et chatte 

     

    Quand le mal faisant

    boum, boum et boum

    Alors, le sang montant à la tête

    Les crocs pointent, déchirent.

    La louve efflanquée se révèle,

    Brisant d'un coup, la culture,

    La sociabilité, l'empathie.

    J'ouvre la gueule et hurle.

    Seule, la chatte me comprend

    Elle, qui réveillée brusquement

    doit quitter ma tendre chaleur.

    Ses yeux fous se fixent,

    Les griffes se déplient,

    Ach... les crocs lacèrent !

    ...

    Et l'instant suivant, me lèche

    mon amie de sang.


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  • défi 184 proposé par Martine 

    Jeudi 20 Avril : la fin

    (au sens général du terme ou plus précisément la fin de quelque chose)

     

     

    FIN

     

    Pour en Finir

    alors que les arbres verdissent

    que les centrales pourrissent

     

    Pour Imaginer

    ce moment suspendu

    où le souffle disparaît

     

    Pour la Nommer

    cette mort, point final

    cet arrêt de trépidations

     

    J'ai regardé la poussière

    danser dans la lumière

    Et j'ai su

    que fragment d'éternité

    je serai.


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  • J'irai voter

     

    J'irai voter

    traversant les rues

    saluant mes concitoyens

    J'irai voter

    Liberté acquise

    après tant d'ans, soumise

    Je voterai 

    pour un imparfait

    candidat

    troubadour sillonnant

    la France multiple.

     

    Mon vote

    sera pour un humain

    frère des hommes fragiles

    frère bienveillant et pacifique

    de la Terre et de ses vivants.

     


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  • Au printemps, il est bon d'élire un président

     

    Le soleil tirait vers lui

    les herbes tiges longilignes

    les pissenlits, un, dix, cent,

    Marine, Benoît, Jean-Luc et les autres.

     

    Elle avait mis une rose bleue

    à son corsage

    François, à sa Pénélope,

    offrirait peut-être une jonquille.

     

    Emmanuel priait son aimée

    de lui lire Rimbaud

    Dans son jardin du Gâtinais

    Jean-Luc peignait le bonheur.

     

    Ils  couraient, discouraient,

    ils allaient de Lille à Nantes,

    train, avion, etc...

    Benoît voulait un monde bleu.

     

    A voir tous ces bourgeons

    A sentir l'odeur fraîche des champs

    Je me demandais quel serait

    celui qui nous présiderait ?

     

    C'était le grand barnum

    Mélis-mélos de toutes sortes

    Ne t'en fais pas dit le printemps

    Je saurais les éveiller !

     

     

    Au printemps, il est bon d'élire un président


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  • Longue migration

     

    Dans la rue grise, nuages en formation serrée, asphalte, arbres, saules et autres, garages, immeubles à peine clair, nous avancions Djinnie et moi. J'avais pris un chemin légèrement différent longeant la poste en travaux et rejoignant les immeubles « Bergson ». La chienne trottait vivement. Et devant moi, une famille s'avançait. Le père et une poussette au bambin bercé par le rythme bienfaisant, un garçon, une fille, l'un et l'autre courant, s'amusant, la mère au pas tranquille.

     

    Plus j'approchais et cet homme à l'embonpoint certain, à ce sourire dont peu à peu, je me rappelais l'origine, l'histoire. Face à face, enfin, nous nous souvenions de toutes ces années d'avant.

     

    « Vous vous rappelez, me dit-il, à l'église ! »

    « Oui ! Je me rappelle. » Dans ma tête, cela fonctionne à vitesse sidérale, les connexions se font.

     

    Dans les années 2000, je l'ai connu, quêtant devant un magasin d'Aldi. Comme toujours, un peu dérangée par ces personnes demandant une pièce, insistant fortement. Avec lui, rapidement j'avais sympathisé. Tout son être respirait bonté, douceur, amitié. Il avait quitté la Roumanie, espérant un travail et ensuite, faire venir femme et enfant qui résidaient dans un immeuble délabré. Il montrait avec fierté, la photo de sa fille.

     

    Le gérant de ce magasin discount, lui offrait contre quelques travaux, de la nourriture et pour se loger, une caravane. Le problème, à l'époque, était que seuls les Roumains munis d'un visa « travail » pouvaient occuper un emploi.

     

    Dans son pays, il regrettait de n'avoir suivi aucune formation. Il avait uniquement cette foi de réussir à s'intégrer. A chaque rencontre, il parlait un peu mieux le Français. Les gens l'appréciaient et souvent discutaient avec lui, moi aussi, et certains lui apportaient de l'eau pour sa caravane et des vivres.

     

    Les années passaient, bien une dizaine, et régulièrement je le revoyais au marché ou devant l'église. Il allait entre la Roumanie et la France. Puis il fit venir femme et enfants. Dans sa caravane, ce n'était pas simple, régulièrement, des personnes de la ZUP, venaient tirer sur le terrain. Puis certains hivers furent rigoureux. Et les bouteilles de gaz coûtaient bien cher.

     

    Et, depuis, plus d'un an, je ne l'avais pas vu.

    « Je suis protégé par le ciel ! » me confia-t-il en le montrant du doigt. Aujourd'hui, ils étaient ensemble, ses 5 enfants, son épouse, calmes, confiants. Un appartement en HLM leur avait été attribué, un travail en CDD qui se terminerait bientôt, mais maintenant, il pourrait retrouver un autre emploi, ou une formation, ou pointer au chômage.

     

    Tous deux, avaient suivi des cours de Français. Ils étaient bien ici, ils étaient chez eux. Ils l'avaient gagné de haute lutte, le droit de vivre ici. Ils respiraient le bonheur tranquille, simple.

     

    Nous partagions ensemble cet heureux temps. Bien sûr d'autres difficultés les attendraient, les enfants, la santé, le travail ! Cependant, aujourd'hui, ils étaient satisfaits ! Moi aussi d'ailleurs, de partager leur bonheur.


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