• Février est un mois d'anniversaire important : papa et maman sont nés le 3 pour l'un, le 10 pour l'autre. Tous les cinq sommes d'une période astrologique sous l'influence de l'air : 3 verseaux et deux balances. C'est l'hiver, il fait froid mais le port du pantalon est interdit chez les religieuses ; seule la sœur infirmière, petite sœur ronde et douce, penche pour le vêtement qui protège les genoux. Le pantalon pour elle c'est idéal. Deux élèves de ma classe vont être exclues pour jupe courte ? Ou pantalon ? Il faut dire qu'elles sont majorettes toutes les deux et remportent beaucoup de succès dans notre classe.

     

    Nous portons un tablier sur nos habits et nous pouvons choisir la couleur. Vert peut être ce tablier alors qu'au lycée de filles, le rose est de rigueur et au lycée de garçons, le bleu bien évidemment. Que la température soit douce ou glaciale, en hiver, nous sortons faire une promenade le dimanche. Nous longeons les immeubles pour ensuite marcher sur les rives de la Moselle. Quelquefois, nous râlons ma sœur et moi, derrière les parents. Cela me rappelle quelques adolescents d'aujourd'hui !

    Pas de mémé et pépé sur place, ni tonton, ni tata, ni cousin, ni cousine. Mes grands parents maternels habitent la Haute Loire et nous les voyons en été avec un séjour sur place pour l'une d'entre nous une année sur deux. Les parents des papa sont décédés. Notre famille ce sont les amis des parents avec leurs enfants d'à peu près nos âges. Me marier avec Olivier d'une fratrie de 5 enfants, avec 3 grands parents est une grande joie.  En classe, nous apprenons que les directeurs des Nouvelles Galeries ne restent pas plus de 5 ans dans une ville. Ainsi, ils ne créent pas de réseau familial et sont tout à leur travail. C'est inhumain. 

    Si ma fille a joué avec une poupée barbie dès l'âge de 5 ou 6 ans, à cette époque, la première barbie a été offerte pour mes douze ans. Et nous recevrons pour les Noëls suivants une nouvelle tenue. Ma poupée avec des cheveux courts, blond cendré. Celle de ma sœur me semble plus jolie avec sa longue chevelure blond, blanc. Nous leur faisons même des habits. Dans la chambre, nous nous réservons chacune un coin – elle près d'une étagère où elle range ses habits et elle se fait une sorte de tente. Pour moi, c'est sous la table en formica rouge, celle de l'ancienne cuisine et maintenant, au cellier. Des heures de jeux...

     

    Papa parle beaucoup politique, il est de gauche, communiste aussi. Des noms fusent : Jacques Duclos, Gaston Deferre, François Mitterrand, Charles de Gaulle, Georges Pompidou, peut être aussi Claude François, le chanteur préféré du petit frère. A l'époque, pas de Beatles, pas de Rolling Stone, à la maison, nous écoutons exclusivement français.

     

    Nous vivons à un rythme moins rapide qu'aujourd'hui. Un manteau, je le porte tant qu'il nous va, ensuite c'est ma sœur. A cette époque, il y a les habits de semaine (mis deux à trois semaines de suite) et ceux du dimanche. Pas de douche régulière, de temps en temps un bain dans la baignoire sabot. Chaque samedi durant les informations, ma sœur et moi prenons un bain de pieds. Un seau ou une grande bassine, de l'eau chaude et plutôt que de se laver, on fait trempette, on rit et on rêvasse. Nous suivons ce que les parents nous dictent même si eux, trouvent que nous ne sommes pas toujours obéissantes.

     

    C'est un temps où nous allons à la messe chaque dimanche pendant que maman fait le repas (toujours un bon repas avec un dessert confectionné maison, même si très simple, je me souviens de ses quenelles avec une sauce tomate et des champignons en boîte, un délice, comme les pommes de terre sautées, pas du tout sautées comme celles de la maman de mon mari : que de discussions à ce sujet !) Bref, les meilleures sont celles de nos mères respectives.

     

    Et nous suivons les jeux olympiques avec passion. Jean Claude Killy gagne 3 médailles d'or et Marielle Goitschel, l'or pour le slalom...

     

    Jeux Olympiques / Grenoble – Jean-Claude KILLY 3 médailles d'or – Isabelle Mir – Annie Famose – à la télévision : les enquêtes du commissaire Maigret - Sébastien parmi les hommes – les chevaliers du ciel.


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  • C'était en 1968 et j'avais 14 ans (1)

    (photo du net - Dinan mai 1968)

     

    JANVIER

     

    En première année de CAP sténo-dactylo, je peinais à taper sur les touches de l'imposante machine à écrire. Flop, flop mes doigts fins, s'enfonçaient pas assez fortement sur les touches de la Remington. Un cache noir pour apprendre à utiliser le clavier sans voir, permettrait un jour de gagner le vitesse rêvée ! En sténographie, nous rêvions du 120 mots/minute.

     

    L'hiver me dérangeait certainement. Trop chaud dans l'appartement, sourd mal-de-tête et dehors, les gants, le bonnet – un gant perdu, mais où ?

     

    Christian, le petit frère, le bien aimé, allait fêter ses six ans le 27 janvier. Un enfant d'une grande douceur avec encore quelques rondeurs, celle de l'enfance innocente. Il était le dernier de la fratrie. L'aînée, c'était moi, Huguette, balance comme moi, 3 ans de moins, en sixième au Lycée Charlemagne, séchant de temps à autre les cours avec aisance car à l'époque les suivis étaient aléatoires. Chez nous, une télévision, noir et blanc, et zéro téléphone.

     

    Des parents venus du centre de la France, Loire et Haute-Loire. Mon père balancier au service des frigoristes appartenait à cette vaste entreprise : Sollac dans la vallée de la Fensch. Un jour, Bernard Lavilliers de Saint-Etienne tout comme moi, la chanterait. En attendant, chaque jour le bus attendait devant, au pied du garage Simca, les ouvriers. Maman tenait de main de maître son intérieur et veillait sur nous, femme de progrès contente d'avoir abandonné la maison sans eau courante, les bachats emplis d'eau glacée où elle tapait et frottait le linge, les coins cachés pour se soulager, les deux heures de route pour accoucher à l'hôpital. Nous étions des migrants et nos amis n'étaient pas les Lorrains nous battant froid, mais les Bretons, Bourguignons, Polonais ou Portugais de la mère usine.

     

    Et je ne savais pas que mai 1968 se préparait !

     

    21 janvier 1968 4 degrés - Mireille Matthieu la dernière valse - Bonnie and Clide d'Arthur Penn - Charles de Gaulle président et Georges Pompidou 1er ministre - Goncourt 1967 André Pierre de Mandiargues la marge.


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  • Elle s'appelait Marguerite,

    Regard doux, si doux,

    Pétillant,

    mille fleurettes et gentillesse.

    Elle marchait avec une canne

    Et j'aimais sa présence

    rassurante au milieu de nous.

     

    Et légèrement, comme une plume,

    De ci, de là, sa mémoire

    a flanché.

    Son époux fidèle

    a suppléé infailliblement

    la fleur atteinte.

     

    Elle s'est éteinte le jour de Noël,

    rejoignant le Seigneur.


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