La splendeur du monde (Laurence Devillairs) -2
Ainsi en va-t-il du beau à l'ère démocratique, où nous jouissons tous ou presque, et c'est tant mieux, d'un droit d'accès à la beauté. Le tourisme fut en effet avant tout une façon pour ceux qui en avaient été privés, de profiter des chefs-d'œuvre de la culture et des merveilles de la nature, jusqu'alors réservés à une élite. Mais comment nier que cette pratique louable soit devenue une industrie polluante et une part abêtissante ?
Je me méfie toutefois de l'unanimité critique envers le "surtourisme" ; elle permet de condamner à bon compte : le touriste, c'est toujours l'autre. Celui qui ne voyage pas distingué, qui n'avance pas "hors des sentiers battus" - jusqu'en Antarctique, où sa présence, prétendue raffinée, est néanmoins hautement préjudiciable. Le vrai voyageur est rare, quelle que soit son appartenance sociale.
Laurence Devillairs
La splendeur du monde
Aller à la rencontre de la beauté