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    Les Cabardouche sont de service cette quinzaine pour proposer les défis.
    Espérons qu’ils sauront nous inspirer et nous amuser !

    Pour le lundi 29 janvier
    A la manière de Clémentine Mélois dans son ouvrage « Sinon j’oublie »

    ( lire un extrait ici )

    Vous avez trouvé une liste de courses qui trainait dans un chariot,

    faites parler la personne qui a pu écrire cette liste….

     

    Défi 199 la liste de courses

     

     

    Une petite liste de rien du tout, une de celles que l'on fait parce que l'on a une petite tête, qu'on est étourdi, non concentré,

    peut être parce qu'on a la tête ailleurs, dans la Lune ou Vénus (oui Vénus j'aime bien, beaucoup passionnément).

    Qui avait laissé tomber ce p'tit bout de papier un jour d'automne où les feuilles n'ont plus rien d'autre à faire que se fondre dans l'air du temps.

    Une petite liste pas du tout du genre, des éponges à récurer, 2 tranches de jambon, du gruyère, une bouteille de côtes du Rhône, de la bière sans alcool, du maggi comme celle d'une petite mamie adorée. 

    Non, peut être celle d'une maman ayant fort mal aux dents, depuis quelques temps, elle n'allait plus chez le dentiste, parce que les journées de travail étaient longues et longues, les deux enfants, 5 et 7 ans à aller chercher chez la nourrice si sympathique mais qui commençait à être fatiguée et à attendre une retraite bien méritée, maux de dos, sciatique aussi.

    D'une maman qui après avoir été chez le dentiste qui sans la gronder, avait commencé le traitement, illico presto, lui avait dit du codoliprane pour calmer, de l'hextril pour le bain de bouche et de l'arnica.

    Non l'arnica, c'était elle, et elle seule qui y avait songé. Elle était femme de ménage dans un bel hôtel de Metz, celui construit par Philippe Starck qui avait sur le dessus du toit une reproduction d'une fort jolie maison du secteur impérial, oui, mais des chambres grandes, spacieuses avec des meubles qui ouïe se heurtaient contre elles, oui pas elle qui se heurtait mais les meubles.

    Et là, à courir pour arriver avant la fermeture de la pharmacie, elle avait sorti le mouchoir de la poche, s'était essuyée le nez et le papier oups s'était envolé.

    Une liste disparue, échappée, s'endormant confiante contre les feuilles assoupies.

     

     


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  • C'était en 1968 et j'avais 14 ans (1)

    (photo du net - Dinan mai 1968)

     

    JANVIER

     

    En première année de CAP sténo-dactylo, je peinais à taper sur les touches de l'imposante machine à écrire. Flop, flop mes doigts fins, s'enfonçaient pas assez fortement sur les touches de la Remington. Un cache noir pour apprendre à utiliser le clavier sans voir, permettrait un jour de gagner le vitesse rêvée ! En sténographie, nous rêvions du 120 mots/minute.

     

    L'hiver me dérangeait certainement. Trop chaud dans l'appartement, sourd mal-de-tête et dehors, les gants, le bonnet – un gant perdu, mais où ?

     

    Christian, le petit frère, le bien aimé, allait fêter ses six ans le 27 janvier. Un enfant d'une grande douceur avec encore quelques rondeurs, celle de l'enfance innocente. Il était le dernier de la fratrie. L'aînée, c'était moi, Huguette, balance comme moi, 3 ans de moins, en sixième au Lycée Charlemagne, séchant de temps à autre les cours avec aisance car à l'époque les suivis étaient aléatoires. Chez nous, une télévision, noir et blanc, et zéro téléphone.

     

    Des parents venus du centre de la France, Loire et Haute-Loire. Mon père balancier au service des frigoristes appartenait à cette vaste entreprise : Sollac dans la vallée de la Fensch. Un jour, Bernard Lavilliers de Saint-Etienne tout comme moi, la chanterait. En attendant, chaque jour le bus attendait devant, au pied du garage Simca, les ouvriers. Maman tenait de main de maître son intérieur et veillait sur nous, femme de progrès contente d'avoir abandonné la maison sans eau courante, les bachats emplis d'eau glacée où elle tapait et frottait le linge, les coins cachés pour se soulager, les deux heures de route pour accoucher à l'hôpital. Nous étions des migrants et nos amis n'étaient pas les Lorrains nous battant froid, mais les Bretons, Bourguignons, Polonais ou Portugais de la mère usine.

     

    Et je ne savais pas que mai 1968 se préparait !

     

    21 janvier 1968 4 degrés - Mireille Matthieu la dernière valse - Bonnie and Clide d'Arthur Penn - Charles de Gaulle président et Georges Pompidou 1er ministre - Goncourt 1967 André Pierre de Mandiargues la marge.


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  • .... Ma mère et moi avons eu une conversation. Nous nous sommes assises et elle m'a dit :

    "Maya, tu ne m'approuves pas parce que je ne suis pas comme ta grand-mère, et c'est vrai, je ne suis pas comme elle. Mais je suis ta mère et, crois-moi, si je fais fonctionner certaines parties de mon corps, c'est pour pouvoir t'acheter des vêtements, remplir ton assiette correctement et conserver ce toit au-dessus de ta tête. Quand tu iras à l'école, la maîtresse te fera des sourires et tu lui souriras en retour. D'autres élèves te souriront et tu leur rendras leur sourire. Je suis ta mère et j'ai à te dire certaines choses que je veux que tu fasses. Si tu arrives à sourire pour les étrangers, s'il te plaît, essaie de le faire aussi pour moi. Je t'assure que j'apprécierais tes efforts."

    Elle a posé une main sur ma joue et m'a souri. "Allez, mon coeur, fais un sourire à maman. Essaie au moins une fois."

    Elle a eu une expression amusante et malgré moi j'ai souri. Elle m'a embrassée sur les joues et s'est mise à pleurer.

    "C'est la première fois que je te vois sourire. Quel sourire lumineux ! Mon magnifique amour de fille peut sourire !"

    Personne ne m'avait jamais dit que j'étais magnifique, et personne ne m'avait jamais dit "ma fille".

    J'ai appris ce jour-là que le sourire peut être un don. Et les années qui ont suivi m'ont appris qu'un mot aimable, un geste, des paroles de réconfort sont des dons charitables - céder ma place à un étranger, augmenter le volume de la radio pour faire plaisir à quelqu'un ou le baisser si ça l'irrite.

     Je ne serai jamais connue comme philanthrope, mais je suis passionnée par la nature humaine et donnerai librement toutes mes ressources.

    Je suis heureuse aussi quand je me sais charitable.

     

     

    Maya Angelou (poète, écrivaine, actrice, enseignante et réalisatrice)

    Lettre à ma fille 

     


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