• le grâce à brise la chaîne de la causalité et de la culpabilité : dire grâce à au lieu de à cause de , c'est faire grâce à l'origine de notre épreuve. "faire grâce" au sens de "faire crédit" : cet adversaire que j'accuse, pourquoi ne pas l’accueillir comme l'instrument de ma propre croissance ?

    Bien sûr, il est parfois des accusations auxquelles on doit consentir : il y a même un certain courage à dire combien une personne a pu nous faire de mal. Mais cela doit rester l'exception d'une nouvelle règle : faire grâce, autant que possible, à ce qui nous entoure ; donner aux circonstances de notre vie, le plus possible, l'occasion de révéler leur meilleur visage.

    Aussi, au lieu de murmurer à son conjoint, les dents serrées, ce pénible constat : "à cause de toi, on arrive toujours trop en avance !", lui offrir, dans un sourire, ce joyeux constat : "grâce à toi, on ne rate jamais aucun train". Ou encore, passer d'une phrase telle que : "à cause de cette fichue tête en l'air, j'ai oublié à la maison les billets de train que je voulais échanger !", à celle-ci : "grâce à cette contrariété de taille, je mesure la patience de mon épouse qui vit avec un homme dans les nuages... Qu'elle en soit remerciée !".

     

    Martin STEFFENS

    Rien de ce qui est inhumain ne m'est étranger


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  • de jour en jour (du 2 au 10 juin)

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  • Soledad regarda Rosa avec aversion.

    - J'ai lu que... que ton mari était mort récemment, c'est bien ça ?

    Le visage de l'écrivain se durcit légèrement. Elle ne semblait pas apprécier d'en parler.

    - Oui.

    - Pardon. Je suis vraiment désolée. Je peux te demander combien de temps vous êtes restés ensemble ?

    Montero la regarda avec une curiosité méfiante.

    - Vingt et un an.

    Soledad sentit que le sang commençait à bouillir dans ses veines.

    - Alors comment peux-tu dire que tu la comprends ? Comment sais-tu ce que ressent une femme qui n'a jamais connu l'amour ?

    Rosa sourit :

    - Eh bien, parce que dans mes biographies je fais la même chose qu'avec mes personnages de mes romans. Tu te mets dedans, tu sais. Tu vis à l'intérieur de ces vies. Nous avons tous en nous toutes les possibilités de l'être humain, c'est ce que le Romain Térence disait : "Rien de ce qui est humain ne m'est étranger." Tu t'imagines alors à l'intérieur de cette autre existence, tu te laisses porter par elle, tu laisses le personnage te raconter son histoire, t'envelopper dedans... C'est comme surfer, tu sais. Comme grimper sur le dos d'une vague puissante et éclaboussée d'écume et la laisser t'emporter et te conduire jusqu'à la plage, pérora pseudo-poétiquement la romancière.

    - Tu fais du surf ?

    - Non !

    - Mais alors comment peut-tu savoir pour la vague et l'écume et tout ça ? se désespéra Soledad, incapable de contenir son irritation.

    Montera éclata de rire avec une joie sincère et ses yeux pétillèrent :

    - Ça aussi, je l'imagine.

     

    Rosa Montero

    La chair

     


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  • de jour en jour (du 24 mai au 2 juin)

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