• OISEAU MINUSCULE

     

    Violent désir d'être un oiseau minuscule

    sur une branche minuscule, peut-être

    une mésange arlequin

    dressée sur ses pattes grêles,

    pas ce gros type qui tombe

    en faisant un boucan terrible

    abîme trottoirs et pâtures,

    s'enfonce jusqu'à la taille dans la boue de la rivière.

    Si mes jambes étaient des lances je serais descendu

    jusqu'à l'une de ces tumultueuses rivières souterraines

    qui sont partout, portées par le courant noir de la terre.

    Jeune, je pensais mourir avant quarante ans

    comme tant de mes poètes préférés.

    A soixante-quinze ans je constate que ce n'est pas arrivé.

    Je reste pourtant fidèle à mes poèmes et aux oiseaux.

    Les oiseaux sont des poèmes

    que je n'ai pas encore saisis au vol.

     

    Jim HARRISON

    la position du mort flottant


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  • thème : acrostiches avec les mots joie et paix

     

    Jardin

    Où les hommes

    Invitent les 

    Enfants à rire

    _

     

    Est il cap

    l'enfant à papa

    à faire un guili

    aux tueurs de paix ?

     

    Agab (05/22)

     

     

     

     


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  • Défi 266

     

    Pour ce défi 266,  je vous propose pour le défi du lundi 30 mai, d'écrire un texte à partir de quelques lignes tirées du livre de Marie Gillet "aussitôt que la vie".

    "Je suis partie de bon matin. J'ai pris ma décision après avoir ouvert les volets et regardé le ciel lisse vaquant simplement à son occupation de l'aube ; laisser la place au jour. L'air était pur et calme. Il allait faire très beau. Rien ne s'opposerait à la lumière."

     

    Dans mon sac bleu très léger, un repas, sandwich, banane, gâteaux secs et une gourde d'eau, un coupe-vent, le téléphone portable, mes chaussures aux pieds, me voilà partie avec Djinnie. Aujourd'hui, je suivrai le chemin sans arrière-pensée, lieu à atteindre, longueur recherchée. Les autres avaient choisi de naviguer sur le lac de Gérardmer. Le merle chante, et déjà le chat noir et blanc des voisins, penché en avant, attend la souris étourdie.

    La route monte et bientôt je vois un chemin qui s'avance dans la forêt, un chemin avec un joli cercle rond. Le soleil brille, c'est encore mai et les myrtilles sont loin d'être mûres. La bergeronnette perchée sur un petit tronc d'arbre me fait rire, elle se balance, volette et se repose. Là plus de route, je lâche Djinnie mon beau chien noir, au flair si acéré. Des bonjours fleurissent par ci, par là, un couple redescend accompagné d'un petit chien blanc un peu cabochard, Loulou.  Il est plaisant de marcher tout droit, il est tôt, et pourtant les voitures des promeneurs sont garées près du parcours de santé. Je m'amuse à prendre ce chemin tout droit, jusqu'au moment où la faim me prendra. L'air est frais, je supporte mon pull bleu marine ; la chienne court, revient, renifle. 

    une bonne heure que nous marchons toutes les deux, une clairière et une grosse pierre ronde, m'invitent à m'asseoir, boire de l'eau, sentir l'odeur des fleurs, des grandes herbes.  Tout est calme, j'entends un aboiement, des éclats de rire, déboulent un groupe d'une dizaine de personnes. Un épagneul noir et blanc qui s'élance vers Djinnie. Ensemble, les deux animaux se reniflent, sourient et courent de concert, allant et revenant. Une jeune femme arrive, un rien essoufflée. Avez-vous vu Scottie ? et vite s'apaise en le voyant au milieu de la clairière, s'amusant, s'ébrouant. Les autres la rejoignent vite. Ils sont de Gérardmer, adorent la marche et se retrouvent régulièrement pour arpenter les alentours.  Je leur explique qu'avec des amis, nous louons le chalet rose pas très loin de l'école des Xettes. Ah vous logez chez Josiane ! D'habitude elle vient avec nous, mais elle est partie le week end chez ses enfants à Strasbourg. (oui, c'est ce que m'a confiée Cécilia quand elle lui a fait visiter le chalet).Ils sont sympathiques, aussi bien la jeune femme, Ariane que son père Louis, un couple et leurs trois grands enfants, trois amies Louisette, Cathie, Marie-Jo. Oui il fait beau et pas trop frais ! Oui le chemin mène loin, jusqu'à Liézey.

    Ariane m'invite à me joindre à leur petite troupe. Nous déjeunerons et serons de retour vers 14 h. Cela vous va ! J'hésite à peine, ils sont sympathiques, les deux chiens s'entendent comme larron en foire. Nous pépions un peu comme des moineaux. Chacun, chacune se présente, des jeunes qui sont étudiants à Nancy, architecture, un autre apprenant à travailler le bois, le père et sa fille sont instituteurs, ils tiennent à cette appellation. Une autre s'occupe d'une bibliothèque, passionnée par la lecture et les chats. 

    A la pause de midi, je reçois un message de mes amis et mon mari partis naviguer sur le lac.(je préfère la terre à l'eau qui me retourne vite l'estomac) .Ils sont ravis, m'envoyant quelques photos. Puis nous rentrerons, le temps s'est réchauffé, nous marchons de bon train, le père d'Ariane, ravi de nous donner le nom des oiseaux rencontrés, ou nous conter des histoires vosgiennes.  Quand Cathie voit Charles, notre ami, elle le reconnait bien vite. Ils font partie d'une ligue de défense des animaux et ont participé à quelques manifestations ensemble.

    Peut être nous reverrons nous bientôt, la journée fut claire et limpide. Oui, Charles, Ariane et son père, accompagnés de Scottie, nous rejoindrons ce soir à l'apéritif. La soirée sera chaleureuse.

     

     

     

     

     

     


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  • Thème de la poésie : BLEU

     

    B L E U 

     

    Là haut, quand la terre se couvre de gris,  cris de colère ou plus dur encore indifférence,

    ma tête se baisse, mon cœur se recroqueville.

    En bas, quand les fleurettes, véronique, campanule, nigelle de damas, bleuet ou entêtante lavande,

    saupoudrent la terre, 

    je ressens, toute l'humilité, la délicatesse, la persévérance.

    Ici, dans le mai où sonnent les trompettes de la guerre, verts de gris, gris poussière, 

    nous prions pour un ciel éclairci, net, libre pour tout homme.

     

     

    Agab (05/22)

     

     


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