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  • Une très légère oscillation de Sylvain Tesson

    photo de Vincent Munier 

    Avec les bêtes

     

    Le WWF publie un rapport éprouvant pour les nerfs, désolant pour l'esprit, accablant pour l'homme, d'où il ressort qu'entre 1970 et 2012 58 % des effectifs d'espèces vertébrées ont disparu. On sait les raisons du recul : pression démographique, extension des zones urbaines, pollution des sols par l'agriculture intensive. On les connaît, on ne les enraye pas, on les déplore, on les oublie, on se chagrine un peu et l'on continue l'immense entreprise de salopage en règle à laquelle nous nous adonnons depuis la révolution néo-lithique. Les auteurs du rapport prédisent que la disparition pourrait atteindre 67 % en 2020 si nous n'agissons pas. Agira-t-on ? Non.

    ...

    Une bête est un dieu, c'est à dire l'incarnation d'un mystère. En croiser une est une jouvence, un tressaillement, un viatique que l'on serre au fond de sa mémoire et que l'on emporte en soi pour le reste des jours. A quoi sert le séjour sur Terre si l'on se prive de la puissance et de la gloire vivantes, si l'on s'économise de vénérer les formes de l'individuation biologique, si l'on supprime la mystérieuse héraldique de la faune, l'ornementation de la flore, l'art immémorial des constructions vivantes ? La vie aura-t-elle encore un sens dans un "entre-soi" d'humains ?

    Le photographe Vincent Munier, 40 ans, a compris qu'une rencontre avec une bête lui procurerait les plus beaux transpercements de l'être. Depuis des années, il court les horizons proches et sauvages - Vosges, terre d'Ellesmere, Kamtchatka, Abyssinie... -, se fond dans le substrat et attend pendant des semaines la survenue d'un animal, qu'il immortalise avec la science du naturaliste, l'intelligence de l'artiste et l'amitié éblouie d'un homme qui n'a pas placé ses semblables au sommet de la pyramide du vivant. Ses livres (solitudes, la nuit du cerf, au fil des songes, publiés aux éditions Kobalann) devraient être envoyés dans la prochaine sonde spatiale à destination des éventuels visiteurs extraterrestres, qui sauraient ainsi qu'ils arrivent trop tard dans un jardin anciennement enchanté.

     

    Sylvain Tesson

    une très légère oscillation


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  • Cette conviction - que nous vivons et mourons le plus souvent obscurs - a tout spécialement inspiré ce petit livre sur mes parents et déterminé son propos. La vie de nos parents, jusque dans sa gangue d'obscurité, nous fournit une première preuve solide que les événements humains tirent à conséquence.

    Car enfin, nous sommes là.

    L'avenir est imprévisible, aléatoire, mais celui de nos parents nous réalise et nous singularise à la fois. Comme je tiens pour acquis que la vie vécue n'admet aucune transcendance, j'en reviens toujours aux miens.

    Dans des moments difficiles, longtemps après leur mort, il m'arrive souvent d'éprouver d'eux, de leur réalité, une franche nostalgie. Alors, les évoquer, au lieu de chercher un dérivatif, n'est pas qu'un remède à la nostalgie, c'est aussi une démonstration factuelle de cette réalité qui, je le répète, relève de l'essentiel pour moi.

    Richard FORD

    Entre eux

     

     


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  • promenades photographiques du 1er au 15 juin

     

     

    promenades photographiques du 1er au 15 juin

     

     

     

    promenades photographiques du 1er au 15 juin

     

     

    promenades photographiques du 1er au 15 juin

     

    promenades photographiques du 1er au 15 juin

     

    promenades photographiques du 1er au 15 juin

     

    promenades photographiques du 1er au 15 juin

     

    promenades photographiques du 1er au 15 juin

     

    promenades photographiques du 1er au 15 juin

     

     

    promenades photographiques du 1er au 15 juin

     

     


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  • Les coquelicots

     

    Les fleurs, "rouge",

    cette teinte incendiaire,

    se balancent

    sur leurs tiges poilues.

    Le bal des bourdons,

    abeilles, guêpes,

    infinis insectes

    est d'un tel feu

    flamenco,

    flamenco ininterrompu

    d'un tel feu

    qu'ils nous fouettent 

    le coeur !


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