• Au-delà de l'éternel dilemme entre un pessimisme démobilisateur et un optimisme rassurant, c'est le réalisme qui doit désormais éclairer nos actes.

    Nous sommes tous invités à témoigner et à œuvrer pour que la vie dont l'intelligence et la beauté sont évidences nous inspire pour construire et habiter un monde apaisé et digne de cette intelligence et de cette beauté. Nous n'avons pas d'autre choix.

     

    Pierre Rabhi

    la convergence des consciences


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  • A la question : "Mais, Monsieur, qu'est-ce qui nous assure que l'homme a une âme ?", un de mes collègues à l’Université de Strasbourg avait répondu spontanément : "Quand un homme torture un homme, il essaie de tuer un peu plus que son corps."

    Réponse qui m'habite depuis : le tortionnaire prouve que l'homme est esprit, et pas seulement corps et psychisme : nombre de procédés de torture (diffusion en boucle d'une musique angoissante, isolement...) ne laissent aucune trace physique. Ce que le tortionnaire cherche, c'est plus qu'inscrire dans l'économie psychique de sa victime sa propre trace, et celle de l'idéologie qu'il sert, en marquant sa mémoire au fer rouge de la souffrance endurée.

    C'est en laissant le corps en vie et la conscience en alerte, blesser chez sa victime ce qui lui est plus précieux et atteindre ce qui constitue le cœur battant de sa vie : son esprit. Cette victime, il veut "se la faire" : en faire sa chose, en faire une chose, et, comble de l'horreur, en faisant d'elle si possible, le témoin de sa propre chosification. 

    Avec scalpels et bistouris, il ne veut tuer ni le corps, ni l'âme (au sens psychologique du mot), mais profaner le centre secret d'où un être humain rayonne. Il veut piétiner ce qui fait de l'homme une personne. Per-sona, dit le latin, ce qui, littéralement, "laisse passer la voix" : le tortionnaire cherche à barrer définitivement le passage à toutes grâces futures, il veut détruire, peu à peu, délicieusement, le canal par où la joie de vivre se fraie (jadis) un passage.

    Simone Weil écrit quelque part : "il y a dans le cœur de tout homme quelque chose qui s'attend à ce qu'on lui fasse du bien, et non du mal. C'est cela qui est sacré en tout être."

     

    Martin STEFFENS

    Rien de ce qui est inhumain ne m'est étranger

     


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  • le grâce à brise la chaîne de la causalité et de la culpabilité : dire grâce à au lieu de à cause de , c'est faire grâce à l'origine de notre épreuve. "faire grâce" au sens de "faire crédit" : cet adversaire que j'accuse, pourquoi ne pas l’accueillir comme l'instrument de ma propre croissance ?

    Bien sûr, il est parfois des accusations auxquelles on doit consentir : il y a même un certain courage à dire combien une personne a pu nous faire de mal. Mais cela doit rester l'exception d'une nouvelle règle : faire grâce, autant que possible, à ce qui nous entoure ; donner aux circonstances de notre vie, le plus possible, l'occasion de révéler leur meilleur visage.

    Aussi, au lieu de murmurer à son conjoint, les dents serrées, ce pénible constat : "à cause de toi, on arrive toujours trop en avance !", lui offrir, dans un sourire, ce joyeux constat : "grâce à toi, on ne rate jamais aucun train". Ou encore, passer d'une phrase telle que : "à cause de cette fichue tête en l'air, j'ai oublié à la maison les billets de train que je voulais échanger !", à celle-ci : "grâce à cette contrariété de taille, je mesure la patience de mon épouse qui vit avec un homme dans les nuages... Qu'elle en soit remerciée !".

     

    Martin STEFFENS

    Rien de ce qui est inhumain ne m'est étranger


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  • chaque être humain a quelque chose que je n'ai pas (Alejandro JODOROWSKI)

    (la vérité entre 2 langues - 2016 - PascALEjandro)

     

    Chaque être humain a quelque chose que je n'ai pas.

    Si je suis réceptif et prête attention, je remarquerai que tout collabore à ce que cette chose que je n'ai pas apparaisse comme un cadeau devant moi.

    Chaque être humain est une leçon que je dois recevoir.

     

    Alejandro JODOROWSKY

    un évangile pour guérir

    le dieu intérieur 

    le grand entretien A. Jodorowski et P.


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  • Encore une fois, le chemin de la joie est celui de l'union, le chemin du chagrin est celui de l'isolement. Lorsqu'on se sent différent de nos congénères, on les voit comme des menaces. Alors que s'ils sont une partie de nous, comme interdépendants, il n'est nul défi que l'on ne peut relever - ensemble.

    - Quand je rencontre quelqu'un, conclut le Dalaï Lama, revenant à ce qui devenait un sujet prépondérant, j'essaie toujours de me connecter à lui sur le plan humain le plus basique. A ce niveau, je sais que comme moi, cette personne désire simplement être heureuse et ne pas avoir trop de soucis dans la vie. Que je parle à une personne ou à un millier, je me vois toujours et avant tout comme un être humain. Ainsi, il est inutile de faire les présentations. 

    Si d'un autre côté, je me connectais aux autres du point de vue d'un être différent - par exemple un bouddhiste ou un tibétain -, je dresserais un mur entre eux et moi. Si je me réfère à l'humanité en tant que 14ème Dalaï Lama, je sème les grains de ma propre solitude. Après tout, il n'existe qu'un seul Dalaï Lama dans le monde entier. Par contraste, si je me vois comme un être humain, je sais que j'ai un lien profond avec 7 milliards d'individus. N'est-ce pas merveilleux ? Quel besoin de s'inquiéter quand on a 7 milliards d'individus avec soi ?

     

    Le Dalaï Lama et Desmond Tutu avec Douglas Abrams

    LE LIVRE DE LA JOIE


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