• ... Pour tous, c'est pareil... Le bonheur, ce n'est pas l'extinction soudaine et définitive de tous les problèmes. Ça, c'est du délire. Tu règles un souci, tu peux être sûr qu'il y en a un qui rapplique juste après... La joie se recueille au cœur de cette vie bancale, fragile, tragique, éphémère. J'ai une amie qui dit : "C'est le bordel, mais il n'y a pas de problème."

    - Et qu'est-ce qu'elle te propose quand c'est le bordel et que c'est réellement un problème ?

    - Rien. justement, la joie, j'ai l'impression que c'est déjà accepter que des pans entiers de la vie resteront sans remède, qu'ils ne trouveront peut-être jamais de solution et ça ne va pas forcément s'arranger.

    - Tu y arrives, toi ?

    - Bien sûr que non !

    - Alors qu'est-ce qu'on fait ?

    - D'abord, on peut distinguer les psychodrames et le tragique ! Le tragique, c'est les catastrophes, la souffrance, le mal inévitable liés au simple fait qu'on soit vivant. Les psychodrames, c'est tous les problèmes générés par le mental, les comparaisons, la peur, la jalousie, la tristesse, les chagrins, les jugements...

    ...

    - Il faut nécessairement se prendre des tuiles dans la gueule pour se réveiller, c'est ça que tu es en train de me dire ?

    - Non... se réveiller, c'est peut-être déjà repérer le tas de psychodrames que je m'invente, la peur des autres, la culpabilité, la comparaison, les projections, une existence toute en retenue, bourrée d'attentes et de préjugés.

     

     

    Alexandre JOLLIEN

    La sagesse espiègle


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  • Si la terre est mon extérieur, l'âme est mon intérieur. en cultivant la terre pour nourrir mon corps, je prends soin de mon âme ; je cultive l'amour, la compassion, la beauté et l'unité qui me permettent d'atteindre l'harmonie à l'extérieur comme à l'intérieur de moi-même.

    Quand je me sens bien à l'intérieur, je me sens bien à l'extérieur. Je suis en bons termes avec mes semblables.

    En prenant soin de la terre, je deviens membre de la grande communauté terrestre.

    En prenant soin de la société, je deviens membre de la grande communauté des hommes.

     

    Satish Kumar

    Pour une écologie spirituelle (Belfond 2018)

    (le monde des religions - nov/déc 2018)

     


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  • Toute notre vie, nous produisons de l'énergie. Nous disons et faisons des choses, et chaque pensée, chaque parole et chaque action porte notre signature. Tout ce que nous produisons comme pensées, paroles et actions continue d'influencer la monde, et c'est cela notre corps de continuation. Nos actions nous emportent vers le futur. Nous sommes comme des étoiles dont l'énergie lumineuse continue d'irradier à travers le cosmos des millions d'années après leur extinction.

    Lorsque vous produisez une pensée de haine, de colère ou de désespoir, cela vous fait du mal et cela fait du mal au monde. Aucun de nous ne veut se poursuivre de la sorte. Nous voulons tous produire des pensées de compassion, de compréhension et d'amour. Lorsque vous êtres capables de produire une pensée de compassion et de compréhension, cela guérit et  vous-même et le monde. Tout comme un nuage d'acide produit une pluie acide, l'énergie de colère, de peur, de blâme ou de discrimination produit un environnement toxique pour nous et pour les autres. Utilisez votre temps avec sagesse. a chaque moment, il est possible, de dire ou de faire quelque chose qui inspire l'espoir, le pardon et la compassion. Vous pouvez faire quelque chose pour protéger et aider les autres et notre monde.

    Chaque pensée compatissante porte notre signature.

    Elle est notre continuation.

    Thich Nhat Hanh

    L'art de vivre


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  • Tous les êtres vivants s'appartiennent mutuellement car nous ne sommes pas des êtres séparés, mais des dynamismes, ou les étapes d'un processus. Il n'y a pas de mort, seulement une transformation. une grande différence peut être décrite entre les conceptions occidentales et les conceptions indiennes du temps. 

    La perception occidentale du temps est linéaire et progressive (...). Chaque moment est considéré comme une étape par rapport aux autres ; chaque moment est supérieur aux moments précédents, mais pas aussi agréable que celui qui suivra (...).

    Notre perception du temps est, au contraire, sphérique - il n'y a ni passé ni futur, car ils font un avec le présent. Chaque moment du temps est propre à lui-même - l'unique interaction d'événements infinis depuis le commencement du temps - et a des conséquences infinis.

    De même que chaque point de l'espace est le centre de l'univers, chaque moment est le centre du temps, l'unique et précieux instant auquel la Terre s'est préparée depuis son origine. Rien ne progresse, n'avance, ni ne s'améliore. Tout est dans tout ce qui a été et ce qui sera. Un arbre haut de trois pieds n'est ni supérieur ni inférieur à un arbre de trente pieds. Il n'est jamais ni supérieur ni inférieur à ce qu'il était, ou à ce qu'il sera. Il doit toujours être en harmonie avec lui-même.

    Fayle High Pine 

    "Wakan Tanka. Le grand esprit, permanent et stable.

    revue Question De numéro 34 (janvier-février 1980)

    (le monde des religions - nov/déc 2018)


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  • La fraternité, c'est ce sentiment émouvant de proximité avec les autres humains. C'est le moment où la conscience de nos ressemblances submerge la conscience de nos différences, les fait apparaître minimes, dérisoires, inutiles, absurdes. Le moment où nous sautent aux yeux nos similitudes sur ce qui est fondamental : nous avons tous les mêmes besoins, les mêmes aspirations, les mêmes idéaux, les mêmes faiblesses...

    Souvent, nous faisons l'expérience de la fraternité lorsque nous sommes émus ensemble : dans la joie (lors des fêtes, des victoires sportives) ou dans la peine (lors des deuils, des attentats, des catastrophes naturelles).

    Mais nous pouvons aussi la ressentir lorsque nous sommes émus seuls : par notre bonheur (car les émotions positives nous ouvrent aux autres) ou par le malheur d'autrui, comme dans la compassion, cette empathie chaleureuse habitée par de l'affection. Car, dans la compassion, il y a trois dimensions : la conscience de la souffrance d'autrui, le désir de la soulager, et aussi le sentiment de fraternité avec lui (par la conscience que nous pourrions bien nous trouver à sa place).

    ...

     

    Notre vie intérieure nous offre de nombreuses occasions d'accéder au sentiment de fraternité, de nous interroger sur le prêt-à-penser du "moi je" pour aller au-delà vers le "nous". En général, tout démarre sur les émotions, ces petits signaux physiques que quelque chose d'essentiel et universel se joue en nous. Et surtout des émotions sociales : quand nous sommes émus par autrui, c'est que le sentiment de fraternité commence à s'activer.

    ...

    La fraternité et sa conséquence naturelle, la solidarité, sont à la base des sociétés humaines. Et c'est pourquoi elle est peut-être l'un des ressentis de notre vie intérieure qui peut changer le plus de choses dans le monde extérieur...

     

    Christophe ANDRE

    la vie intérieure

     


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