• Qu'est-ce que la beauté ? Est-elle dans la description ? Est-elle dans l'objet que l'on regarde, est-elle affaire de proportions, de hauteur, de profondeur ou d'ombre, est-elle dans un tableau, dans une sculpture de Michel-Ange ? Qu'est ce que la beauté ? Est-elle dans l’œil de celui qui regarde ? Ou du côté de l'objet ? Face à un bel objet, un bel exemple d'architecture, une merveilleuse cathédrale ou un beau tableau, nous disons que la beauté est dans l'objet, un bel exemple d'architecture, une merveilleuse cathédrale ou un beau tableau, nous disons que la beauté est dans l'objet, qu'elle nous est extérieure. Mais se pourrait-il qu'elle soit dans dans celui qui regarde, lui qui est entraîné de longue date à observer, à voir que ce qui est laid n'a pas les proportions requises, manque de profondeur ou de style ? La beauté est-elle dans notre regard, ou au-dehors, ou bien n'est-ce ni l'un ni l'autre ?

    La beauté est dès lors que vous cessez d'exister. Lorsque vous regardez, c'est vous qui regardez, vous qui jugez, vous qui dites : "Quelles merveilleuses proportions !" ou : "il se dégage de cette oeuvre une telle sérénité, une telle profondeur, une telle grandeur !" C'est toujours vous qui regardez, vous qui donnez aux choses de l'importance. Or la beauté suprême n'advient que si vous êtes absent. Nous avons besoin de nous exprimer, parce que, ainsi, nous nous réalisons, mais quand cette beauté- est présente, son expression  n'est pas indispensable. La beauté ne peut exister que si vous, en tant qu'être humain, avec toutes vos épreuves, vos angoisses, vos douleurs, vos souffrances, n'existez plus. Alors est la beauté.

     

    Krishnamurti

    Cette lumière en nous

    la vraie méditation


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    « Dieu a besoin que nous lui donnions notre temps, notre présence et surtout notre silence » 

     

    « Lutte, prie, aime là où tu es »

     

    Guy Gilbert

    (photo et citations sur son site : http://www.guygilbert.net)


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  • Nous étions en 1956, j'avais 20 ans. L'Inde, qui avait accédé à l'Indépendance en 1947, était alors une jeune nation en pleine effervescence. Sur quelle voie devait-on s'engager ? Quelle politique adopter ? Les débats faisaient rage d'un bout à l'autre du pays. Certains souhaitaient embrasser le communisme : la montée en puissance de l'Union soviétique et de la Chine forçait l'admiration des jeunes activistes radicaux, qui rêvaient pour l'Inde d'un destin similaire. D'autres militaient pour la libre entreprise : épris du modèle américain, ils aspiraient à une version indienne du capitalisme industriel. Quant aux sociaux-démocrates, ils professaient les vertus d'une économie mixte en prenant le meilleur des théories de Karl Marx et d'Adam Smith.

    Aucune de ces doctrines n'avaient séduit Gandhi. Parce qu'il voyait le monde de manière très différente, il avait vite perçu le caractère spécieux, unilatéral et utilitaire des théories socialistes, communistes et capitalistes. Dans le fond, elles ne différaient guère les unes des autres : toutes visaient à exploiter et à assujettir la nature au seul profit de l'espèce humaine Et aucune ne cherchait à appréhender le monde dans sa globalité. En créant le mouvement Sarvodaya, Gandhi proposait, lui, un système radicalement nouveau, qui incitait les hommes à minimiser leurs besoins matériels tout en cultivant des valeurs et des projets spirituels, culturels et artistiques afin de maximiser leur qualité de vie.

    Le terme "sarvodaya" se compose de la racine "sarva", qui signifie "tous" (au sens de tous les êtres sensibles), et de "udaya", qui désigne l'élévation ou l'amélioration. Accolés l'un à l'autre, ils désignent la notion de "bien-être pour tous", essentielle à la philosophie gandhienne.  Le mouvement Sarvodaya s'adresse à toute forme de vie sans en exclure aucune : il accorde une valeur intrinsèque à l'ensemble des créatures et des éléments terrestres - hommes, animaux, insectes, plantes, forêts, montagnes, fleuves et rivières. Perçue comme égale aux autres, l'espèce humaine ne peut s'arroger le droit d'exploiter la nature. Elle doit au contraire recevoir ses dons avec humilité et gratitude, et veiller à restituer ce qu'elle lui prend pour satisfaire ses besoins vitaux. D'après Gandhi, "il y a assez de tout dans le monde pour répondre aux besoins de l'homme, mais pas assez pour assouvir son avidité."

     

    Satish KUMAR

    Pour une écologie spirituelle


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  • Mantra pour la paix

     

    Mène-moi de la mort à la vie,

    Du mensonge à la vérité.

    Guide-moi du désespoir à l'espoir,

    De la crainte à la confiance.

    Conduis-moi de la haine à l'amour,

    De la guerre à la paix.

    Puisse la paix emplir nos coeurs,

    Notre monde, notre univers !

    Shanti, shanti, shanti.

     

     

     

    * shanti : paix 

     


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  • Boîte à outils pour une bienveillance inconditionnelle

     

    La bienveillance tient du don, de la gratuité : le véritable amour n'assène rien, ne nous enjoint à rien d'autre qu'à ce que nous sommes au fond du fond. Etre bienveillant, c'est bien sûr vouloir le bien de l'autre sans désirer le faire entrer dans le monde de mes à priori, de mes étiquettes, ne jamais mettre la main sur sa liberté, vénérer sa singularité, sa différence. En aucun cas, il ne s'agit d'imposer une vision du monde, une manière de vivre. Aider mon prochain, c'est s'extraire de mes projections, me donner carrément, me rendre totalement disponible sans juger ni rien exiger en retour.

    La bienveillance est subversive : il entre dans la bienveillance une sacrée dose de subversion, de rébellion même : tordre le cou à toute velléité de violence, de vengeance, de volonté d'emprise, d'autoritarisme, ne jamais laisser les passions tristes gouverner nos vies. Cette audace fondamentalement active, sagace, invente, sans cesse innover... sans jamais rien imposer. Elle prête l'oreille aux véritables attentes, aux profondes aspirations de chacun dans un accueil radical. Cette femme, cet homme que je rencontre ici et maintenant, de quoi a-t-il véritablement besoin ? Que désire-t-il au fond de son cœur ?

    Le karcher de l'amour : Chögyam Trungpa disait : "Dirt never comes first." La saleté, les traumatismes, les blessures, la brutalité, la méchanceté, l'hostilité ne sont jamais premiers dans un cœur. La bienveillance décape, elle passe gentiment au karcher de l'amour tout intrus, tout parasite qui ronge les êtres. Cultiver un cœur bienveillant, c'est trouver l'audace de voir plus loin que les souillures pour rejoindre inlassablement la bonté primordiale.

    La générosité procède d'une intelligence de cœur, d'un esprit de finesse, d'une légèreté : le Bouddha, quand il prodigue l'enseignement du sentier octuple, cette voie qui conduit à la liberté inconcevable, souligne l'importance et la valeur de l'action juste. Tendre la main, épauler un être appellent du tact, une délicatesse, un infini respect. Il ne s'agit pas de bricoler en matière de solidarité. Loin du paternalisme et de la condescendance - la bienveillance n'est pas l'affaire des lourdauds.

     

    Alexandre Jollien

     

    A nous la liberté

    Matthieu Ricard - Christophe André - Alexandre JOLLIEN 


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