• Ce fut l'une des années les plus formidables et les plus difficiles de ma vie. j'ai appris que tout est temporaire. les instants, les sentiments. les gens. les fleurs. j'ai appris que l'amour consiste à donner. tout. et à le laisser faire mal. j'ai appris que la vulnérabilité est toujours le bon choix parce qu'il est facile d'être dur dans un monde où il est si difficile de rester doux. j'ai appris que toutes les choses vont par deux. la vie et la mort. la douleur et la joie. le sel et le sucre. toi et moi. C'est l'équilibre de l'univers. ce fut l'année d'une souffrance si grande mais d'une vie si belle. faire d'étrangers des amis. faire d'amis des étrangers. apprendre que la crème glacée menthe et copeaux de chocolat répare tout. et pour les douleurs qu'elle ne peut pas réparer qu'il y aura toujours les bras de ma mère. nous devons apprendre à nous concentrer sur l'énergie chaude. toujours. y faire tremper nos membres et apprendre à mieux aimer aux yeux du monde. parce que si nous ne sommes pas capables d'apprendre à être attentionnés les uns envers les autres comment apprendrions-nous à être attentionnés envers la partie la plus désespérée de nous-mêmes.

     

    rupi kaur

    le soleil et ses fleurs

     

     


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  • Résolument végétarien, l'auteur sud-africain né au Cap affiche des positions proches de l'antispécisme - cette idée que l'espèce d'un animal ne doit pas influencer notre manière de la traiter ou de la considérer. Son dernier livre, l'Abattoir de verre, accorde une grande place à ce sujet. A travers sept histoires morales, Coetzee met en scène son double littéraire, Elizabeth Costello, une écrivaine australienne vieillissante.

    .... plus loin, Costello vit avec des chats férals. Elle a choisi de "tourner le dos à (sa) tribu - la tribu des chasseurs - et de (se) placer du côté des chassés", priant pour un monde où les hommes n'auront plus droit de vie et de mort sur les autres espèces. A la fin du recueil, l'héroïne envisage de construire au cœur d'une ville un abattoir en verre pour réveiller les consciences. Et pointe notre ambiguïté. "Si nous sommes préparés à infliger la mort à autrui, pourquoi souhaitons-nous lui épargner la douleur ?". 

    Le livre se clôt sur un reportage sur une ferme-usine où les poussins mâles, qui ne font pas partie du "business plan" sont broyés pour être transformés en nourriture pour bétail ou en engrais. "C'est pour eux que j'écris. Leur vie fut tellement brève, si facile à oublier", déclare Costello. A travers ses mots se dévoile, indéniablement, l'engagement profond de J.M. Coetzee.

    Gladys Marivat

    LIRE - décembre 18/janvier 19

    (chat féral : chat qui retourne à l'état sauvage

    J.M. COETZEE est-il un défenseur de la cause animale ? (Gladys Marivat)

     

    En parallèle à la place de l'animal, l'auteur nous parle de la vieillesse, de la grande vieillesse que va bientôt aborder Elisabeth Costello. 

    "La vérité, c'est que tu es une vieille dame qui a besoin de soins...."

    Sa mère secoue la tête.

    "Pas cette vérité-là. Dis-moi l'autre vérité, la vérité vraie."

     

    Mais je ne n'y suis pas arrivé. Je n'ai pas pu lui dire en face ce que je n'ai aucun mal à t'écrire maintenant : " la vérité vraie, c'est que tu es en train de mourir. La vérité vraie, c'est que tu as un pied dans la tombe. La vérité vraie, c'est que tu est déjà sans défense, que demain tu seras encore plus démunie, et ainsi de suite, jusqu'au jour où il n'y aura plus d'aide du tout.

    .... la vérité vraie, c'est que tu ne peux plus dire Non. Tu ne peux pas dire Non au tic-tac de la pendule. Tu ne peux pas dire Non à la mort. Quand la mort dit Viens, il te faut courber la tête et partir. Alors accepte. Apprends à dire Oui...

    Laisse derrière toi cette maison... laisse tes objets familiers, viens vivre dans une institution.... ne te braque pas. Dis Oui. Dis Je suis d'accord. Dis je suis entre vos mains. Fais au mieux"

     

    J.M COETZEE

    (lauréat du prix Fémina étranger, prix Nobel de littérature en 2003)

    L'abattoir de verre

     

     

     


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  • Les osselets

     

    La mésange à tête bleue

    au midi scintillant

    pose ses pattes propres 

    sur la corne d'une charogne

    pousse trois trilles et puis repart

    touffe de poils dans le bec

    les pattes légèrement moins propres

    on peut chanter dans les décombres

    construire son nid d'osselets fins

    chaque jour commence un nouveau jour

    les oisillons ont besoin de chaleur

    pendant qu'une drôle de musique

    s'aiguise dans le ventre

    du chat du voisin

     

    Thomas VINAU

    C'est un beau jour 

    pour ne pas mourir


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  • Parfois on ne le sait jamais

     

    J'aime assez ce moment

    dans la rue dans les gares

    sur un banc

    lorsqu'on ne sait pas encore

    si le type en face

    qui parle tout seul

    en remuant les bras

    est un psychotique

    ou un homme d'affaires

    avec une oreillette

     

    Thomas VINAU

    C'est un beau jour

    pour ne pas mourir


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  • métiers improbables (les anthologies éphémères) (1)

    Métiers improbables

     (les anthologies éphémères) 

     

    Le livre magnifique, se tenant si bien dans la main, doux d'aspect, respectable, plein d'histoires des amis de Quichottine, j'ai commencé à le lire. Aujourd'hui, je me suis arrêtée  à la page 89 (la diseuse de bonne aventure).

    La diseuse de bonne aventure dont nous avions reçu la visite en 1965 ou 1966, frappa à la porte. Maman ouvrit, se lamenta de cette enfant (moi). "Qu'allait-on faire de moi ?". J'étais en 6ème ou 5ème, dernière ou avant-dernière de la classe . La femme brune, gitane,  proféra "que tout allait s'arranger !".

    Un pan de ciel s’entrouvrit, phrase  positive qui me soulagea. ...  et finalement bienveillante parole qui se réalisa.

    Détricoteuse de pulls, Mireille, comme toi j'ai reçu une bonne formation que j'appliquais longtemps encore, adulte. Comme Josette, désembrouilleuse de fils emmêlés, pour le fil à pêche de papa, les chaînes et autres mélis mélos.

    J'ai  aimé la bienveillance, les mamies à l'écoute, pôle emploi à rénover.

    Avec les métiers improbables, chacun pourra être utile et pratiquer une activité gratifiante. 

    J'ai rêvé de devenir câlineuse d'arbres avec Milo ; apprentie, dimanche, j'ai posé ma main sur un arbre d'avant les remembrements. J'ai été surprise, il avait froid. Je lui ai offert ma chaleur. 

    Que de métiers encore à découvrir, je vous donne rendez-vous très bientôt, pour continuer cette causerie amicale.

     

    "Quand Dame Nature est trop triste et pleure à chaudes larmes, elles (les dompteuses de tempête) viennent s'installer face à la mer dont les vagues propagent la douce musique d'amour et de respect..."

    Pascale Ménétrier Delalandre

     

    "Vieille femme, parfumée de jasmin et de lilas, j'entrelace avec délicatesse et suivant un ordre bien précis, les mots que ma mémoire conserve jalousement."

    Zaza

     

    "Ainsi va la vie... il vaut toujours mieux raconter la vérité aux enfants".

    Manou

     

    "A tous ceux que j'aime

    ceux que je ne connais pas

    ceux qui souffrent d'injustice

    compatir et soutenir

    ce n'est pas assez

    il me faut leur broder

    au cœur un ciel d'azur."

    Marlou

     


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