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    Bien que la graine de l'amitié-bienveillance soit en nous tous, nous devons faire l'effort de la cultiver. Quand nous sommes rigides, étriqués, tendus, anxieux, pleins de soucis et de craintes, notre capacité naturelle d'amitié-bienveillance ne peut pas fleurir. Pour cultiver la graine, nous devons apprendre à nous détendre. Dans un état d'esprit paisible, comme celui qui est obtenu par la méditation de la Vision intérieure, nous pouvons oublier nos différends passés avec les autres, pardonner leurs fautes, leurs faiblesses et leurs offenses. Alors, l'amitié-bienveillance grandit naturellement en nous. 

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    L'amitié-bienveillance que nous souhaitons cultiver n'est pas l'amour tel que nous l'entendons habituellement.

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    Lorsqu'il est pleinement développé, le filet de votre amitié-bienveillance inclut toutes choses dans l'univers, sans exception. Il est sans limites, sans frontières. Votre pensée bienveillante inclut non seulement tous les êtres tels qu'ils sont actuellement, mais elle comporte également votre souhait que, tous, sans aucune discrimination ni aucun favoritisme, soient heureux dans le futur illuminé.

     

    Vénérable Henepola Gunaratana

    Les 8 marches vers le bonheur


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     Le Savoir des Anciennes Coutumes des Chiens a presque entièrement disparu de notre espèce, dit Brennus (valeureux Saint Bernard). Pendant que les humains s'éloignaient de plus en plus de leurs propres racines sauvages - que les humains vendaient la vérité du plus profond de leurs coeurs en échange de télés, de cosmétiques et de sécurité -, nous les chiens nous avons également perdu contact avec nos origines.

    Nous avons cessé de nous poser les questions les plus fondamentales de la vie : "Quelle est la nature de la Sauvagerie ?". Nous avons cessé de demander à nos parents : "Quelle est la nature de la Sauvagerie ?", exactement comme ils avaient cessé d'interroger les leurs. Comme les humains, nous aussi nous avons vendu notre vérité profonde. Et contre quoi ? une tape affectueuse des maîtres sur la tête et une gamelle de viande que nous ne savons même plus chasser et tuer  par nous-mêmes.

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    Que peux-tu me dire d'autre ? demanda Furgul (grand chien maraudeur)

    Une seule chose encore, la dernière de mes miettes, mais une très sombre. Les Sentes des Chiens sont puissantes - comme tu viens de le sentir mieux que moi. Et elles te laissent le choix. Chaque Sente est renforcée à chaque fois que tu l'empruntes pour courir. Certains chiens courent sur les bonnes Sentes, d'autres chiens sur les mauvaises. Et, exactement comme tu peux changer les Sentes, elles peuvent te changer aussi.

     

    Tim WILLOCKS

    DOGLANDS


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    Je sais ce que tu penses, dit Jodi, et c'est difficile pour toi de comprendre. Peut-être même impossible. Mais les gens qui aiment le plus les animaux - comme les vétos, et comme ces gens qui travaillent dans des refuges et des fourrières, et même les piégeurs, aussi  - sont les gens qui doivent faire tout le sale boulot pour les autres.

    Tu veux dire les politiciens ?

    Non, je parle des maîtres qui abandonnent leurs animaux familiers et des maîtres qui sont si cruels que leurs chiens s'enfuient. Je parle des éleveurs de pedigree qui accouplent trop de chiens - comme les éleveurs de lévriers. Et des gens qui achètent comme cadeau d'anniversaire ou de Noël un chiot qu'ils donnent à des enfants qui en font leur jouet. C'est de leur faute s'il y a trop de chiens et pas assez de gens pour s'en occuper. Mais ce sont les vétos et les employés des refuges qui doivent se charger de les tuer. Certains n'arrivent à le faire que pendant quelques années, parce que ça leur brise le coeur. Au bout d'un certain temps, ça m'a brûlée aussi. Je ne pouvais plus le supporter.

     

    Tim Willocks

    DOGLANDS

    sanctuaire de lévriers


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  • 14 juin

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    J'atteins la rivière que je convoitais : un torrent cascadant, à trois kilomètres au nord de la Lednaïa. L'endroit est poissonneux mais il faut trois heures pour le gagner. Les chiens furètent un moment puis s'endorment sous les coiffes de rhododendrons. J'admire leur faculté à sombrer au moindre répit.

    Ma nouvelle devise : en toute chose imiter le chien ! La bionique consiste à s'inspirer des inventions de la biologie pour les appliquer à la technique. Il faudrait fonder l'école de l'éthobionique. On s'inspirerait du comportement animal pour conduire nos actes.

    Au moment d'agir, au lieu de demander conseil à nos héros - qu'auraient décidé Marc Aurèle, Lancelot ou Geronimo - on se dirait : "Et maintenant, que ferait mon chien ? et un cheval ? Et le tigre ? Et même l’huître (modèle de placidité)?" Les bestiaires deviendraient nos livres de conduite. L'éthologie serait promue science morale.

    J'interromps mon rêve lorsqu'un omble entraîne mon bouchon de liège par le fond. Ce soir, je rapporte quatre poissons à la cabane. Et je les dévore car c'est ainsi qu'agissent les bêtes.

     

    Sylvain TESSON

    Dans les forêts de Sibérie 


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  • 28 mai

     

    Je passe la journée dans le guide ornithologique de l'édition Delachaux et Niestlé, "848 espèces et 4 000 dessins". Ce livre est un bréviaire consacré à l'ingéniosité du vivant,  aux infinies subtilités de l'évolution, une célébration du style. Même le plus sophistiqués des urbains qui verrait dans les oiseaux de stupides automates au regard de maniaque, soumis au hasard des vents, s'inclinera devant l'audace des livrées du faisan, du galopède ou du tadorne. 

    J'essaie d'identifier chacun des visiteurs du ciel. Nommer les bêtes et les plantes d'après les guides naturalistes, c'est comme reconnaître les stars dans la rue grâce aux journaux people. Au lieu de "Oh ! Mais c'est Madonna!", on s'exclame "Ciel, une grue cendrée !".

    Sylvain TESSON 

    Dans les forêts de Sibérie 


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