• ...

    (Barbara Fredrickson, professeur de psychologie, chercheur des émotions positives au laboratoire de l'université de Caroline du Nord) enrôla pour l'expérience 140 adultes en bonne santé (70 dans chaque groupe), sans inclination spirituelle particulière ni expérience de la méditation. L'expérience dura 7 semaines. Pendant ce temps, les sujets du premier groupe, répartis en équipe d'une vingtaine de personnes, reçurent un enseignement sur la méditation de l'amour altruiste ... (voir page 86 pour plus de détails)

    Les résultats furent très clairs : ce groupe, qui n'était constitué pourtant que de novices en matière de méditation, avait appris à calmer son esprit et, plus encore, à développer remarquablement sa capacité d'amour et de bienveillance. Comparés aux personnes du groupe témoin ... les sujets qui avaient pratiqué la méditation éprouvaient plus d'amour, d'engagement dans leurs activités quotidiennes, de sérénité, de joie, et d'autres émotions bienfaisantes. Au cours de l'entraînement, Fredrickson remarqua également que les effets positifs de la méditation sur l'amour altruiste persistaient durant la journée, en dehors de la séance de méditation et que, jour après jour, l'on observait un effet cumulatif. 

    ...

    Les mesures de la condition physique des participants montrèrent aussi que leur état de santé s'était nettement amélioré.

    ...

    Au point que le psychologue, Paul Ekman, lors de l'une de nos rencontres, suggéra de crééer des "gymnases de l'amour altruiste"...

     

    Matthieu RICARD

    Plaidoyer pour l'altruisme

     


    6 commentaires
  • ... un jour, un journaliste m'a demandé comment faire pour être, sa vie entière, un bon père pour ses enfants. Je n'ai pas l'habitude de délivrer des recettes aussi laconiques, mais j'ai réfléchi et j'ai répondu de façon simple. Je l'ai prié d'écrire sous ma dictée : "Si vous voulez être, votre vie durant, un bon père pour vos enfants, faites en sorte que, votre vie durant, la mère de vos enfants soit amoureuse de vous."

    Aldo NAOURI

    Prendre la vie à pleines mains 

    entretiens avec Emilie Lanez 

     

     


    6 commentaires
  • ... Or dans le monde contemporain, l'altruisme est plus que jamais une nécessité voire une urgence. Il est aussi une manifestation naturelle de la bonté humaine, dont nous avons tous le potentiel, en dépit des motivations multiples, souvent égoïstes, qui traversent et parfois dominent nos esprits.

    Quels sont en effet les bienfaits de l'altruisme au regard des problèmes majeurs que nous avons décrits ? Prenons quelques exemples. Si chacun d'entre nous cultivait davantage l'altruisme, c'est-à-dire, si nous avions plus de considération pour le bien être d'autrui, les investisseurs, par exemple, ne se livreraient pas à des spéculations sauvages avec les économie des petits épargnants qui leur ont fait confiance, dans le but de récolter de plus gros dividendes en fin d'années. Ils ne spéculeraient pas sur les ressources alimentaires, les semences, l'eau et autres ressources vitales à la survie des populations les plus démunies.

    S'ils avaient davantage de considération pour la qualité de vie de eux qui nous entourent, les décideurs et autres acteurs sociaux veilleraient à améliorer les conditions de travail, de vie familiale et sociale, et de bien d'autres aspects de l'existence. Ils seraient amenés à s'interroger sur le fossé qui se creuse toujours plus entre les plus démunis et ceux qui représentent 1 % de la population mais qui détiennent 25 % des richesses (chiffres concernant la situation aux Etats Unis). Enfin, ils pourraient ouvrir les yeux sur le sort de la société dont ils profitent et sur laquelle ils ont bâti une fortune.

    Si nous témoignons de plus d'égards pour autrui, nous agirions tous en vue de remédier à l'injustice, à la discrimination et au dénuement. Nous serions amenés à reconsidérer la manière dont nous traitons les espèces animales, les réduisant à n'être que des instruments de notre domination aveugle qui les transforme en produits de consommation.

    Enfin, si nous faisions preuve de plus de considération pour les générations à venir, nous ne sacrifierions pas aveuglément le monde à nos intérêts éphémères, ne laissant à ceux qui viendront après nous qu'une planète polluée et appauvrie.

    Nous nous efforcerions au contraire de promouvoir une économie solidaire qui donne une place à la confiance réciproque et valorise les intérêts d'autrui. Nous envisagerions la possibilité d'une économie différente, celle que soutiennent maintenant nombre d'économistes modernes, (notamment Joseph Stiglitz, Richard Layard et Ernst Fhr, ainsi que les acteurs du mouvement du Bonheur National Brut promulgué par le Bouthan et maintenant sérieusement envisagé par le Brésil, le Japon et d'autres pays) une économie qui repose sur les trois piliers de la prospérité véritable : la nature dont nous devons préserver l’intégrité, les activités humaines qui doivent s’épanouir, et les moyens financiers qui permettent d'assurer notre survie et nos besoins matériels raisonnables.

    ...

     

    Matthieu RICARD

    Plaidoyer pour l'Altruisme


    7 commentaires
  • ... J'ai pratiqué beaucoup de métiers. Avec le recul, je dois admettre qu'à chaque fois, la fonction avait à mes yeux moins d'importance que ceux avec qui je devais l'accomplir. La proximité, les échanges, l'entraide, le fait de partager un but commun...

    Tout ce qui fait la vie.

    Très vite, le métier lui-même est devenu secondaire au profit des relations humaines. J'ai d'abord vécu cela avec mon père, puis avec la plupart de ceux que j'ai croisés.

    Au fond, je pense que j'aime prendre soin des gens. Je ne sais pas si c'est un métier, mais c'est à cela que j'aurais aimé pouvoir consacrer toute ma vie.

    ...

    Les chemins qui conduisent à trouver notre place sont souvent surprenants. Je me souviens d'un bon ami qui, tout jeune, habitait près d'une grande route dans la campagne anglaise. Chaque matin, il se désespérait de trouver des hérissons morts sur le bas-côté. Je l'ai vu plu d'une fois pleurer ces petites créatures qu'il enterrait au fond du jardin de ses parents. Bien des années plus tard, devenu jeune ingénieur, il n'en parlait plus jamais.

    Pourtant, il a remporté le concours qui a lancé sa brillante carrière grâce à une étude sur des fossés spéciaux et des tunnels qui protégeaient la faune des campagnes.

    Est-ce le chemin parcouru qui fait de nous ce que nous sommes, ou bien choisissons-nous notre voie en fonction de ce qui nous touche ? 

     

    Gilles LEGARDINIER

    Complètement cramé


    7 commentaires
  • ...

    Le père Ceyrac qui, pendant 60 ans, s'est occupé de 30 000 enfants défavorisés dans le sud de l'Inde, me dit un jour : "Malgré tout, je suis frappé par l'immense bonté des gens, même de ceux qui semblent avoir le coeur et l'oeil fermés. Ce sont les autres, tous les autres, qui fondent la trame de nos vies et forment la matière de nos existences. Chacun est une note dans le "grand concert de l'univers", comme le disait le poète Tagore. Personne ne peut résister à l'appel de l'amour. On craque toujours au bout d'un certain temps. Je pense réellement que l'homme est intrinsèquement bon. Il faut toujours voir le bon, le beau d'une personne, ne jamais détruire, toujours chercher la grandeur de l'homme, sans distinction de religion, de caste, de pensée". 

     

    Matthieu RICARD

    Plaidoyer pour l'altruisme 


    7 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique