• Pour le jeudi poésie du 9 mai,

     prenez un poème que vous aimez, volez les verbes et utilisez les dans votre propre poème sans changer l’ordre des verbes. ( ils peuvent être conjugués différemment ) 

     

     

    mon poème aux verbes volés

     

    Ecrire ou prier ?

    Faire les deux,

    Accepter l'abîme.

    - ne pas avoir de certitude raisonnée -

    - ne pas avoir de rose sans épine -

    A ceux qui  ignorent la fraternité

    leur donner un cœur de poème.

     

    ooooooooooooooooooooooooooooooooo

     

     

    le poème de Abdellatif LAÂBI

     

    J'écris comme d'autres prient

    font pénitence

    et acceptent le Mystère

    J'ai parfois des joies comme eux

    des éblouissements

    mais j'ai souvent des doutes qu'ils ignorent

    des tourments qui donnent à ma prière

    ses accents de vérité défiant la foi.

    (l'arbre à poèmes - anthologie personnelle 1992/2012)


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  •  

    Défi 220 avec Jazzy

     

    A la barre du bateau des croqueurs de mots pour cette quinzaine,

    Jazzy nous propose  de jouer aux centons pour le lundi 6 mai .

    Dans la Rome impériale on appelait “cento” les morceaux de tissu dépareillés que cousaient les légionnaires afin de se fabriquer un sous – vêtement qui puisse leur tenir chaud sous la cuirasse de métal . Par analogie le centon est un jeu littéraire qui consiste à composer un poème original à partir de vers empruntés à divers auteurs .

    poème, histoire ou chanson, tout est permis.

     

    Défi 220 avec Jazzy

     

     

    Centon réalisé grâce aux peintures de Sandro Botticelli (tableau 1), Gabriel Dante Rossetti (tableau 2), Léonor Fini (tableau 3) et les poèmes d'Andrée Chedid (titre),  Hildegarde de Bingen (ligne 1), Christian Bobin (ligne 2),  Renée Vivien (ligne 3) 

     

     


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  • Jazzy nous propose :

    Un poème en calligramme personnel ou non

     

     

     

    Jeudi en poésie avec Jazzy

     


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  • L'arbre innommé

    élevé

    regarde à son pied

    les humains

    aller venir grandir mourir

    berceaux  trottinettes

    gambettes cannes et

    fauteuils roulants.

    Le défilé incessant

    les dimanches bénis.

    L'arbre oubliant

    les sécheresses les vents.

    l'arbre tend se tend

    vers le ciel.

     

    Gardez-nous mêlés

    liés rassemblés

    là-haut -  là-bas - ici

    supplie le feuillu.

     

     

    Agab 03/19

     


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  • Défi 218 auprès de mon arbre

     

    Imaginez, pour le défi de ce lundi, que vous êtes un arbre (chêne, bananier, charme, ce que vous préférez) et racontez votre histoire en une trentaine de lignes.

    Au début de votre texte, vous insérerez une citation ou un proverbe relatif à un arbre.

     

    Les mots sont comme les glands. Chacun d'eux ne donne pas un chêne, mais si vous en plantez un nombre suffisant, vous obtiendrez sûrement un chêne tôt ou tard.

    William Faulkner

     

    Je me souviens d'une promenade dans la campagne lorraine. Le printemps éclatait, le vert se multipliait et les oiseaux bâtissaient leurs nids. Je me pressais, l'orage approchait et soudain la pluie m'éclaboussait. La chienne tirait fortement sur la laisse, sous l'emprise d'une frayeur incontrôlable. Sous un chêne, je trouvais un abri. Les éclairs claquaient, fouets d'un ciel en désordre. Une lumière zébra le sol, un craquement sinistre l'accompagna. 

    Quand je relevai la tête, sensation étrange, je ne sentis plus mes deux mains. "Étais-je dans le coma, chamboulée par l'éclair ?" La pluie tombait drue et mes sensations changeaient ; j'étais heureuse de cette pluie qui s'éparpillait sur mes feuilles. 65 ans, tout comme moi, tiraillements des branches, de grandes en petits embranchements, fleurs qui me grattouillaient. J'étais le chêne ! Sooooannnnnnnnn, le vent s'infiltrait, dansait à travers les branches. Etre un chêne, ne plus trembler comme une feuille, vibrer à l'unisson de tout : feuilles, animalcules, oiseaux, racines et air. Se nourrir, mes racines profondes avaient trouvé le chemin du ruisseau et envoyait la sève du bas en haut. La pluie cessa, à mon pied, vase évasé, formidablement puissant, mon corps d'humaine endormi, fragile et limitée humaine. Le chien était couché tout contre et diffusait sa chaleur.

    Vibrer chêne, mes feuilles s'égouttaient, un couple de geai jasait ; la femelle couvait cinq oeufs blancs aux tâches verdâtres, attendre patiemment la naissance puis les cris, les premiers vols. Des fourmis grimpaient sur mon tronc, à la rencontre des pucerons. J'agitais mon houppier et voyait le soleil se coucher, jaune, rouge, or flambant. Quelle magnificence ! Incroyable cette sensation d'étirement, de largeur, de profondeur. Des mésanges s'approchèrent pour se coucher. Pas très loin des vaches brunes et blanches rejoignaient leur abri. Elles venaient les moments de soleil dardant, se coucher sous mon ombre, quelquefois même, elles se frottaient contre mon écorce pour stopper les piqûres des infernales mouches.

    J'étais un chêne et mes souvenirs d'humaine s'estompaient, ceux d'une femme qui devaient encore marcher une heure avant de retrouver sa voiture. Oublié le dérangement climatique, oublié la centrale nucléaire aux nuages gros et ronds, dépassé les tracas quotidiens et même les moments doux à lire les livres des trois amis ou les poèmes de Thomas Vinau. Je me balançais en rythme avec les feuilles nouvelles et savourait la sève nourricières. Des mésanges, quelques moineaux se posèrent et repartirent. Le pré se piquait de fleurs de pissenlits. Tout près de mon tronc, dans sa petitesse admirable, une fleur nouvelle haute comme trois rouge-queue veillait sur moi. La nuit s'approfondissait,  la lune tentait la hulotte. Une petite brume enveloppa le corps de l'humaine.

    Je me sentais vaste comme le monde, vaste ; plus loin un chêne cousin m'envoya ses effluves amicales. Je comprenais comme le monde était relié. Et à l'aube vivifiante, le pissenlit se tourna et me chuchota, "il est l'heure, dame blanche, il est l'heure, vos frères vous attendent". Le brouillard se fit épais et dense, lentement, précautionneusement, mon corps de femme se réveilla. Des tremblements me saisirent, Le chien, queue en panache, heureux, me lècha. 

    Je n'étais plus chêne  juste une femme âgée  dans un monde à la grande beauté souvent menacée. Et  je gardais au fond de moi l'espérance d'un monde où tous les vivants nous vivrons tous reliés : vent, étoiles, abeilles et renards argentés. Le chêne continua sa mission, élever des glands pour qu'ils poussent par milliers.  Et il m'arrivait d'aller m'asseoir sous lui et de vibrer à l'unisson.


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