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    défi 203

    Défi du 2 avril  2018:

    En tant que professeur-documentaliste et usagère de bibliothèque, Laura souhaite que nous lui parlions d'un CDI (Centre de Documentation et d’Information où elle travaille) pour ceux à qui ça parle (dans son lycée, elle n’avait qu’une bibliothèque) ,

    d’une bibliothèque ou de tout autre paysage livresque (librairie, chez vous etc.) où vous vous sentez bien… ou pas

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    « Un parapluie beige, bordé de noir. La jeune femme avec ses frères, rit et joue à la belle se protégeant du soleil. Plus loin, les parents travaillent. Ils soulèvent des couvercles de poubelles de tri ; la femme petite, se penche, soulève, recherche, elle est entière dans sa tâche, le mari, lui, un peu gêné regarde de droite, de gauche, si un opportun passe.

    Eux-mêmes ne se rendent pas compte comme ils sont soleil dans le quartier gris. Habillés de blanc, de noir, impeccables, ils vont élégants, fiers. Leurs grands-parents, venus en roulotte des pays de l'est, rejetés par les populations, avaient migré en France dans les années 1960... »

    Un bruit, la femme a entendu un bruit. Quelqu'un s'assoit à côté d'elle sur un fauteuil rouge. Certains jours de semaine, la médiathèque de quartier a des airs de salon. Des retraités, bien souvent, d'anciens instituteurs ou employés, suivent les actualités dans les journaux disponibles. Pas uniquement, des chômeurs, des gens dont la chambre trop petite les étouffe.

    La femme regarde sa montre, bientôt 15 heures ; elle sourit, prend son livre et sort sa carte. La bibliothécaire à l'accent polonais lui a conseillée ce roman. Toujours un plaisir de la rencontrer. En 15 ans, des rides sont apparus autour de ses yeux, ses si longs cheveux sont coupés au carré désormais. Presque Jeanne d'Arc. Son sourire lui est toujours le même.

    Dans ce lieu immobile, où les gens passent, les vies se font. La fillette aux tresses brunes lui rappelle la sienne. Son mari et elle, venaient avec leurs enfants, souvent le samedi. Ils déposaient les livres, films ou CD à l'entrée, et les petits couraient vers la section enfants. Et tous deux, lecteurs invétérés, ils arpentaient les rayonnages. Prendraient-ils un livre d'un auteur apprécié, un livre dont le titre vous sussurait « prends moi ! Prends moi ! » ? Et une heure plus tard, au plus tôt, ils repartaient avec sous les bras, un Vladimir Volkoff, un Pierre Boulle, un Joyce Carol Oates ou Boris Cyrulnik. A l'époque, elle aimait un auteur un peu étrange, Jonathan Carrol, écrit-il encore ?

    La médiathèque s'est agrandie, offrant des accès aux ordinateurs, certains employés ont pris leur retraite et sa fille ne lit plus, hélas ! Si, elle lit des histoires à sa petite et l'emmène de temps à autre à une bibliothèque municipale.

    « Bonjour ! » lui dit une dame brune, coquette, sereine, joyeuse. Elles s'embrassent et échangent. Elles ne se sont pas vues depuis deux ans au moins. Elle vient emprunter des livres pour les classes maternelles où elle fait rêver les petits. L'échange est chaleureux, l'heure tourne, elles se quittent, heureuses de cette rencontre.

    « Je reviendrai samedi avec Jacques. » songe la femme "et j'emprunterai un CD de Bach, une cantate écoutée sur radio classique". Si dansante, qu'elle s'était levée et tournée, légère comme l'oiseau, dans la pièce étroite. Sa petite fille, aimera virevolter sur les airs royaux où, les femmes de cette époque, savaient rarement lire.

     


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  • Défi 202

    Aminautes au pied marin, pour ce défi 202, nous chalouperons tous en choeur au rythme du Tango ….

    avec le moussaillon Luciole qui a choisi pour thème : 

     

    “LE TANGO EST UNE PENSEE TRISTE QUI SE DANSE !” (Enrique Santos Discépolo)

     

     

     

     

    « Est-ce qu'il est nécessaire de se souvenir ? » se dit-il en écoutant Césaria Evora chanter Sentimento.

     

    Une fête de fin d'année où s'étaient retrouvés les mis de côté, les esseulés, les migrants encore mal remis de leurs aventures. Une salle des fêtes. Grande, des bruits d'assiettes, du pétillant pour mettre un sourire sur les lèvres. Il était venu, là, lui le rescapé, aimant les rires, retrouvant sans doute des amis d'hier. 

     

    Et l'animatrice, une Burkinabé, majestueuse, joyeuse et festive, belle silhouette habillée toute en rouge et or, sourire large, tintant, oiseau du paradis, invita, invita à danser les femmes, les hommes, les enfants, un tango, un tango : « Sentimento ».

     

    Et lui, Janvier se tourna vers sa voisine, une jeune femme, blonde, slave. « Voulez-vous danser ? ». Il lui montra la piste de danse. Déjà, Nadejda,se leva, envoya un baiser à sa mère, et le suivit tout en disant : «tango, un petit, un petit peu. » Son accent était doux, son regard fier et enjoué. Il l'enlaça et sur la piste, jamais il ne connut un si bon moment, lui toujours si triste, n'oubliant pas le Rwanda, lui qui y souffrit tant qu'il en parlait peu aux hommes de son foyer.

     

    Son corps souple, allait, venait, et le tango, n'était pas un combat entre amants, il était histoire de la vie, les moments faciles, les traversées dangereuses, la solitude et pointait aussi la joie de se connaître. Cinq minutes, ce n'est pas beaucoup, vingt non plus. C'était une série de 4 tangos, plus elle bougeait, plus elle ressemblait à un feu follet, plus il sentait ses peines s'envoler. 4 tangos, ils tournaient, ils marchaient, ils volaient.

     

    Cinq ans durant, Nadejda fut danseuse à Tachkent (Ouzbékistan) au grand théâtre académique, la danse était sa vie, rien ne l'effrayait ni les douleurs, ni les longues heures de répétition, juste comptaient les moments de grâce. Elle était Russe, sa mère aussi, son père Ouzbek musulman. L'ex URSS ne les protégeait plus, plusieurs fois, elles avaient été injuriées en passant la porte de la cathédrale de la Dormition. Elle souriait en lui racontant l'histoire avec son français emplie de son accent russe. Son père, son père les avait quittées, sa mère peinée, découragée. Et un jour, on leur avait intimé de partir et en lui arrachant, sa petite croix d'or, des hommes l'avaient battue, lui criant de porter un voile....

     

    L'avion, les passeurs, Metz, la rencontre avec Soeur Cécilia, femme forte, de caractère, d'un âge à être à la retraite, les cours de Français. Elle souhaitait être professeur de danse. La soirée, passée, janvier aussi, février et mars, et un soir, elle lui annonça son départ pour Lille, où une école avait besoin d'un professeur de danse. Ancienne danseuse étoile, elle convenait au poste, et le 1er avril, ils l'attendaient les gens du Nord. Un appartement pour elle et sa maman, le droit d'asile et l'adresse d'amis de Cécilia.

     

    Janvier était heureux et triste. Elle était partie, il n'avait pas osé lui dire comme il l'aimait, chaque jour un peu plus, son feu follet. Janvier était conducteur de bus, désormais, après bien des aléas pour trouver un travail correct. Décharger les camions, avait usé son dos. Il n'avait pas tout à fait 40 ans. Et il l'avait laissée partir lui souhaitant bon vent.

     

    LE TANGO EST UNE PENSEE TRISTE QUI SE DANSE !(Enrique Santos Discépolo)

     

    Il dansait dans la pièce claire, ensoleillée, ses bras tenant une partenaire imaginaire. Et la, la, la,

     

    Triste, la sonnette retentit, il courut, il ouvrit : elle était devant lui : « sœur Cécilia nous invite ce soir chez elle, tu sais comme elle cuisine bien et je crois même qu'il y aura de la musique, Césaria Evora ! »

    Il rit.

    Il prit sa veste, ferma la porte et tous deux descendirent, en courant follement , dans l'escalier.

    Le tango, c'est ça, des moment heureux, des moments tristes

    de la passion, aussi.

     

     

    encore, je vous confie

    Ils existent tous les deux, lui réfugié du Rwanda, Français aujourd'hui, il habite Nancy

    et elle, la danseuse, partie vivre avec sa mère dans le Nord.

    Hélas, il n'y a pas eu de tango, ils ne se sont jamais rencontrés. 

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • jeudi en poésie

     

    Aminautes au pied marin, pour ce défi 202 venez chalouper tous en choeur au rythme du Tango ….

    avec notre moussaillon Luciole qui a l’honneur de vous guider dans vos choix….

     

    • 15 Mars 2018 : Poésie ou chanson ou autre sur les 4 éléments qui composent la danse :

              L’EAU, L’AIR, LE FEU, LA TERRE

     

    jeudi en poésie

     

    Valse ample

     

     

    Enlaçant le divin

    invisible, insaisissable

    Un

    L'air soyeux

    nous enlève à la pesanteur

    Tournant ensemble

    Devisant, demeurant

    Deux

    S'élèvent, s'altèrent,

    Se dispersent, se mêlent

    les fluides d'amour.

    L'amour

    pour Toi,

    pour moi,

    pour tous.

     


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    défi 201

     

    Le capitaine Domi est à la barre : 

    Nous sommes en hiver et … « Quand Paris s’enrhume, l’Europe prend froid »

    Je vous demande de vous exprimer comme vous l’entendez ….

    En imaginant un texte drôle ou pas, poétique ou pas, en vers ou en prose.

    Vous pourrez également vous exprimer en chanson ou en images, dessins ou photos.

    Tout ce qui vous passe par la tête, n’ayez aucun complexe.

     

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    Lorsque j'ai lu :  "Quand Paris s’enrhume, l’Europe prend froid », j'ai juste ressenti ce qu'était s'enrhumer.

    Je tremblais, ma tête toute molle et mes idées désorganisées. Puis, en le lisant une seconde fois, je me suis rappelée qu'il s'agissait d'une phrase mystérieuse transmise dans les années 2000, par mon oncle Stéphane. Celui-là même qui était venu de sa Pologne pour travailler dans les usines De Wendel dans la vallée de la Fensch.

    Il avait épousé la soeur de maman, et son accent charmait mes oreilles, pas seulement son accent, mais sa voix lorsqu'il chantait l'été quand les soirées sans fin, incitent à nous rassembler dehors près des maisons, assis tous ensemble. Nous l'apprécions tous et le bissions à chaque fin de chanson. 

    Nous nous entendions bien tous les deux, il aimait lire et me prêtait des livres épais, il aimait jouer aux échecs et m'avait patiemment appris la vie de toutes les pièces. 

    "Quand Paris s'enrhume, l'Europe prend froid " le jour où tu verras cette phrase, agis ma Francette, réagis, et souviens-toi de la phrase réponse "Et la Pologne vous guérira".  Depuis il s'était éteint dans une maison de retraite où les infirmières l'avaient choyé. J'étais restée à l'écoute quelques années, puis l'oubli était venu ; la vie s'était emplie des cris joyeux de Lucien, Alexis, Maroussia et Vronski. 

    Et là, à l'approche de la retraite, les enfants à l'heure des années folâtres, des aventures, des angoisses des premiers amours, du moment à trouver sa place, nous nous sommes retrouvés tous les deux, anciens amoureux, heureux de vivre  avec Django, le vieux chat roux. 

    Je rêvasse et crains de franchir le pas, m'aventurer sur un terrain inconnu, est-ce un enfant naturel, fils ou fille d'une amie polonaise ? est-ce une organisation secrète ? est-ce un trésor qui va se découvrir ? 

    Je crains car j'ai connu de ses aventures anciennes qui se sont achevées par des clics et des claques, des cris et des larmes. Je crains, mais j'y vais .... la fidélité à Stéphane m'y pousse.

    Capitaine, je réponds à votre appel secret ; peut être que je serai la seule, peut-être serons-nous une quinzaine à y répondre : 

    "Et la Pologne vous guérira !" 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • défi 201 Jeudi en poésie

     

    Pour le premier jeudi poésie 1er mars 2018

    Plaisirs d’hiver

     

     

    Bise(s) de Moscou

     

    défi 201 Jeudi en poésie

     

     

    Vladimir ..... Poutine 

    Nina ..... Berberova (femme de lettres, poétesse)

    Maria ... Tvsetaïeva (poétesse russe) 

    Ossip ... Mandelstam (poète russe)


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