• défi

    Cette quinzaine, c’est Dominique (Mes antidotes) qui prend la barre pour la première fois.

    Sur une Œuvre de Jaume  Plensa qu’elle intitulerait volontiers   » IMPROBABLE   DIALOGUE « 

     

    * Faire dialoguer deux personnages connus, réels ou fictifs mais n’ayant pas vécu à la même Époque.

    OU

    * Faire dialoguer un personnage fictif ( Humain  ou  Animal ) avec son  Créateur

    ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

    Seconde possibilité

    Ecrire une  UCHRONIE

    *Une « Uchronie » étant un récit imaginaire, qui a pour point de départ un Événement Historique

    dont on modifie à sa convenance et selon son imagination, l’évolution et l’issue.

     

     

    an 2060, mois d'avril, une jeune femme, Artinoé, ouvre le cahier de poèmes "graines en retrait" écrit en 2020 par la mère de sa grand-mère.

    Elle se rappelle des histoires de sa mère, ce printemps étrange où elle ne bougeait pas du jardin de ses parents. Elle  lui a souvent raconté ces jours où la nature s'est ouverte, parée de fleurs, de feuilles, où le temps était bleu. Bleu pour calmer nos peines disait sa mamina.

    Des gens mouraient, majoritairement des gens très âgés, surtout des hommes un peu obèses, un peu cardiaques, un peu hyper-tendus, un peu cancéreux, et même sans aucune pathologie. Ils s'étouffaient malgré les soins attentifs, persévérants de soignants.

    Ce temps suspendu était incroyable, défiant toute personne, scientifique, politicien, philosophe, de prévoir comment la vie normale (c'est à dire l'exploitation de la terre, de l'air, des animaux) reviendrait.

    La brave mamie des années 20 serait bien surprise de voir comme le monde tournait. D'abord, il y eut un déconfinement progressif, les voyages en avion rétablis à 30 %, les vacances impossibles dans les immeubles, juste dans les maisons particulières. Jamais plus de 100 personnes sur les plages ! Les enfants retournèrent à l'école en septembre. 

    Hélas, en 2022, le virus se dissémina à nouveau dès qu'on reprit un mode de vie un peu plus soutenu : championnats de football, jeux olympiques, études à l'étranger, voyages en avion, usines polluantes. A nouveau, les soignants au front, à nouveau le confinement, à nouveau surtout les hommes malades et là, en une semaine, un homme sur cinq hospitalisés mourrait à l'hôpital.

    Il y eut des rebellions, des manifestations pour que les gouvernants et les scientifiques fassent quelque chose. Et le professeur Einsteinet trouva la parade. Avec une équipe internationale, il comprit qu'elle était la solution : que chacun soit atteint du coronavirus. Les anciens malades étaient immunisés, sauvés. Ils utilisèrent l'arenicole (ver marin breton) qui soulagea tous ceux en insuffisance respiratoire.  Et dans leur bras, fut injecté une minuscule capsule avec une couronne gravée. 

    Ceux-là, les "couronnés" pouvaient vivre normalement, travail, voyage, déplacement. Il fallut quand même injecter le microbe à certains pour qu'ils contractent la maladie. Et en 2030, tous les hommes à part quelques rares personnes, obligées de se confiner à vie, furent sauvés.

    Des mesures politiques importantes furent prises car nous n'étions pas à l'abri de nouveaux virus (le viru22), puis de destructions par le feu de départements entiers (les feux de 2025). L'eau ne fut plus utilisée pour l'arrosage, les haies furent rétablies, aucune entreprise ne put dépasser 500 salariés, l'agriculture retrouva sa place, les échanges existèrent mais  par exemple un vélo ne put être fabriqué que dans le pays d'achat.

    Seulement, il y eut un petit hic, pour Artinoé, cela semble naturel, les hommes devinrent infertiles et le recours à l'insémination, impossible, car il n'y eut  plus de donneur. Même, il ne fut pas rare de voir des femmes à barbe. Artinoé, elle-même choisit de porter un petit bouc très tendance. Toutefois, les scientifiques remarquèrent quelque chose d'improbable. Dans les couples qui élirent domicile à la campagne, s'occupant de cultiver leur terre de façon traditionnelle, des hommes accouchèrent de bébés.

    Artinoé est en train de trier toutes ses affaires et se prépare à déménager pour créer une ferme avec son mari Julius. Tous les deux rêvent d'être parents. 

     

     

     

     

     

     


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  •  

    A la manière de Giuseppe Arcimboldo qui créa de nombreux portraits, composés de Légumes, de fruits, de fleurs ;  je vous propose d’écrire un poème ( en vers  ou  en prose ) composé aussi de légumes, de fruits , de fleurs à votre  convenance et selon votre envie.

    Que j’appellerais bien d’un mot-valise un  » Arcimboème » et

    je vais le faire avec une consigne d'Azalaïs  écrivez le premier mot qui vous passe par la tête au centre d'une feuille blanche puis faites-en le tour avec des mots que vous associerez les uns aux autres le plus rapidement possible.

     

    jeudi en poésie avec Dominique (mes antidotes)

     

    Dans le printemps confiné, les narcisses sourient aux jonquilles

    blanc, jaune, têtes vers là-haut ; les pissenlits font les soleils.

    L'astre chantonne pour faire éclater prunus et  violettes.

    Les tulipes se dévêtent, trop chaud, trop beau, l'herbe rit.

    Même un tout petit bébé pissenlit, se dore devant la porte.

    La jeunesse, hélas, ne cueille pas aujourd'hui les coucous.

    Le moineau chante son oui aux muscaris, un, deux, quatre

    en rang serré, bonhommes,  lutinant  les vives pâquerettes.

    Dans le matin, les fleurs de poiriers charment les abeilles.

    Blanc sur bleu, les amoureux osent un tendre baiser.

    La lumière tricote chaude pour que l'orchis se prépare.

     

    Agab 8/04/20

     

     

     

     

     

     

     


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  • Avec les croqueurs de mots, le 2ème jeudi poésie : 2 avril

    en résonance avec l'affiche de Soulages, un poème où se trouve le mot noir 

    J'ai choisi la forme suggérée par Azalaïs (le gribouillepoème)

    "Prenez une feuille blanche sur laquelle vous laisserez votre main gribouiller librement avec de temps en temps quelques mots qui surgissent sans contrainte. Puis écrivez un poème avec quelques uns de ces mots"

     

    jeudi en poésie : noir


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  • défi 234 avec les croqueurs de mots

    Avec les Croqueurs de mots 

     défi 234 du lundi 30 mars

    Avec le coronavirus, nous sommes contraints à limiter nos déplacements.

    J'en connais qui devaient découvrir Milan, d'autres New York et d'autres peut être Vesoul,

    alors je vous propose d'écrire une courte histoire (30 lignes maxi) sur une ville, une région, une montagne, tout simplement un endroit que vous connaissez ou que vous souhaiteriez connaître.

    Seule contrainte, vous mentionnerez  le nom d'un poète ou d'une poétesse dans votre texte.

     

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    Les habitudes sont affaires de transmission familiale, bien souvent. Quand il descend (déjà le terme descendre qui implique aller vers le sud est révélateur) en voiture tout le long des autoroutes, Dijon, Lyon, Valence, Aix en Provence, il roule à pleine vitesse et ne s'arrête que pour l'arrêt pipi, essence, café pour avaler au plus vite, les 900 kilomètres le séparant de la mer Méditerranée et du petit logement face au bleu et à l'arrière, vue sur l'Esterel. (du bleu, (azur, prusse, russe, pas porcelaine ni de Saxe et du rouge, avec cet or du soleil, à en devenir pierre lui-même, facile lorsque l'on se prénomme Pierre). 3 semaines à marcher le long du rivage, nager, lire Thomas Vinau,  et aimer Myriam, aimer avec Myriam. Et ensuite, le retour d'une traite, se séparer pour un an du logement chéri,  au lever du soleil et arriver à 19 heures si près du Luxembourg. 

    Seulement, cette fois-ci sa femme a demandé, souhaité, prié de dormir à Murat, de découvrir le Puy Mary. Pierre a hésité, son séjour sera réduit d'un jour de rendez-vous avec l'eau cristalline. Oh, il n'a pas maugréé, juste, enfin ... accepté. Le couple est parti tout doré, en bermuda clair et tee-shirt bleu. A l'arrière, le chien, aux longs poils dort. Après avoir longé la méditerranée, la route les attire vers le Massif Central. Ils sont assez nombreux. Puis dizaine de kilomètres après dizaine de kilomètres, un nuage blanc, deux et le bleu se rétrécit, gris souris et immenses ouates noires. Sur l'aire d'autoroute, les vacanciers revêtent des vêtements chauds. Trois gouttes de pluie, clapotent , les essuies-glaces font leur travail, hop et hop, puis hop, hop, hop.

    La chambre à Murat est coquette, rose, sous les toits, l'hôtesse, accueillante, souriante. Des baskets, un parapluie, un k-way et ils parcourent la ville. La pluie s'égoutte sur les lauzes noires. La ville est recroquevillée. Même, les escargots sont absents. 20 degrés de moins que dans le Sud, Pierre et Myriam sont transis. Ils découvrent un restaurant et ils commandent un pâté de pommes de terre et une salade. Le matin, il est désagréable de remettre les vêtements chauds. La pluie tombe toujours. Grise mine !

    Pierre espère une accalmie prochaine, Myriam également ! Après une heure de route, le temps ne s'améliore pas, un brouillard de plus en plus épais les enveloppe. Le paysage n'existe plus, seule règne la puissance de Water Music de Haendel. De plus en plus, le rien remplace l'arbre, les maisons. Ils suivent bien les panneaux de la route, Myriam raconte les vols en parapente de son frère Olivier, les photos de France, un ciel bleu, du vert, la montagne qui stupéfie. Paradis, éden, liberté, joie...

    Prudemment, Myriam aborde les virages, 30 kilomètres/heure. L'ascension est lente, mais où sont-ils ? Ils arrivent enfin près d'un café restaurant office de tourisme. Quelques flocons de neige accrochés sur les petites fleurs montagnardes. Pierre suit un peu le chemin, au bout de quelques mètres, il s'arrête, le café commence à disparaître. Tout est d'une telle platitude. Mais où est le panorama ? La petite chienne grelotte, les gouttelettes traversent sa fourrure blanche. Ils ont l'impression d'être en Bretagne, un jour d'août près de la pointe de Pen-Hir, à part les embruns parfumés les maltraitant. Ou en Normandie, sur la plage de Cabourg en avril. Ils se réfugient dans le café, l'atmosphère est celle d'hiver, le poêle chauffe, ils choisissent chocolat et thé bien chauds. La brume de leurs tasses s'entrecroisent. Le chien essuyé sèche. Et Myriam, toujours curieuse se rend vers la boutique, une immense carte est affichée. Elle n'en croit pas ses yeux, le paysage est époustouflant, les couleurs éclatantes, l'été, les voiles, les gens, les vaches. Cette réalité est à l'opposée de celle d'aujourd'hui. Les quelques rares touristes s'engouffrent dans la pièce, fermant rapidement la porte. 

    Elle prendra un dépliant pour s'imprégner d'un autre paysage. Pierre quelques années plus tard se souvient toujours de cet étrange lieu, si proche de l'Irlande ou du pays de Galles. Il n'oublie pas le rendez-vous manqué avec le Puy Mary bleuté, en ces moments de confinements, il y pensera avec tendresse. Toutes les beautés ne se dévoilent pas. Jamais il n'oubliera.

     

     


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  • Participons au printemps des poètes avec le mot ou thème COURAGE

     

    TOUT COMPTE FAIT 

     

    On passe à la caisse, c'est fini de rigoler,

    Je pique la crise, le monde allait dégringoler,

    Où est le soulèvement, où est notre courage ?

    Vous vous êtres ameutés pour que l'âme voyage

    Vous étiez le peuple. Moi, Volker, je vais tâcher

    de nourrir mon ironie de notre faiblesse

    Et entrer en résistance au supermarché.

    Car nous avons livré notre vie au commerce

    En étant prêts à croire qu'un jour elle changerait

    Un travail d'âme payé au salaire minimum.

    A quoi jouons-nous enfin ? Et qu'est ce que nous sommes ?

    Un peuple de mendiants. De moi-même je rirais.

     

    Volker BRAUN


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